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21 avril 2023 5 21 /04 /avril /2023 08:24

Tom se rend à l'évidence: toutes ses tentatives pour accomplir sa (noble) mission de chat ont échoué. Il avise un encart publicitaire dans un journal, et appelle la société "Ajax Exterminatin' Company" (l'absence du G à la fin d'Exterminating est volontaire, une indication de franc parler plus que populaire), et voit débarquer un chat de gouttière, aux méthodes, disons, assez radicales. Mais Jerry est un adversaire redoutable...

Tout en proposant une intrigue, avec se personnages et ses enjeux, le film se situe à l'opposé du précédent, le célèbre The milky waif avec son orphelin à défendre. Ici, Jerry est l'adversaire manifestement imbattable, et le chat qui prète main forte à Tom (et qui nous apparaît comme étant non seulement moins scrupuleux, mis aussi plus intelligent et débrouillard) va devoir mettre la maison sens dessus-dessous, parfois littéralement; l'accumulation de gags, de méthodes (qui toutes rateront), et la progression daans la violence, permettent un visionnage très plaisant pour un film sans temps mort.

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
21 avril 2023 5 21 /04 /avril /2023 08:14

Avec ce film, Hanna et Barbera ouvrent considérablement l'univers et les personnages de la série, en mettant dans les pattes de Jerry, non seulement un nouveau personnage, Nibbles, mais surtout une sacrée dose de responsabilité...

Jerry dort, mais est réveillé de ses rêves (impliquant des poursuites dont la souris est la victime) par un bruit: on a toqué à la porte... On a aussi laissé une coquille de noix, avec à l'intérieur un bébé souris, en langes. Un mot accompagne le "cadeau", indiquant que Nibbles (un mot en rapport avec les petites bouchées qu'on peut manger en "grignotant") doit boire du lait, beaucoup... Mais dans la maison, le lait est sous haute protection...

C'est un classique, qui repose sur un certain nombre de tactiques narratives éprouvées: Jerry, désormais, a une mission, et même un sacerdoce, nous sommes automatiquement de son côté; Tom apparaît d'autant plus comme le méchant de la série qu'il souhaite ardemment ne faire qu'une bouchée de Nibbles; et Jerry va se révéler impressionnant, dans sa prise de responsabilité bien sûr, mais aussi en prenant la défense du petit, physiquement. C'est un renversement par rapport au cauchemar initial. 

Sinon, bien sûr, il y aura des gags, des déguisements (dont un ne sera pas, mais alors pas du tout polirtiquement correct), et tout est motivé ici par les personnages et un arc narratif en béton armé...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
20 avril 2023 4 20 /04 /avril /2023 19:01

Ceci n'est pas le premier long métrage du même nom de Chazelle, mais un court métrage qui servait un peu d'avant-goût, proposant en une séquence mémorable une vision de la tension extrême entre deux personnes, sujet principal du long métrage en question. Les scènes contenues ici ont été re-tournées pour le long, et l'un des acteurs est présent dans les deux: J.K. Simmons, ici comparable en moins de 17 minutes à un concentré de ce que R. Lee Ermey a fait sur Full Metal Jacket...

C'est le premier jour d'orchestre pour un jeune batteur, dans un conservatoire, et quand il arrive sur le lieu de répétition, la tension extrême est palpable. Mais elle monte d'un cran à l'arrivée du chef d'orchestre, qui est d'une exigence absolue, et d'une férocité sans égale quand il y a un problème... Le jeune Neimann va en faire, très vite, les frais...

Bien sûr qu'il convient de dire ici que tous les chefs d'orchestre de jazz ne sont pas des monomaniaques sans aucune retenue, et qu'on peut faire cette musique sans pour autant se prendre le chou comme c'est le cas ici. Mais l'intérêt de ce film, qui concentre toute sa durée sur l'unique échec d'une première (et manifestement dernière) journée de répétition intense, est de proposer justement une traduction à la fois de l'amour extrême de l'art, et du choc humain qu'il peut représenter. C'est fort et ça dnne très envie de voir le long métrage qui en a résulté...

