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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 10:54

Tout commence par une idée simple, qu'on peut considérer comme une uchronie: la comète qui est supposée avoir tué les dinosaures (à moins que ce ne soit un événement météorologique) serait passée à côté de la terre, et donc notre planète a un visage bien différent de celui que nous connaissons: les dinosaures ont continué à vivre et prospérer...

Des dinosaures doués de paroles et même civilisés, on craint immédiatement le retour au film Dinosaur des ateliers de confection Disney (moi gentil iguanodon, toi méchant carnataure) et heureusement il n'en est rien: le bon goût de Pixar reste intact dans ce qui reste pourtant l'un de leurs plus grands flops. 

Pourquoi un flop? Certains accusent un script qui ne serait pas à la hauteur, et c'est vrai que l'équilibre habituellement facilement atteint entre leçons de vie à la Disney (tu seras un dinosaure courageux, mon fils), pathos (le papa qui disparaît, en d'autre temps c'est la maman de Bambi qui symbolisait le passage à la vie adulte), humour gentiment idiot (les fruits hallucinogènes) et merveille visuelle (ces décors!!) est ici largement handicapé par le premier de ces ingrédients, qui admettons-le est toujours le pire...

Peut-être le fait qu'il y ait eu des problèmes durant le travail sur le long métrage, avec changement de réalisateur et de direction, est-il une indication d'un projet mal parti dès le départ. C'est, à l'arrivée, définitivement un poids léger dans l'histoire du studio.

Mais cette histoire d'un petit apatosaure inadapté qui réussit à affronter la vie grâce à un petit humain (les humains sont des bestioles qui vivent dans l'ombre des dinos, et donc ils ne parlent pas) est un charmant film... pour les petits, et sans doute un peu moins pour les grands. Reste un étonnant et finalement assez logique arrière-plan de western, une rencontre avec un stégosaure névrosé, et une chevauchée de T-Rex (et d'un apatosaure) au milieu de vaches-bisons: ne boudons pas trop notre plaisir...

 

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Published by François Massarelli - dans Pixar Animation Disney
31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 19:44

Ce surnom, la Baronne Irène de Rysbergue (Maria Jacobini) le doit à son benjamin, qui l'a ainsi nommée le jour où elle a essayé un costume qui rappelait fortement un oiseau. Costume qui a valu à son mari de proférer une saleté du genre: "à votre âge, franchement..."... le ton est donné: la baronne souffre de ne pas se sentir vieille, mais de constater que son mari, lui, le pense... tout en courant à droite à gauche. Alors quand elle attire l'attention d'un séduisant jeune capitaine de Spahis, qui est subjugué par elle, elle le suit jusqu'en Algérie, et bref, abandonne son mari qui la néglige, son grand fils qui est coincé, et son benjamin qui est trop jeune pour comprendre tout ça...

L'âge de son interprète est un élément crucial pour le film. A 37 ans, Maria Jacobini peut à loisir louvoyer entre les probables 45 ans de son personnage, et le sentiment d'être restée jeune qu'elle affiche dans la première partie... La chute n'en sera que plus cruelle: car en Algérie, on fera remarquer à son amant qu'il a une mère bien séduisante... Jacobini et Duvivier jouent à fond sur le maquillage et les gros plans qui trahissent les petites rides, vues dans un miroir par des yeux de plus en plus inquiets... 

Il y a deux dimensions dans cet avant-dernier film muet de son auteur, longtemps passé au purgatoire des films négligés: sorti à l'aube du parlant, il a été maltraité par la critique et boudé par le public. Alors, oui, c'est un mélo bourgeois, de la pire espèce, doublé d'un film qui se passe aux colonies... Mais Duvivier s'est quand même doublement fait plaisir: d'une part, en tournant en Algérie, où il a bénéficié d'un soleil permanent, ce qu'il n'avait pas eu pour L'agonie de Jérusalem; et il a orchestré autour de son interprète une mise en scène constamment inventive, qui illustre avec la cruauté qu'on lui connaît le point de vue de la Baronne... Si l'aventure algérienne tourne parfois au décoratif de luxe, la thématique de l'âge reviendra, notamment dans La fin du jour et Carnet de bal.

Quant à son interprète, qu'il est rare de voir aujourd'hui, elle est parfaitement splendide de bout en bout dans un rôle difficile.

 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Muet Julien Duvivier **
31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 10:47

Dan Torrance, qu'on a connu tout petit, et qui répondait au surnom de Dany, a bien grandi. On se rappelle bien sûr qu'il a quitté en compagnie de sa maman Wendy l'hôtel Overlook, y laissant mourir son père Jack victime d'une crise de folie générée par les "habitants" du lieu, des fantômes... Danny n'est définitivement pas revenu seul, puisque les fantômes l'accompagnent: l'un d'entre eux, son ami Dick O'Halloran, le cuisinier de l'Overlook qui lui avait fait découvrir que son don paranormal (pour faire court, son "shining") n'était pas unique, lui apprend aussi à gérer ses fantômes en les enfermant dans des boîtes à l'intérieur de sa tête... Pendant qu'il grandit, une menace pour tous les enfants qui ont le "shining" se précise: Rose, la dame au chapeau, et sa bande d'affreux, se nourrissent en effet du "shining" des victimes qu'ils trouvent...

Côté face: une adaptation d'un roman de Stephen King assez typique, c'est-à-dire intéressant, riche en démarquages ironiques de ce que j'appellerais volontiers le Cauchemar Américain, cette vie des ratés, des minables, des bilieux, des alcooliques, des drogués, des marginaux, de ceux qu'on appellera toujours "freaks" dans les écoles... de l'autre, une intrigue surnaturelle qui se complique inutilement. Bon, c'est un film honnête, avec un personnage attachant, ce Dan Torrance (Ewan McGregor) qui doit vivre avec un héritage alcoolique lourd à porter comme le premier personnage de Zola venu. Mais c'est embrouillé, et ça ne pas pas bien loin.

Côté pile, fallait-il, sous prétexte que King déteste The Shining (pas son livre, mais le film de Kubrick), essayer de concocter un film qui, à la fois, rectifie le tir pour faire plaisir à l'auteur, et adapte un nouveau roman? Non, bien sûr. Ou si, si ça vous chante... Cette manie de vouloir donner des suites et créer des franchises, c'est d'un fatigant!

Ah, tant que j'y suis: la photo qui illustre cet article est bien tirée de Doctor Sleep, et c'est évidemment une pure provocation...

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Published by François Massarelli - dans Stephen King Boo!!
30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 11:07

En 1929, après une Passion de Jeanne d'Arc (qui a déplu au clergé, du reste), une Vie merveilleuse de Jeanne d'Arc (superbe film, qu'on aimerait voir refaire surface), voici un nouveau film consacré à l'une des nouvelles saintes: je vais le dire tout de suite, le statut de Sainte est un concept religieux qui m'est étranger. Par exemple, désigner le roi Louis IX sous le vocable de Saint Louis n'est en rien une démarche historique: je vais donc m'abstenir, à l'exception de cette phrase, de parler de Ste Thérèse de l'enfant Jésus (et de la sainte face, pour compléter son appellation officielle); d'abord parce qu'à mon sens ça ferait du tort à un très beau film...

Car si ce n'était qu'une commande de l'église pour l'édification orientée des masses populaires, il n'y aurait rien à en dire: une petite dame entre dans les ordres, tombe malade, meurt, et paf, elle est béatifiée (après un laps de temps raisonnable, s'entend)... On s'en fout, non?

Non, l'intérêt est ailleurs: Duvivier, mystique convaincu dans les années 20 (et bien moins par la suite), s'était lancé avec pour appui la bienveillance de ses commanditaires (des producteurs de cinéma, les Vandal et Delac) dans une série d'oeuvres qui exploraient les confins de la foi: Credo ou la Tragédie de Lourdes, L'Abbé Constantin, L'agonie de Jérusalem, et La Divine Croisière étaient des films généralement de fiction, qui mettaient en scène la foi et son effet galvanisant. Ce nouveau film, accueilli avec enthousiasme par l'église (qui en 1929 était une entreprise florissante en pleine ré-ascension) et par le public, revenait donc sur la figure étrange de Thérèse Martin (1873 - 1897) dite Thérèse de Lisieux, une religieuse moderne, qui avait bravé à quatorze ans toute la hiérarchie Catholique afin de devenir religieuse au plus tôt, et avait emporté le morceau grâce à Vincenzo Pecci, qui était pape à l'époque sous le pseudonyme de Léon XIII.

Je répète: en soi, on s'en fout, alors? 

Duvivier, qui par ailleurs a décidé d'appeler son héroïne Thérèse Martin dans le titre, n'a rien d'un militant anti-clérical. Au contraire, son personnage l'a passionné de par sa foi même, par son fanatisme absurde, mais magnifique... Et il a choisi de traiter le film d'une myriade de points de vue, car le sujet est non pas la foi, mais son effet sur l'entourage, et des fois, la foi, ça pique: la douleur du père, par exemple. La tristesse incommensurable des "soeurs" (je ne parle pas ici des vraies soeurs de Thérèse, qui toutes sont parties en religion, mais de ses consoeurs religieuses), devant la tuberculose carabinée et la souffrance de Thérèse... Parfois le point de vue sera aussi celui de la jeune femme, et la belle idée c'est d'avoir inclus ses doutes, car pour peser dans l'acte de béatification de la jeune Thérèse Martin, il y avait non seulement sa souffrance auto-infligée, mais aussi et surtout ses doutes, qui portaient sur l'existence ou non d'une vie éternelle...

Ces doutes sont mis en scène par Duvivier avec une intervention inattendue d'un diable grimaçant, qui nous rappelle qu'on est au cinéma, et pour lequel le cinéaste a fait appel aux meilleurs spécialistes des effets spéciaux, dont Percy Day: car comme d'habitude Duvivier voulait tourner sur les lieux mêmes de l'action, à Bayeux, à Lisieux, dans le cloître, voire au Vatican! Il s'en est sorti en utilisant une foule de procédés, dont des traficotages en matte painting de photos d'époque, qui achèvent de faire de ce film étrange une expérience unique: un pari fou, qui atteint son but, en s'approchant respectueusement en conteur d'histoire qui tend la main au pauvre profane que je suis, tout en respectant la foi de son sujet. C'était difficile, il fallait sans doute le faire: c'est fait. 

Par contre, la critique de l'époque s'est déchaînée sur le film... 

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Published by François Massarelli - dans 1929 Julien Duvivier Muet **
30 décembre 2021 4 30 /12 /décembre /2021 10:47

Attention, cette critique par ailleurs positive d'un film somme toute fort sympathique, dérape sur la politique, mais ce n'est pas ma faute: c'est la politique qui a commencé...

Réalisé par une cinéaste un rien miliante (son autre oeuvre notable est le théâtre d'une confrontation entre Mary Stuart et la reine Elizabeth), on aborde ce film avec de gros préjugés: c'est une oeuvre commémorative Anglaise... Autant dire qu'on l'anticipe comme un produit de pur académisme. Mais il y a de sérieuses qualités, la moindre n'étant pas sa saine pédagogie qui à la fois évite de diaboliser systématiquement les hommes, tout en nous rappelant les échanges de vues au ras des pâquerettes de l'époque: 

pour commencer, un peu d'histoire: au début du XXe siècle, la lutte des femmes pour acquérir le droit de vote s'est intensifié sous l'influence d'un certain nombre de femmes de la bourgeoisie, dont la plus en vue était Emmeline Pankhurst. L'idée était simple, et tenait en deux points: après des décennies de réclamation politique par une bourgeoisie qui se refusait à mettre les mains dans le cambouis, il était temps de passer à l'action ("deeds, not words", donc "des actes, pas des paroles"); d'autre part, il fallait étendre cette lutte à la rue, donc aux femmes de la classe populaire... 

C'est l'intérêt de ce film, vu au travers des yeux d'un témoin, Maud Watts, une jeune femme (Carey Mulligan) qui travaille dans une blanchisserie et qui en 1912 sait exactement ce qu'est faire partie d'une sous-classe de la société post-Victorienne. Elle n'est pas une militante au départ, comme une majorité des femmes de la classe ouvrière (qui se sentaient méprisée aussi bien par les hommes que par les femmes de la bourgeoisie). Sa conversion est mûrie, logique, et intéressante: Sarah Gavron a fait un film où on évite les longues diatribes sensées expliquer tout ce qui compte au public, et on lui en sait gré: "deeds, not words"... c'est donc par leurs actions qu'on découvre la quête des Suffragettes, et notamment lors d'une scène inaugurale, par un spectaculaire jet de pierres. Le fonctionnement politique du W.S.P.U. de Pankhurst (Meryl Streep) est représenté, et le film culmine dans une scène brillante, qui reconstitue un fait divers largement accessible dans les médias: le Derby de 1912, où une Suffragette, Emily Davison, s'est illustrée d'une façon radicale.

C'est à porter au crédit du film d'avoir su mêler la fiction (Maud) et la réalité (ses copines sont toutes inspirées de Suffragettes historiques), et de nous avoir rappelé cette époque durant laquelle les prisons Anglaises pour femmes étaient munies d'une unité de gavage pour lutter contre la grève de la faim des détenues. A la fin du film, un rappel cruel des dates d'obtention du droit de vote pour les femmes...

Cruel puisque pour certains, ce n'est pas encore fait; cruel aussi pour le tout petit pays d'Eric Zemmour, où il a fallu attendre deux décennies de plus qu'en Grande-Bretagne, et où la seule femme première ministre est quasiment tombée dans les poubelles de l'histoire, pendant qu'un peigne-cul candidat à la présidentielle, soutenu par un nombre inquiétant d'oublieux, se pavane à la télévision en dénonçant ce qu'il appelle la dictature féminine. Connard.

 

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Published by François Massarelli - dans Sarah Gavron
29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 09:58

Alors qu'une inondation menace aux environs du lac de St-Philbert de Grand-Lieu (situé dans ce qu'on appelait à l'époque la Loire-Inférieure), une voiture de gendarmerie amène dans une institution de redressement pour jeunes filles, une nouvelle pensionnaire: Maria est de l'Assistance Publique, et elle paie le prix de la liberté: placée auprès de vieux messieurs interlopes, d'institutions en pensionnats, elle a préféré rester à l'écart. Du coup, appréhendée au mauvais endroit au mauvais moment, elle a été étiquetée prostituée.

Pourtant il n'en est rien: Maria est amoureuse de Pierre, l'électricien, et raconte à qui veut l'entendre qu'il va venir la chercher. Alors quand il vient, forcément, ça étonne tout le monde.

Mais si Pierre entend bien profiter des conditions climatiques particulières (il pleut tout le temps) pour aider à l'évasion de sa bien-aimée, celle-ci ne sera pas facilitée par la nouvelle situation: car au moment où Maria arrive, la directrice conciliante du lieu a une crise cardiaque. Pour la remplacer, sa seconde qui n'attendait que ce moment est aussitôt nommée par l'administration... Et la seconde, Mme Chamblas (ou plutôt Mademoiselle, et c'est bien le drame de sa vie!), ce n'est pas du tout une rigolote...

Le film est superbement découpé, en trois parties: d'une part un premier tiers qui installe aussi bien le contexte, cette institution et sa directrice sadique, mais aussi la présence au-dehors de Pierre, le patient amant déterminé qui finit par prendre une dimension mythologique, voire Christique pour toutes les pensionnaires de l'institution. Une partie qui permet à Duvivier d'installer ses personnages, dont il faut bien dire que le principal ne fait pas le poids, interprété par Suzanne Cloutier, face à Reggiani (Pierre), Suzy Prim (Mme Chamblas) ou certaines des filles dont Liliane Maigné (la petite délurée qui traficotait dans l'ombre de Pierre Fresnay dans Le Corbeau, et elle a une sacrée personnalité). On y expose un contexte classique de film de prison: conflits d'autorité, punitions, excès de sadisme, révolte larvée, etc...

La deuxième partie voit se précipiter les choses, autour de la présence constante hors les murs de Pierre, et les tentatives d'évasion, pendant que Mme Chamblas multiplie les punitions qui sont autant de provocations. La troisième voit les murs de l'institution se lézarder, beaucoup plus à cause des excès de la direction que des exactions des pensionnaires! 

Au sujet de ces dernières, on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'il y a une certaine tendance à l'exploitation pure et dure de la présence de ces jeunes femmes, dont certaines seront amenées à devenir célèbre (Juliette Gréco, pour commencer, même si elle n'a clairement pas tapé dans l'oeil du metteur en scène) dans cette institution de redressement. Comme dans les films pré-code, on a ici une fréquence d'habillages-déshabillages qui ont sans doute du participer au moins partiellement de la publicité du film! Mais ce genre d'ambiguité est hélas permanent avec le cinéma Français "adulte" de l'époque.

Mais cette tentation d'une certaine franchise (qui passe aussi par un langage peu châtié, dans des dialogues exceptionnels de Jeanson) est aussi d'une grande efficacité pour deux aspects qui sont clairement ce que cherchait Duvivier: le sordide, et la noirceur... Car le film prend souvent le chemin d'un réquisitoire, aidé dans cette tâche par la composition formidable de Suzy Prim. A méchante exceptionnelle, châtiment exceptionnel, elle aura droit à un traitement peu banal, qui ne sera vu qu'au travers des yeux éberlués de ses pensionnaires. Mais Duvivier réserve à tous ses acteurs des aventures physiques, et Reggiani et Suzanne Cloutier en ont aussi bien bavé lors du tournage de scènes, disons, humides, sur les lieux même de l'action: car à Grand-Lieu, quand l'eau monte, elle ne fait pas semblant! Et la confrontation au coeur du film entre Maria et Chamblas passe à nouveau par un déshabillage, mais Duvivier est au bord de nous décrire un viol, celui de la conscience et de l'innocence de la jeune femme, mais qui passe par une réalité sordide, choquante, et physique.

Reste la dimension religieuse du film, absolument indissociable: une fois de plus, Duvivier brouille les pistes en faisant du curé (un brave rugbyman aux chaussures cloutées) le fantasme numéro un de certaines pensionnaires ou en donnant un statut presque surnaturel aux apparitions de Pierre: et Maria, de son côté (notons le choix des prénoms, bien entendu), est presque touchée par la grâce, qui traverse toute la première partie du film en illuminée par l'amour. Pourtant eux aussi auront droit à un chemin de croix, et la liberté sera difficile à acquérir, au terme de ce film en forme de réquisitoire contre un système indigne... Un terme qui passe par un lyrisme des images, qui nous rappelle que Duvivier vient de la meilleure école du cinéma: le muet.

 

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Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier
29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 08:44

A l'écart, aussi bien de sa production courante et des films de genres reconnus (Poil de carotte, Le mariage de mademoiselle Beulemans, Le tourbillon de Paris), que de ses films dits "religieux" (La tragédie de Lourdes, L'abbé Constantin, La vie miraculeuse de Thérèse Martin), cette Divine croisière a une histoire peu banale, et je ne parle pas de son intrigue... Celle-ci lui donne un pedigree de film fou, plus proche de Gance, Capra ou Borzage: bref, un film habité.

En Bretagne, un armateur qui fait la pluie et le beau temps sur une petite communauté de marins, est beaucoup trop exigeant avec ses hommes. ceux-ci lui reprochent de les envoyer à une mort certaine en affrétant, une fois de trop, le Cordillière, un bateau qui n'a plus la solidité requise pour affronter de longues courses en mer. Ferjac (Henry Krauss) n'en démord pas et pèse de tout son poids: la mort dans l'âme, les hommes partent, mais certains ont accumulé trop de rancoeur, et se mutinent. Une première victime est le marin Mareuil, qui est passé par-dessus bord. Aux premières loges, leur capitaine Jacques de St-Ermond (Jean Murat), qui était pourtant leur porte-parole durant le conflit syndical, et qui est amoureux de Simone (Suzanne Christy), la fille de Ferjac...

Pendant la mutinerie, à terre, on attend avec inquiétude des nouvelles du voilier et de ses marins; Simone doit célébrer ses fiançailles à un riche ami de son père, contre son gré évidemment. Mais la population du village fait irruption pendant le dîner: on a retrouvé le corps de Mareuil...

Le film a été tourné à l'automne 1928, et monté par Duvivier qui devait partir tourner deux autres films, La vie miraculeuse de Thérèse Martin, puis Maman Colibri. C'est durant le tournage de ce dernier film qu'il a appris qu'après une première désastreuse, La Divine Croisière allait être coupé sans conditions, et réduit à une cinquantaine de minutes. En cause, sans doute, une trop grande disparité entre un thème mélodramatique d'obédience religieuse (une femme qui refuse de croire à la disparition en mer de celui qu'elle aime, réussit à convaincre un village entier de la soutenir et d'affréter un bateau pour sillonner les mers à la recherche du voilier disparu) et un conflit entre marins et patrons, qui était trop ambigu pour les commanditaires... Et si aujourd'hui on dispose d'une version sans doute à peu près intégrale (une copie Hollandaise de la version complète a survécu en une réduction 17,5mm de l'original, déposée au Eye institute d'Amsterdam, en plus de nombreuses versions incomplètes en 35 mm), il est difficile de comprendre réellement pourquoi le film a tant gêné, si ce n'est par sa ferveur et sa relative absurdité... 

Pour bien comprendre l'emploi de ce mot, disons que le film n'est jamais totalement rationnel, ni totalement mystique: Simone, persuadée d'avoir perdu Jacques, se jette à corps perdu dans une oeuvre artistique, en restaurant pour le curé de la Paroisse une peinture qui orne l'église, de Notre-dame de la mer: celle-ci semble s'animer, et lui révèle que les marins du bateau perdu ne sont pas morts... Est-ce une hallucination ou une apparition, nous ne le saurons évidemment pas... Reste que l'ombre de Borzage (Street angel et son tableau miraculeux) et de ses films déraisonnables passe sur cette Divine Croisière! Sinon, l'irruption des gens du village durant le dîner de fiançailles, le conflit entre les gens du peuple et les bourgeois, résolu à la fin par un petit bout de bonne femme qui a un sacré tempérament, aidée d'un curé ouvrier débonnaire, me rappellent furieusement Metropolis... Duvivier a su, par un montage serré et une mise en scène dynamique, qui utilise aussi bien des mouvements très précis d'appareil, une interprétation forte (Henry Krauss est fantastique, à propos), que des traces de son et des gros plans fantastiques, retrouver les accents d'urgence de la scène de l'inondation dans cette partie du film; et la façon dont il mêle les gros plans et le montage rapide n'est pas éloignée... des Soviétiques!

Autant de références qui rendent le film constamment intéressant, mais aussi malaisé à appréhender, mais il n'est finalement pas que la somme de bondieuseries embarrassantes dont on parle généralement pour le décrire. Certes, le miracle (ou une série de coïncidences toutes plus improbables les unes que les autres) y joue un rôle non négligeable, mais ça reste un miracle de cinéma, du début à la fin...

 

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Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier 1928 Muet **
28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 09:11

Une étudiante brillante en astronomie (Jennifer Lawrence) a repéré une comète inconnue en mouvement; elle s'en ouvre auprès de collègues, dont son professeur, Randall Mindy (Leonardo di Caprio). Ils font des calculs, et constatent que selon toute vraisemblance elle fonce sur la terre qu'elle percutera 6 mois plus tard. Ils sonnent le branle-bas au plus haut niveau de la communauté scientifique, et bien vite l'alerte arrive à la maison Blanche... Mais aussi bien au niveau présidentiel qu'au niveau des médias, personne n'écoute ni ne prend en compte la menace. Tour à tour moqués parce qu'ils ne passent pas très bien à la télévision, ou érigés en lanceurs d'alerte officiels, et donc plus faciles à contrôler, les deux scientifiques se rendent vite compte que leur mission d'alerter l'humanité est impossible...

Un intéressant paradoxe: ce film qui est en passe de devenir un phénomène (énorme succès sur la plateforme Netflix, et des sujets sur France Info!) a été rendu possible, justement parce qu'il est distribué sur internet seulement... Et ça tombe bien, car s'il avait été distribué à l'ancienne, il aurait du passer par tant de filtres et d'étapes de développement, qu'il ne serait sans doute même pas encore tourné... Donc pour une fois, ne boudons pas notre plaisir et réjouissons-nous d'avoir notre petit robinet à films.

L'année dernière, un film de Charlie Brooker (par ailleurs l'heureux papa de Black mirror) tentait de faire de la comédie grinçante avec le retour sur la situation délicate actuellement traversée par l'humanité (et je parle bien ici de la pandémie et non de cette supposée et absurde dictature des démocraties dénoncée par les imbéciles sur les réseaux), dans un film raté: Death to 2020 reposait sur un gimmick et un seul, et était tellement tarte que je ne dois pas être le seul à ne pas l'avoir regardé jusqu'au bout (notons que la chaîne et le réalisateur ont récidivé cette année avec Death to 2021: ça va probablement devenir une tradition, les Britanniques adorent rajouter des trucs systématiques lors de la période des fêtes)... Don't look up, film spectaculaire et doté d'un gros budget, évite les mêmes écueils, pour commencer en utilisant la parabole: pour parler du monde dans lequel nous vivons depuis 2019 (ou 2016, car l'élément de politique intérieure des Etats-Unis est crucial pour le film), d'une communauté scientifique qui ne parvient plus à faire passer les messages (pandémie et/ou réchauffement climatique), le film passe par le truchement d'une intrigue totalement fausse, et même extrêmement simple, dont on ne dévie jamais, y compris quand l'humanité décrite sous nos yeux, elle, noie le poisson avec allégresse... Car dans ce film, la terre va effectivement être détruite par une méga comète, c'est inéluctable, et les scientifiques qui passent le film entier à sonner l'alarme ont raison. Ce qui nous rappelle évidemment notre situation, et non, Randall Mindy n'est pas le Dr Raoult, mais son contraire, c'est à dire un scientifique intègre, ou plus ou moins: pas facile dans le monde de 2021 de rester à 100% concentré sur ses convictions!

Ce film qui nous rappelle avec humour à nos responsabilités vis-à-vis des générations futures a aussi un autre aspect paradoxal, plus dangereux celui-ci: il est long, très long, et aujourd'hui les mêmes qui sont capables de passer une nuit entière à regarder 51 épisodes d'une même série, n'aiment pas passer trop de temps sur un seul film. Je dis "plus dangereux" pour la postérité du film (dans 6 mois, on en parlera comme d'un vieux film, et "en plus il est long"), bien entendu, même si je pense que par bien des côtés il ne sera pas oblitéré avant longtemps. Adam McKay, qui est aussi militant que connaisseur des médias, a tout fait justement pour que le film repose sur des solides bases narratives: une situation claire, une utilisation contrôlée et constamment inventive des sources médiatiques, et une chronologie globalement linéaire, dans laquelle les décrochages sont minimes: des flashes de rappel, ou des montages parallèles qui alternent les causes et leurs effets, pour mieux montrer les mécanismes dialectiques à l'oeuvre...

Car l'essentiel du film repose sur la communication des nouvelles et son exploitation par les corps constitués. Une situation qui permet à McKay de viser juste, sur la présidence Trump d'une part, mais aussi sur une Amérique et une planète désormais engluées dans l'idée préconçue qu'on peut en permanence fabriquer "sa" vérité à sa guise, comme cette présidence girouette qui commence par railler les scientifiques, avant de demander des infos à "ses" scientifiques (qui vont confirmer exactement le diagnostic), mais pas pour établir la vérité, non: pour servir ses intérêts... Puis une fois les deux héros discrédités une fois de plus en public, la présidence va utiliser l'expression "don't look up", en réaction à l'injonction classique de la science-fiction: n'écoutez pas ces alarmistes, ils racontent n'importe quoi. Les meetings présidentiels dans le film sont troublants de par leur ressemblance avec la campagne Trump. 

Les personnages sont brillants, dans la mesure où le dosage entre caricature et reflet de la réalité est rendu si facile par la situation dans laquelle se trouve le monde, finalement... Il y a vingt ans, on aurait pu râler devant cette présidente qui se réfugie en permanence dans la grossièreté et la bêtise, qui se fait repérer à envoyer des textos avec photos salaces à l'appui, qui réalise que le fait de fumer en public lui donne une image de rebelle auprès des débiles qui par ailleurs votent pour elle, et par dessus le marché elle est flanquée d'un "chief of staff" qui est encore pire qu'elle (imaginez Cyril Hanouna en premier ministre d'Eric Zemmour... ou pas, d'ailleurs, c'est doublement effrayant) et qui n'est autre que son fils... Mais aujourd'hui ça passe tout seul, et pour cause! Sinon, les autres personnages, notamment les deux principaux, évitent en permanence le piège de n'être que des minables dans un jeu de massacre: on les aime bien, y compris quand ils se fourvoient...

Logique, riche, avec suffisamment de matière pour qu'on puisse y retrouver notre monde (futilité des médias, atrocité de la musique, incarnée par Ariana Grande qui joue avec gourmandise une chanteuse écervelée richissime au QI de moule, omniprésence des réseaux sociaux, promptitude de l'Américain moyen à tout questionner, politique corrompue, businessmen érigés en consciences par dessus les services publics et les scientifiques, et sondages comme seule marche à suivre), le film est formidablement interprété par un casting de luxe: Leonardo di Caprio, Jennifer Lawrence, Meryl Streep, Tomer Sisley, Jonah Hill, Melanie Lynskey, Timothée Chalamet, Cate Blanchett, Ron Perlman ou encore Himesh Patel... C'est curieux, il fut un temps où les castings de luxe étaient réservés aux films commémoratifs (The longest day, par exemple)... Plus maintenant: un conseil, quand vous voyez un film, même rigolo, avec 25 stars dedans, c'est qu'il y a probablement quelque chose qui ne tourne pas rond, du tout, du tout, du tout...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Science-fiction
27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 19:03

Un homme arrive dans les Alpes, où il vient retrouver une femme, qui s'est mystérieusement installée à Tignes, où elle passe un hiver très rigoureux... C'est son épouse, la cantatrice Amiscia Négeste (Lil Dagover), que Lord Absenston (Gaston Jacquet), venu d'Ecosse, tente de ramener avec lui. Entre eux, de l'amour, bien sûr, ce sera toujours indiscutable. Mais surtout, une ombre, celle du théâtre: car quand il l'a demandée en mariage, Lord Absenton a été clair: finie la carrière, désormais elle serait toute à lui... 

Amoureuse, Amiscia renonce donc à sa retraite, et accepte de suivre son mari. Ils font, malgré tout, une halte à Paris, où plus que jamais, le "tourbillon" va reprendre Amiscia. Un tourbillon de soirées, mais bien vite aussi de théâtre et de musique, entretenu par un ami fidèle, Jean Chaluste (Léon Bary): lui aussi avait été jusqu'à Tignes, pour y retrouver son amie, et il s'était incliné devant le mari. Mais pour combien de temps?

En dépit de la présence de cet autre homme (et d'autres, dont René Lefebvre en criticaillon manipulateur et revanchard), le film ne nous conte jamais l'adultère. Finalement, le triangle qui nous est présenté est surtout celui représenté par Amiscia, son Lord et le "tourbillon" de la vie Parisienne, le théâtre, oui, mais pas que: comme une sorte d'éternelle jeunesse, à laquelle Amiscia ne parviendrait pas à s'extraire. Car on n'essaie pas de nous vendre, ici, comme dans Rigolboche de Christian-Jacque, où Mistinguett sexagénaire campait une artiste qui avait 30 de moins, une vague idée qu'Amiscia soit une jeune et fringante chanteuse. Lil Dagover, après tout, avait 41 ans au moment de la sortie du film, et si elle n'a pas besoin de maquillage, elle fait augustement son âge. Du coup, la présence de Chaluste d'un côté (sans aucun doute plus jeune qu'elle, certainement plus jeune que son mari!) et de Lord Asbeston de l'autre, tendrait à illustrer un drame du renoncement: non seulement au théâtre, mais aussi à la vie mondaine, et du même coup à la jeunesse... Une scène du prologue, qui nous montre la rencontre malgré eux des deux hommes, dans les Alpes, autour d'un âtre, tendrait à confirmer cette lecture.

