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29 mai 2025 4 29 /05 /mai /2025 22:37

Ce n'est pas un western, mais on n'en est jamais très loin... Bronco Billy McCoy (Clint Eastwood) est le propriétaire et la principale attraction d'un cirque western, avec ses cowboys qui sont adroit du lariat (lasso), ses faux sorciers apaches et ses écuyères en tenue "indienne", mais surtout avec le tireur d'élite Bronco Billy McCoy. Un homme de la fin du XXe siècle qui tente péniblement, sous couvert d'être le Buffalo Bill du pauvre, de maintenir des valeurs western complètement dépassées. Il engage, manifestement tous les soirs, une partenaire différente, pour un poste difficile, en effet il leur faut lancer des assiettes dans lesquelles il tire... Et rester sur une roue tournante pendant qu'il tire dessus ou qu'il y lance des couteaux. ...Il ne garde pas ses partenaires longtemps.

Et de toutes façons les affaires ne sont pas florissantes, et Bronco Billy se demande comment il va payer ses employés et partenaires. C'est pendant le début de cette crise économique privée, que Billy croise la route d'Antoinette Lilly (Sondra Locke), une riche héritière qui vient de se marier dans le seul but de toucher un héritage familial, mais elle a été abandonnée par son nouveau mari (Geoffrey Lewis) auquel elle avait fait part de ses intentions purement vénales. Il l'engage pour devenir son assistante...

Tout en étant clairement ancré dans son époque, des balbutiantes années 80 qui n'ont que faire d'un cirque western, c'est sans doute le film avec lequel Eastwood s'est le plus approché de l'esprit de Frank Capra et de ses oeuvres. Billy, c'est l'optimisme décalé incarné, une sorte de cow-boy égaré dans une époque qu'il ne comprend pas vraiment. Reste à savoit s'il est plutôt un homme du XIXe siècle ou des années 60, qui se serait perdu à l'aube du Reaganisme... Premier facteur qui puisse le rapprocher de Frank Capra, Bronco Billy est une comédie sur l'Amérique profonde, la débrouille et la façon dont les valeurs semblent résister au cynisme ambiant...

La comédie? Un genre dans lequel on n'attendait pas vraiment le metteur en scène, mais il s'est entraîné avec deux films réalisés par ses assistants et partenaires, Every which way but loose (James Fargo, 1978) et Any which way you can (Buddy Van Horn, 1980). On découvre le metteur en scène amusé par l'auto-dérision (Bronco Billy se tansformant l'espace d'un instant en ange exterminateur-Dirty Harry, pendant une attaque de banque dont il est l'une des victimes potentielles), et se plaisant à demander à ses acteurs fétiches des performances inattendues: Sondra Locke, en bourgeoise évaporée habituée à ce qu'on obéisse à tous ses caprices, renvoie à la Claudette Colbert de It happened one night; l'introduction du show par Scatman Strothers n'avait pas prévu qu'un serpent allait mordre en direct (hors champ, pour un effet plus comique encore) le chaman Apache, et bien sûr le gag récurrent des assistantes effrayées par les risques de travailler avec Billy font partie des réjouissances...

C'est surtout un film d'une immense tendresse, où Eastwood, qui s'apprêtait à travailler sur un gros film d'espionnage qui serait sans aucun doute l'un de ses pires (Firefox) suivi de l'un de ses plus beaux films (Honky Tonk Man), semble s'amuser en permanence dans ce film léger sur des gens qui ont tout de minables, mais qui vivent, qu'on le veuille ou non, leur rêve Américain bien particulier, en voyageant aux côté de ce grand enfant qu'est Bronco Billy...

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood
29 mai 2025 4 29 /05 /mai /2025 22:36

Ben Shockley (Clint Eastwood), un policier bourru et alcoolique, revenu de tout, sauf des bases de sa vocation (car il a une morale) est un peu étonné qu'on fasse appel à lui pour une mission de confiance: il doit escorter un prisonnier depuis Las Vegas jusqu'en Arizona, où "il" devra témoigner dans le cadre d'un procès-clé contre la Mafia... Sauf que ce n'est pas UN témoin, mais une jeune femme, au caractère bien trempé, une prostituée qui répond au nom d'Augustina 'Gus' Mally (Sondra Locke). Et celle-ci est claire dès le départ: elle n'a pas envie de faire le voyage, puisque elle sait fort bien que tout l'Ouest des Etats-Unis parie sur l'échec de la mission, puisqu'on ne s'attaque pas à la Mafia sans y laisser des plumes...

Sauf que Ben Shockley, lui, a une mission et il compte bien la mener au bout, y compris quand il apprendra que la dite mission ne lui a été confiée par ses supérieurs, mouillés jusqu'au cou, que parce qu'on compte bien qu'il ne la réussisse pas...

