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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 08:59

A l'automne 1925, Max Linder et son épouse Ninette Peters ont selon toute vraisemblance fait un pacte de suicide, c'était leur deuxième tentative, et on n'en sait guère plus, si ce n'est que l'un et l'autre étaient depuis longtemps psychologiquement fragiles. Ils ont donc laissé derrière eux un enfant, une fille: Maud, élevée par sa famille, a donc grandi dans une relative ignorance de ces parents, et surtout de ce père, dont elle fait ici le portrait à partir des images qu'il a laissées et qui ont survécu...

Le parti-pris est donc biographique, cinématographique (il s'agit de replacer Linder dans une histoire d'un art qui l'a pour une grande part totalement oublié), historique, et surtout extrêmement personnel, comme si Maud cherchait à provoquer une intimité factice avec ce père flamboyant, si présent mais aussi si absent: dans leur vaste majorité, les images qu'elle utilise sont après tout des oeuvres de fiction, et elles mentent par essence, donc c'est et ce n'est pas Gabriel Leuvielle, dit Max Linder, sur l'écran...

C'est le dernier acte d'une longue quête personnelle, qui avait commencé par la compilation de trois longs métrages En compagnie de Max Linder sortie 20 ans plus tôt: dépositaire des films de son père, Maud Linder a sans doute eu un peu trop tendance à tailler dedans, comme pour les rendre un peu plus attrayants, ce qui n'arrange pas les choses. Reste que les extraits des films de Max Linder présentés ici, qui sont soit choisis pour leur capacité à illustrer certains aspects biographiques, soit pour représenter l'oeuvre, donnent au moins à voir et apprécier un style, certes suranné, mais foncièrement personnel, et un certain sens du rythme... En même temps qu'une tendance théâtrale qui ne quittera Max Linder que lorsqu'il se rendra aux Etats-Unis, pour une période intéressante, mais bien moins bénie que ne semble dire le film. 

Donc ce documentaire qui finit avec pudeur sur une note déchirante, et qui parfois reste profondément subjectif, permet-il de donner l'envie à qui le verra, de tenter de se replonger dans les films de Linder, ce qu'il en reste du moins: il existe d'ailleurs deux versions du film, celle de 1983 sortie en salles, et une révision effectuée pour la télévision, lorsque Maud Linder a recensé un certain nombre de films dont elle ignorait la préservation. Max In a taxi, par exemple, Le petit Café ou Le roi du cirque, qu'elle annonce dans la première version de son documentaire comme étant perdus, ont tous été retrouvés, au moins dans des copies fragmentaires. Pourtant, c'est cette version de 1983, au montage soigné et au ton si juste, qui reste ma préférence. Maud Linder y a t-elle satisfait sa quête personnelle? Ca m'étonnerait, mais elle est très claire dans son commentaire final, tranchant, cassant, et encore une fois, juste.

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Published by François Massarelli - dans Max Linder Documentaire
30 juillet 2021 5 30 /07 /juillet /2021 12:08

Chargé d'explorer la mystérieuse planète X, Duck Dodgers, accompagné d'un assistant porcin, va tomber sur un os: en même temps que lui, le martien Marvin est sur cette même planète pour l'explorer au nom de Mars... La lutte est-elle vraiment égale?

On ne répondra pas à cette question, car Chuck Jones, qui revisite ici un personnage loufoque et coriace qui a déjà été confronté à Bugs Bunny, a eu le bon goût de ne pas se limiter à la simple confrontation. Marvin est un personnage qui fonctionne très bien, parce qu'il est totalement persuadé du bien fondé de sa mission...

