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3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 18:06

A l'origine de ce film, une pièce de théâtre, écrite par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri... Le film reprend la distribution de la pièce, et reste globalement circonscrit dans le lieu désigné par les auteurs. Tout au plus l'exposition est-elle précédée d'un préambule dans lequel on voit un peu l'environnement autour du café qui est le centre de l'action...

Comme toute les semaines, la famille Ménard se retrouve pour un repas, au café tenu par Henri (Jean-Pierre Bacri). Outre ce dernier, il y a Philippe (Wladimir Yordanoff), un ingénieur informatique qui monte dans la boîte où il travaille, Betty leur petite soeur (Agnès Jaoui), Yolande (Catherine Frot) l'épouse de Philippe, et la mère des trois enfants (Claire Maurier). Pour assister Henri, son employé Denis (Jean-Pierre Daroussin) reste travailler pendant la soirée... Et va parfois continuer à être le souffre-douleur de son patron...

Avec comme fil rouge les râleries de Jean-Pierre Bacri, dont le personnage vient d'apprendre que son épouse souhaitait le quitter, les conversations vont bon train autour d'un certain nombre de thèmes: Philippe vient de passer à la télévision pour représenter l'entreprise dont il est l'un des cadres, Betty vient de s'engueuler avec son patron; par ailleurs, elle a aussi un mystérieux petit ami que sa famille aimerait rencontrer, sans savoir qu'il s'agit de Denis... Par ailleurs c'est l'anniversaire de Yolande, mais peu de personnes semblent s'en soucier véritablement! D'ailleurs l'ambiance est électrique...

Le film est ponctué d'images d'un bonheur fugace, fragile, et ô combien passé: les parents (Cédric Klapisch et Sophie Simon) et leurs trois enfants, un matin, au réveil, faisant les fous dans un lit... Un bonheur tellement fugace que la plupart des protagonistes doivent le considérer comme totalement perdu! D'ailleurs le leitmotiv de cette famille saisie dans le bonheur, finit par se gripper dans l'image des engueulades passées...

Les convenances de façade, les souvenirs embellis, les crises qu'on n'a pas voulu voir venir, tout explose, et les réflexes des uns et des autres tournent autour de la nature humaine, des hommes d'un côté, des femmes de l'autre. Les discussions tournent toutes plus autour d'un ensemble de monologues sans communication aucune! 

D'un côté c'est extrêmement vachard (le texte est souvent au vitriol,avec des petites notations très noires, notamment dans les rapports tendus entre Henri et le reste de l'humanité), et jusque dans le détail: le plus sain de tous les personnages est manifestement Denis, qui regarde tous les membres de la famille dont il ne fait pas partie, avec humanité. Yolande, d'ailleurs, le lui rend en tentant de l'intégrer à la dégustation du gâteau... Mais quand il prend seul son repas en cuisine, et que la mère vient souhaiter un bon appétit au chien, il dit négligemment "merci"... Les répliques fusent, notamment "quel bonheur d'avoir un mari attentionné" suivi de "il suffit d'avoir de l'argent!"...

De l'autre, c'est malgré tout, en dépit des efforts de tout un chacun, extrèmement tendre... Comme dans tant de films de Klapisch, l'effort familial (que ce soit une vraie famille ou une famille de substitution, comme dans Rien du tout, Paris ou L'auberge Espagnole) prime finalement sur tout. Mais le portrait particulièrement acerbe d'une famille de petits-bourgeois s'incruste dans le souvenir de celui qui a vu le film, à travers non seulement les répliques au vitriol, mais aussi et surtout par ses à-cotés, les discussions dissonnantes sur les chiens handicapés, les un, puis deux, puis trois verres de tel ou tel protagoniste, les reproches qui ont bien mûri avant de sortir...

"Famille, je vous aime, mais..." Le fait est que parmi les instants de grâce les plus mémorables de ce film, on se souviendra en pafrticulier de ce moment où Denis et Yolande, les deux personnes qui n'appartiennent pas à la famille, dansent... Et Yolande, que son mari passe son temps à rabrouer, à couper et à ignorer, me semble être probablement la personne la plus éclairée de toute cette famille... Tout en disant de sublimes réplique absurdes: "Il a l'air mort, ce chien... Quand je pense que je vais avoir le même."

 

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Published by François Massarelli - dans Cédric Klapisch
3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 16:58

Alice (Howell) vit avec son chien dans une petite chambre, dont la propriétaire l'expulse... Elle va ensuite chanter dans la rue, puis trouver un travail dans un restaurant, non sans avoir tenté une lamentable expérience du suicide, qui a surtout mis en danger son chien...

C'est assez délirant, comme tous les films d'Alice Howell: l'impression, c'est que l'on a pris toutes les idées, et laissé l'actrice faire le reste. Il y a du bon et du moins bon... Mais il y a surtout une actrice énergique et volontaire, qui a du talent et un certain culot... Quelles que soient les limitations de la mise en scène ou de la production dans ces courts métrages au budget très serré, il n'empêche qu'à chaque fois, Alice Howell porte le film.

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Published by François Massarelli - dans Alice Howell Muet
3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 11:31

Pendant la nuit, la maison d'un couple (Neely Edwards et Alice Howell) est visitée par une cambrioleuse... Alice est persuadée qu'il s'agissait d'une maîtresse de son mari et elle décide de le faire hypnotiser pour en savoir plus... Mais une fois que l'hypnotiseur a été victime d'un accident, il n'est plus en mesure de le réveiller, et comme il est persuadé d'être un singe, il se omporte de façon très peu orthodoxe...

C'est bien sûr du grand n'importe quoi... Ca ressemble à une dernière chance pour Alice Howell et son partenaire Dick Smith, en compagnie de Neely Edwards (un second couteau, même si il démontre une capacité impressionnante à faire des singeries ici) et de Bert Roach, alors qu'ils sont retournés au format humiliant des courts métrages d'une bobine, à l'essai pour la Universal. Ca n'a pas été un franc succès, et deux années plus tard l'actrice prenait sa retraite...

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Published by François Massarelli - dans Alice Howell Muet
3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 11:23

Quand Phil Dunham est arrêté pour le meurtre d'un ouvrier qui convoitait son épouse, il est placé dans une prison dont le directeur prend la décision de déménager l'établissement: il va désormais être à quelques mètres de la maion de son nouveau prisonnier, pour faciliter les visites! Mais pendant ce temps, la victime (qui, eh oui, n'est pas morte) continue à essayer de séduire l'infortunée épouse...

Alors ce court métrage, en deux bobines, est un cas d'école de grand nimporte quoi. On peut par exemple évoquer cette scène hallucinante où le mari, en uniforme de la prison, va manger chez lui en compagnie de son épouse et de leur fils, alors que le salon est décoré aux couleurs de l'uniforme rayé des prisonniers... Sinon, la première bobine semble avoir été placée là essentiellement pour allonger le film, dont le propos commence vraiment avec la deuxième!

Et le plus curieux, c'est quand même que personne ne semble s'émouvoir du fait que la victime du meurtre pour lequel Dick Smith est condamné, soit en parfaite santé...

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Published by François Massarelli - dans Alice Howell Muet
2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 23:34

Pour commencer, il convient de signaler qu'en dépit de la présence de Jean Carmet, de Bernard Blier et surtout d'Annie Girardot, ce film n'est en aucun cas une suite du troisième long métrage de Michel Audiard, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas... mais elle cause. Le metteur en scène et scénariste envisageait d'ailleurs d'appeler cette oeuvre Son business, c'est l'éternité...

Car on y conte les aventures de Rosemonde (Annie Girardot), propriétaire d'un terrain sur lequel elle héberge des sans-abri, toute une faune interlope, en lisière de la banlieue Parisienne... Un lieu qui intéresse les autorités, dans la mesure où un certain nombre de personnes y ont tout bonnement disparu, et on a retrouvé leurs effets entre Strasbourg et Marseille... Ce que soupçonne le commissaire Bondu (Darry Cowl), c'est que Rosemonde n'ait tendance à faire disparaître les visiteurs de "son" bidonville en les faisant digérer par une machine infernale, avant de vendre leurs restes à l'église comme étant des reliques. C'est d'ailleurs parfaitement exact. Après l'échec de Bondu (qui d'ailleurs disparaît à son tour), on envoie sur place le commissaire Bistingo (Bernard Blier) qui connait Rosemonde. Il va y avoir du sport...

Ou pas, d'ailleurs... J'hésite: entre Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques et ce film, lequel est le plus mauvais? Audiard l'a dit assez souvent, les films qu'il a tournés n'étaient pas des chefs d'oeuvre, ça non. Mais il y avait une chouette petite poésie, des dialogues et une gentille loufoquerie. Mais là, on se crispe... Car non seulement c'est franchouillard (un film avec Darry Cowl, Michel Galabru, dans lequel on entendra Daniel Prévost dire "Ils sont pédés ces cons-là" ne peut absolument pas échapper à cette catégorisation), non seulement ce n'est pas drôle, non seulement les acteurs sont gâchés dans une mise en scène molle, des dialogues au ras du plancher et un montage indigent, mais cette histoire de faire disparaître des corps, au milieu de piles de vêtements, de chaussures de chapeaux et de lunettes, m'indigne dans l'oeuvre d'un écrivain, scénariste, dialoguiste, au talent certain, mais qui a quand même commencé sa carrière en fustigeant les juifs dans un torchon dégueulasse sous l'occupation. Peut-être conviendrait-il parfois de le rappeler. D'autant qu'il ne s'en est pas vraiment vanté une fois devenu un notable du cinéma...

Et puis quoi qu'il arrive, quel que soit le contexte, ce film est un navet.

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Published by François Massarelli - dans Michel Audiard Navets
2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 23:13

Une grève des domestiques provoque une pénurie de cuisiniers... Une famille engage alors Cinderella Cinders, qui officie en temps normal dans un établissement particulièrement populaire. Mais au moment où la famille, des parvenus, doit recevoir un couple de nobles, ils reçoivent la nouvelle qu'il ont été retenus. Craignant de devoir abandonner leur plan de grand dîner dans la belle société, ils demandent à la jeune femme et à un autre domestique d'incarner les (faux) comte et comtesse...

C'est joyeusement anarchique, et ça doit tout à Alice Howell, qui est très à l'aise dans le film... C'est gentiment foutraque, et on y retrouve beaucoup de ressorts extrêmement bien ancrés dans la comédie burlesque muette: les rapports compliqués entre maîtres et domestiques, les parvenus, les nobles qui sont en fait des escrocs...

C'est un peu une synthèse de tout ce qui fait le sel des films de Alice Howell. Une intrigue lâche, mais un personnage fortement campé, avec Alice Howell qui incarne physiquement et sans retenue une domestique à la fois ingénue et naturelle... Et le film ne manque ni de subtilités, ni d'observation, comme cette scène où les jeunes femmes commentent le visage du faux comte, et sa supposée distinction, alors que les hommes font des gestes sans équivoques pour commenter de façon gourmande la plastique et la silhouette de Cinderella...

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Published by François Massarelli - dans Muet Alice Howell
2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 18:22

Un jeune faucon, Hennery Hawk, souhaite assumer son héritage et manger du poulet... Mais le ver qu'on lui propose (et qui se passe volontiers de son destin) ne le satisfait vraiment pas... Il décide d'aller de lui-même à la conquête de ses proies dans un poulailler... Mais il est décidément bien trop petit.

Le personnage du faucon qui veut être plus grand que son âge trouvera une seconde carrière sous la patte de Bob McKimson en compagnie du coq Foghorn Leghorn, une proie désignée pour un obsédé de la viande de poulet... Mais en attendant il est ici le centre d'un court métrage réalisé par Chuck Jones, autour de son caractère qui n'est finalement contredit que par sa petite taille...

Le film est très réussi, mais il me semble quand même que c'est, sans que ce soit en rien officiel, un remake de l'intrigue de I'd love to take orders from you,  de Tex Avery, sorti en 1936...

 

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Published by François Massarelli - dans Chuck Jones Animation Looney Tunes
2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 18:14

Trois écureuils entre enfance et adolescence jouent à Robin des Bois. Dès la distribution des rôles, le plus petit ne parviendra pas à s'imposer. Mais lors de leurs jeux, ils sont observés par un renard extrèmement futé qui va les attirer dans un piège en se faisant passer pour Lady Marian...

Pas de Robin des Bois ici, auquel Jones reviendra avec son fameux Rabbit Hood, avec Bugs Bunny, dans lequel il nous fait d'ailleurs patienter pour un Robin Hood qui n'arrive jamais! En lieu et place, donc, trois jeunes écureuils aux caractères bien différents. Les deux plus âgés briment le troisième qui ronge son frein, et le film lui offrira mieux qu'une vengeance, une affirmation de sa valeur...

C'est un excellent court métrage de la série Merrie Melodies, dans lequel Chuck Jones montre son exceptionnel talent pour construire un film sur des personnages forts et des émotions qui éclatent à l'écran, sans (du moins à cette époque) avoir recours à de trop envahissantes manies graphiques... 

 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation Chuck Jones
2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 07:52

Jeanne (Elizabeth Bourgine) est une jeune professeure d'Histoire-Géo dans une boîte à bac parisienne, où le directeur (Jean-Pierre Aumont) s'inquiète: les lettres anonymes se succèdent pour dénoncer la vie dissolue et les nuits de débauche de sa nouvelle recrue, et quand une photo arrive, l'établissement pseudo-scolaire s'enflamme...

D'un côté, une intrigue liée au poison des lettres d'un corbeau, de l'autre une petite institution minable dans laquelle un directeur confond son sacerdoce avec un permis de tripoter... L'ombre de Clouzot, qu'on la décèle ou non, plane sur ce film, mais on va être aussi charitable que possible: non, Pierre Granier-Deferre n'est pas un mauvais bougre et certains de ses films sont estimables.

Pas celui-ci, vendu avec insistance sur les fesses d'Eizabeth Bourgine, qu'on voit TRES souvent, plus souvent que les personnages en fait, en très petite tenue. Ces gens ont un esprit salace, mais pas un gramme d'humour, et aucun personnage, vraiment aucun, n'a de dimension. Les acteurs sont sans vie, et de nombreuses scènes semblent éteintes. C'est un ratage gênant. 

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Published by François Massarelli - dans Noir Pierre Granier-Deferre
2 juillet 2025 3 02 /07 /juillet /2025 07:45

Les forêts du Canada... Un mountie dont le copain a été tué lors d'une rixe avec des contrebandiers se fait aider d'un chien pour démasquer les auteurs d'un trafic de fourrures...

En guise de Canada, le film a été tourné en Californie, plus précisément à Los Angeles, dans un décor de "trading post" passe-partout qui servait souvent pour les westerns de série B. Et je pense avoir rarement vu de film muet dans une copie aussi belle, qui soit aussi ennuyeux et vide...

Aucun acteur ici ne parvient à être aussi bon que le chien, qui par ailleurs est un chien. Les adjectifs "fade", "tiède", "play" et "inexistant" ont été inventés pour cette production Pathé de 1928. C'est sûr...

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Published by François Massarelli - dans Muet 1928 ** Wonder dogs