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26 juin 2025 4 26 /06 /juin /2025 14:31

C'est un film qui date des débuts de Tex Avery, quand il venait d'être bombardé "superviseur", soit réalisateur dans la série des plus prestigieux courts métrages de dessin animé du studio dirigé par Leon Schlesinger: sa tâche était claire, il se devait de proposer une réponse adéquate au formidable succs et à l'excellence technique diabolique des Silly Symphonies de Disney... Les Merrie melodies était désormais en couleurs, et Warner avait enfin accès au Technicolor 3 bandes, qu'ils aletrnaient avec du Cinecolor (un procédé étrange, avec seulement deux nuances). Ce film a bénéficié de cet apport...

Un jeune épouvantail prend des leçons de son papa, mais il est trop petit: quand il est confronté à un corbeau, non seulement il ne le fait pas fuir, mais l'oiseau finit par lui faire peur...

C'est une histoire contée de açon directe et sans digressions, par Avery qui se permet juste quelques excentricités (un arbre dans lequel on a installé un ascenseur) et par ailleurs effectue son boulot de façon fluide, sans jamais sortir du cadre! Comme quoi c'était possible. Il n'allait pas tarder à se sentir aussi libre de dérapr qu'il l'était déjà pour les Looney tunes en noir et blanc...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Tex Avery
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 23:13

Un artiste (Kenneth Graybill) à la santé fragile vient se ressourcer dans le Sud au temps plus clément... Il est accueilli dans une maison où vit une famille très religieuse. Les deux jeunes filles sont toutes deux au couvent, la plus âgée (Mary Pickford) prend peur à l'annonce de l'arrivée d'un jeune homme... Mais elle et sa soeur (Marion Sunshine) tombent amoureuse de lui à son arrivée. Le jeune homme va-t-il devoir faire un choix?

C'est un drame parfois déguisé en comédie, tant le sujet est propice au marivaudage. Mais le film est entièrement axé sur le point de vue des jeunes femmes et de leur tourment intérieur. Vont-elles devoir se sacrifier l'une pour l'autre? Vont-elles aller au bout de leur vocation, ou se laisseront-elles aller à l'ivresse de l'amour?

C'est bien l'histoire d'un sacrifice... Il n'est pas très difficile de savoir qui devra laisser sa place quand on sait d'une part comment fonctionnait Griffith, et d'autre part quelle actrice de premier plan est ici présente! C'est un beau film qui utilise à merveille le point de vue, et une scénographie très élaborée, en s'interdisant tout extérieur. Tout ici se déroule entre quatre murs...

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Published by François Massarelli - dans David Wark Griffith Mary Pickford Muet
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 23:06

Une poule laisse son poussin sous la garde de Foghorn Leghorn, qui s'évertue à trouver des moyens de l'occuper. Mais la bestiole est un intellectuel, qui domine rapidement le coq dans le jeu...

Tout simple, à peine gâché par la logorrhée du héros, c'est un film dont la dynamique repose sur le proverbial contraste, cette fois entre un animal adulte et sentencieux qui par définition pense qu'il sait tout, et un jeune animal qui devrait tout avoir à apprendre mais sait tout et effectue brillamment tout ce qu'il entreprend. Et ça marche!

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Bob McKimson
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 22:59

Un renard, attiré par un poulailler modèle, doit composer avec un chien extrèmement concentré sur son travail de garde, et se fait passer pour un chien errant souffrant de la faim... Le moins qu'on puisse dire, c'est que le chien n'est pas dupe...

McKimson aimait les confrontations entre un animal relativement malingre et des bestioles plus massives; mais cette fois, le gros chien très costaud est le garant de l'ordre établi... Entre le chien, au vocabulaire calme et posé (il fait même une démonstration musclée de sa décontraction), et le renard stressé, la dynamique est très efficace...

Et le renard fournit un commentaire en voix off qui fera irrésistiblement penser au film noir...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Bob McKimson
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 16:55

Qui se souvient des intrigues de James Bond? Elles n'ont pas grand intérêt, par définition, devenant surtout un préexte pour le cirque Broccoli! Non, ce qui distingue les films les uns des autres, ce sont les morceaux choisis, telle poursuite, telle scène d'action, telle réplique, telle décision: le remplacement de l'acteur principal et la mise en scène font de On her majesty's secret service le meilleur à bien des égards, la violence étonnante et un rien subversive de Casino Royale le fait se détacher sérieusement des autres, et l'abandon des gadgets donne un cachet à For your eyes only...

Ici, on peut penser à quatre choses qui distinguent ce film de autres de façon évidente: d'une part, l'arrivée de Roger Moore. Puis, le parfum "Blaxploitation", vulgaire voire un peu raciste sur les bords (ici, ce sont les blancs contre la mafia noire), même si l'organisation d'un milieu à Harlem, dominé par un gangster Afro-Américain, renouvelle sérieusement le canon. D'ailleurs, on a déjà vu avec le film précédent une tentative d'américaniser la saga de James Bond. Ici, au moins, c'est bien plus réussi!

Enfin, l'ingrédient principal: la chanson du générique, signée Paul McCartney & Wings. Un chef d'oeuvre... mais pas le film.

Pourtant, il a des qualités: il est pour commencer assez soigné, et commence de façon assez loufoque sans en faire trop, avec trois exécutions sommaires à la Chapeau Melon et bottes de cuir (The Avengers pour les initiés), dont un assassinat à New Orleans avec une... fanfare (!), une scène dans laquelle on jurerait qu'on va croiser Patrick McNee. Sinon, Roger Moore prend ses marques, avec un humour très marqué, et cette inimitable distance par rapport aux moindres émotions... Quant à son "tableau de chasse", il s'internationalise toujours un peu plus...

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Published by François Massarelli - dans Bond
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 14:12

Alice (Howell) est bonne à tout faire dans un établissement pour jeunes filles comme il faut. On apprend qu'elle va hériter, elle prend une certaine importance! Mais il s'avère que l'héritage n'est qu'une jambe en bois... Elle est immédiatement licenciée, et trouve à se placer dans une autre institution...

Alice Howell est généralement comparée à Chaplin. Bon, j'imagine que c'est la facilité, mais ça me semble court et faux: non qu'elle soit mauvaise, loin de là! Mais elle me ferait plutôt penser à un Harry Langdon, dans son côté très lunaire, mais doté d'une agilité hors du commun! Le film est incomplet, et on passe assez rapidement sur la première bobine... Mais la deuxième présente des moments en solo qui sont non seulement convenablement farfelus, mais aussi impeccablement exécutés...

Quant à la jambe en bois... mais non, vous avez certainement deviné.

 

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Published by François Massarelli - dans Alice Howell Muet
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 13:35

Désespérément, un renard s'attaque à un poulailler, mais il ne parviendra pas à tromper la vigilance du coq de garde...

Bien que le film soit du à McKimson, le coq n'est pas Foghorn Leghorn, mais un mastar générique, bien rendu, et faisant face à un renard qui lui non plus ne me semble pas avoir fait une réapparition (pour autant que je le sache, car je ne pense pas avoir vu les 1000 film des séries Looney tunes et Merrie Melodies...)... Une bouffée d'air frais, donc, en perspective.

Comme toujours avec ces films basés sur la faim et l'inversion des rapports de force entre un prédateur et une cible, ça fait mouche... On regrettera que le renard soit un rien trop bavard cependant...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Bob McKimson
25 juin 2025 3 25 /06 /juin /2025 13:27

Etonnant: un film de Bob McKimson avec Foghorn Leghorn, tourné en 1960... Et contrairement à ce qu'on attendrait du réalisateur et du personnage, le film est plutôt bon. Sauf qu'il faut bien admettre qu'il louche sérieusement du côté de Chuck Jones!

Foghorn Leghorn, nostalgique, a quitté sa ferme pour rejoindre le Sud... Il s'installe donc à l'ombre d'une plantation, où deux oiseaux de proie (des faucons affamés) vont le considérer comme une denrée de choix!

Ce qui revient à McKimson, outre le personnage (j'ai déjà tellement écrit à quel point je n'aimais pas ce coq, pas besoin de le réécrire), c'est une certaine tendance au bavardage... Mais là où le film rejoint l'univers de Jones, c'est dans le côté disjoint des gags, tous liés à de lamentables tentatives de la part des oiseaux de se saisir du coq... Sinon, celui-ci ne se déplace jamais sans des plumes de rechange, de la marque Acme bien entendu...

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Bob McKimson
24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 15:28

Thelonious Sphere Monk (1917- 1982) a traversé une bonne part du XXe siècle, et si il est probable qu'un grand nombre des gens qui peuplent la terre aujourd'hui ignorent son nom et sa musique, il a profondément marqué l'histoire de la musique Américaine. Il était pianiste, versé tôt dans le jazz et en particulier le bebop, cette révolution qui s'est effetuée chez les jeunes instrumentistes de la musique Afro-Américaines dans les années 40... C'est probablement parce que Monk était unique, et profondément original voire excentrique...

Le film est un portrait documentaire qui évite de ne reposer que sur des "talking heads", ces participants des programmes didactiques qui ont tout vu et tout compris, sont souvent imprécis, et disent beaucoup de choses pour peu de signification. On parle bien sûr, notamment pour situer qui était Monk, ce qu'il a appotré, et pour accompagner le flot d'images et de musique... Car pour un avant-gardiste absolu, Monk a été finalement très documenté! Il a même, le 28 février 1964, fait la couverture du magazine Time, dix ans après son ami et collègue Dave Brubeck...

Mais si entendre Monk est une expérience sensorielle assez inédite pour qui ne le connait pas, le voir n'est pas mal non plus. Le film n'est pas avare d'images, et non des moindres: le pianiste Monk en scène, bien sûr, ou à la télévision. Seul, en trio (avec la contrebasse et la batterie); en quartet (on le verra brièvement en compagnie de John Coltrane, mais faute d'images, le film fait la part belle aux extraits de prestation du quartet avec Charlie Rouse qui a couvert les années 60), voire en octet pour une tournée qui a été oubliée mais bien documentée, en particulier avec des images de répétition...

On y verra le pianiste se lever de son siège et danser d'une façon étonnante... Car Monk était dans une bulle, une bulle étonnante à plus d'un titre: car si lui tendait à rentrer dans une transe très auto-centrée dès qu'il prenait du plaisir en écoutant ses solistes*, il laissait sa musique, dont il était le plus souvent l'unique compositeur, toucher tous et tout le monde, pendant que lui, en quelque sorte, retournait sur sa planète.

On y voit aussi le quartet en 1968 (Thelonious Monk, Charlie Rouse au saxophone, le contrebassiste Larry Gales et le batteur Ben Riley) entrer en studio pour y graver des morceaux de l'album Underground... L'accueil aux stuodios Columbia par le producteur Teo Macero, les discussions entre Rouse, respecteux et tolérant, et un Monk partagé entre l'incommunicabilité absolue (il tend à parler seul) et l'espièglerie loufoque ("alors, Thelonious, je joue quoi ici? un Ré ou un Do?" "Les deux si tu veux"), et l'impression est d'assister à une forme innée de génie: car une fois jouée, même sans lui, la musique de Thelonious Monk sonne comme lui.

Il n'empêche, ce grand-prêtre excentrique, avant-gardiste, souvent présenté comme autiste en raison de son choix de peu communiquer, et surtout pas de façon prévisible, il marche dans des rues de new York, où des quidams qui le voient et le reconnaissent, le prennent littéralement dans leurs bras. Ca s'appelle de l'amour, ça... Tout comme l'amitié indéfectible de la Baronne Nica de Koenigswarter, la mécène Franco-New Yorkaise des Jazzmen (c'est chez elle que Charlie Parker est décédé en 1954, et elle a hébergé, outre Monk, Horace Silver et des jazzmen aux vies plus torturées comme Hank Mobley): cele qui lui a donné un toit lui a dédié du temps et un peu de sa fortune comme une mère se sacrifie pour un enfant... Un enfant touchant, mais génial.

Le seul moyen peut-être de s'approcher de lui un tant soit peu étant de l'écouter, Charlotte Zwerin a choisi le meilleur parti-pris: laisser parler Monk ("I'm famous... ain't that a bitch?"), laisser parler sa musique. Ces 89 minutes sont un portrait sensible, secret et unique.

*Monk a commencé à prendre l'habitude de se lever de son tabouret pendant les solos de saxophone ténor de John Coltrane, dont il appréciait l'attitude d'introspection, et les explorations modales de ses compositions. Plus généralement, il y exprimait un rapport complexe, non verbal, affectif et total avec sa propre musique, qui passait par une confiance absolue dans les solistes qu'il avait engagés... A méditer, et à rapprocher si on veut de l'atttude d'un Miles Davis qui lui sortait de scène sans autre forme de procès pour aller fumer une cigarette ou boire un verre, en laissant ses musiciens se débrouiller sans lui...

 

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Published by François Massarelli - dans Thelonious Monk Jazz Musique Criterion
24 juin 2025 2 24 /06 /juin /2025 15:14

Une prison assez typique des années 30, on y trouve des prisonniers endurcis, qui sont tous plus rides les uns que les autres... En particulier, nous voyons deux de ces gibiers de potence, qui ont une routine bien établie: le plus grand fait les bêtises, et le plus petit se fait punir! Le directeur de la prison est un faible un peu loufoque, qui ne voit pas le comportement parfois limite des prisonniers autour de lui... Alors quand un prisonnier s'évade, c'est la pagaille...

Dans les années 30, le film de prison est un genre à part entière, qui a donné quelques films importants, les plus célèbres étant sans doute The big House (George Hill, 1930), 20,000 years in Sing-sing (Michael Curtiz, 1933) et Each dawn I die (William Keighley, 1939)... C'est un peu à une parodie de ce genre que se livrent les deux réalisateurs Cal Dalton et Ben Hardaway... Une équipe qui donne souvent des films surprenants, d'une vitalité et d'une énergie aboslument affolants, aux antipodes des oeuvres tellement plus compassées de Harman et Ising, qui il est vrai n'ont pas dirigé beaucoup de Looney Tunes ou de Merrie Melodies...

Répertorier les gags présents dans ce film serait fastidieux, tellement il y en a, mais il vait la peine d'être découvert, à plus forte raison dans la merveilleuse copie rendue disponible sur un blu-ray Warner récent. Mon préféré étant par ailleurs une allusion à un film majeur de Curtiz, Angels with dirty faces: les metteurs en scène se sont amusés à parodier une scène dramatique dans laquelle l'auteur Hongrois représentait en ombres chinoises l'exécution d'un gangster au moyen de la chaise électrique...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes