Désespérément, un renard s'attaque à un poulailler, mais il ne parviendra pas à tromper la vigilance du coq de garde...
Bien que le film soit du à McKimson, le coq n'est pas Foghorn Leghorn, mais un mastar générique, bien rendu, et faisant face à un renard qui lui non plus ne me semble pas avoir fait une réapparition (pour autant que je le sache, car je ne pense pas avoir vu les 1000 film des séries Looney tunes et Merrie Melodies...)... Une bouffée d'air frais, donc, en perspective.
Comme toujours avec ces films basés sur la faim et l'inversion des rapports de force entre un prédateur et une cible, ça fait mouche... On regrettera que le renard soit un rien trop bavard cependant...
Etonnant: un film de Bob McKimson avec Foghorn Leghorn, tourné en 1960... Et contrairement à ce qu'on attendrait du réalisateur et du personnage, le film est plutôt bon. Sauf qu'il faut bien admettre qu'il louche sérieusement du côté de Chuck Jones!
Foghorn Leghorn, nostalgique, a quitté sa ferme pour rejoindre le Sud... Il s'installe donc à l'ombre d'une plantation, où deux oiseaux de proie (des faucons affamés) vont le considérer comme une denrée de choix!
Ce qui revient à McKimson, outre le personnage (j'ai déjà tellement écrit à quel point je n'aimais pas ce coq, pas besoin de le réécrire), c'est une certaine tendance au bavardage... Mais là où le film rejoint l'univers de Jones, c'est dans le côté disjoint des gags, tous liés à de lamentables tentatives de la part des oiseaux de se saisir du coq... Sinon, celui-ci e se déplace jamais sans des plumes de rechange, de la marque Acme bien entendu...
Thelonious Sphere Monk (1917- 1982) a traversé une bonne part du XXe siècle, et si il est probable qu'un grand nombre des gens qui peuplent la terre aujourd'hui ignorent son nom et sa musique, il a profondément marqué l'histoire de la musique Américaine. Il était pianiste, versé tôt dans le jazz et en particulier le bebop, cette révolution qui s'est effetuée chez les jeunes instrumentistes de la musique Afro-Américaines dans les années 40... C'est probablement parce que Monk était unique, et profondément original voire excentrique...
Le film est un portrait documentaire qui évite de ne reposer que sur des "talking heads", ces participants des programmes didactiques qui ont tout vu et tout compris, sont souvent imprécis, et disent beaucoup de choses pour peu de signification. On parle bien sûr, notamment pour situer qui était Monk, ce qu'il a appotré, et pour accompagner le flot d'images et de musique... Car pour un avant-gardiste absolu, Monk a été finalement très documenté! Il a même, le 28 février 1964, fait la couverture du magazine Time, dix ans après son ami et collègue Dave Brubeck...
Mais si entendre Monk est une expérience sensorielle assez inédite pour qui ne le connait pas, le voir n'est pas mal non plus. Le film n'est pas avare d'images, et non des moindres: le pianiste Monk en scène, bien sûr, ou à la télévision. Seul, en trio (avec la contrebasse et la batterie); en quartet (on le verra brièvement en compagnie de John Coltrane, mais faute d'images, le film fait la part belle aux extraits de prestation du quartet avec Charlie Rouse qui a couvert les années 60), voire en octet pour une tournée qui a été oubliée mais bien documentée, en particulier avec des images de répétition...
On y verra le pianiste se lever de son siège et danser d'une façon étonnante... Car Monk était dans une bulle, une bulle étonnante à plus d'un titre: car si lui tendait à rentrer dans une transe très auto-centrée dès qu'il prenait du plaisir en écoutant ses solistes*, il laissait sa musique, dont il était le plus souvent l'unique compositeur, toucher tous et tout le monde, pendant que lui, en quelque sorte, retournait sur sa planète.
On y voit aussi le quartet en 1968 (Thelonious Monk, Charlie Rouse au saxophone, le contrebassiste Larry Gales et le batteur Ben Riley) entrer en studio pour y graver des morceaux de l'album Underground... L'accueil aux stuodios Columbia par le producteur Teo Macero, les discussions entre Rouse, respecteux et tolérant, et un Monk partagé entre l'incommunicabilité absolue (il tend à parler seul) et l'espièglerie loufoque ("alors, Thelonious, je joue quoi ici? un Ré ou un Do?" "Les deux si tu veux"), et l'impression est d'assister à une forme innée de génie: car une fois jouée, même sans lui, la musique de Thelonious Monk sonne comme lui.
Il n'empêche, ce grand-prêtre excentrique, avant-gardiste, souvent présenté comme autiste en raison de son choix de peu communiquer, et surtout pas de façon prévisible, il marche dans des rues de new York, où des quidams qui le voient et le reconnaissent, le prennent littéralement dans leurs bras. Ca s'appelle de l'amour, ça... Tout comme l'amitié indéfectible de la Baronne Nica de Koenigswarter, la mécène Franco-New Yorkaise des Jazzmen (c'est chez elle que Charlie Parker est décédé en 1954, et elle a hébergé, outre Monk, Horace Silver et des jazzmen aux vies plus torturées comme Hank Mobley): cele qui lui a donné un toit lui a dédié du temps et un peu de sa fortune comme une mère se sacrifie pour un enfant... Un enfant touchant, mais génial.
Le seul moyen peut-être de s'approcher de lui un tant soit peu étant de l'écouter, Charlotte Zwerin a choisi le meilleur parti-pris: laisser parler Monk ("I'm famous... ain't that a bitch?"), laisser parler sa musique. Ces 89 minutes sont un portrait sensible, secret et unique.
*Monk a commencé à prendre l'habitude de se lever de son tabouret pendant les solos de saxophone ténor de John Coltrane, dont il appréciait l'attitude d'introspection, et les explorations modales de ses compositions. Plus généralement, il y exprimait un rapport complexe, non verbal, affectif et total avec sa propre musique, qui passait par une confiance absolue dans les solistes qu'il avait engagés... A méditer, et à rapprocher si on veut de l'atttude d'un Miles Davis qui lui sortait de scène sans autre forme de procès pour aller fumer une cigarette ou boire un verre, en laissant ses musiciens se débrouiller sans lui...
Une prison assez typique des années 30, on y trouve des prisonniers endurcis, qui sont tous plus rides les uns que les autres... En particulier, nous voyons deux de ces gibiers de potence, qui ont une routine bien établie: le plus grand fait les bêtises, et le plus petit se fait punir! Le directeur de la prison est un faible un peu loufoque, qui ne voit pas le comportement parfois limite des prisonniers autour de lui... Alors quand un prisonnier s'évade, c'est la pagaille...
Dans les années 30, le film de prison est un genre à part entière, qui a donné quelques films importants, les plus célèbres étant sans doute The big House (George Hill, 1930), 20,000 years in Sing-sing (Michael Curtiz, 1933) et Each dawn I die (William Keighley, 1939)... C'est un peu à une parodie de ce genre que se livrent les deux réalisateurs Cal Dalton et Ben Hardaway... Une équipe qui donne souvent des films surprenants, d'une vitalité et d'une énergie aboslument affolants, aux antipodes des oeuvres tellement plus compassées de Harman et Ising, qui il est vrai n'ont pas dirigé beaucoup de Looney Tunes ou de Merrie Melodies...
Répertorier les gags présents dans ce film serait fastidieux, tellement il y en a, mais il vait la peine d'être découvert, à plus forte raison dans la merveilleuse copie rendue disponible sur un blu-ray Warner récent. Mon préféré étant par ailleurs une allusion à un film majeur de Curtiz, Angels with dirty faces: les metteurs en scène se sont amusés à parodier une scène dramatique dans laquelle l'auteur Hongrois représentait en ombres chinoises l'exécution d'un gangster au moyen de la chaise électrique...
Une visite loufoque du zoo, où on trouve un paquet de chameaux (camels) fumeurs, un bus de la compagnie Greyhound (le Greyhound étant aussi un chien de race, sa présence au zoo devient logique), un chimpanzé qui trouve que l'homme qui l'observe lui est tellement semblable qu'il ne leur reste qu'à échanger leurs places... Et tout un tas d'autres animaux loufoques, placés là en raison d'un jeu de mot ou d'une allusion à la culture populaire...
Sur ce dernier point, on perd évidemment beaucoup du sens, mais ça fait un peu partie de la poésie particulière de ces travelogues et autres visites, faux documentaires et autres faux films didactiques qu'affectionnait tant Avery parce que ça lui évitait d'avoir à raconter une histoire!
A noter, l'une des quelques apparitions de Egghead, le personnage qui allait bientôt grossir et changer de nom: on l'appellera bientôt Elmer Fudd. En attendant, Avery l'utilisait beaucoup comme fil rouge. C'est le cas ici...
Une petite fille, dans une nurserie, sort de son lit pour manger un morceau, et les personnages de son papier peint s'animent dans une version délirante et musicale de La Belle et la Bête... La Bête a très vaguement un visage inspiré de Jimmy Durante...
Les deux principaux intérêts de ce film, un court métrage assez typique de la série Merrie Melodies, n'ont pas grand chose à voir avec son intrigue très conenue... Pour un cartoon Warner, s'entend. Non, d'une part Beauty and the beast est une preuve éclatante de l'emprise de Disney et de ses Silly Symphonies sur le monde du dessin animé, et de la façon dont Leon Schlesinger modelait ses productions sur son concurrent principal. Le film est en couleurs, mais c'est le Cinecolor, un technicolor du pauvre, en deux filtres au lieu des trois pimpants affichés par Disney...
Et surtout, c'est le premier court métrage des Merrie Melodies qui soit dirigé par Friz Freleng, lui-même un transfuge de Disney... Il était revenu de ses premières expériences avec un savoir-faire impressionnant dans l'art de synchroniser animation et musique...
On appelle ce genre de film la "Screwball comedy", ce qui veut dire à peu près "comédie loufoque" en français. Mais on a plutôt tendance à appeler ça la "comédie à l'Américaine", en prenant le plus souvent un air entendu. A dire vrai, d'authentiques screwball comedies, il y en a eu une poignée, et on se bat pour deux raisons: d'une part, désigner la première (Twentieth century, de Howard Hawks, ou It happened one night, de Frank Capra?)... d'autre part, désigner la meilleure. C'est bien inutile, car je pense qu'il y a un impressionnant ex-aequo: les deux films précités, mais aussi The awful truth (Leo McCarey), Bluebeard's eight wife et Ninotchka (Lubitsch), Ball of fire, His girl Friday, Bringing up Baby (tous de Hawks), My Man Godfrey (Gregory La Cava), The Lady Eve (Preston Sturges) et celui-ci... Impossible de hiérarchiser ces merveilles.
Une jeune Américaine, Eve Peabody (Claudette Colbert) arrive à Paris, et elle a connu des jours meilleurs. Elle est plus ou moins prise en charge par un chauffeur de taxi, Tibor Czerny (Don Ameche), mais elle sent venir une entourloupe et décide de lui échapper. Elle se réfugie dans un réception très huppée, où elle se fait passer pour la "baronne Czerny". Un homme (John Barrymore), soucieux de l'utiliser pour séparer sa femme et l'amant de celle-ci, décide de s'associer avec celle qu'il a immédiatement repérée comme une impostrice... Pendant ce temps Tibor mobilise les taxis de la capitale pour trouver Eve...
Mitchell Leisen, ancien costumier, est un homme doté d'un oeil sûr, et c'est sans doute l'un des films les plus élégants visuellement dans ce genre très particulier... il bénéficie d'acteurs exceptionnels, qu'il dirige d'une main sûre: là où un Lubitsch aurait joué vers encore plus de subtilité, et Hawks beaucoup beaucoup moins (voire pas du tout!), il adopte un ton naturel, posé et dans lequel le texte est d'une grande assurance...
Et pour cause! Le script, adapté d'une nouvelle, est surtout signé de deux très grands scénaristes, dont l'un allait devenir le principal héritier du genre, Billy Wilder (avec son complice d'alors Charles Brackett)... C'est un festival, d'abord, de sous-entendus d'une immense subtilité, d'ironie mordante sur la noblesse (d'autant plus mordante qu'elle est le plus souvent jouée sans aucune marque d'ironie, justement), et ça anticipe sur les grands films de Wilder, en proposant une relecture de Cendrillon: Claudette Colbert, en effet, est une princesse jusqu'à Minuit, ou du moins jusqu'à ce qu'on cesse de la croire... Mais qui est la bonne fée ici, Barrymore ou Ameche? Réponse dans le film, au terme de délicieuses 94 minutes.
Grand Œuvre de DeMille ou simplement passage obligé d’un showman chrétien? On ne résoudra pas cette question. Quoiqu’il en soit, c'est l’avant-dernier muet de son auteur, dont l’opus suivant contiendra des séquences parlantes - une page se tourne. Et elle se tourne de façon spectaculaire. Devenu un producteur-réalisateur indépendant mais puissant, DeMille est toujours plébiscité par le public; après ses Dix commandements, il avait eu une crise d’inspiration, qui avait notamment abouti au très saugrenu Road to yesterday. Après la crise d’inspiration, la crise de foi: The King of kings, en réponse à Ben Hur, a Tale of the Christ, allait être la vision DeMillienne des derniers jours du Christ, des derniers miracles à la résurrection, avec des acteurs de premier plan partout, du Technicolor, des décors et des costumes grandioses…
Ecrit avec l’inévitable Jeanie McPherson, monté avec des acteurs priés de s’investir dans leur rôle de façon spirituelle et créé par une équipe technique acquise à la sincérité du projet, ce film est un monument à plus d’un titre. Certes, nous sommes en pleine vision officielle, qui plus est approuvée par les instances W.A.S.P les plus fondamentalistes de l’époque, en dépit de quelques extravagances, généralement bien rigolotes (Marie Madeleine en courtisane richissime - en Technicolor!); comme souvent dans ce genre d'entreprise les Juifs ont le mauvais rôle, mais de nombreux intertitres (Tirés des évangiles) viennent rappeler qu'ils n’ont souhaité la crucifixion de Jésus que parce qu’ils étaient manipulés par de fins politiques... Ce qui du reste correspond à la deuxième version du film, sortie en janvier 1928 et amendée par une association qui souhaitait veiller au respect de la communauté Juive et à éviter d'éventuels incidents antisémites: de nombreux acteurs juifs ont répondu présent, en particulier Rudolph et Joseph Schildkraut (ce dernier un habitué des établissements DeMille-McPherson), qui jouent respectivement Caïphe, le grand prêtre du temple, et Judas, le «Disciple préféré» qui deviendra le traître que l’on sait. L’idée de le faire jouer par un acteur de premier plan, conjuguée à d’astucieuses ficelles de scénario, lui donne un poids peu commun, des motivations et une humanité qui sont sans prix: Judas trahit par dépit politique (Il se voyait déjà premier ministre d’un Jésus-roi) et va suivre le chemin de croix, et le remords va monter jusqu'au suicide; la corde, il l’a ramassée lorsque les romains ont délié Jésus pour lui faire porter sa croix… La scène de sa mort est traitée d'une façon spectaculaire. Il y a un côté Shakespearien dans l'arc du personnage, mais le sentiment qui domine est quand même gênant! Judas est un ambitieux, Caïphe un homme de pouvoir peu désireux de le partager, et finalement les Romains sont comme manipulés...
Autre acteur dont il faudra bien parler, H.B. Warner joue Jésus : on est loin de ce à quoi devait ressembler un charpentier Palestinien, mais après tout, c’est vrai aussi pour Willem Dafoe. Warner, un alcoolique bon vivant, qu’on connaît pour tous ses rôles chez Capra, s’en sort plutôt bien, ayant surtout comme tâche d’incarner plus que de jouer. Il reprend les canons en vigueur, d'un Christ blond, au regard dans le vague. Sa performance a été saluée à l'époque: on n’en dira pas autant de Pierre, joué par Ernest "Steamboat Bill" Torrence, qui est bien meilleur en Captain Hook chez Brenon (Peter Pan, 1924)… Sa performance a d’ailleurs été rabotée sévèrement dans la version sortie en salles en 1928, afin de ramener le film en dessous de deux heures.
Le résultat final, absolument sincère, n’évite pas la pesanteur: le metteur en scène a choisi de rester à respectueuse distance, et de peu faire bouger sa caméra, comme avec Jeanne d’Arc (Joan the woman, 1916); de plus, cet excès de foi peut facilement rester sur l’estomac, mais il y a de vrais beaux moments, depuis l’utilisation qui nous rappelle The Whispering Chorus de multiples surimpression pour nous montrer les sept péchés capitaux quitter le corps de Marie Madeleine, à la mort de Jésus, le cadre explosant d’effets spéciaux pour nous montrer spectaculairement la colère de Dieu; la première vision de H. B. Warner est une trouvaille, puisque c’est par le point de vue subjectif d’un aveugle que Jésus nous est révélé: une façon de contourner l’interdit que s’étaient fixés toutes les personnes à avoir travaillé sur l’une ou l’autre des adaptations de Ben Hur (Théâtre ou film); dans The king of kings, avant la guérison de l’aveugle, vers la quinzième minute, on ne voit pas Jésus… La scène de la condamnation par Ponce Pilate est d’une grande efficacité, et totalement claire en dépit de la multiplication des points de vue… Les nombreux emprunts picturaux, décidément une habitude DeMillienne, atteignent ici leur apogée, notamment lors de la Cène ou de la Crucifixion.
Le film est loin d'être un échec, même si il est difficile de le voir sans ricaner ou grincer des dents lorsque l’on ne croit pas: Jésus, dans ce film, et surtout sa déïté, nous apparaissent comme totalement indiscutables. Toutefois, le film emporte l'adhésion par la fluidité narrative (De la version longue en tout cas), par le besoin de creuser les motivations et les liens de cause à effet, par les rapprochements heureux: une scène durant laquelle les instances religieuses juives se déchaînent contre un Ponce Pilate trop enclin à libérer Jésus est immédiatement suivie d’une séquence durant laquelle les légionnaires romains rivalisent de sadisme (La couronne d’épines, bien sûr) devant un Judas torturé par le remords et qui prie pour que Jésus s’en sorte. Cette inversion prouve que même DeMille sait freiner un peu ses penchants manichéens…
Pour répondre enfin à la question posée en exergue, il est confirmé que nous ne trancherons pas: les deux complices (Cecil et Jeanie) avaient déjà fait acte de foi dans le passé, c’est de nouveau le cas: le film est aussi sincère que l’était la morale bondieusante de ses Dix Commandements. Mais en emboîtant le pas à la MGM et à son Ben Hur, DeMille savait parfaitement ce qu’il faisait, et en a reçu beaucoup en retour, présentant en soirée de gala sa version de 160 minutes, puis coupant un peu (Trois scènes passent littéralement à la trappe, dont les doutes de Pierre) pour présenter une version de 112 minutes avec musique en boite pour l’exploitation en salles. Les deux sont disponibles chez Criterion dans un coffret impeccable, et le transfert de la version longue est magnifique. Les deux scènes en Technicolor sont fort bien rendues, ce qui est rare compte tenu de la volatilité du procédé en deux bandes, dont bien des films ont disparu. En décembre 2017, nous voyons arriver le film en Blu-ray chez Lobster, présentant une restauration des deux principales versions, l'une comme l'autre très impressionnantes. Une nouvelle édition, Américaine celle-ci, renforce encore la bonne santé du film en en offrant un superbe transfert, chez Flicker Alley (2025).
Pour finir sur une petite note de curiosité inattendue, ce film est par ailleurs l'une des principales sources d'inspiration de Last Temptation of Christ, de Scorsese.
Un train roule vers l'ouest... A son bord, une jeune voyageuse a confié ses deux chiens à l'équipage du véhicule, dont un homme, Dan Angus (George bancroft), qui déteste les bêtes... Durant le trajet, ivre, il brutalise les deux animaux, et tue l'un d'entre eux, avant de jeter sa dépouille au dehors. L'autre chien se jette pour veiller son camarade... Le lendemain, il est trouvé par Dave Deering (Tom Mix), un brave cow-boy. La jeune femme (Lucy Fox) qui a perdu ses animaux s'est lancée à leur recherche, et Dan Angus, dont les actions l'ont grillé auprès de ses supérieurs, rôde...
C'est un petit film de complément de programme, particulièrement soigné par Blystone. Les films de Tom Mix pouvaient être un peu ridicules (le costume de cow-boy avec le "10 gallon hat", le côté justicier propre et bien coiffé) mais ils pouvaient aussi, clairement, proposer en moins d'une heure une impressionnante dose d'action western, du suspense, et tous les atouts du mélo, utilisés à bon escient. C'est exactement ce que propose ce film superbement joué, et qui vous tient en haleine du début à la fin, jusqu'à un incendie très réel...
Une comédie rurale très proche du style d Mack Sennett, dont alice Howell est la vedette... Elle y interprète une fille de la campagne, dotée d'un fiancé (Dick Smith) aussi peu sophistiqué qu'elle. L"histoire part dans tous les sens, avec un bootlegger (un trafiquant d'alcool) interprété par Oliver Hardy, un enfant abandonné, et accessoirement un agent fédéral... Il semble que tous les mâles du film soient attirés par la jeune première!
C'est un peu ce qui fait le prix des films de Alice Howell, en même temps que ce qui en limite la portée: les idées se téléscopent dans tous les sens, et il n'y a personne pour filtrer et dire oui ou non. Le film finit par manquer un brin de cohérence...
Restent deux plaisirs palpables: d'une part, Alice Howell est une comédienne qui s'engage physiquement dans un film, comme les plus grand(e)s de la comédie, et c'est évident dans ce film, dont on garde en plus une copie intégrake, ce qui est assez rare. D'autre ^part, Oliver Hardy, la crême des hommes paraît-il, n'avait pas son pareil pour incarner une fripouille...