Par contre, pour Jones, c'est le début de la fin et des sales manies. Le rythme de son film en pâtit, et visuellement, c'est partagé. Ses productions ne tarderont pas à devenir laides. Il n'y a pas d'autre mot...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Science-fiction
29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 16:56

Au XVIIe siècle, à la suite du décès du vieux roi Louis XIV, le dauphin Louis, petit fils du précédent et futur XVe du nom, est trop jeune: en attendant que le monarque de neuf ans ne soit en âge de gouverner, la régence est confiée à Philippe D'Orléans (Philippe Noiret), neveu du roi défunt. Pendant son mandat, la révolte gronde en particulier en Bretagne où une poignée de nobles menés par le Marquis de Pontcallec (Jean-Pierre Marielle) tentent de soulever le peuple, afin de confier la destinée de la France au roi d'Espagne, et de créer une république Bretonne. Mais le ministre du Régent, l'abbé Dubois (Jean Rochefort), qui a des ambitions (bien que faux ecclésiastique, il souhaite devenir archevêque de Cambrai) veille à protéger le régime, en oeuvrant sans trop faire dans la dentelle. Pendant ce temps, autour du Régent, la fête, généralement crapuleuse et libertine, bat son plein...

C'est un film étonnant, à la fois portrait presque épicurien d'une époque révolue, presque rêvée et pourtant si apparemment véridique, et radiographie de la corruption qui mènera, d'une manière ou d'une autre, à la Révolution Française quelques 70 ans plus tard... Le film de Tavernier bénéficie assurément du relâchement de la censure tatillonne, et du coup le script co-signé avec Jean Aurenche abonde en dialogue mémorablement gonflé: les nombreuses femmes de petite vertu (prostituées et courtisanes)qui entourent fidèlement Philippe le régent sont d'ailleurs fort bien loties à cet effet: "Longue saucisse mais courte baise, disait ma mère"... Le personnage du Régent, très critiqué pour la faiblesse de ses moeurs et le ressenti d'injustice du peuple mais aussi de la noblesse, n'est pas en reste, exécutant un général incarné par Alfred Adam d'une phrase sublime: "Vous êtes un imbécile, un général pitoyable et un chrétien de dernier ordre"... 

Dans le film, on lutine, on marivaude, on s'abêtit, on couche, bref on ribaude: mais pas n'importe où... tourné dans des décors aussi authentiques que possible, sans jamais qu'il y ait un excès de luxe apparent, les moeurs au sens large sont rappelées d'une fort belle manière, avec aussi un cynisme assez généralisé vis-à-vis de la politique et surtout de la chose religieuse, qui éclaire d'un jour intéressant l'histoire de France, généralement contée avec une omerta sur le doute religieux. A ce titre, l'abbé Dubois, rongé probablement par la maladie, ou les maladies, et auquel on rappelle sans cesse qu'il ne croit en rien d'autre que lui-même, ou bien sûr le flamboyant personnage de Philippe, cristallisé dans tous ses défauts, et rattrapé par le doute sur son régime en fin de parcours, sont fascinants, comme le flamboyant Marquis de Pontcallec, héros d'une autre trempe et d'un autre âge. Christine Pascal, Marina Vlady, Nicole Garcia et tant d'autres leur emboîtent le pas, mais que voulez-vous: Rochefort, Noiret et Marielle... Comment résister?

Pourtant, certains résistent: la fin montre que cette corruption généralisée, nauséabonde (Noiret la sent littéralement sur sa main) mène au feu, à la colère des victimes et à l'inévitable Révolution. Les personnages et leur monde passeront... C'est la principale leçon de ce beau film d'histoire, l'un des plus réussis du cinéma Français.

 

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Published by François Massarelli - dans Bertrand Tavernier
29 juillet 2021 4 29 /07 /juillet /2021 16:48

Derrière ce titre générique prétexte, se cache un court métrage de promotion du film Paramount Cleopatra, réalisé par Cecil B. DeMille, qui avait coûté cher et risquait, fin du code oblige, de rapporter surtout des ennuis, il s'agissait sans doute de rendre le film incontournable en montrant les efforts qui avaient présidé à sa confection... On voit donc une scène du film se tourner, et les actrices (c'est une scène de la cour de Cléopâtre avec toute ses dames de compagnie) attendre dans le stress les instructions du redoutable maestro...

