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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 14:30

1885: au Canada, une caste de métis se prend tout à coup de folie des grandeurs et décide de renverser le gouvernement Canadien: ils vont créer une république de métis. Chargés de surveiller et d'empêcher tout débordement, les cavaliers de la police montée vont être aidés d'un marshall Texan, Dusty River (Gary Cooper), qui est justement à la recherche d'un agitateur métis, soupçonné d'un meurtre (George Bancroft)...

C'est du DeMille pur et donc non dilué: pas d'angle idéologique qui ne soit condamnable, une intrigue jetable fine comme du papier à cigarettes, et noyée sous des dialogues d'une affligeante bêtise... Les métis y sont automatiquement représentés comme des sous-hommes, inintelligents au possible, une croyance superstitieuse qui était partagée par l'ensemble de la population de toute façon. Quand ils échappent à la bêtise, c'est pire: ils sont fourbes...

Mais pourquoi le voir, alors? Parce que les films de DeMille échappent à toute catégorie, qu'ils représentent un genre à part entière et qu'il y a un charme enfantin (coupable, ô combien!... mais enfantin) à voir ces westerns un peu niais, mais si bien rangés, dans un magnifique Technicolor et des compositions qui trahissent à quel point l'auteur était un grand metteur e scène... dans les années 20. Gary Cooper, quant à lui... fait du Gary Cooper.

 

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Published by François Massarelli - dans Cecil B. DeMille Western Gary Cooper
29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 14:22

Une équipe féminine d'athlétisme va participer à une compétition importante, le coach (Daphne Pollard) prend ça très à coeur... Pas sa star (Carole Lombard) pourtant, qui décide de continuer à vivre normalement, c'est-à-dire sortir et en particulier voir son petit ami...

C'est un court métrage Sennett de la fin des années 20, à une époque où l'influence de Roach était écrasante, et ça se sent... d'autant que Goulding (aucun rapport avec l'autre metteur en scène de ce nom) a lui-même fait partie du studio qu'on appelait le "lot of fun", où il a réalisé des films avec Harold Lloyd... Carole Lombard, à l'aube d'une grande carrière, vole sans aucun souci la vedette à la star en titre, Daphne Pollard.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet
29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 14:03

Michael Curtiz a sorti 6 films en 1933, tous pour la Warner (y compris quand le studio est sous le subtil pseudonyme de First National!) et tous sont, dans des genres différents, indispensables... Celui-ci est sans doute le plus léger, et le plus frivole, aussi: on est bien loin de la sombre et fascinante intrigue de The mystery of the wax museum, et son effroyable embaumement à la cire! Warren William, qui tentait de changer son image de vieux garçon séducteur à sang froid, y expérimente avec la comédie, et donne la réplique dans cette adaptation d'une pièce de théâtre à un superbe casting: Joan Blondell, Genevieve Tobin, Wallace Ford et Hugh Herbert...

Ken Bixby (William) est un auteur à succès: toutes les lectrices s'arrachent ses romans sulfureux, et il passe un temps important et lucratif à les rencontrer... Parfois, il fait aussi des conquêtes, au grand dam de sa secrétaire Anne (Blondell), qui l'aime sans jamais le lui avoir dit. Lors d'une étape, ils vont tomber dans les griffes d'une ancienne camarade d'université (Tobin) du romancier, qui a décidé qu'elle était certainement son inspiration. Il va être très difficile de se débarrasser d'elle, ainsi d'ailleurs que de son encombrante famille, et de leur avocat...

