Le policier de Los Angeles Nick Pulovski (Clint Eastwood) et son partenaire sont sur une affaire de vol de voitures à l'échelle industrielle, quand le partenaire est tué... Nick est prié de cesser de s'y intéresser, et on lui assigne un nouveau partenaire, David Ackermann (Charlie Sheen), un jeune policier qui est aussi le fils d'un des hommes les plus riches de la ville... Entre le jeune loup et le vieux briscard aux méthodes peu orthodoxes, le courant passera-t-il?
D'une part on sait bien que oui! d'autre part, ce résumé doit sembler bien fade, comme celui d'un produit de série, comme celui d'uncertain nombre de productions Malpaso, c'est évident: une fois de plus, l'impression qui domine c'est que Clint Eastwood a fait un film vite fait, pour payer les factures!
Donc c'est un petit film d'action, sans aucune envergure, avec des sc-nes obligées: une poursuite nocturne après un camion qui fait des étincelles, des bagarres dans des bars à peine éclairés, et des mises en da ger en pagaille. Eastwood commence à assumer son âge en faisant de son personnage la victime d'un enlèvement avec demande de rançon, à charge pour Charlie Sheen de le délivrer! ...Ce qui n'empêchera pas Nick Pulovski de susciter la convoitise d'une kidnappeuse psychopathe (Sonia Braga), qui n'hésite pas à abuser de lui!
Pour finir, Raul Julia, un acteur qui n'a pas eu le temps de montrer toute l'étendue de son génie (il est décédé d'un AVC en 1994), est un méchant intéressant. Mais pourquoi lui avoir donné un accent allemand?
Une petite fille qui détruit tous ses jouets (mais alors avec application) a le bonheur de voir entrer chez elle un chat qui fuit les bas instincts d'un bull-dog... Le pauvre animal va vite regretter d'avoir été sauvé de la poursuite.
Dès qu'on veut chanter les louanges de Chuck Jones, Bob Clampett ou Tex Avery, il est de bon ton de balancer sur Freleng, et d'en faire une sorte de parangon de la mièvrerie. C'est dommage, car c'est complètement faux. Non seulement ses courts métrages avec Tweety et Sylvester sont des monuments de sadisme (cet abominable canari n'est pas le héros, enfin!!!), mais il a souvent mis des infortunés personnages aux prises avec l'horreur.
C'est le cas ici, et une fois de plus, on constate que pour incarner l'ignomonie humaine, Freleng a choisi une adorable petite fille à laquelle on donnerait, selon l'expression consacrée, le bon Dieu sans confession... Les gags liés au mauvais traitement de ce pauvre chat (qui cette fois n'est pas doté de la parole ce qui le rend encore plus sympathique) se succèdent à froid, et c'est un bonheur...
C'est le lancement de la chasse au renard... Des cavaiers s'élancent et leurs chiens sont prêts à les seconder, touts, sauf Willoughby: car ce gros balourd est d'une bêtise affligeante, ou réjouissante, selon l'optique. Car il est tellement bête ("Which way did they go, which way did they go?") que le renard va le faire tourner en bourrique pendant 9 minutes et 20 secondes...
Oui, vous avez bien lu, ce film est l'un des plus longs parmi les Merrie melodies et Looney tunes de l'époque. Il est vrai qu'Avery, quand il réalisait des films à intrigues comme celui-ci, pouvait à la Warner se donner les moyens, alars qu'en général la règle était de limiter le métrage en dessous de 8 minutes ( et même de 7 en allant vers les années 60)...
Et puis ce prototype qui inspirera de nouveau le réalisateur à l'époque de Droopy (Out-Foxed et son renard qui sirote constamment du thé) a visiblement plu à Avery, qui se repose ici sur la dynamique la plus réjouissante qui soit: un animal intelligent, rusé d'un côté, et un imbécile heureux de l'autre... C'est un trait commun au metteur en scène et à René Goscinny, cette faculté à créer un idiot parfait...
Daffy Duck est marié à une cane particulièrement virulente ("j'aurais du écouter ma mère"), qui lui impose de couver... Mais dans sa maladresse, il laisse rouler l'oeuf, qui va se nicher dans un autre nid, celui d'une famille d'alligators. Daffy récupère un oeuf de justesse, mais évidemment les reptiles ne sont pas d'accord...
C'est l'unique film réalisé par Davis entre A ham in a role (1949) pour Schlesinger et la Warner, et The pink package plot, pour DePatie et Freleng, avec la Panthère Rose... C'est peu de dire qu'il est décevant, mais au moment de sa sortie, en 1962, les dessins animés Américains ne sont définitivement plus de la même qualité: décors schématiques et au rabais, personnages dessinés à l'économie, et mes les scripts évitaient l'invention au profit du simplisme le plus absolu: la dynamique entre Daffy et son épouse est absolument révoltante, il n'y manque plus que la belle-mère irascible...
Le seul intérêt est que Davis a vraiment concentré son film sur les mésaventures de Daffy, de l'oeuf et d'un alligator... Cette simplicité permet d'enchainer quelques gags qui, à une autre époque, auraient sans doute été plus mis en valeur...
C'est la première version cinématographique de la fameuse légende, inutile de dire que ce n'est pas la dernière! Le contexte de l'existence de ce film est assez particulier, puisqu'il a été produit par la compagnie Eclair, venue s'installer aux Etats-Unis pour tenter de conquérir de nouveaux marchés. Parmi les techniciens et artistes qui étaient venus se charger de cette opération, on trouvait Maurice Tourneur, Emile Chautard, et Etienne Arnaud, qui s'était construit une solide réputation de films historiques et en costumes. Mais le film est aussi crédité à Herbert Blaché...
Je ne reviens pas sur l'intrigue, qui est ici plutôt divisée en séquences attendues, et remarquablement étendue sur trois bobines, même si le film a perdu son début...
C'est flagrant de voir que même si deux metteurs en scène se sont penchés sur le berceau, le film est très peu inventif. Bien moins réussi que les films Eclair français contemporains, et bien en -dessous de ce que proposait la Biograph à l'époque. Quelques bonnes idées (des surimpressions et autres insertions) en plus d'un tournage qui privilégie constamment les décors naturels de sous-bois (...il n'y a pas beacoup de châteaux dans le New Jersey!) permettent quand même de conférer quelques qualités à cet incunable...
Un immigré Sicilien (George Gebhardt) demande à son cousin (Charles Inslee) de lui donner de l'argent, de manière insistante. Mais Galora, le cousin, refuse, car il a charge de famille... Pour se venger, l'autre s'introduit chez Galora, et prépare un piège terrifiant: il place le bébé de Galora dans un couffin, suspendu à une corde qui n'est retenue que par une fenêtre fermée: dès qu'on ouvrira la fenêtre, le bébé tombera dans le vide...
Inutile de chercher plus loin le principal ressort de ce film remarquablement construit. Dès 1909, Griffith se plaçait en maître du suspense cinématographique, c'est flagrant... Il a aussi magnifiquement tiré parti de la topographie pârticulière des bords de l'Hudson, face à Manhattan (à Fort Lee, New Jersey pour être précis): une falaise impressionnante, les "Palisades", est bien présente pour ajouter de la complexité et du suspense à la course effrenée du père qui vient d'apprendre de la bouche de son cousin l'étendue de sa vengeance, et retourne chez lui pour sauver son enfant...
Mais ce film est aussi un éclairage de la dualité complexe de la pensée du metteur en scène, tenté d'une part par une certaine xénophobie d'ailleurs très répandue à l'époque: le cousin Sicilien est un exemple des pires clichés attendus d'un immigrant Italien vu par les américains de ce début de siècle... Alors que Griffith peint un portrait beaucoup plus positif de Galora et sa famille, qui tiennent un commerce, et qui ont commencé à vivre en Américains, justement. Le destin potentiel tragique du bébé est du pur fantasme 1910... Mais ça fait un ingrédient cinématographique de premier choix!
Et la façon dont le metteur en scène peuple son cadre, dont il fait évoluer ses acteurs au milieu d'un univers où les gens évoluent, travaillent, bullent ou papotent, est là encore remarquable.
Ce cinquième film mettant le chien de berger Ralph au loup Sam (qui ressemble tellement à Wile E. Coyote que c'en est toujours assez perturbant) ressemble beaucoup aux autres: la même intrigue et la même structure, comme d'ailleurs la série consacrée au Coyote et au Roadrunner; les mêmes traditions d'ouverture et de conclusion, avec inévitablement le pointage des deux animaux... A noter qu'il y aura ensuite, après ce film, deux autres apparitions du duo.