Celui-ci, d'ailleurs, paie de sa personne en monopolisant l'espace vital dans le film, montrant sans vergogne son obsession du détail (ce qui est comique, c'est qu'il semble en effet croire à 100% que son film est réaliste, et quand on l'a vu, on ne peut qu'être en désaccord), mais surtout de quelle façon indigne il parlait à ses employés... Une tranche d'histoire, qui a sans doute participé à la légende du film qui est devenu un classique, à sa façon.

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Published by François Massarelli - dans Cecil B. DeMille
28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 11:25

Dans ce premier film Californien de Marion Davies, l'intrigue joue sur un gimmick qui a été repris deux ou trois fois, avec des résultats souvent embarrassants: la réincarnation... Ou je devrais dire plutôt: la réincarnation, comment elle s'intègre dans une histoire, et comment elle devient un couteau suisse particulièrement voyant... C'est aussi une comédie, comment l'éviter?

Dans la famille Vandermuellen, richissime et avec un pedigree long comme le bras, on s'apprête à marier la fille, l'espiègle Pauline (Marion Davies); celle-ci na pas la moindre envie de se marier au Duc de Chavannes, le choix de son paternel exigeant: elle préfèrerait convoler avec son soupirant, le Dr John Grant (Norman Kerry)... Mais suite à un bal masqué durant lequel les deux amoureux se jurent fidélité, déguisés à la mode du XVIe siècle, les choses s'emballent: le financier décide de partir en croisière avec son futur gendre, et la fille, soudainement sujette aux "malaises", insiste pour partir avec un médecin... Mais très vite elle est sujette à d'autres problèmes, et sur lesquels elle n'a aucun contrôle: elle est visitée par l'esprit d'une autre femme, qui a vécu au XVIe siècle...

Le passé est introduit de façon assez adroite, d'accord en nous montrant les personnages adopter pour un bal masqué l'identité de leurs "ancêtres" de réincarnation, puis ils seront vus en flashbacks et pour quelques séquences, dont la plupart sont perdues (c'était dans la dernière bobine, la seule à ne pas avoir été préservée), les personnages sont "visités" par leur incarnation d'avant... 

Bref: au-delà du mélodrame et du fait que ces réincarnations vont permettre une intrigue à base de piraterie et de trésor perdu, de vastes fadaises, mais pas aussi hallucinantes de bêtise que, au hasard, The road to yesterday qui accumulait la balourdise quelques années après. On n'y croit bien sûr pas une seconde, et ce n'est pas le sujet... Marion Davies ne se prend pas au sérieux, fricote avec Norman Kerry, fait du yachting, porte des robes d'époques diverses (y compris, dans une scène d'ouverture au comique probablement involontaire, des peaux de bêtes...), et a l'air de s'amuser. Nous aussi, jusqu'à un certain point, toutefois.

La copie, je le mentionnais, est incomplète, et on dira quand même ici que la photographie de Hal Rosson est le plus rand atout, avec toutefois l'interprétation toujours haute en couleurs de Anders Randolf qui est ici le père de l'héroïne. Il n'y a pas grand chose à dire sur John Charles (le duc), qui dans les six bobines conservées, joue surtout les utilités à moustache. Nul doute qu'au final il devait se révéler un triste sire de la pire espèce, mais nous ne le saurons jamais...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1921 Marion Davies **
27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 11:45

Une aventurière-auteure, April Poole, raconte une nouvelle intrigue qui la voit voler au secours d'une jeune noble Canadienne, Lady Diana, qui craint pour la sauvegarde d'un bijou qu'elle doit donner à sa tante. Lors de la croisière qui l'amène de Montréal jusqu'en Afrique du Sud, elle va devoir contrer les plans louches d'un aventurier qui a repéré la substitution, d'un détective un peu crétin, d'un beau jeune homme aux principes un peu compliqués, et d'une rombière qui voit de l'immoralité partout...