Fidèle à son habitude, Curtiz a pris la pièce en l'état et s'est amusé à lui donner de l'énergie, laissant les acteurs faire leur boulot avec conviction. On sent bien que Warren William s'amuse beaucoup, et il n'est pas le seul! Et époque pré-code oblige, le marivaudage éclabousse pas mal, d'autant que Genevieve Tobin, qui joue une bourgeoise fofolle, a le chic d'apparaître exactement où il ne faut pas être, à commencer par un lit qui n'est pas le sien. Curtiz a-t-il profité de ce film pour réaliser l'auto-portrait d'un coureur sans vergogne? Un regret toutefois: Joan Blondell est sous-employée...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Pre-code Michael Curtiz
24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 08:57

Le huitième long métrage de Wright pour les salles a failli ne jamais exister: le choix de travailler à la Fox, soit dans un cadre classique, pour un retour au film noir à l'ancienne, semblait une bonne idée; mais c'était sans compter sur le fait qu'entretemps, Disney allait tout engloutir et commencer à se mêler de tout. Et ajoutez à ça une pandémie, et le film rejoint la longue liste des oeuvres qui seront sorties alors que personne ne peut les voir... Sauf sur Netflix. 

C'est un nouveau projet gonflé d'un metteur en scène qui n'est connu ni pour sa discrétion, ni pour son humilité; il le reconnaît du reste lui-même, Joe Wright est un réalisateur qui s'insère dans ses films, mais surtout il aime le cinéma, ses artifices, ses techniques. Il le prouve en s'attaquant ici à un sujet miné: une personne qui ne peut sortir de chez elle s'occupe en épiant les voisins, et constate qu'il se trame des choses louches dans l'appartement d'en face. Un soir elle voit même un meurtre... 

Tiens donc? D'ailleurs, Amy Adams, qui interprète la personne en question, le Docteur Anna Fox (psychologue pour enfants) a un appareil photo à l'ancienne, un de ces gros appareils à téléobjectif qui semble précipiter le film dans le plagiat de Rear window... Un plan de James Stewart, vu sur un écran, enfonce le clou. Mais... ce serait faux. En vérité, le film qui pique incidemment son titre à Fritz Lang, est un hommage au film noir, en général, et donc à Hitchcock certes, mais pas que. Donc le film, tout en le citant, n'est pas un plagiat de Rear window, ni un remake.

Ana Fox est un personnage riche: une psychologue qui vit désormais sans sa famille, soit un mari et une fillette, et qui apprécie peu la distance; devenue totalement agoraphobe, elle est en liaison téléphonique avec un thérapeute qui sait qu'elle mixe un peu trop facilement ses médicaments avec du vin. Elle ne se contente pas d'épier ses voisins, elle regarde énormément de films, notamment des noirs: nous verrons au entendrons, durant le déroulement, des extraits de Laura, Dark passage, Spellbound, et d'autres. Et si elle vit les films (cette manie de représenter les cinéphiles au cinéma comme des gens qui récitent les dialogues), ils finissent par lui tourner la tête. 

Ajoutez à ça les médicaments, et Anna Fox, la seule personne que nous suivions en permanence dans le film, et que nous ne quittons donc absolument jamais, est donc clairement un témoin sans aucune fiabilité dans sa propre histoire! Et les repères du film, qui sont inscrits sur l'écran (Lundi...mardi... etc) deviennent autant de fausses pistes. D'autres fausses pistes sont disséminées, autant pour Anna que pour nous, et c'est de bonne guerre... Les personnages se succèdent aux côtés d'Anna, et participent à sa confusion: essentiellement, il y en a 5, plus une troupe de policiers de plus en plus impatients et énervés (ils ont l'impression qu'on les appelle pour rien): une femme (Julianne Moore) qui se présente comme la femme d'en face et qui va disparaître; le mari d'en face, Gary Oldman; son fils, Fred Hechingher. Et... Jennifer Jason Leigh qui est l'épouse du type d'en face! En prime, Anna héberge dans son sous-sol un homme à tout faire, qui va s'avérer louche et mystérieux...

La musique de Danny Elfman joue à fond la carte d'un expressionnisme musical bon enfant: certes ce n'est pas sa meilleure partition, mais on s'en contentera. Avec l'aide considérable d'un excellent directeur de la photo, Bruno Delbonnel, Wright met sa mise en scène au service de son huis-clos et tout en se livrant parfois à de la pyrotechnie un peu inutile (je comprends ça, moi aussi j'aimerais être David Fincher), raconte son histoire en maintenant l'intérêt.

Mais...

On avait vraiment besoin de cette manie contemporaine de révélations enchaînées pour donner au public l'illusion qu'il est très intelligent et qu'il s'agit d'un jeu d'esprit très sophistiqué? Fallait-il avoir recours au truc du tueur maniaque qui vient se dénoncer et s'apprête à tuer l'héroïne en racontant son crime? Ca flanque le film par terre et c'est tout, sauf original: c'est bien un film de 2021, pour finir...

Cela étant, on se réjouira d'une prestation phénoménale d'Amy Adams qui a pris plusieurs kilos pour le film, et joue ce rôle sans aucun glamour avec une maestria enviable. Rien ici ne nous détournera de la suivre, et elle assume ce rôle sans qu'il y ait besoin d'une batterie d'explications psychologiques à la noix. Wright retrouve aussi son audace d'Anna Karenine, en osant des rapprochements inouïs, comme le fait de considérer l'appartement d'Anna comme son propre cerveau, et de la faire passer d'une pièce à l'autre comme si elle traversait les époques. Une fois de plus c'est un hommage à Hitchcock et au fameux plan de Vertigo où James Stewart se voit transporté de son appartement à une hacienda, en enlaçant sa petite amie transformée en Madeleine. Donc il y aura des raisons de revenir à ce petit film, ne serait-ce que pour ce genre de petites épices...

 

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Published by François Massarelli - dans Noir Joe Wright
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 10:27

Sarah Morton (Charlotte Rampling) écrit des romans policiers, et obtient un grand succès... Auprès des dames d'un certain âge, manifestement, les seules qui la reconnaissent dans le métro. Elle a envie d'autre chose, peut-être par exemple que son éditeur John Bosload (Charles Dances) lui montre un peu d'intérêt... Celui-ci lui fait une proposition qui paraît intéressante: il lui propose de se rendre dans une maison qu'il possède au Sud de la France, dans le très cinégénique arrière-pays Niçois. Elle pense qu'il l'y rejoindra et se rend sur place, où elle apprécie le calme.

Sauf qu'après un jour ou deux, une jeune femme débarque: Julie (Ludivine Sagnier) est la fille de John, née d'une mère française; elle habite sur place, et a décidé sur un coup de tête de quitter son travail et de se rendre à la villa de son papa, sans savoir que celle-ci est occupée. Srah voulait de la tranquillité, c'est fini... Car Julie a une vie bien remplie, de laisser-aller permanent et de rencontres d'un soir: ce dernier fait impressionne beaucoup Sarah...

Très rapidement, on constate que quelque chose se passe dans la narration, qui n'est pas normal: deux courtes scènes en particulier qui se font écho, comme des rimes salaces... Dans l'une on voit Julie allongée au bord de la piscine, en maillot de bain. A son côté on voit les jambes d'un homme, dont nous ne savions pas qu'il était là... La caméra monte et cadre son visage avant un autre plan de... son maillot de bain. Il s'y sent à l'étroit... La séquence continue en nous montrant les deux qui se caressent sans se toucher l'un l'autre. Quelques temps plus tard, alors que Sarah professe son peu de goût pour les piscines, c'est à son tour de se trouver au même endroit après avoir nagé. A ses côtés, les jambes d'un homme: c'est le vieux jardinier... Au-delà du gag du décalage entre les deux hommes, ces séquences sont intrigantes par le fait qu'elles ne s'inscrivent dans aucun vrai cadre narratif et qu'elles semblent nous indiquer que tout ce qui nous est montré n'est tout bonnement pas vrai.

Dans le récit de la confrontation entre Sarah, la romancière en panne d'inspiration, et Julie, la jeune fille à papa qui ne trouve pas sa voie, il y a des allers et retours troublants, qui vont bien au-delà de cette image de porno chic que le film a acquis, avec cette publicité systématiquement axée sur le corps et la sensualité de Ludivine Sagnier. Le metteur en scène glisse de la confrontation douloureuse de deux univers, vers un thriller où Sarah sera plus à l'aise. Et il le fait en revenant, à l'occasion, en arrière, en laissant Sarah, donc, redéfinir ce qu'elle a vu et entendu, à la lumière d'un meurtre inattendu...

Le jeu de point de vue est donc absolument fantastique: car qui nous raconte cette histoire? Ozon? Sarah? Voire... Julie, ou un autre personnage? Et la fin, non contente de nous aiguiller quand même dans une certaine direction qui permet, un peu, de nous éclairer sur le sens de cette intrigue, nous assène malgré tout un coup sur la tête, en faisant repartir la moulinette à questions. La fin est plus qu'ouverte: elle est béante... 

 

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Published by François Massarelli - dans François Ozon Noir
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 10:06

Le premier long métrage "professionnel" de René Clair (par opposition au statut amateur de Paris Qui dort, et au fait que le célèbre Entr'acte soit un court métrage) est sorti au printemps 1925, et c'est un bien étrange objet... Il fait semblant durant son premier tiers d'être un mélodrame bourgeois, soigné mais pas forcément folichon:

Le député Julien Boissel (Georges Vaultier) va se marier avec Yvonne Vincent (Sandra Milowanoff), la fille d'un ancien ministre (Maurice Schutz). Tout irait pour le mieux si ce dernier n'avait laissé durant son activité politique des traces compromettantes... L'éditeur véreux (José Davert) d'une feuille de chou à scandales possède des preuves et souhaite les utiliser pour faire chanter le vieil homme; en échange il demande la main d'Yvonne... Celle-ci doit rompre, et Julien est au trente-sixième dessous...

C'est là que René Clair semble se reprendre et nous sort une histoire dominée par le fantastique. Boissel rencontre un étrange personnage (Paul Ollivier) et disparaît... Quelques temps après d'étranges phénomènes se produisent partout: des objets apparaissent et disparaissent, des moustaches mystérieuses sont désormais apposées sur un tableau (devinez lequel) et on jure qu'il y a un fantôme dans tout Paris... C'est un journaliste valeureux, bien qu'il s'appelle Degland (Albert Préjean), qui va découvrir la vérité: Boissel est toujours vivant, mais il participe à une expérience folle et dangereuse avec un savant probablement génial, mais aussi un peu fou.

On ne cachera pas qu'on accueille l'arrivée du deuxième acte avec plaisir, car le début, cette interminable exposition où tout le monde fronce le sourcil en permanence, est un peu pesant. D'ailleurs, à part son copain Préjean qui parcourt le film avec sa tonicité habituelle, pas grand monde n'a grand-chose à faire ici! Sandra Milowanoff en particulier, qui n'a que quelques plans pour se montrer, et sert essentiellement de prétexte poétique et de motivation dramatique. Quoique... une scène d'une rare violence, une tentative de viol perpétré par l'affreux éditeur, est située au milieu du film, et sauve un peu son personnage. Mais une fois Clair dans le cadre fantastique, on retrouve sa verve et son talent fou pour bricoler avec des effets spéciaux de base, un conte délirant et marqué par sa dette envers les cinéastes les plus lunaires. Rien que pour ça, on peut s'enthousiasmer pour ce cinéma d'un amoureux fou du septième art, auquel il restait encore à écrire quelques-unes des plus belles pages du cinéma Français.

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Published by François Massarelli - dans René Clair Muet 1925
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 09:46

Aucun moyen pour moi de vérifier si la liste de réalisateurs (aucun n'est au générique) donné par un site vulgarisateur bien connu est authentique, mais suivant le bon vieil adage, j'ai décidé d'imprimer la légende... C'est que ce film, le dernier des musicals extravagants de l'ère pré-code, est un cas d'espèce. A l'origine, on avait au début du parlant cette option, de créer des films qui seraient des patchworks de studio, dans lesquels une sorte de revue mal fichue, avec sketchs, danse, chansons, numéros en Technicolor et vedettes sous contrat, permettait de remplir les bobines et les salles, en tournant un bouche-trou triomphal à moindre coût puisque tout le monde qui tournait ces machins était sous contrat. Mais Hollywood Party, qui était avancé comme une sorte de publicité interne à la MGM, a pris tant de temps à se faire qu'au final c'est un désastre absolu.

D'une part il y a une intrigue, si on ose dire; confronté à l'absolue nullité (Extraits à l'appui) de son film Schnarzan the Conqueror, l'acteur Jimmy Durante se décide à tenter le tout pour le tout: on annonce 'arrivée à Hollywood du Baron de Munchausen (??????), qui a ramené de la savane une troupe de vrais lions, Durante-Schnarzan lui dédie une fiesta grandiose, où des dizaines de chorus-girls et des centaines de stars vont se presser. Et il décide de ne pas inviter sa co-star Lupe Velez don le tempérament volcanique ne peut tolérer un refus...

D'autre part la multiplicité d'équipes, le côté morcelé du tournage, et le manque totale d'investissement de qui que ce soit on transformé ce film en un étrange cadavre exquis, une comédie qui n'est pas drôle (Durante est un outrage permanent à l'art de faire rire, mais il ne le sait pas), dans laquelle même Laurel et Hardy (pourtant parmi les plus décents, avec un interlude Disney en Technicolor) semblent naufragés. On gardera en mémoire l'un des plus hallucinants passages, où Durante et Velez, avec 2 grammes de vêtements sur eux, parodient Tarzan... Aucun des metteurs en scène qui ont oeuvré sur cet étrange objet n'a daigné le signer, on pense que George Stevens est bien le réalisateur des scènes avec Laurel et Hardy (et leur rencontre avec Lupe Velez)...

 

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Published by François Massarelli - dans Pre-code Animation Disney Laurel & Hardy Navets
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 09:33

Avant de devenir dans les années 60 le célèbre compilateur de scènes de comédie, qui a permis de rappeler à un public qui était privé de leurs films le génie de Keaton, Laurel et Hardy et d'autres, Youngson a exercé son art du montage d'extraits sur des courts métrages, dont celui-ci, sorti en 1955 et dont le but est de faire redécouvrir au public des films Warner devenus insortables dans les prudes années 50: cinq classiques ou moins classiques films pré-code sont au programme. Pas de Public enemy ou de Little Caesar ici... 

Au programme donc, Sinners' holiday (John Adolfi), un petit film de gangsters dans lequel James Cagney fait son entrée dans la carrière; 20,000 years in Sing-Sing de Michael Curtiz, avec Spencer Tracy et Bette Davis (on voit ici une scène dans laquelle le prisonnier Tracy explique à sa petite amie Davis qu'il faudrait qu'elle s'habile moins sexy la prochaine fois qu'elle vient le visiter!); Five star final de Mervyn Le Roy, avec Edward G. Robinson en journaliste à scandale, confronté à des types plus moches que lui (au sens moral, bien sûr) dont Boris Karloff; une adaptation de Trilby avec John Barrymore dans le rôle de Svengali, réalisé par Archie Mayo (et qui fait clairement le lien entre les années 20 et le parlant, les images choisies par Youngson sont fabuleuses); enfin, Night Nurse de William Wellman est un film-coup de poing bien dans la manière du metteur en scène, avec Barbara Stanwyck confrontée à un jeune Clark Gable en attente d'un rôle qui lui permettrait de passer à la vitesse supérieure.

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Published by François Massarelli - dans Pre-code
21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:06

Olof (Lars Hanson) est le fils d'une très bonne famille; dans un prologue lyrique et fortement trompeur, il se prend d'amour pour une jeune femme, une amie d'enfance probablement. Ils sont à deux doigts de se déclarer leur flamme, mais... La séquence suivante montre Olof, en plein jeu, qui délaisse la première fille pour une autre, plus prometteuse. Le ton est donné: le film sera le voyage initiatique d'un homme qui aura les plus grandes difficultés à se décider. 

Olof est fermier et héritier, ça n'empêche pas ses parents d'avoir la firme morale et rigoriste: ils s'offusquent de le voir coucher avec une employée de leur ferme, et ils le chassent. Il s'en va de toute façon, déterminé à réussir malgré tout, et le croit-il sur le coup, à épouser l'infortunée: ça n'aura pas lieu. Mais ce qu'il va vraiment faire, c'est parcourir le vaste monde (du moins une petite portion, toute scandinave): il va se faire engager au bord d'une rivière pour un travail de bûcheron.

C'est là que se situera le passage du film sans doute le plus célèbre: à nouveau amoureux, à nouveau en pleine séduction, Olof va utiliser les grands moyens; on raconte qu'aucun bûcheron n'a jamais réussi à parcourir une longue distance debout sur un tronc d'arbre, il va le faire... et il réussit, car l'effet voulu s'est réalisé: la jeune femme (Edith Erastoff) qu'il convoite a tremblé pour lui après l'avoir pris de haut.

Mauritz Stiller, qui était l'un des premiers à penser le cinéma en très grand, applique dans cette épopée sentimentale mi-ironique mi-flamboyante sa règle d'or: il faut qu'un film repose sur un montage d'attractions, de scènes-clés. Pour rester chez Stiller, pensez l'incendie ou la poursuite dans la neige avec les loups pour Gösta Berling, ou le flash-back du massacre dans Le trésor d'Arne. Sa séquence de la rivière, parfaitement montée et interprétée de manière époustouflante (bien sûr que Lars Hanson a été doublé mais pas toujours et on ne voit absolument pas les coutures) est un point culminant du film... Un film qui a aussi en réserve un sale tour à jouer à son personnage principal, qui a bien besoin de se faire remettre à sa place...

Le parcours initiatique prendra fin par un retour au bercail, après une leçon d'humilité un peu décalée, et particulièrement violente: son départ a eu un effet sur la jeune femme qu'il avait dévoyée, et elle en a hérité une descente aux enfers... Pas Olof, pourtant, qui réussit à la fin à conquérir en homme libre encore mieux que le coeur de sa belle: il gagne l'estime de son futur beau-père. 

Et c'est sur Netflix!

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Published by François Massarelli - dans 1919 Muet Mauritz Stiller
16 mai 2021 7 16 /05 /mai /2021 17:36

Il y a bien eu un Dick Whittington au Moyen-âge, il  été par trois fois maire de Londres... Mais cette histoire inspirée par la légende qui a été construite à partir de là se situe dans la lignée de la fameuse tirade de The man who shot Liberty Valance: quand la légende est plus belle que la vérité, imprimons la légende...

Dick Whittington, un enfant de la campagne, est fasciné par ce qu'on lui raconte de Londres, et décide de s'y rendre. Il est forcément un peu déçu mais trouve à se loger en se mettant au service d'un marchand. Il est plus ou moins soumis aux vexations du petit personnel, mais il a un toit, et pour s'occuper des rats, un chat. Lorsque le marchand part en voyage d'affaires, il emmène le chat avec lui, et ça va lui sauver la vie, et apporter la fortune à tous, y compris à Dick...

Ca y est: un long métrage! Les Etats-Unis ont raiment traîné des pieds pour se mettre à ce nouveau format en dépit des tentatives téméraires de Thomas Ince et plus prudentes de David Wark Griffith. La même année que Judith of Bethulia, de ce dernier, Alice Guy sort donc ce film sur un format long, en trois bobines. Il lui permet de varier les décors, de s'installer dans la longueur, et d'expérimenter avec des décors en trompe-l'oeil: sans surprise, c'est cet aspect qui passe le plus mal, alors qu'une autre idée saugrenue, celle de faire interpréter son adolescent par une actrice, Vinnie Burns, passe plutôt bien. C'est un film soigné, hautement moral, dans lequel on contourne prudemment toute audace narrative, mais qui confirme bien que le cinéma Américain est passé à une nouvelle ère...

 

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Published by François Massarelli - dans 1913 Muet Alice Guy **