Et au passage, ces 17 minutes arrivent à faire ce que les trois heures de Babylon étaient supposées accomplir: nous plonger au coeur de l'amour de l'art, quand ça pique vraiment. 

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Published by François Massarelli - dans Damien Chazelle
20 avril 2023 4 20 /04 /avril /2023 16:45

Paris, 1923: un artiste de music-hall, Gonzalo Montrez (Charles de Rochefort) sauve la vie d'une jeune femme, Mona (Barbara La Marr) qui allait se jeter à la Seine... Il va en faire une partenaire à la scène, dans le rôle de la Phalène Blanche, pour une chorégraphie inspirée des papillons de nuit. Mais Mona ne tombe pas amoureuse de son bienfaiteur, et va plutôt se plaire à tourmenter deux frères, les Américains Douglas et Vantine Morley (Ben Lyon, Conway Tearle), avec son comportement de diva digne des plus infects mélodrames...

Car oui, c'est bien de cela qu'il s'agit. La carrière de Barbara La Marr ne décollait pas vraiment, et elle végétait hors de l'influence de son découvreur Rex Ingram; les films qu'on lui proposait ne cherchaient pas à aller au-delà des clichés de la vamp éternelle. Plus grave sans doute, Maurice Tourneur, qui fut l'un des pionniers du cinéma, dans ce qu'il pouvait avoir de plus artistique et de plus subtil, gâchait son métier, et n'avait plus aux Etats-Unis la reconnaissance dont il bénéficiait dans les années 10. Reste un film plus que moyen, à l'intrigue copieusement idiote, et aux décors impeccablement exécutés, et superbement filmés... Pour une heure de solide ennui quand même.

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Published by François Massarelli - dans Muet Maurice Tourneur 1924
19 avril 2023 3 19 /04 /avril /2023 17:45

Le tout début de ce film exemplaire annonce la couleur: un plan, durant le générique, nous montre en balayant le champ de gauche à droite des jeunes étudiants à un feu de camp, puis un jeune homme qui se trouve au centre du cadre regarde intensément quelque chose... Ou plutôt quelqu'un: le plan suivant nous montre l'objet de son attention, qui est une jeune femme; elle aussi le regarde. Maintenant on sait que ces deux-là ne feront pas de vieux os ensemble, puisqu'elle va se faire dévorer par un très gros requin quelques minutes après, mais Steven Spielberg a d'ores et déjà axé la mise en scène de son premier grand film sur le regard, et les raccourcis qu'il permet...

Le reste du film en sera un festival, depuis les plans du policier Brody (Roy Scheider), sur la plage, qui regarde avec appréhension les baigneurs dans ce qui pourrait bien devenir le théâtre d'un drame, à ce jeu de cache-cache entre un requin et des hommes venus à trois pour lui faire sa fête, et scrutent, scrutent pour généralement se faire prendre par surprise par un requin, qui a n'en pas douter avait lu le script. Cette obsession du regard, et la maîtrise absolue du suspense, voilà sans doute deux ingrédients dus au maître Hitchcock, que Spielberg pouvait déjà revendiquer sans honte ni remords. Et pourtant le film a eu du mal à se faire, à plus forte raison lorsque le metteur en scène est apparu sur le plateau, et que tous les techniciens se sont mis à douter de ses capacités.

Véritable traité sur la peur, le film commence dans un endroit qui n'aurait pas déplu à Hitchcock, justement. Vague réminiscence du Bodega Bay de The birds, Amity est une île pourtant située sur la côte Est. Un endroit exclusivement tourné vers la mer et le tourisme, ce qui explique assez facilement pourquoi le maire (Murray Hamilton, qui ne se doutait sans doute pas qu'il créait là un archétype) est si réticent à laisser son chef de la police Brody (Roy Scheider) aller raconter à tout le monde qu'il y a un requin dans les eaux de baignade. L'animal est dosé avec parcimonie, durant une première heure entièrement consacrée au conflit entre Brody et les autorités. Le policier, seul homme un tant soit peu lucide (C'est le seul à ne pas être du coin!) d'Amity, est vite secondé par Matt Hooper (Richard Dreyfuss), un océanographe spécialiste des requins.