C'est l'un de ces film faits un peu de la main gauche par Eastwood, il y en a toujours eu... Après The outlaw Josey Wales, c'est vrai que cette histoire rocambolesque fait un peu tâche, mais... Ca ne manque pas de charme, quand même, surtout quand le réalisateur a pris du plaisir à confronter son personnage à un personnage féminin qui réussit (parfois de justesse) à transcender les clichés et les inévitables raccourcis de son personnage. Le fait de voir se développer au milieu des balles, littéralement d'ailleurs, une histoire d'amour entre la barbouze bourru et la prostituée énergique, joue totalement en faveur du film... Ce n'est pas peu dire que Sondra Locke et Clint Eastwood étaient cinématographiquement faits l'un pour l'autre...

Et puis c'est sans doute l'un des plus baroques de tous les films de série B d'Eastwood: totalement impossible à prendre au sérieux, mais alors vraiment, et avec un parti-pris manifeste de placer le titre du film au Guiness Book, catégorie "le plus grand nombre de balles tirées dans un film". Ce qui renforce, forcément, notre incrédulité, mais finit par donner un film à 'énergie qui va dans le bon sens! Quand ces deux parias arrivent à l'issue de leur mission étrange, on est de tout coeur avec eux...

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood
28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 13:37

1975: dans un lycée Parisien, des élèves de terminale affrontent la fin de l'année scolaire, entre révisions éventuelles pour le bac, frustrations familiales, nécessaire agitation gréviste, amourettes, fumette, bacs blancs, conseils de classe et surtout, surtout, beaucoup de bêtises diverses et variées.

C'est un film qui joue à fond sur la nostalgie; celle des élèves particulièrement, qui dans le prologue et fil rouge du film, ont bien grandi. Voncent Elbaz et d'autres, anciens copains de terminale, sont venus à l'hôpital pour visiter Sophie (Elodie Bouchez), qui vient d'accoucher du fils de leur copain Tomasi, décédé d'une overdose quelques mois plus tôt. La nostalgie se pare de tristesse et de regrets, mais elle n'empêche pas l'évocation des souvenirs de rester profondément réjouissante... C'est un professeur qui parle, et je dois dire que la profession n'en sort pas grandie: mais quel professeur, justement, n'aura pas été amené un jour ou l'autre à prononcer dans le vide une phrase à la noix du genre "Tomasi, veuillez immédiatement cesser de faire le crétin, ou bien..."?... La saveur du film est basée aussi sur le fait de souligner les forces comme les faiblesses des adultes, mais surtout les faiblesses...

Car Le Péril Jeune est un film de point de vue, celui qu'on a conservé de nos années de jeunesse, de fréquentation du lycée, et parfois même des cours. Parfois, parce que dans ce lycée, on sèche volontiers... Surtout Tomasi (Romain Duris): celui-ci, le principal héros du film, ne pouvait que mourir jeune, tant il incarne justement l'esprit de la jeunesse, son côté rêveur et frondeur, cette envie de se mesurer au monde à cent à l'heure, et de s'en prendre à la terre entière. Toutes ces choses qui ne durent qu'un temps, mais qu'on garde au fond de soi...

C'est touchat, souvent drôle voire très drôle et tout ce petit monde s'est admirableùment glissé dans la peau des lycéens, parents et profs de 1975, une autre époque décidément: en 1985, 1975 c'était forcément deux ou trois siècles plus tôt... Mais je vous garantis qu'au vu de ce merveilleux petit film espiègle, on se rend compte que 1975 et 1985 sont finalement beaucoup plus proche que, disons, 2025 et 2020. Tout ce monde qui nous est montré, ces AG clandestines, ces lycéens insouciants, ces timides prises de conscience, ces après-midi au flipper...

...Ca n'existe plus.

 

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Published by François Massarelli - dans Cédric Klapisch
28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 13:27

Une dame (Stella Adams) qui a perdu son mari (officiellement il est décédé, en compagnie de leur fille) ne perd pas l'espoir de le retrouver... Sa dame de compagnie (Jane Starr) qui essaie de lui soutirer un maximum lui monte une escroquerie de première classe, et fait intervenir la fille (Billie Barnes) d'un repris de justice qui vient juste de sortir de prison: elle est supposée jouer le rôle de la fille de la vieille dame...

C'est assez confus, pour ne pas dire franchement idiot! Pour commencer, si l'idée est de soutirer un héritage de la vieille dame, on peut quand même se demander s'il est convenable de lui produire une autre héritière! Et le film possède un trou monumental et mélodramatique: car la jeune femme qui est présentée comme la fille de la vieille dame est précisément sa fille...

Oui, mais c'est un film de pure consommation, soigné et fait avec un flair considérable pour le bon geste au bon moment, par un Francis Ford en bout de carrière (je soupçonne qu'il lui était interdit d'apparaître à l'écran, puisqu'il a un rôle quasi officieux, celui d'un médecin qui n'est vu que de dos), un metteur en scène dont on se rend compte en viyant les rares films de lui qui ont survécu, qu'il était bien plus que le "grand frère de...", ou le mentor de son frère... Un cinéaste efficace, doté d'un humour solide et d'un sens consommé de l'action. 

Ce film rare, un court métrage de deux bobines, fait partie de la série Fearless: le héros en est un chien, et on le trouve grâce à la parution de l'anthologie Wonder Dogs aux Etats-Unis.

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Published by François Massarelli - dans Francis Ford Muet Wonder dogs
28 mai 2025 3 28 /05 /mai /2025 13:25

Arbuckle joue ici sur la proximité, dans une rue de Los Angeles, entre un club de culture physique fréquenté par des femmes d'un côté, et des hommes de l'autre, et une boutique tenue par un Chinois (Frank Hayes), un personnage particulièrement chargé comme on s'en doute. Le héros entre dans le club sportif et entre immédiatement en concurrence avec Al St-John pour les beaux yeux de Minta Durfee... Beaucoup, beaucoup, beaucoup de bêtises vont alors joyeusement se succéder à l'écran. 

La présence de ce film sur l'anthologie récente Wonder dogs parue aux Etats-Unis chez Kino se justifie bien sûr par la présence au casting de Luke, le chien intelligent qui était une des vedettes de la troupe d'Arbuckle, déjà quand il était chez Sennett. La complicité entre le metteur en scène et le chien est évidente, mais St-John (un acteur exécrable, mais un acrobate impressionnant) a développé lui aussi un partenariat avec la bête...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet Mack Sennett Roscoe Arbuckle Wonder dogs
27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 15:21

McCutcheon était principalement un opérateur, un caméraman donc. Mais en cette fort lointaine époque, filmer était déjà un acte de création en soi. Et du reste, l'habitude n'était pas encore prise de compartimenter les rôles...

C'est une intrigue très simple, mais c'est clairement de la comédie: dans ce petit film, un jeune homme tente de conter fleurette à une jeune femme qui lui préfère son caniche. Celui-ci d'ailleurs finit par le mordre...

C'est une évolution, à n'en pas douter, dans un art qui jusqu'alors se contentait beaucoup de placer des enfants et des chiens devant la caméra et d'attendre qu'il se passe quelque chose. Ici, il se passe clairement quelque chose!

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Published by François Massarelli - dans Muet Wonder dogs
27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 15:14

Une jeune femme accompagne un enfant à la plage et après le bain, lui fait partager un biberon avec un chien...

Ce film anonyme participe assez clairement de la tendance très affirmée du jeune cinéma, de montrer, pour plaire à toute la famille, des chiens dans les films, où on les oppose à des bébés, ou de très jeunes enfants... Ce n'est pasvraiment la dimension la plus glorieuse du cinéma naissant. Sans parler des aspects hygiéniques sérieusement embarrassants...

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Published by François Massarelli - dans Wonder dogs Muet
27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 15:08

Cette même année 1904, Porter avait réalisé pour Edison un petit film, Babe and puppies, dans lequel un bébé se laissait envahir par des chiots, qui devenaient tellement embêtants qu'il finissait en pleurs... Un film navrant, mais qui fut un gros succès.

Quelques temps plus tard, Bitzer (caméraman, mais unique "auteur" de ce court métrage) en réalisait une fort pale copie, tout aussi navrante et anecdotique...

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Published by François Massarelli - dans Billy Bitzer Muet Wonder dogs
27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 15:00

Des enfants jouent. Le plus jeune reste au sol, et est bientôt envahi d'une meute de chiots...

Il aura donc fallu le talent de l'un des premiers metteurs en scène important, si ce n'est le premier, du cinéma Américain, qui à cette époque avait déjà réalisé (l'année précédente) ses deux fimls les plus importants, pour établir que des fois une mauvaise idée reste bien une mauvaise idée: car le principe de laisser les chiots envahir bébé, pour créer un effet comique, débouche surtout sur une navrante situation: par leur enthousiasme, les nombreux chiots finissent par devenir trop pressants, et le bébé pleure toute la misère du monde. Cet ancètre du zapping est très embarrassant à regarder...

...Et comme une mauvaise idée n'est jamais perdue, il y aura même au moins un plagiat!

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Published by François Massarelli - dans Edwin Porter Muet Wonder dogs Thomas Edison
27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 14:51

Bon, on touche le fond avec ce film, qui pour commencer nous montre trois chiens se soulageant sur une fleur dans un jardinet, puis partir satisfaits, miction accomplie...

Dans un deuxième temps, un jeune homme s'approche de la fleur et la trouve tellement à con goût qu'il la cueille, avant de l'offrir à sa petite amie, qui bien entendu est ravie...

C'est aussi dégoûtant qu'affligeant, et ça nous rappelle que même chez les gens vaguement sophistiqués de la compagnie Gaumont, le bon goût n'était pas forcément systématiquement au programme dans ces temps héroïques du cinéma. Alice Guy l'a particulièrement illustré...

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Published by François Massarelli - dans Alice Guy Muet Wonder dogs