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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 10:40

Indéfendable? Peter Sellers est mort en 1980, soit environ 18 mois avant la sortie de ce film, qu'il n'a en fait jamais tourné: sa participation a été ajoutée à un script taillé pour les circonstances, et la source était tout simplement un excédent particulièrement important de scènes tournées pour The Pink Panther strikes again en 1976... Confronté à la mort de son complice, Blake Edwards aurait pu tout simplement laisser tomber, mais en lieu et place, il a choisi de faire fructifier l'héritage, ou du moins de tenter, car ce film a été un échec commercial.

Il est divisé en trois parties: une "nouvelle enquête", tout d'abord, basée sur les scènes tournées mais coupées du montage final de Strikes again, voit Jacques Clouseau confronté une fois de plus à un vol du plus rose de tous les diamants. C'est décousu (pour commencer il est évident que Sellers est ici échappé d'un autre film) et il convient de se rappeler que ces scènes ont été coupées, donc sans doute considérées comme pas terribles... Je le confirme.

Une deuxième partie voit Clouseau disparaître, et une journaliste (Joanna Lumley) mène l'enquête: elle interroge notamment Dreyfus (Herbert Lom), Cato (Burt Kwouk), sir Charles Litton (David Niven), permettant de se servir dans les scènes notables de la filmographie de la franchise, en guise d'illustration aux flash-backs. 

Enfin la troisième partie nous propose un épaississement du mystère: un parrain Provençal tente de faire pression sur la journaliste afin que Clouseau reste disparu, et elle interroge en toute fin le père du grand policier, ce qui donne lieu à un flash-back inepte sur la jeunesse de Jacques Clouseau (et à une scène de nudité particulièrement inutile et malvenue). Et le film se termine sur un déloyal et crétinissime point d'interrogation: Clouseau reviendra-t-il?

Ma réponse est non, car Peter Sellers est mort: une première fois en juillet 1980, puis une deuxième fois, avec ce film.

 

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards Comédie
4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 09:22

Chouette, Yves Robert retravaille avec Dabadie! Et il y a Jean Rochefort en maître de cérémonie, cette fois en partenariat avec Miou-Miou! D'ailleurs ces deux derniers sont aux prises avec la réalité du monde, qui est que ce serait un bel endroit s'il n'y avait les casse-bonbons, casse-burettes, suceurs de temps, casse-couilles, bref: les casse-pieds (Jean-Pierre Bacri, Jean Carmet, Hélène Vincent, Guy Bedos, Odette Laure, Jacques Villeret, Philippe Uchan, Patrick Timsit, Jean Yanne, Valérie Lemercier, Victor Lanoux, et je suis sûr que j'en oublie)...

J'aime 

retrouver cet univers de conte à digressions, dans lequel notre appréhension de la situation globale naît d'une accumulation d'anecdotes qui finissent par former une authentique narration, d'ailleurs largement dominée par la belle voix incontournable de jean Rochefort, passé maître dans l'art de faire passer un décalage entre ce qu'il raconte et ce qu'il interprète à l'image par la grâce de la voix off... Et puis parfois le narrateur est contagieux et d'autres prennent le relais. 

mais

Je n'aime pas

le fait que les premières 20 minutes du film semblent tout droit sorties de Les hommes ne pensent qu'à ça, le premier film assez foutraque de Robert, qui nous a habitués à un peu plus de rigueur: on sent qu'il a un casting de rêve à mettre en valeur, quand même! Et ça se fait parfois au détriment du film.

mais

J'aime

comment certains segments partent loin dans la description apocalyptique de la connerie humaine, ou parfois dans une simple observation d'une série de défauts qui accumulés s'avèrent d'une exceptionnelle richesse: trois jeunes hommes rencontrés dans un café, tous avec des tics de langages contagieux, par exemple, resteront longtemps dans la mémoire des linguistes.

mais

Je n'aime pas quand ça vire au prétexte à texte, la grande maladie du cinéma français. Et Guy Bedos a beau revenir sur les fondamentaux de la comédie cinématographique en se livrant à du gag physique, il y a un brin d'irritation devant la déferlante textuelle.

mais

J'aime

Jean Rochefort et Miou-miou, et ils vont très bien ensemble... Et l'actrice n'est en rien invitée à incarner un fantasme masculin, mais un double. D'ailleurs elle a son accès V.I.P. à la bande-son narrative elle aussi, et c'est parce qu'il a découvert son égale, voire une âme supérieure, en matière de débusquage .de la connerie ambiante, que Henry (Rochefort) tombe amoureux...

Et ça vraiment, j'aime beaucoup, donc pour ce petit film qui repose sur un gimmick mais qui donne parfois l'impression de ne faire que d'ajouter 92 minutes à sa bande-annonce, on aura beaucoup pardonner.

 

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Published by François Massarelli - dans Yves Robert Comédie
4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 09:10

Sachons nous méfier de ces films qui gardent tout pour la fin, en semblant constamment nous dire: vous allez voir ce que vous allez voir... Les meilleurs de ces films à énigmes, bien sûr, se bonifient à chaque vision, car cette structure à révélations (c'est le fils qui a tué les victimes car il est schizophrène, c'est le faux mort qui a fait le coup, c'est l'enfance, symbolisée par un traîneau, c'est le handicapé qui nous a monté un bobard pendant son interrogatoire, Luke je suis ton père, etc) est en fait un leurre, une amabilité habile mais qui cache de plus profondes révélations sur l'âme humaine... Oui, il est passionnant quand on connaît la fin des Diaboliques, d'y revenir et d'appréhender différemment la noire vision de l'humanité selon Clouzot...

Pas ici, jamais. Parce que si Ozon a tout fait pour placer la possibilité d'une énigme, il a oublié de mettre autre chose dans son film, du moins autre chose qu'une lourdeur plastique, une lourdeur thématique (ce plan d'introduction, si j'ose dire, d'un sexe féminin ouvert pendant un examen gynécologique) et un côté porno-chic, et des dialogues atroces, mais balbutiés sans conviction par des pantins que l'invraisemblance permanente condamne à ne pas être crédible une seule seconde. Je n'ai rien contre l'invraisemblance au cinéma, mais quand elle confine au jean-foutisme à ce point, c'est un crime. 

Incidemment, c'est l'histoire d'une femme dont la névrose se bâtit autour d'une situation inattendue: elle est en couple avec un homme, mais a des rendez-vous secrets avec le jumeau secret de ce dernier. La belle affaire...

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Published by François Massarelli - dans François Ozon Navets
4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 08:49

A la fois un western, et un film noir... C'est une production indépendante de Milton Sperling pour la Warner, réalisée avec une tripotée de gens sous contrat au studio: Max Steiner, James Wong Howe, et bien sûr Raoul Walsh, qui a cette fois encore usé de toute sa surprenante science du genre (car il n'e a pas réalisé tant que ça!) et poussé le genre vers de nouveaux développements, inattendus et inoubliables...

Un enfant, Jeb Rand, est recueilli dans des circonstances dramatiques par une mère (Judith Anderson) de deux autres enfants, un garçon et une fille. Elle l'élève et si ce n'est une rivalité parfois inquiétante entre les deux garçons, la petite famille va vivre tranquille, à l'écart. Mais on en veut à Jeb, d'ailleurs il va subir une tentative d'assassinat encore adolescent. Pourquoi? Quel est le secret du jeune garçon, enfoui depuis l'enfance, et qui se cache derrière ce souvenir obsessionnel d'une paire d'éperons? Devenu adulte, toujours en conflit larvé avec son frère adoptif Adam, Jeb (Robert Mitchum) va être tenté par l'indépendance, mais il aimerait aussi se marier avec Thor (Teresa Wright), la petite soeur...

Largement plus nocturne que diurne, ce film situé au Nouveau-Mexique évite constamment de se limiter à une narration strictement linéaire, et on y suivra les flash-backs de diverses longueur, que le script de Niven Busch a parfaitement su limiter à l'essentiel et qui s'inscrivent admirablement dans l'ensemble; la photo crépusculaire est magistrale, et la tension installée par la menace permanente qui pèse sur Jeb, ainsi que par les questions fortes (qui est-il? pourquoi veut-on le tuer? qui est sa mère adoptive et quelle est sa part dans son malheur?), nous cloue littéralement au film... Et la division virtuelle d'un homme en deux entités conflictuelles, Jeb et Adam, est passionnante: l'un sera fermier et l'autre un héros. La rancoeur est inévitable...

A l'heure où la psychanalyse s'invitait dans le cinéma mais plutôt sous la bannière du film noir, on n'attendait pas qu'un western réussisse aussi magistralement l'exercice, mais c'est un fait: ici, le traumatisme a le bon goût de ne pas prendre toute la place, tout en ménageant une part non négligeable de travail pour le spectateur qui pourra prolonger les révélations s'il le souhaite car si le film pose des questions, elles amènent certes des réponses... Mais elles amèneront évidemment aussi beaucoup d'autres questions. Et le happy-end très rapide du film ne limitera en rien les spéculations...

Bref: un chef d'oeuvre de Raoul Walsh, certes moins enlevé que ses films de guerre de la même époque, et avec un héros bien différent de ses personnages incarnés par son ami Erroll Flynn, mais quelle réussite! Au fait, au générique, c'est Teresa Wright qui a la première place... Une situation qui n'allait pas tarder à changer pour Robert Mitchum. 

 

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Published by François Massarelli - dans Western Raoul Walsh
2 juillet 2021 5 02 /07 /juillet /2021 10:57

Ce n'est pas parce qu'on entre dans ce film accompagné par le rugissement d'un lion, que c'est une production de la MGM... Non, si la firme de Culver City est bien le distributeur, Roy William Neill travaillait à l'époque directement pour les Kalmus et pour la société Technicolor. Rappelons que ce studio existe depuis le milieu des années 10, et qu'après des essais peu concluants, avait sorti deux films en 1922 (The Toll of the Sea, Chester Franklin) et 1924 (Wanderers of the Wasteland, Irvin Willat, probablement perdu), avant de se placer en marge: ils fournissaient leurs services et leurs techniciens pour saupoudrer de séquences en couleurs les longs métrages des autres studios (Beyond the rocks, Phantom of the Opera, The ten commandments, Ben-Hur, Lights of old Broadway, Long pants, Seven Chances, Stage struck, The merry Widow et même Greed...), tout en maintenant une production de courts métrages. L'acharnement de Douglas Fairbanks à réaliser une production en Technicolor (une histoire de pirates, pour lui, ça ne pouvait être fait qu'en couleurs!) avec The black pirate a relancé l'intérêt pour l'idée de produire de nouveaux longs métrages, d'autant qu'en 1927, un nouveau procédé plus pratique voit le jour... 

The Viking est donc, non pas le premier long métrage en couleurs (vous lirez cette bêtise un peu partout, et ça m'énerve), mai bien le premier tourné avec le troisième procédé de Technicolor deux bandes. Il inaugure une nouvelle ère, puisque cette fois, si de nombreux studios vont continuer à saupoudrer (The Wedding march, The garden of Eden, Fig Leaves, The mysterious Island, Hell's angels, Glorifying the American girl ou Mammy peuvent tous en témoigner), le nombre de films intégralement en couleurs va s'accentuer: on aura bientôt Redskin (qui triche un peu, puisqu'il y a un quart du métrage qui est en noir et blanc), The Rogue song, The King of jazz, Whoopee, Under a Texas moon, Dr X ou The mystery of the wax museum... Et cette aventure de vikings a aussi l'insigne honneur d'être le premier film en Technicolor doté d'une bande-son...

Le problème, c'est qu'il est bien joli, ça oui, mais ce n'est pas un très grand film. Il est largement fondé sur l'attente d'un spectacle qui ne viendra jamais, et on sent les producteurs gênés aux entournures, entre la représentation des vikings en pleine saga maritime, et la nécessité de prêcher des valeurs aussi Chrétiennes que possible. On a donc ici une référence constante à la piété religieuse de Leif Ericsson (Donald Crisp), qui est présenté comme un visionnaire au milieu de sauvages, et si c'est basé pour une part sur des faits historiques, on sent qu'on se prive de beaucoup de scènes intéressantes! Les couleurs servent surtout à des effets décoratifs, la caméra bouge peu, ce qui est attendu (ce dispositif Technicolor était difficilement maniable), et donc au-delà de la palette, l'intérêt est moindre... Ces vikings constamment coiffés de casques à cornes (dorment-ils avec?) sont souvent assez ridicules, aussi... Plus grave, la vision de l'esclavage, qui devient ici une vaste blague, est gênante venant d'un pays qui a si longtemps fermé les yeux sur la pratique, ou en a carrément encouragé l'exercice...

 

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Published by François Massarelli - dans 1928 Muet Technicolor
30 juin 2021 3 30 /06 /juin /2021 17:17

Les Washowski ne sont pas simples: leurs films sont souvent un écheveau complexe reposant au mieux que des structures liées à deux univers au moins, quand ce n'est pas comme dans leur série Sense8 sur huit personnages, mutants sensoriels interconnectés... On connaît Matrix et ses héros qui se déguisent en ninja du futur (gros manteau en cuir et lunettes de grosses mouches) dans le but de passer inaperçu, mais Matrix a été un énorme succès (pourquoi d'ailleurs, ça me dépasse). Pas Cloud Atlas.

D'ailleurs, ce film de 2013, qui a quand même du beau monde au générique, a droit à sa recherche "explication de Cloud Atlas" sur Google. Pas de panique, il y en a pour beaucoup de films, et pas forcément uniquement pour ceux qui sont complexes! De fait, Cloud Atlas est à la fois complexe par sa structure et ses ambitions, et simple comme bonjour. La preuve?

Complexe: six histoires, avec une récurrence des mêmes acteurs dans des rôles systématiquement différents. En bonus, les actrices et acteurs échangent parfois leur identité sexuelle, et les histoires n'ont intrinsèquement pas de lien entre elles, si ce n'est un personnage, par-ci, par-là. Chaque histoire est égrenée sur l'ensemble de 172 minutes, en ordre chronologique, et les liens de transitions sont à la fois arbitraires et thématiques, jouant souvent sur l'effet et les associations d'idées. Ainsi, quand dans une des histoires un personnage est tué, puis glissé dans le four d'un crématorium, la séquence suivante, appartenant à une autre narration, nous montre les restes d'un incendie. Des personnages "répondent" aux questions des protagonistes d'une autre intrigue, et les "points" marqués dans leur progression par les personnages semblent également bénéficier à leurs collègues d'un autre arc narratif...

Ce qui nous rappelle furieusement quelque chose, à nous autres qui étudions de près le cinéma muet, mais n'allons pas trop vite.

Simple comme bonjour: chaque intrigue se situe dans une époque clairement définie (de 1845 au 25e siècle) des personnages ont des problèmes, ils tentent d'y remédier, et ils y parviennent... Plusieurs couples (Doona Bae et Jim Sturgess, Tom Hanks et Halle Berry, Jim Broadbent et Susan Sarandon, Ben Whishaw et James D'Arcy) se maintiennent d'une intrigue à l'autre pour triompher à la fin, et sinon les méchants sont systématiquement Hugh Grant et Hugo Weaving... 

Le film passe d'un genre à l'autre, avec une thématique forte mais simplissime (apprentissage et acquisition de la liberté, triomphe du bien sur le mal, triompher de la lâcheté, découvrir un complot mondial, ne pas être bouffé par des cannibales, etc), et sans jamais se restreindre sur le bizarre ni sur la comédie. Il en résulte une poésie du trop plein, qu'on ne va pas condamner trop vite (et Kubrick? Et Gance? ...Et Griffith, alors?) parce que tant qu'il y aura des artistes pour trouver un budget aussi pharaonique pour faire des films aussi uniquement étranges, qu'importe qu'il y ait des moments de ridicule absolu, après tout ça témoigne encore d'une certaine vivacité du septième art.

Oui, un art.

 

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Published by François Massarelli - dans Washowski Science-fiction Tom Hanks
29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 17:18

Apparemment, ce court métrage (querelle d'amoureux dans une cantina, sur fond de danse typique Mexicaine) ne paie pas de mine... Mais c'est en fait une date importante: c'est après tout la première oeuvre de fiction réalisée en Technicolor, procédé 4 (le premier à incorporer toute la palette, à partir de trois et non deux bandes)...

Donc c'est l'ancêtre direct de Gone with the wind. La copie actuellement en circulation est d'une beauté impressionnante, ce qui ne rend avouons-le pas le film très folichon pour autant...

 

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Published by François Massarelli - dans Musical
28 juin 2021 1 28 /06 /juin /2021 07:40

Johannesburg: en 1982, un vaisseau spatial dont on ne sait pas grand chose s'est retrouvé stationné juste au dessus de la ville, et n'a plus bougé... A l'intérieur, des aliens, souffrant de malnutrition. Après une courte période, les bestioles se sont vus offrir une certaine forme d'hospitalité à la sud-africaine... 20 ans plus tard, les "non-humains" comme on les appelle sont devenus les boucs émissaires d'une société violente, la zone qui les accueille une zone de non-droit, et le gouvernement a décidé de se débarrasser du problème en les envoyant dans un camp à distance des zones urbaines. Un fonctionnaire zélé et un peu crétin, Wikus Van de Merwe (Sharlto Copley) est chargé du problème... Ca ne va pas lui apporter autre chose que des ennuis...

Transposer l'apartheid et les vieux démons de l'Afrique du Sud vers un script de science-fiction, l'idée est bonne, et enveloppée dans une forme très osée: quand le film commence, on croirait un vrai documentaire sensationnaliste de la télévision, donc il faut avoir l'estomac bien accroché, et rester bien concentré... Une bonne part du début du film vient d'ailleurs d'un court métrage de 2005 réalisé dans cet esprit, Alive in Joburg. Le personnage qui va se dégager de tout ça, contre toute attente, est le très minable petit fonctionnaire du gouvernement, auquel les pires avanies vont apporter, disons, une nouvelle vie. 

Le film ne manque pas de qualités, à commencer par l'originalité et une vraie liberté: déguisé en documentaire à trois euros et douze centimes, il ne semble pas viser le grand public, et l'humour subtil qui s'en dégage est assez rafraîchissant. Qu'on se rassure, sous le vernis "différent", il y a un film de science-fiction assez traditionnel, avec des figures qui reviendront d'ailleurs dès le deuxième long métrage de Blomkamp: le mercenaire à grosses coucougnettes qui adore tuer les gens qui sont différents, le tout petit héros qui n'est qu'un rouage de la machine, les dirigeants corrompus, etc... 

 

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Published by François Massarelli - dans Science-fiction Neill Blomkamp
27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 08:22

Or, une jeune femme Israélienne, a eu un accident grave qui la confine dans un fauteuil roulant. Mais elle supporte mal la situation, d'autant qu'elle se souvient de la femme qu'elle était avant. Elle fait une rencontre, celle d'un jeune physiothérapeute qui a connaît: il était dans le même lycée qu'elle. Ils sympathisent, puis...

C'est une formidable déclaration d'indépendance d'une jeune handicapée, qui va se rendre compte qu'elle a gardé beaucoup plus de sa vie d'avant qu'elle ne croit, et qui voit que ce qu'est devenu son corps n'est pas fatalement destiné à la solitude... Et en même temps elle va gentiment mais fermement affirmer sa volonté de se passer dans la mesure du possible, d'aide, à un moment crucial. Jamais (trop) impudique, le film nous dévoile les moments de doute d'une jeune femme qui refuse de s'apitoyer trop fort sur elle-même, et qui est interprétée par une jeune réalisatrice qui a vécu le handicap, et qui a fini par choisir de tout donner pour son film de fin d'études...

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Published by François Massarelli - dans Shaylee Atary
24 juin 2021 4 24 /06 /juin /2021 09:33

Stephanie Cleland (Marion Davies) a été adoptée au début de son adolescence par le riche John Cleland, qui avait aussi un fils du même âge. Devenus adultes, ils passent beaucoup de temps ensemble, mais Jim ne voit pas que "Steve", comme tout le monde l'appelle, est en fait amoureuse de lui. Quand John meurt, il envoie par testament son fils faire des études à l'étranger, et laisse Steve sous la responsabilité de son avocat. Le fils de ce dernier, Oswald, est un sculpteur qui vit dans une opulence bien louche, mais il est surtout amoureux de la jeune femme. Un jour, les circonstances font qu'ils sont obligés de se marier... Une nouvelle qui bouleverse Jim...

Bon, là il convient de rappeler les faits: nous sommes en 1920, et certains états sont encore à l'âge de pierre, c'est à dire très religieux: un homme et une femme dans la même chambre d'hôtel ne sortiront que mariés l'un à l'autre! Et une série d'enchaînements embarrassants font que non seulement ils sont dans la même chambre d'hôtel, mais en plus ils sont nus sous leurs couvertures! Et pourtant, rien n'est arrivé... Fin de la parenthèse crypto-ethnologique.

C'est un film mi-figue mi-raisin de Marion Davies: d'un côté un personnage et un tempo qui poussent vers la comédie, et l'actrice prête toute son impétuosité à cette "Steve" qui chamboule le coeur des hommes malgré elle; de l'autre, un mélodrame au parfum de scandale qui se réfugie parfois dans une fiesta crapuleuse telle qu'un DeMille l'aurait imaginée, pour sortir de l'ornière gênante de la question obsédante: bon elle est adoptée, alors... Inceste, ou pas inceste? Sinon, Hearst a poussé le film, qui aurait pu être un simple et élégant mélo vaguement baroque, vers des excès et un udget qui a certainement explosé en plein vol: voir les décors de certaiens scènes, dont la "party" "à la romaine!

Deux genres qui s'affrontent dans une arène, ce devait être le quotidien entre l'actrice et son mentor Hearst... Ce dernier partisan des mélos, et Davies attirée par la comédie. Comme chacun sait et pour notre plus grand bonheur, c'et Marion qui a gagné, et dans ce film aussi.

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Published by François Massarelli - dans 1920 Muet Marion Davies *