Si le monstre est peu vu durant cette entrée en matière, les hommes en revanche en prennent pour leur grade, et on prend parfois à se demander comment Spielberg a pu acquérir une telle réputation de gentil, tant l'humanité montrée dans ces 60 minutes est odieuse. Le penchant pour le sadisme du metteur en scène est là aussi présent, à travers sa science du "je montre, je ne montre pas", qu'il distille savamment... Mais l'un des enjeux de Jaws (Dont on rappelle que ces gros innocents de Français le connaissent sous le titre particulièrement débile de "Les dents de la mer") est justement de donner à voir ce qu'on ne voit normalement pas: réussir à intégrer dans un film traditionnel un homme se faisant manger par un requin, frontalement, bref appeler un chat un chat. Tout le film tend vers cette finalité. Parce que Spielberg est un pionnier, à sa façon, et le restera. Tous ses films possèdent ce type de défi, généralement assumé au point ou il devient même un argument publicitaire valide: venez voir l'Est des Etats-Unis en proie à une attaque Alien! Venez voir le débarquement comme vous ne l'avez jamais vu! Etc...

La deuxième partie, qui voit trois hommes (Scheider, accompagné de Richard Dreyfuss et Robert Shaw) partir en mer, avec un bateau (Trop petit, comme le révèle une réplique célèbre) à la poursuite d'un requin qui n'attend qu'eux pour trouver le sens de la vie, est une autre affaire de suspense, là encore parfaitement dosé. Et il possède aussi une autre dimension, rendue possible par la présence du scientifique passionné Hooper, qui le dit clairement: s'il est devenu un spécialiste des requins, c'est parce qu'il les aime. Et la chasse au requin devient, entre ces trois hommes, cette grosse bête et un bateau (trop petit, on vous dit), un beau film d'aventure, ce que nous confirme le lyrisme inattendu de John Williams dans ces séquences fabuleuses: regardez ces trois hommes aux prise avec ce qu'ils pensaient être une bestiole démoniaque: ils sourient comme des gosses...

Ce film ne se présente plus, il se vit, encore et encore, et comme tous les films qui ont trouvé leur forme parfaite, il est resté parfait...

 

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Published by François Massarelli - dans Steven Spielberg
18 avril 2023 2 18 /04 /avril /2023 19:05

Lou Jean Poplin (Goldie Hawn), une jeune femme qui sort de prison, fait évader son mari Clovis (William Atherton), afin de récupérer leur fils Langston, dont les services sociaux lui ont dit qu'ils avaient perdu la garde. Dans leur quête pour rejoindre le petit, il vont être forcés de voler des voitures, prendre un otage (Michael Sacks interprète Maxwell Slide, un "state trooper") et de négocier avec le capitaine Tanner (Ben Johnson), policier dur à cuire mais aussi mesuré et compatissant. Ils vont aussi se promener à travers le Texas, avec derrière leur véhicule une queue de dizaines de voitures de police, et un cirque médiatique de plus en plus encombrant...

Sept ans après Bonnie and Clyde et une année après Badlands, le premier film de Steven Spielberg sorti en salles aux Etats-Unis n'est pas sans rapports avec ces deux productions, mais il ne possède pas la charge dévastatrice et profondément romantique du premier, ni le naturalisme sobre et poignant du second. Le terrain choisi par Spieberg me fait penser, avec quelques décennies d'avance, au style des frères Coen, cette capacité impressionnante à placer des personnages dans une région dont on va imperceptiblement mais surement accentuer tous les détails folkloriques afin de déboucher sur une bonne dose de caricature. A ce titre, le film se passe dans un Texas dont l'accent est omniprésent, et beaucoup de protagonistes semblent tellement authentiques qu'on imagine aisément le réalisateur faisant du porte-à-porte à la recherche de ses acteurs! La couleur locale érigée au rang de style, on n'attendait pas forcément d'un film de Spielberg une telle idée, mais il s'en sort bien, d'autant qu'il est aidé par la présence de Ben Johnson qui joue avec une grande finesse le capitaine Tanner. Le grand acteur de westerns, échappé des films de Ford et de Peckinpah, coupe court à la comédie car c'est de lui que viendront toutes les révélations sur l'inévitable destin de la prise d'otage, et c'est donc par lui que le film passe de la comédie au drame... Seul adulte, finalement, face aux délires des deux enfants que sont Clovis et Lou Jean, il tente par tous les moyens des les épargner, mais sait que les jours leur sont comptés.

Sous ces aspects de fausse comédie, et de "road-movie" pathétique, le film de Spielberg prolonge aussi de manière inattendue le conte sur roues qu'était Duel! Spielberg a acquis une telle maîtrise dans la narration de son téléfilm qu'il a utilisé ce savoir-faire dans son premier long métrage de cinéma, comme en témoignent ces longs plans-séquences qui installent l'ambiance très particulière de cette prise d'otage, au moment en particulier ou les Poplin et leur otage de plus en plus consentant sont rejoints sur la route par le capitaine Tanner. Spielberg réussit à rythmer son film sur l'accumulation de véhicules de police qui accompagnent l'étrange périple, sans que le film vire au ridicule. Le metteur en scène profite aussi à merveille de son cadre élargi, et s'amuse dans sa composition avec l'écran large, la profondeur de champ. Et son Texas, fait de couleur locale (Accents, chapeaux) se pare aussi des couleurs de conservatisme de ses pionniers, lorsque les fous de la gâchette s'invitent à la fête. Si le but des Poplin est de préserver leur famille, les dingues du fusil sont surtout là pour tirer sur tout ce qui bouge, et vont, inévitablement, corser la fête. Spielberg nous montre d'ailleurs que les Texans, champions de la liberté sous toutes ses formes, sont prêts aussi bien à soutenir l'absurde mais touchante quête des fuyards, que le fait de les dézinguer sans sommation...

Quoi qu'il en soit, s'il ne paie pas de mine, le premier long métrage "pour de vrai" de Spielberg fait entendre une voix singulière: un technicien ultra-compétent qui sait s'entourer (Le compositeur du film est un certain John Williams, et son "score" est fantastique, mélange de folklore et de musique dramatique modèle); qui est profondément touché par la notion de famille, ne sachant pas encore qu'il en ferait le théâtre quasi-systématique d'une majorité de ses films, mais encore trop jeune, timide ou trop inconscient de la portée de cette notion de cercle affectif pour s'impliquer totalement, au-delà d'une narration héroïque et picaresque de deux gosses qui ont cru qu'ils avaient le droit de mener leur barque comme bon leur semblait...

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Published by François Massarelli - dans Steven Spielberg
18 avril 2023 2 18 /04 /avril /2023 18:54

Jerry vient trouver Tom pour leur habituele occupation: la poursuite violente. Mais Tom ne saurait être distrait de son passe-temps du moment: il regarde en soupirant la jolie voisine... Craignant de se trouver tout seul, Jerry décide de coller un rival dans les pattes de son "ami". Il choisit un chat de gouttière à l'abattage impressionnant...

C'est un film assez étonnant, non pour son déroulement ou son animation (de qualité, mais on ne se refait pas): il révèle qu'au fond, les deux personnages ont une vraie complicité... Bon, bien sûr, il permet aussi d'accumuler une bonne dose de gags basés sur le fait que Tom amoureux se comporte de la pire des façons, avec un tel dosage de mièvrerie que ça en devient hilarant; et la rivalité avec le chat de gouttière (qui, lui, oarle tout le temps) est l'occasion de déchaîner sans se retenir la violence la plus sordide.

...ce qui était de toute façon la mission première de ces films, non?

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
18 avril 2023 2 18 /04 /avril /2023 18:47

Alors que Tom essaie de manger un Jerry sandwich, un rapace s'intéresse beaucoup à la souris, et le seul moyen trouvé par le chat pour se débarrasser de l'oiseau est de se dégiuser en femelle à plumes... Pas du tout, mais alors du tout, une bonne idée.