C'est léger, à tous les sens du terme, hélas... On sent que le scénario pouvait partir en deux directions distinctes, soit rester fermement sur le plan d'un mélodrame, soit dévier vers la comédie plus franchement, ce qu'il ne fait jamais. On a donc un petit sentiment de trop peu... Marion Davies le joue avec efficacité, suit sans trop barguigner la voie probablement tracée par W.R. Hearst, qui ne souhaitait pas la voir s'abaisser vers la comédie trop directe. Reste une mise en scène très fonctionnelle, qui est parfois enluminée par une photo impeccable. 

La copie rescapée du film, propriété de la Bibliothèque du Congrès, est amputée de sa première bobine, qui possédait un scène de bal masqué, probablement le clou du spectacle cher à Hearst dans les films de Marion Davies de l'époque. Seul un tout petit fragment de plan de cette séquence a survécu, hélas.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet 1920 Marion Davies **
27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 11:31

A New York, une entomologiste et un responsable local de la santé ont triomphé d'une épidémie véhiculée par les cafards en prenant le problème à la source: ils ont introduit une mutation des bestioles qui les ont éradiquées... Du moins le croient-ils. Car quelques mois plus tard...

C'est un film d'horreur tout ce qu'il y a de plus classique, avec son lot de sales bêtes qui viennent de partout, pour se frotter les mandibules, ce sera donc toujours un défi pour les insectophobes (j'en suis)... Mais c'est aussi e=le deuxième film, et le premier en Anglais, de Guillermo Del Toro qui doit ici composer avec Miramax qui ne lui a pas laissé les coudées très franches, donc le film s'impose quelques haltes gores un peu gratuites en plus d'un sous-texte dans lequel le metteur en scène commence à explorer ses propres démons: les deux héros (l'entomologiste marié au fonctionnaire local, d'ailleurs un type assez con, dont on regrette presque, spoiler, qu'il s'en sorte à la fin) sont tartes, mais autour d'eux, une petite faune se laisse voir...

On notera en particulier une figue qui revient un peu partout dans ses films, un garçonnet avec de sérieux problèmes de communication, d'ailleurs d'origine Mexicaine, qui est aidé dans la vie par un grand-père très vieillissant, et quelques autres enfants hauts en couleur. La présence obsédante de la religion catholique est un des motifs du film aussi... Un film qui au final paraît bien plus inoffensif que celui qui l'a précédé et celui qui l'a suivi.

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Published by François Massarelli - dans Guillermo del Toro
26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 16:43

A l'heure où Me too rabat les cartes, ce documentaire pas très frileux raconte, recense, observe l'évolution de la nudité dans l'histoire du cinéma... Américain. Les moins informés seront sans doute surpris d'apprendre que la représentation de la nudité n'a pas attendu les années 80 ou la libération des moeurs dans les années 60; ou encore que la nudité est tellement partie intégrante de l'art qu'elle a été là dans le cinéma dès le départ. On sera surpris aussi de voir à quel point les changements sont liés non seulement à une évolution, mais surtout à des aller et retours de la moralité, des convenances, et de la société en général. Ainsi en va-t-il du tabou du déshabillage des acteurs et actrices principaux: un geste libérateur en 1960, un piège de contrat en 1990, un choix déterminant en 2020. On assiste ici, grâce à des têtes qui parlent et de généreux extraits de films (jamais censurés), aux batailles avec la censure, aux débats philosophiques, religieux, moraux ou parfois tout simplement pratiques, entre censeurs, producteurs, metteurs en scène, acteurs, agents, et journalistes. 

Beaucoup de scènes historiques, et beaucoup d'intervenants sans aucune honte, qui enfoncent le clou: la nudité est partie intégrante du cinéma, de Muybridge à aujourd'hui, et en faire l'inventaire ou en raconter l'histoire, c'est toujours l'histoire du cinéma dans son ensemble, celle du corps qu'on montre. Par contre, cette sale manie de raconter "The movies" comme étant l'histoire du cinéma Américain quasi exclusivement, montre ici particulièrement ses limites... A chaque fois qu'il est question d'un film Européen qui a changé la donne (Extase, Et Dieu créa la femme), on se demanderait presque de quelle planète il vient... Allez, ne boudons pas notre plaisir devant un documentaire bien fait, souvent réjouissant, et mettons-nous tous tout nus.