La seule variation à proprement parler, dans cette série qui s'est prolongée de façon sporadique sur une dizaine d'années, tient dans l'esthétique globale: le trait de Chuck Jones s'est affadi, et la technique de son équipe s'est simplifiée. C'est le défaut palpable de tous les dessins animés des Looney Tunes de toute façon...
Le vieux Wilson (J.P. Lockney), un magnat de l'aviation, a des problèmes pour anticiper son héritage: pas de souci avec son fils Dick (Gareth Hughes), un grand boy-scout qui est son meilleur pilote, ni avec la fiancée de celui-ci, Alice (Josephine Hill), qui est blonde comme les blés...
Non, le problème, c'est Joseph (Joseph Tansey), le neveu: un excellent pilote, mais pas aussi bon que Dick... Et surtout pas aussi valeureux, car la fripouille a surtout utilisé ses talents de pilote pour faire du trafic de bibine! Décidé à récupérer ce qu'il estime son dû, il kidnappe son oncle, le confie à un ami charlatan douteux qui tient un sanatorium douteux, le douteux Dr Shade (Sheldon Lewis), pour faire on ne sait pas trop quoi, mais sans doute pas des câlins.
Il kidnappe aussi tant qu'à faire la belle Alice et tente de l'obliger à, je cite un intertitre, "se marier volontairement" avec lui... Bonne chance! ...Sinon, il y a aussi un chien.
C'est un film de la compagnie Cheserfield, qui témoigne d'un aspect de l'industrie cinématographique qu'on a eu tendance à ignorer pendant longtemps: derrière tant de chefs d'oeuvre, il y a des films de série B, estimables ou non, qui ont fait régulièrement bouillir la marmite... Des produits de série qui alimentaient les programmes et proposaient des frissons vite faits mal faits pour pas grand chose. Ici, un chien savant, qui sait surtout aboyer sur commande, des avions, un méchant à moustache avec regard torve, un sauvetage en plein air, une clinique douteuse avecdes opérations douteuses, et des héros avec le charisme d'une brosse à dents...
Attention, chef d'oeuvre! Alors que son style s'affirme et devient de plus en plus efficace (un mélange raffiné et parfait entre rondeur du trait et précision de l'expression, qui ne doit pas grand chose à Disney), Chuck Jones essaie tout ce qu'il veut essayer... Et ici, c'est un film sans une seule réplique!
...C'est aussi un solo absolu, puisque le personnage d'Elmer Fudd n'a aucun partenaire ici. L'hisoire est simple, Elmer veut se coucher, et s'il est difficile de se déshabiller en tenant un bougeoir avec une bougie allumée d'une main, c'est encore plus difficile de dormir quand la bougie refuse catégoriquement de s'éteindre...
Tout et ici est basé sur une logique palpable, et sur une situation bien définie, exploitée avec goût et invention... on pense à Chaplin seul "en scène" dans One A.M., si c n'est que le personnage ici est fatigué, mais pas en état avancé d'ébriété...
Dans une exploittion agricole de bonne taille, un chien particulièrement idiot est supposé surveiller les récoltes... mais deux géomydés (en Anglais, des "Gophers") ont décidé d'une part de tout manger, d'autre part que le chien ne se reposerait pas...
Le ilm a été commencé par Bob Clampett, mais ça ne se voit pas vraiment... A cette époque, les deux animateurs Arthur Davis et Bob McKimson avaient tous deux été élevés au rang de réalisateurs, suite au départ de Clampett. Ils se partageaient son unité, et si McKimson a réussi à faire son trou (parfois au détriment de la qualité), le style (narratit comme visuel) de Davis était plus proche de celui de son aîné...
Cette intrigue qui coule toute seule est construite sur deux piliers: d'une part la confrontation entre deux petites bestioles inventives et apparemment infaillibles, et un chien d'une profonde stupidité. D'autre part, l'absurde politesse flegmatique des deux rongeurs, avec en prime une accélération de leurs voix, accentue le côté absurde de ce film... Les deux rongeurs, sans devenir aussi célèbres que d'autres créatures de la Warner, que ce soit à poils ou à plumes, allaient sporadiquement revenir. Arthur Davis aussi, mais pas souvent...