Rien ne l'illustre mieux qu'une scène, extraordinaire, de représentation: en effet, l'angoisse de la chanteuse, éveillée par des entrefilets moqueurs et assassins (sur son âge, notamment, et sur l'éternel retour des artistes), est attisée dans les coulisses par la rumeur d'une impréparation sévère de l'artiste. Les deux premiers actes se passent mal, et le troisième commence par un désastre; Lil Dagover y est magnifique, et Duvivier qui utilise toutes les ressources de la mise en scène pour transcrire les émotions qui s'emparent de son personnage, y est absolument génial, réussissant dans une scène de cinq minutes absolument tout ce qua seulement tenté de faire ce pauvre Marcel L'Herbier durant toute sa production muette: utiliser le cinéma et le cinéma seul pour véhiculer une émotion... Tout le film, qui aurait pu n'être qu'un mélodrame de plus ou de moins, est en fait illuminé par ces deux atouts: Dagover et Duvivier. Jamais à ma connaissance l'actrice n'avait été aussi juste, et le metteur en scène a trouvé en toutes circonstances des moyens novateurs de soutenir cette puissante interprétation, et de la compléter.

Et une fois de plus, on remarquera chez Duvivier l'importance figurée du son. Cet inconnu (et pour cause) du cinéma muet a toujours une place chez lui, comme je le faisais remarquer à propos des accents absents de Mademoiselle Beulemans, mais présents quand même à travers les prises de vue de la vie Bruxelloises, des tavernes pleines de monde, et des trognes qui articulaient si bien qu'on pouvait lire l'accent Belge sur leurs lèvres! Eh bien ici, il continue à utiliser le son sans y avoir accès, en nous montrant la musique et le chant durant une danse, qui fait un bon usage des surimpressions et des intertitres, et bien sûr dans cette scène de désastre au théâtre, le chaos sonore a un rôle primordial...

Bref: c'est un chef d'oeuvre, qu'une vision inconfortable d'une version incomplète (Chaluste y était à peine visible, donnant l'impression d'être soit un espion, soit une allégorie!) m'avait il y a quelques années fait écrire que le film était "morne... adapté d'un succès de librairie, le films enfile les poncifs les uns après les autres, sans laisser les acteurs, à une exception près, faire leur boulot"... Je n'avais pas tout faux, puisque la prestation que je sauvais est celle de Lil Dagover! Mais pour le reste, cette erreur de débutant montre bien qu'il est important de voir les films dans les meilleures conditions possibles. Profitons-en donc pour saluer l'édition par Lobster d'un ensemble de neuf films du metteur en scène, dans de superbes copies...

 

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Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier 1928 Muet **
27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 16:50

A Bruxelles, on s'apprête à fêter par un mariage l'alliance de deux brasseurs, Meulemeester et Beulemans: la fille de ce dernier, en effet, s'apprête à convoler en justes noces avec Séraphin, le fils du précédent... Sauf que Suzanne (Andrée Brabant) apprend que son fiancé (René Lefebvre) est déjà papa d'un Séraphin Junior, qu'il a eu en secret avec une jeune femme dont il est amoureux... Et comme elle aime bien le nouveau stagiaire (Parisien) de son papa, ça l'arrangerait bien d'annuler le mariage, mais il faut le faire sans faire de scandale...

Et ça, ce n'est pas facile en 1927.

C'est d'une comédie à énorme succès, créée en 1910, que ce film a été tiré, et d'emblée on va le dire: c'est inattendu, dans la mesure où cette pièce reposait justement sur... ses dialogues, et en particulier ses accents! Duvivier a pris le parti de respecter l'intrigue, et de la situer dans un Bruxelles qui est plus qu'authentique (tourné évidemment sur place, et sur ses marchés, avec de vrais Bruxellois ravis d'être de la partie), et d'en exagérer la gestuelle en lieu et place de l'accentuation ou de l'intonation, et le résultat lui donne raison. 

Ce n'est sans doute pas un Duvivier des grands jours (il est trop léger, voire trop optimiste pour ça!) mais c'est un film au caractère bien trempé, où les personnages vient sous nos yeux, et dans lequel le cinéaste affirme sa maîtrise du cadre, et de la direction d'acteurs, qu'ils soient un, deux, ou... cinquante, comme dans la scène fameuse entre toutes du concours de pipes. 

 

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Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Comédie Muet 1927 **