C'est un "petit" film, extrêmement bien accompli, mais entièrement basé sur une idée, exploitée jusqu'au bout, et de fait assez prévisible, finalement: car mettons-nous un instant à la plae des protagonistes. En quoi le fait de confondre le chat avec une femelle de sa propre espèce (et au passage, la bête est d'une désespérante myopie) pourrait bien éloigner l'oiseau?

C'est là qu'on voit que la rigueur affichée par Hanna et Barbera, qui donne arfois une vraie classe et une réelle portée à leurs films, s'est avérée parfois un encombrant défaut. Car en choisissant une certaine dose de réalisme et de continuité, ça les obligeait occasionnellement à devoir aller jusqu'au bout d'un gag ou d'une idée...

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
17 avril 2023 1 17 /04 /avril /2023 20:32

Isabelle Reed (Isabelle Huppert), photographe fêtée dans le monde entier pour ses reportages sans concessions, est décédée dans un accident de voiture, il y a quelques années. La famille tente de se reconstruire: le mari (Gabriel Byrne) vient dapprendre qu'à l'occasion d'une exposition de son oeuvre, un collègue d'Isabelle allait briser la loi du silence et révéler que la photographe avait provoqué volontairement l'accident pour mettre fin à ses jours; Jonah, le grand fils (Jesse Eisenberg) le savait déjà; mais il ne va pas bien: et pourtant, il vient d'avoir une fille, avec sa nouvelle épouse. Il va pourtant la tromper avec une ancienne petite amie (Rachel Brosnahan); enfin, Conrad (Devin Druid), le petit dernier, fait une crise d'adolescence carabinée; et il est difficile pour son père de parler avec lui. C'est pour lui que les vraies raisons de l'accident sont restées secrètes, et son père craint que la publicité autour de l'exposition ne provoque de sérieux problème à son fils...

Le film est le portrait d'un deuil, pris dans sa troisième ou quatrième année, on n'a donc pas ici droit à la crise; bien plus, il nous montre comment les conséquences, psychologiques bien sûr, s'installent insidieusement. L'incommunicabilité, les mauvaises décisions, les conflits larvés, et au milieu de tout ça, la tentation d'avancer quand même. Et le sentiment que, plutôt qu'un squelette dans le placard, tous ces hommes, jeunes ou moins jeunes, qui n'arrivent pas à communiquer, ont un fantôme dans leur vie.

Le film est intéressant par la façon dont la mise en scène tisse des liens entre les parcours des uns et des autres, mettant en valeur la différence essentielle des comportements, qui sont de toute façon tous motivés, justement, par le deuil et son impossibilité. Isabelle Reed avait choisi un métier qui l'éloignait des siens, s'autorisant en quelque sorte une double vie dans laquelle ils n'avaient pas voix au chapitre; mais en mettant fin à ses jours, a empêché sa famille de tourner en rond, le film le montre clairement...

 

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Published by François Massarelli - dans Joachim Trier
16 avril 2023 7 16 /04 /avril /2023 16:39

Jerry laisse un mot à Tom, lui indiquant être parti pour de bon, pour trouver l'aventure dans la grande vie. Une fois nrendu à Manhattan, il est très vite étourdi par le rythme de la grande ville...

C'est un tour de force, d'ailleurs plus ong que la plupart des courts métrages de Tom & Jerry: en 8 minutes, Hanna et Barbera nous présentent un solo virtuel de Jerry pris dans la vie nocturne de Manhattan, d'émerveillements (les gratte-ciel) en peur (suspendu à une bougie qui menace de se rompre, au dessus du vide; de la naïveté très directe créée par l'enthousiasme juvénile (Jerry se regarde dans l'ongle verni d'une passante), jusqu'à la soudaine menace d'un groupe de chats de gouttière. Un chef d'oeuvre de cinéma sans parole, mais avec du mouvements, qui s'inscrit à sa façon dans le renouvellement permanent d'une poésie essentiellement urbaine du cinéma: The Crowd, Lonesome, City lights...

 

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation