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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 16:13

Lorsque le générique se termine, pas de temps à perdre: nous suivons Catherine Allégret qui entre dans un wagon, où elle rencontre un jeune homme (Jacques Perrin) au comportement gauche. Puis elle se rend dans son compartiment où sont déjà installées quatre personnes. Nous allons en revoir certaines très vite, notamment une actrice qui se la raconte (Simone Signoret) ou encore l'étrange type à l'allure d'obsédé sexuel (Michel Piccoli) qui d'ailleurs se fait sérieusement rabrouer par une jeune femme (Pascale Roberts)... C'est ce dernier personnage, Georgette Thomas, qui va mourir... Du moins la première parce que les passagers de ce compartiment auront une fâcheuse tendance à disparaître dans des circonstances tragiques à partir de là.

On est dans l'univers de Sébastien Japrisot, un monde dans lequel les choses ne sont jamais ce qu'on croit voir, et pour cause: on change de point de vue comme de chemise. Ici, les policiers sont les seuls à pouvoir faire le plein d'informations devant le trop plein de versions, mais qu'importe: comme toujours avec ce genre de films, si l'intérêt se limitait à une énigme, autant jeter les bobines après usage... Non, tout, bien sûr, est dans la mise en scène, et Costa-Gavras, dont c'est quand même le premier long métrage, s'y entend déjà fort bien! Il se joue de tout, et livre un découpage absolument étanche, dans lequel chaque plan compte et maintient l'intérêt, et dans lequel il s'amuse à suivre les associations d'idées et les associations de points de vue qui sont conditionnées par l'intrigue. C'est renversant d'efficacité...

...Et tout ça débouche sur une galerie de portraits fantastique, et évidemment trompeuse: car selon la loi du genre, l'un de ces portraits est celui du tueur. Mais en attendant, on a une sorte de galerie des monstres assaisonnée de quelques affreux, comme dans les meilleurs Clouzot: l'actrice vieillie qui s'accroche à sa jeunesse en se laissant aller à une histoire d'amour avec un jeunot; le quadragénaire complexé qui vire au louche, portant en plus un ignoble imper transparent, et qui transpire à chaque fois qu'il croise une femme; l'amant de la disparue, un gauchiste invétéré qui passe son chagrin dans la diatribe anti-flic (Charles Denner); le commissaire qui a tout vu tout compris et qui passe son temps à se planter; et enfin le flic Marseillais qui patine, parce que décidément entre son supérieur et ses subalternes, il n'est pas aidé... C'est Yves Montand, qui a pris un malin plaisir à laisser courir son accent. Le tout est saupoudré de dialogues fabuleux...

Alors on passera sur une poursuite en voiture un peu convenue, et des notations franchement à la limite de l'homophobie (autre temps, autre moeurs, et on est confronté au même type de situation que dans Rope, de Hitchcock...) même si elles sont bien cachées. Cette accumulation de scènes impeccables débouche sur un film noir modèle, un policier sans faille ou presque, bref, du plaisir.

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Published by François Massarelli - dans Noir Costa-Gavras
6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 19:20

Hanté par le souvenir de sa mère disparue, Andreï Bagrov (Vitold Polonski) vit seul avec sa tante, reclus das une solitude face à son obsession pour la science. Au cours d’une soirée mondaine à laquelle son ami Tsenine (Georgy Azagarov) l'a poussé à participer, il rencontre l'actrice Zoïa Kadmina (Vera Karalli), que sa gaucherie le pousse à fuir... Pourtant il pense à elle et quand Tsenine lui propose d'aller assister à un concert de bienfaisance, il a reconnu son nom. Durant le spectacle ils restent les yeux rivés l'un sur l'autre... Mais rien n'arrive pourtant. Pire: ils se retrouvent dans un parc, et le jeune homme reste froid vis-à-vis de la jeune femme. Trois mois plus tard, Andreï apprend sa mort elle se serait supprimée à cause d'un amour non partagé. A partir de cet instant, elle l'intéresse...

Après le mari éploré de Rêves éveillés, qui était trop obsédé par le souvenir de son épouse pour réussir à vivre pleinement et en confiance un nouvel amour, au point de tuer, Andreï est à nouveau un héros sombre et typique de l'auteur qu'était Yevgueny Bauer. Une fois de plus, le metteur en scène manie une certaine ironie, en même temps qu'une omniscience évidente dès la fameuse séquence de la soirée mondaine, souvent mentionnée par les commentateurs, tous admiratifs: c'est un plan-séquence de 5 minutes dans lequel la caméra reste constamment cadrée sur Andreï, qui évolue, seule personne à se demander ce qu'il fait là, au milieu de gens qui eux en revanche prennent du bon temps: tout est dit!

Et Vera Karalli est parfaite dans le rôle ambigu d'une femme du monde qui ne réussit pas à envoyer les bons signaux de S.O.S. au seul homme avec lequel elle aurait sans doute pu communiquer, et puis vivre, tout simplement: ce n'est pas un hasard si Bauer lui a ensuite confié le rôle principal de l'artiste de La mort du cygne. Mais le héros de ce film reste fermement Vitold Polonski, qui accomplit la redoutable mission de donner à voir un homme qui va glisser dans une obsession morbide de plus, en quelque sorte en choisissant sa folie... Bauer est particulièrement inspiré par le caractère onirique de la maladie du jeune homme, ce qui donne lieu à des séquences visuellement inoubliables, parmi les plus belles et les plus noires de son oeuvre.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1915 Yevgueny Bauer
6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 19:02

Un homme obsédé par la disparition de sa femme morte croise son sosie dans la rue et va se perdre dans une tentative malheureuse de re-création impossible de l'amour perdu... Ca vous rappelle quelque chose, n'est-ce pas? Mais on n'est pourtant ni chez Hitchcock, ni chez Boileau et Narcejac, les deux auteurs de D'entre les morts, le roman adapté par Hitchcock pour son film Vertigo! D'ailleurs, les chances pour le cinéaste Anglais ou pour le duo d'écrivains d'avoir vu ce film de Bauer, sorti sans doute exclusivement en Russie en 1915, puis disparu des écrans radars pendant 75 ans, me semblent fort minces...

Sergei Nedelin (Alexandre Wyrubow) vient de perdre son épouse et est inconsolable. Il s'enferme en permanence, dans une maison qui ressemble à un mausolée dédié à lépouse disparue, et encombré de portraits, d'objets fétiches, et autres souvenirs accumulés de façon morbide. Son meilleur ami, le peintre Solskii (Victor Arens) conseille à Sergei de sortir pour s'oxygéner... et lorsqu'il tente une sortie il croise Tina (Nina Tchernovajewa), une femme qui ressemble à sa chère Helena... Elle est actrice, et il la suit jusque au théâtre où elle participe à un opéra: elle joue une femme ressuscitée d'entre les morts.

A partir de là, Sergei est obsédé par la jeune femme, et essaie même de considérer qu'il va revivre grâce à cet amour, mais tout va mal se passer, pour au moins deux raisons: son ami Solskii, qui est peintre, voit très facilement en Tina une femme qui profite de la situation et il met son ami en garde. Un artiste, chez Bauer, est souvent doté de sens particuliers. Et sinon, Sergei a du mal à contenir Tina qui une fois chez lui, souhaite n'en faire qu'à sa guise... et dans l'esprit de son amant, profane les objets d'Helena qu'elle touche...

Je le disais plus haut, on n'est pas chez Hitchcock, mais bien chez Bauer: cette ironie distante face à l'obsession morbide, cette inscription définitive du personnage dans son environnement, fait ici uniquement de traces de l'être aimé et décédé, ou encore l'artiste clairvoyant (Qui ne sera pas écouté, et du coup joue le rôle d'un oracle inutile): tout ça fait l'univers de ce grand cinéaste méconnu. Un univers qu'on retrouvera dans d'autres films tout aussi beaux, tout aussi morbides et tout aussi passionnants, Après la mort (1915) et La mort du cygne (1916)...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1915 Yevgueny Bauer
6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 14:33

Capellani a parfois sacrifié à la féerie, pour le compte de Pathé, qui avait pour intention très claire de copier les films de Méliès en en adaptant l'esprit aux méthodes "modernes"... Et c'est très efficace: on dirait du Méliès, mais en bien meilleure santé que les films contemporains du maître de Montreuil... Ce conte délirant montre deux amoureux séparés par les convenances et rassemblés par...

Oui, un pied de mouton.

Tout ça est en couleurs apposées au pochoir, et bien sur ça n'est pas très sérieux, et le film se termine par la figure imposée: des danseurs et danseuses (De Châtelet? Histoire de copies Méliès jusqu'au bout...) qui donnent un ballet devant des décors de théâtre amovibles...

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Published by François Massarelli - dans Muet Albert Capellani
6 juillet 2017 4 06 /07 /juillet /2017 14:20

Un couple se déchire... Monsieur a eu la preuve des infidélités de madame, et sans aucun temps de réflexion il la chasse, devant leur fille. Celle-ci n'est pas au bout de ses peines: elle va assister, lors des séances du procès en divorce, à de pénibles moments, son père de décolérant pas. Et surtout, on ne la laisse pas s'approcher de sa maman... Quelques temps après la petite tombe malade, et rien ne pourra faire qu'elle aille mieux, si ce n'est... la présence de sa maman.

Entre prises de vues en studio, avec toiles peintes et décors en carton, et tournage dans la rue, sur le vif, ce film assez court (une demie-bobine) ressemble à une compilation des us et coutumes du mélodrame façon Pathé. Un sujet populaire et tire-larmes, vu du point de vue de la petite fille, mais aussi un metteur en scène qui joue sur l'économie: le procès est traité en un plan, parfaitement divisé en deux parties distinctes: le père triomphant à gauche, ma mère effondrée à droite. La seule qui fasse, ou tente de faire la jonction entre les deux parties est bien sur la petite... On notera sinon, encore une pierre dans le jardin de Gaumont: une religieuse qui veille la petite fille a pour instruction d'empêcher la mère de venir voir sa fille, elle va s'exécuter à la lettre...

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Published by François Massarelli - dans Muet Albert Capellani
5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 17:48

Dans ce film parfois intitulé Deux chemins, Capellani nous montre un domicile pauvre, où vient trois femmes: la mère, malade, soutenue par ses deux grandes filles. Elles se serrent toutes les coudes... Mais l'une d'entre elle fait une rencontre, celle d'un homme, et elle se marie, abandonnant du coup son logis insalubre pour la richesse d'un hôtel particulier...

Ce qui ne va pas aider la pauvre vieille mère: celle-ci décline, et meurt. Le couple décide de prendre avec eux la soeur, qui se trouve très bien, jusqu'au jour où elle doit subir les avances de son beau-frère.

Les deux femmes décident de préserver la dignité avant tout, et retournent ensemble dans leur masure sous les toits où elles vont de nouveau se serrer les coudes...

C'est du mélodrame bien sur, pas forcément du très inventif, mais ce qui importe c'est que dans ce film simplissime, Capellani montre des sympathies qui sont bien éloignées, au hasard, de ce qu'il aurait pu éprouver en travaillant chez Gaumont! La dignité de ce s deux femmes, leur choix de la misère plutôt que de l'infidélité, et le fait de trouver le bonheur dans la pauvreté, est bien loin des récits parfois un peu trop "patronage" de Feuillade par exemple.

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Published by François Massarelli - dans Muet Albert Capellani
5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 17:32

New York, durant la grande dépression. A côté du 59th street bridge, un taudis se tient, ou tout à coup débarquent une troupe de gens de la bourgeoisie, en robes de soirée et en habit: il participent à une chasse au trésor particulière, et on pour mission de ramener un "homme oublié", une victime de la crise... C'est "Duke" (William Powell) qui va donc être amené par la jeune et un brin écervelée Irene Bullock (Carole Lombard), ce qui va permettre au vagabond d'asséner à ces bourgeois une leçon de manières... Mais Irene décide de faire de ce vagabond, qui se présente sous le nom de Godfrey Smith, un projet personnel, et lui offre une place de majordome chez elle. Chez les Bullock, il faut le dire, un majordome ne tient pas une journée: les deux filles sont folles, la mère est pire encore et a son gigolo à domicile, le père (Eugene Pallette n'en peut plus...

Godfrey va, bien sur, changer tout ça.

Godfrey, bien sur, n'est pas plus Godfrey Smith que vous ou moi, mais juste un homme du même milieu que ses employeurs... Mais ce qui est intéressant c'est qu'ils ne le savent pas, et pour notre part, nous ne le savons pas non plus avant la moitié du film. Et si les raisons qui l'ont poussé à vivre en vagabond sont du plus haut romantique, la leçon de vie qu'il assène à la famille Bulloxk reste valide. et La cava, qui n'a après tout rien d'un Capra, ne cherchait pas à passer un message social, mais à lancer du vitriol sur la haute bourgeoisie de l'est, qui en prend sacrément pour son grade... 

C'est un classique de la screwball comedy, un de ces films aussi qui ont beaucoup souffert de tomber dans le domaine public, sachant que 19 copies sur 20 seront des horreurs incomplètes et délavées... Vu dans une copie digne de ce nom, c'est une splendeur, un film quasiment entièrement situé dans ces intérieurs luxueux qui ont fait la renommée et la classe du genre. Et les dialogues signés de Morrie Ryskind sont très drôles...

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Gregory La Cava Criterion William Powell
5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 17:05

Pour commencer, voici la version cynique:

Vous n'aimez ni les chats, ni la comédie familiale dans laquelle un acteur de renom se ridiculise en jouant un sale type dont l'âme est transposée dans le corps d'un animal? Ce film n'est pas pour vous. 

Pour les autres:

Ca fait belle lurette que Sonnenfeld ne représente plus grand chose à Hollywood, et c'est dommage, mais c'est ainsi. Au moins, il peut encore travailler, parfois y ressusciter partiellement sa carrière et l'intérêt du public (Men in black 3, loin d'être son meilleur film), et lancer une série en en signant quelques épisodes, qu'elle marche (A Series of Unfortunate Events) ou pas (Pushing daisies)... Nine lives est donc son dernier film en date, et bien que tourné entièrement en Anglais, aux Etats-Unis, avec une équipe Américaine, c'est une co-production Franco-chinoise. C'est aussi un film mi-mercenaire, mi-personnel...

L'intrigue qui nous est contée montre comment un nabab Américain (Kevin Spacey) totalement imbu de lui-même et richissime, va changer, lorsque il fait la rencontre du propriétaire d'une boutique spécialisée dans les chats. Sa fille (Malina Weissman) en veut un, c'est son anniversaire, et bien qu'il déteste les chats (Je vous ai dit que c'était un con, oui?), il s'est résigné, faute d'autre idée, à lui en offrir un... Et le propriétaire (Christopher Walken) qui a flairé l'abruti, va provoquer son transfert par magie dans la peau d'un chat, le très digne Sibérien Mr Fuzzypants... Le problème c'est que pendant qu'il sera un chat, le corps de Tom Brand sera dans un coma profond, à deux doigts de mourir. Mr Fuzzypants, le nouveau chat, va donc devoir soit faire comprendre à sa famille qu'il n'est pas un chat mais le pater familias, soit trouver Mr Perkins le boutiquier pour lui faire inverser le sort. Et comme quand le chat n'est pas là, les souris dansent, son second tente de faire main basse sur la société tentaculaire...

Mercenaire, disais-je: Sonnenfeld l'a dit lui-même, il est allergique aux chats, il fallait donc de la nécessité et du cran pour s'attaquer à un tel film, et le mener à bien! Mais il a triché en faisant appel à des spécialistes pour qu'ils lui trouvent une race de chat qui soit non seulement hypoallergénique, mais qui sache en prime jouer la comédie assez docilement. Vive le Sibérien!

Mais personnel aussi: Sonnenfeld a toujours penché d'un côté plus ou moins marqué de l'échiquier politique, qui lui fait ne pas trop aimer les autocrates, et les conservateurs de tous poils... Et il a fait de Kevin Spacey un milliardaire auto-satisfait tellement préoccupé de sa propre auto-promotion qu'il a décidé de bâtir la plus haute tour possible, la Brand tower... Il est marié et remarié, d'ailleurs Cheryl Hines (RV) revient pour interpréter une ex-épouse truculente dotée d'une fille insupportable qui nous rappelle un peu l'infecte garce interprétée par Mercedes McNab dans Addams Family Values... Il agit avec ses subalternes comme un butor, les menaçant de licenciement pour un oui ou pour un non. Ca ne vous rappelle pas quelqu'un?

Non que le film ait des visées politiques, pas plus que d'habitude! Même si on se débrouille aussi pour qu'un portrait de George Bush soit tâché gratuitement et ce à plusieurs reprises... Non, c'est juste un portrait du monde, comme toujours dans ces films dont la vocation est de nous faire rire. Et la jolie complicité entre Malina Weissman et les chats, le personnage de Jennifer Garner en jeune épouse qui remet son divorce en question rendent la comédie plaisante et sans jamais la compliquer lui donnent des enjeux. Après, si vous n'aimez pas les chats... Tant pis.

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Published by François Massarelli - dans Barry Sonnenfeld Comédie
3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 16:39

Bauer réalisant une comédie? A ma connaissance ce film d'une bobine est le seul exemplaire du genre ayant survécu, et il n'a pas du en tourner beaucoup d'autres! le film met en scène un couple qui s'adresse au spectateur, chacun ayant son mot à dire, le monsieur sur les femmes et la dame sur les hommes. L'homme (S. Rassatov) nous montre un livre qu'il a déniché, qui arme les hommes pour déjouer les 1001 ruses des femmes. Il réussit à contrer toutes les tentatives de filouterie de son épouse (Lina Bauer). Mais celle-ci a de la ressource et elle réussira à déjouer la surveillance de son mari et le cocufier glorieusement...

Bref, tout ça ne vole pas très haut... Même si on peut au moins constater que le metteur en scène a proposé à son épouse un rôle fripon et lui a demandé de porter des tenues plus que suggestives, ce qui n'est pas courant dans son oeuvre (Ni dans le cinéma Russe Tsariste du reste) dont l'érotisme est généralement aussi morbide que cérébral. Madame Bauer, en revanche, est une dame ne faisant aucun mystère de sa sensualité. Mais ça n'empêche pas le film, bien qu'il soit relativement court, d'être à mon avis le moins intéressant de tous ceux que j'ai pu voir.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Muet Yevgueny Bauer
3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 16:19

Michel Hazanavicius et Jean Dujardin continuent leur oeuvre de parodie-commentaire du cinéma Français populaire, et plus si affinités, avec un deuxième opus qui me semble, mais ce n'est que mon avis, meilleur encore que le premier. Il continue à détourner les codes du cinéma d'espionnage, mais sa cible ici est le cinéma de la fin des années 60, détourné à la virgule près, et rien n'est épargné: costumes, coiffures, couleurs, musique, montage, et bien sûr, années 60 obligent, on n'oublie pas les split-screens!

Il commence par une séquence de pré-générique à la Bond qui doit beaucoup aux ambiances ouatées de The Pink Panther (Le style de Blake Edwards a une grande influence sur Hazanavicius), dans laquelle on s'amuse à poser les bases d'un gag récurrent: suite à un massacre impressionnant de bandits chinois, OSS 117 passera tout le film à trouver sur sa route des Chinois qui tenteront de l'éliminer parce que, je cite "Tu das nourir, Otétète Tent-Dix-Tept, tu as tué mon trère à Gstaad!"... Un phénomène récurrent auquel il ne comprendra d'ailleurs pas grand chose...

Puis la mission s'installe, et comme d'habitude on ne s'y intéresse pas une minute, il y est question d'anciens nazis, et Hubert Bonnisseur de la Bath va donc devoir travailler à Rio cette fois, sous le pseudonyme de Noël Flantier, en compagnie d'agents du Mossad, dont la belle Dolores (Louise Monot) qui va plus d'une fois le remettre à sa place... Car Hazanavicius et Halin, les scénaristes, ont prolongé le racisme déjà évident du personnage en lui ajoutant une grosse dose d'antisémitisme qui fait mouche... Sans compter la vision des femmes souvent expliquée en long et en large par OSS 117.

Les dessous de l'espionnage nous sont encore plus dévoilés que dans le premier opus, avec une séquence hilarante dans laquelle OSS 117 et ses collègues de bureau ont un dialogue insensé dans lequel on assiste à un ping pong verbal dont les balles sont les noms de famille de fonctionnaires qui sont sans doute tous blancs et franchouillards: "Toujours pas de nouvelle de Picot?" "ma foi non... Pas depuis la dispute avec Roussel" "et Lefranc?" "il a parlé avec Mauger, mais bon..." "ah. Et Borge il en dit quoi?" "Borge, Borge, Borge, qu'est-ce que tu veux qu'il dise... Il dit comme Favre!", etc. On y retrouve une sorte de micro-caricature sublime de tous les bureaux où l'on travaille, qui devient d'une absurdité burlesque par l'accumulation.

Sinon, bien sûr, on a droit à la totale, les couleurs glauques du psychédélisme sur une plage avec des gens tous nus, une visite des favelas, un voyage en avion sans pilote dans la jungle, un combat avec un crocodile mort, et Jean Dujardin grimé en Robin Hood tendance Erroll Flynn, pour un bal dans lequel la plupart des convives sont grimés en nazis...

A propos de nazis, une fois de plus on se réjouira: ils ont le mauvais rôle, ce qui n'empêche pas l'acteur Rudiger Vogler de reprendre à son compte le monologue de Shylock dans Le marchand de Venise de Shakespeare  "Ne suis-je pas un homme?". Gonflé, de faire jouer ça à un nazi...

Autre reprise impressionnante et fort bien amenée, celle de l'univers d'Hitchcock dans une séquence qui commence par Vertigo, se poursuit avec Saboteur et finit en North by Northwest! La musique de Ludovic Bource adopte bien sûr une posture délicieusement Hermannienne... Techniquement parfaitement accompli, totalement plausible, comme toujours la signature de la parodie viendra d'un mot ou d'un geste précis. Dujardin sait parfaitement le faire... Et Hazanavicius, qui sait comment on doit regarder un film, cite la façon de faire d'Hitchcock, à travers des exemples de plans qui sont de splendides pastiches.

Et pour finir, afin d'achever de faire envie (?), Rio ne répond plus renouvelle le cinéma d'action en proposant une poursuite en déambulateurs.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie Michel Hazanavicius