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Après l'apocalypse, dans une zone rurale des Etats-Unis, nous faisons la connaissance d'une famille: la mère, le père, et leurs trois enfants, tous nés avant. Il faut donc les éduquer à la nouvelle donne, désormais les humains sont traqués en plein air par des créatures impitoyables, qui ne voient rien mais ont l'ouïe très fine. Seule solution pour survivre et éviter une mort atroce, ne pas attirer l'attention, donc éviter le moindre bruit...
C'est plus que notable, à l'heure de la standardisation tous azimuts, par le doule biais du numérique à gogo, et des plateformes de streaming, un film d'angoisse ("d'épouvante"? "d'horreur"?) arrive et au lieu de reprendre ou de faire évoluer les codes, il propose quelque chose de radicalement différent, jouant justement sur le silence... La tension est très forte, générée par cette situation qu'on comprend très vite, dès la première séquence (magistrale), et qui nous explique tout en situation, par les gestes, les regards, les précautions, et un peu seulement par la communication, faite de gestes et de langage des signes pour l'essentiel...
Le terrain de jeu, finalement, n'est pas que l'Amérique rurale, c'est aussi la famille, dans ce film où la notion de survie est intimement liée à la nécessité aussi de protéger les autres. Chacun se réfugie dans une part de tâches, qui donnent du sens à chaque minute. Et de par la particularité physique de ce film presque sans parole, on entre sans effort dans la tension qu'il véhicule. Si je dois exprimer une réserve et une seule, je pense que je ferai comme d'habitude, en disant à quel point les monstres ici présents sont laids. ...et surtout ils ressemblent à tous ceux qu'on voit un peu partout, les crétaures excessives créées par la compagnie Weta de Peter Jackson, ou bien la bestiole de The host de Bong Joon-ho, ou encore celles de The Mist, de Frank Darabont...
En choisissant de réaliser un film d'horreur dans un cadre bucolique, au milieu d'un champ de céréales, et avec des gens qui devront tout faire pour ne rien dire ou ne pas faire du bruit, y compris lors d'un accouchement, Krasinski casse les codes, et réalise un tour de force qui en plus a le bon goût d'être plutôt court, et de se limiter à l'essentiel. C'est vraiment bien, et ça mérite d'être vu et revu... Mais fallait-il vraiment une suite? On verra.
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légendaire de Spielberg qui rêvait dit-on de faire du Tintin et ne le pouvait pas, mais si le film est effectivement souvent un hommage au style d'aventures et aux codes graphiques qui ont présidé à l'oeuvre d'Hergé, c'est d'abord au cinéma d'aventures, et pas au plus noble, que pensait Spielberg, proche en cela de son copain Joe Dante dont l'oeuvre entière est un hommage à l'horreur et la science-fiction populaire dont il raffole... Ce film est donc une épure, un exercice de style jouissif et aussi indispensable qu'il est inutile, reposant sur des codes internes dus à la collaboration de quatre cinéastes (Lawrence Kasdan et Philip Kaufman ont tous deux taté du script, Spielberg est à l'origine du concept, et Lucas a conçu pour sa part Jones et sa mythologie...)./image%2F0994617%2F20230425%2Fob_bbe487_la-carte.jpg)
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