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Ce n'est pas un western, mais on n'en est jamais très loin... Bronco Billy McCoy (Clint Eastwood) est le propriétaire et la principale attraction d'un cirque western, avec ses cowboys qui sont adroit du lariat (lasso), ses faux sorciers apaches et ses écuyères en tenue "indienne", mais surtout avec le tireur d'élite Bronco Billy McCoy. Un homme de la fin du XXe siècle qui tente péniblement, sous couvert d'être le Buffalo Bill du pauvre, de maintenir des valeurs western complètement dépassées. Il engage, manifestement tous les soirs, une partenaire différente, pour un poste difficile, en effet il leur faut lancer des assiettes dans lesquelles il tire... Et rester sur une roue tournante pendant qu'il tire dessus ou qu'il y lance des couteaux. ...Il ne garde pas ses partenaires longtemps.
Et de toutes façons les affaires ne sont pas florissantes, et Bronco Billy se demande comment il va payer ses employés et partenaires. C'est pendant le début de cette crise économique privée, que Billy croise la route d'Antoinette Lilly (Sondra Locke), une riche héritière qui vient de se marier dans le seul but de toucher un héritage familial, mais elle a été abandonnée par son nouveau mari (Geoffrey Lewis) auquel elle avait fait part de ses intentions purement vénales. Il l'engage pour devenir son assistante...
Tout en étant clairement ancré dans son époque, des balbutiantes années 80 qui n'ont que faire d'un cirque western, c'est sans doute le film avec lequel Eastwood s'est le plus approché de l'esprit de Frank Capra et de ses oeuvres. Billy, c'est l'optimisme décalé incarné, une sorte de cow-boy égaré dans une époque qu'il ne comprend pas vraiment. Reste à savoit s'il est plutôt un homme du XIXe siècle ou des années 60, qui se serait perdu à l'aube du Reaganisme... Premier facteur qui puisse le rapprocher de Frank Capra, Bronco Billy est une comédie sur l'Amérique profonde, la débrouille et la façon dont les valeurs semblent résister au cynisme ambiant...
La comédie? Un genre dans lequel on n'attendait pas vraiment le metteur en scène, mais il s'est entraîné avec deux films réalisés par ses assistants et partenaires, Every which way but loose (James Fargo, 1978) et Any which way you can (Buddy Van Horn, 1980). On découvre le metteur en scène amusé par l'auto-dérision (Bronco Billy se tansformant l'espace d'un instant en ange exterminateur-Dirty Harry, pendant une attaque de banque dont il est l'une des victimes potentielles), et se plaisant à demander à ses acteurs fétiches des performances inattendues: Sondra Locke, en bourgeoise évaporée habituée à ce qu'on obéisse à tous ses caprices, renvoie à la Claudette Colbert de It happened one night; l'introduction du show par Scatman Strothers n'avait pas prévu qu'un serpent allait mordre en direct (hors champ, pour un effet plus comique encore) le chaman Apache, et bien sûr le gag récurrent des assistantes effrayées par les risques de travailler avec Billy font partie des réjouissances...
C'est surtout un film d'une immense tendresse, où Eastwood, qui s'apprêtait à travailler sur un gros film d'espionnage qui serait sans aucun doute l'un de ses pires (Firefox) suivi de l'un de ses plus beaux films (Honky Tonk Man), semble s'amuser en permanence dans ce film léger sur des gens qui ont tout de minables, mais qui vivent, qu'on le veuille ou non, leur rêve Américain bien particulier, en voyageant aux côté de ce grand enfant qu'est Bronco Billy...
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