 

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Published by François Massarelli - dans Documentaire Mettons-nous tous tout nus
26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 11:07

Paris: un prévenu, Gérard Louvier (Gérard Lanvin), minable petit cambrioleur certain d'écoper de 10 ans au moins, s'évade le jour de sa confrontation avec un juge. Il emprunte le costume formel d'un magistrat, et est confondu avec le célèbre juge Simon par une jeune femme, la journaliste Julie Boucher (Miou-Miou): celle-ci est "montée" de Nice à Paris pour trouver de l'aide, car elle a découvert une affaire louche qui lui a valu son poste, et elle a manifestement bien besoin d'un juge anti-corruption dans sa vie. Le couple mal assorti se rend donc à Nice...

Le film, scénarisé par Poiré et Audiard, reçoit un peu des deux: au vétéran de fournir tout ce qui concerne la parodie de film noir, et on retrouve sa patte et surtout celle de Lautner dans l'exposition et le traitement sérieux et frontal de l'évasion, de la passion de Julie pour sa cause et de la façon dont la petite troupe va utiliser des moyens pas toujours très orthodoxes pour faire triompher la justice... On sent en effet Lautner bien à la manoeuvre, d'autant qu'il donne un rôle (une bourgeoise une peu, pour reprendre le mot de Miou-Miou, salope sur les bords) à sa môman, la fidèle Renée St-Cyr... 

Poiré, quant à lui, est sans doute plus présent dans les marivaudages entre le faux juge, la journaliste libérée et ses ex, et ex ex: de belles participations de Henri Guybet (qui parle fort) et de Jean-Pierre Daroussin (en amoureux éconduit, auquel il réussit à donner une vraie substance). Servi par des dialogues incisifs, le film semble osciller entre la libération des moeurs des années 70, et une nouvelle ère faite d'une recherche par Julie de confort émotionnel... Le film suivant de l'actrice et de Lautner ira plus loin dans cette direction en faisant l'impasse sur le film noir.

Parce qu'il faut bien le dire, sans grande surprise, le film est certes aimable et fort sympathique, par moment plus réussi que d'autres (dans la première partie, Julie ne sait pas qui est ce "juge" en réalité, et les deux héros vont manger dans un restaurant sur la route et bien sûr il est fréquenté par la police... ), avec ses clins d'oeil à n'en plus finir: oui, il y a encore un Volfoni. Lautner aurait-il besoin d'un "label" Lautner-Audiard pour sa petite entreprise? Au vu des répugnants films réalisé à la même époque avec Belmondo à son plus infect, dont le quasi ouvertement fasciste Le professionnel, ça me semble une évidence. 

Heureusement, ce petit film gentiment anar est si sympathique, au fond.

 

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Published by François Massarelli - dans Georges Lautner Comédie Michel Audiard
23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 08:38

1929: Tom Mix (Bruce Willis) tourne western après western pour son producteur (Malcolm McDowell). Celui-ci lui impose d'incarner le célèbre Wyatt Earp dans un nouveau film, pour lequel il engage un conseiller technique particulier, rien moins que le marshall de Tombstone (James Garner) lui-même. Le courant passe très bien entre le vrai et le faux cow-boy, qui vont assez rapidement devoir élucider un crime inattendu...

C'est, selon les envies et les humeurs, soit une idée génialement inattendue, soit une intrigue qui mélange tout jusqu'à l'intoxication: évocation du vieil Hollywood, western, film noir, buddy-movie, comédie... Dans les deux cas on aurait trouvé du bonheur. Pas ici, hélas... Edwards s'amuse occasionnellement, mais choisit le plus souvent la voie d'un pastiche sage, et débouche sur un film qui ne provoque que l'ennui et l'indifférence. Les personnages sont réduits à des enveloppes vides, Bruce Willis le premier... Je vous rends un service: c'est Malcolm McDowell le méchant. 

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards