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9 juillet 2024 2 09 /07 /juillet /2024 15:29

La familiarité de l'historien, écrivain, monteur et cinéaste Anglais Kevin Brownlow avec le cinéma muet s'explique par un fait qui va probablement nous ramener vers un temps, "que les moins de vingt ans... " voire de trente, de quarante... ne peuvent pas connaître. Il a découvert les films en les achetant, en bobines de format 9,5mm, et en les collectionnant, les projetant... Puis en rencontrant les auteurs, acteurs et autres techniciens survivants. Et enfin en se lançant dans un projet fou: restaurer le Napoléon (1927) d'Abel Gance...

Ce qu'il a fait, c'est une longue et belle histoire et elle est aujourd'hui finie puisque le film est enfin passée à ceux qui auraient du le faire en leur temps, et qui ont enfin agi en restituant de manière spectaculaire le film à sa vision la plus élaborée, je ne dis pas la plus aboutie car je n'ai pas encore vu cette version. Celle de Brownlow, en revanche, incomplète sans doute mais si belle dans son souffle et dans la précision de sa reconstitution (avec les "tryptiques" mythiques, soit des séquences sur trois écrans), je la connais.

Dans les années, le jeune réalisateur a pu rencontrer Gance, son héros, et l'aider parfois à reprendre un peu le contrôle de son oeuvre, il a même consacré un livre à son expérience sur le film, qui est autant un historique de la restauration, qu'un retour sur le tournage, qu'un intéressant reportage sur les aspects parfois les plus embarrassants de la rencontre d'un enthousiaste, et d'un génie... 

Ce court documentaire, destiné à la télévision Britannique, mais souvent montré en salles lors de festivals, est le pendant visuel de ce livre, qui remet en selle un Gance qui ne fait pas toujours son âge, et dont l'oeuvre muette nous est montrée à travers des extraits qui montrent  la "méthode" de Brownlow en pleine action: des extraits parfaitement choisis, un commentaire didactique généralement très aigu, rempli de précisions et de remarques souvent justes, qui jamais ne se départissent d'un amour profond pour l'image, le cinéma, le montage... et Abel Gance.

Ces quelques 51 minutes ont peut-être pour de nombreux cinéphiles été leurs premières confrontations avec J'accuse (1919), La Roue (1922) et bien sûr Napoléon. L'enthousiasme de Brownlow sera toujours aussi communicatif...

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Published by François Massarelli - dans Abel Gance Kevin Brownlow
9 juillet 2024 2 09 /07 /juillet /2024 07:11

Dans un futur proche, une rencontre se tient, dans une église, entre l'équipe d'une éditrice/conceptrice de jeux vidéos, Allegra Geller (Jennifer Jason Leigh) et des fans de son système. Pendant que la jeune femme et les gamers son en train de tester un nouveau pod ultra-révolutionnaire, des militants d'un groupe violent commencent à tirer dans le tas... Ted Pikul (Jude Law) intervient pour sauver Allegra, ils commencent une cavale qui sera compliquée, car il y a, de la part d'un groupe ultra-violent et ultra-déterminé, un objectif clair: tuer Allegra, et revenir à la réalité pour empêcher les gens de s'évader en permanence dans des réalités virtuelles de plus en plus sophistiquées...

C'est de la science-fiction très proche de ce que Philip K. Dick faisait en son temps, cela dit le scénario est une pure création de David Cronenberg. On le croit sans peine: ces pods, qui sont faits d'une matire plastique qui parait si organique, ces manipulations sur le corps humain pour en faire le réceptacle d'une technologie mi-électronique, mi-organique, on est totalement dans son univers, lui qui a tant travaillé sur le lien entre l'humanité et ses extensions, que ce soit un pouvoir extra-sensoriel (The Dead Zone), la voiture (Crash) ou la télévision (Videodrome)...

On imagine le type d'analyse qu'on fera, à plus forte raison à l'époque précise dans laquelle nous nous trouvons, en estimant que Cronenberg "était en avance sur son temps"... Mais je ne me risquerai pas sur ce terrain, d'abord parce qu'il est clair que ce serait un diagnostic a posteriori, et ensuite parce que s'il est clair que le film nous montre une humanité qui s'échappe en permanence dans une réalité virtuelle qui gomme toute forme de réalité (justifiant pleinemet la colère des terroristes "réalistes" sinon leurs méthodes). Le metteur en scène place ses personnages, qui changent volontiers de personnalité en fonction de l'univers qu'ils traversent, dans une situation permanente de déstabilisation mutuelle, c'est un monde dans lequel rien ne tient. De même que la technologie évolue et singe la nature en proposant des jeux qui fonctionnent sur des plateformes qui sont autant d'organes, la nature répond en favorisant la mutation des animaux: un batracien à deux têtes joue un rôle de fil rouge (même s'il finira en filet)... La réalité semble être la chose dont plus personne ne veut, et on ne tardera pas, devant ce film provocateur, à se poser la question comme le font les personnages eux-mêmes, qui s'y perdent toujours: mais alors, là, on est dans leur réalité, ou c'est encore le jeu? 

Sinon, les personnages se trahissent tellement rapidement, avec tellement d'énergie, et tellement dans tous les sens, qu'on jurerait qu'on va voir démbarquer Eric Ciotti, c'est dire.

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Published by François Massarelli - dans David Cronenberg Science-fiction
8 juillet 2024 1 08 /07 /juillet /2024 15:25

Mr Drew (Sidney Drew) est un homme qui travaille dans un burau, et se rend au travail en tramway. Il est fatigué de devoir en permanence céder sa place à des femmes enceintes. Il va donc s'acheter une poupée-baigneur, pour pouvoir enfin profiter de places assises. Mais il rencontre une adorable passagère (Jane Morrow), et celle-ci le croit marié, n'ayant évidemment pas remarqué que le bébé était fictif. De fait, il comprend que la poupée risque de lui apporter des ennuis, et son comportement violent avec le jouet ne joue pas du tout en sa faveur...

Comme les autres films de Drew: farfelu et délirant dans son principe, mais joué avec subtilité par des acteurs fort bien dirigés, et mis en scène comme une histoire totalement crédible... La fin, qui évite le happy ending en offrant une pirouette au personnage principal, ne serait pas du tout déplacée dans un court métrage de Buster Keaton!

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Published by François Massarelli - dans Sidney Drew Muet Vitagraph
5 juillet 2024 5 05 /07 /juillet /2024 18:18

Zavatta (Anthony Paliotti), un agent secret surdoué, s'apprête à prendre un avion pour l'Argentine avec sa femme (Romane Bohringer) et ses enfants. Il reconnait aux toilettes de l'aéroport Paul Bernardin, le père de famille dijonnais qui a assassiné froidement toute sa famille, et reste introuvable.

Donc, durant un voyage au Danemark, Michel Uzès (Gaëtan Peau), un danseur de country, se fait donc arrêter sur une méprise et va être interrogé par une équipe Franco-Danoise, les policiers étant persuadés qu'il s'agit bien de Bernardin.

Deux "enquêtrices facebook", Léa (Delphine Baril) et Christine (Charlotte Laemmel), se rendent à Dijon pour examiner la maison de Bernardin. Elles se montent sérieusement la tête et l'une d'entre elles est persuadée qu'il a fui en Argentine.

En Argentine, Paul Bernardin (Laurent Stocker) file le parfait amour avec une jeune femme locale (Juana Acosta) et s'apprête à se marier sous le nom de Xavier. Pendant ce temps, Zavatta et sa famille apprennent que son intuition était fausse: Michel Uzès s'appelle bien Michel Uzès...

Quelle salade... On peut toujours se poser la question pour commencer, de l'opportunité de baser une fiction sur l'affaire Dupont de Ligonnès... Un faux problème: le cinéma a pu s'inspirer de toutes les affaires possibles et imaginables, de Dreyfus à Outreau... C'est légitime à 100%. Mais ce film se distingue par un esprit frondeur, et un humour noir qui vire assez rapidement au jeu de massacre. Pourquoi pas, là encore? 

Mais j'avoue que la comédie cesse rapidement de fonctionner, surtout quand on nous jette en pleine confusion, avec l'impression bien sûr fausse que "Paul Bernardin", le vrai, est en fait l'être le plus sain de toute cette galerie de personnages, et donc le tout vire à la galerie des médiocres ou au "bal des casse-pieds" chers à Yves Robert... Une scène sauve la face du film, mais trop tard à mon sens, qui nous rappelle que le personnage est un monstre, et nous en fait la démonstration.

Mais sinon, place aux numéros d'acteurs, avec des vedettes de la télévision venus dérouler leur sens de l'improvisation (Jonathan Cohen, Nora Hamzawi), place aux embardées de fureur typiques de la représentation des policiers dans le tout-venant audiovisuel, et place à de l'humour répétitif: une scène montrant la médiocrité linguistique des policiers français est très drôle en quelques secondes dans la bande-annonce... et insupportablement longue dans le film. Les deux enquêtrices ou encore le faux coupable, il n'y a pas grand monde à aimer là dedans... 

Une ou deux scènes surnagent, en particulier l'insupportable logorrhée raciste et médiocre d'une concierge xénophobe qui commence par dire "ah oui, M. Bernardin, le pauvre homme" et termine sur "Mais Hitler, au moins, il aimait les animaux"...  Mais bon, pour le reste, ça ne va nulle part, et ça ne donne pas envie de quitter sa propre petite bulle pour suivre tous ces gens embarqués dans cette étrange erreur judiciaire.

 

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Published by François Massarelli - dans Comédie
5 juillet 2024 5 05 /07 /juillet /2024 18:10

Tout n'est pas rose chez les Latimer: au grand dam d'Henry, le mari (Sidney Drew), mme Latimer (Jane Morrow) est folle d'une nouvelle mode: la "pensée positive". Une dame, Miss Todd (Florence Natol), plus ou moins gourou du mouvement, vit d'ailleurs chez elle, et l'incite à trouver du positif partout, ce qui irrite profondément son mari. Celui-ci commence à se comporter de façon inquiétante: par exemple, il flirte ouvertement avec ses secrétaires sur son lieu de travail, une femme sur chaque genou!

C'est une belle illustration du style de Drew, qui s'intéresse ici à un mouvement de pensée qui a du être une mode très passagère aux Etats-Unis dans les années 1910, dans la bourgeoisie principalement. Le film est très drôle, et l'humour qui s'y incarne permet de dépasser un tant soit peu les bornes. A un moment, pour éloigner Miss Todd, Drew lui dit quelque chose qui se traduit par un intertitre particulièrement salace: en gros, "Miss Todd, vous m'inspirez de l'amour, et cet amour provoque un arbre d'affection". Tiens donc! 

Le fiml reste incomplet, il manque environ les deux dernières minutes soit la résolution...

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Published by François Massarelli - dans Sidney Drew Vitagraph Muet
4 juillet 2024 4 04 /07 /juillet /2024 18:35

C'est donc vers la fin de sa période Warner que Tex Avery, qui était sans aucun doute le plus doué des réalisateurs qui travaillaient sous la bannière de Leon Schlesinger, a réalisé ce film. Il participe comme tant d'autres d'une tendance qu'il affectionnait: choisir une thématique et faire une compilation d'anecdotes diverses qui permettaient à l'équipe de rivaliser de jeux de mots et de gags.

Le thème choisi est cette fois les dates particulières de l'année, aux Etats-Unis, donc on a droit à des vignettes sur le premier de l'an, la St-Valentin, Thanksgiving et le 04 juillet (coucou!)... C'est assez peu intéressant, en vérité, puisque Avery repose sur une formule, des gags vus et revus même si ils offrent quelques variations, et quelques obsessions personnelles, qui finiraient par devenir irritantes! Un exemple: les chiens obsédés par les arbres...

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Published by François Massarelli - dans Tex Avery Animation Looney Tunes
4 juillet 2024 4 04 /07 /juillet /2024 18:28

Dans une ferme, le jeune faucon Henery Hawk a décidé de montrer ses capacités, il va donc chasser un poulet. Mais... il ne sait pas ce qu'est un poulet, et le coq Foghorn Leghorn l'oriente vers d'autres animaux, un chien, mais aussi et surtout un prototype de Sylvester le chat...

C'est la période durant laquelle McKimson avait repris l'unité de Bob Clampett qui avait quitté la Warner. Et à cette époque, il a tourné quelques excellents films (Gorilla my dreams en 1948, par exemple)... celui-ci est très bon, et repose sur une galerie de personnages hauts en couleurs... Et sur quelques idées de génie, qui ne sont pas encore devenues des gags récurrents: en premier lieu, l'affreuse rivalité violente et destructrice, à la ferme, entre le coq (Foghorn Leghorn), le chien (Barnyard Dawg) et ici elle s'étend aussi à un chat (Sylvester)... C'est la première fois que ce dernier est dirigé par McKimson, qui s'en tire fort bien, bien mieux que dans les futurs dessins animés où le chat sera confronté à un kangouou échappé... 

Une autre idée, qui domine vraiment l'intrigue de ce film, c'est la confusion mentale totale dans laquelle se trouve le jeune faucon, qui SAIT qui il est, mais n'en sait pas plus, et il faut donc lui indiquer un coq... 

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes
4 juillet 2024 4 04 /07 /juillet /2024 18:23

Bien qu'il soit non crédité, il est facile d'attribuer ce film à Chuck Jones, qui était dans une période de transition, essayant de se séparer de son style disneyien... Le film est très bellement animé, et ce ballet muet repose intégralement sur la gestuelle précise des personnages:

deux chiots jouent ensemble dans un théâtre vide, et ont des interactions avec une otarie facétieuse, mais aussi un irascible moineau (particulièrement menaçant)...

C'est impeccable, même si c'est surtout assez symptômatique de la tendance de Jones pour le décorativement mignon...

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes Chuck Jones
2 juillet 2024 2 02 /07 /juillet /2024 22:43

Un homme (Sidney Drew) qui vient de se faire licencier répond à une annonce qui demande justement un candidat qui a l'habitude du rejet... C'est pour être un bouc émissaire professionnel, l'homme qu'on vire systématiquement pour satisfaire la clientèle et détourner sa colère... L'expérience est un succès... Et permet au héros de séduire une belle vendeuse (Jane Morrow).

Le film aussi même si en l'état il possède deux défauts: d'une part il ne mène pas très loin puisque'il n'y a pas vraiment d'enjeu apparent. Ensuite, il me semble que l'ordre n'est pas bon, certaines scènes apparaissent soit déplacées soit redondantes, et il se peut qu'il ait été reconstruit de travers!

Mais ça reste un film attachant, et une dizaine d'années avant Keaton, Chase, ou Lloyd, Sidney Drew construisait déjà de la comédie avec le drame d'un homme qui se fait licencier. Le cinéma se posait en art du XXe siècle...

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Published by François Massarelli - dans Sidney Drew Vitagraph Muet
2 juillet 2024 2 02 /07 /juillet /2024 22:08

Trois histoires font intervenir les mêmes acteurs dans des rôles différents:

The death of R.M.F.: Robert (Jesse Plemons) a laissé son patron Raymond (Willem Dafoe) lui dicter absolument tout de sa vie, il s'est marié à celle (Hong Chau) qu'il lui a indiquée, il lit ce qu'il lui dit de lire... et il doit provoquer un accident qui entrainera la mort d'un homme, RMF. Et là, Robert ne veut plus, il reprend donc sa liberté. Mais le peut-il?

R.M.F is flying: Liz (Emma Stone), une biologiste marine, a disparu lors d'une mission. Son mari Daniel, un officier de police (Jesse Plemons) se désespère. Mais quand elle est retrouvée in extremis après avoir survécu tant bien que mal sur une île déserte, il se rend compte qu'il ne la reconnait plus. Il refuse d'admettre que c'est elle et commence à avoir un comportement de plus en plus erratique. Liz, ou celle qui la remplace, décide de rester auprès de son mari coûte que coûte (en dépit de l'avis contraire de son père, Willem Dafoe)...

R.M.F. eats a sandwich: Emily (Emma Stone) et Andrew (Jesse PLemons) sont deux membres actifs d'une secte new age délirante menée par Omi (Willem Dafoe) et Aka (Hong Chau). Elle a du quitter sa famille dont sa fille en bas âge, et ils ont pour mission de trouver l'élue de la secte, une guérisseuse qui peut sauver les gens par l'imposition des mains. Les candidats (dont Hunter Schafer) ne donnent pas grand chose, jusqu'à ce que Rebecca (Margaret Qualley) ne contacte Emily au sujet de sa soeur jumelle Ruth, qui l'aurait ramenée sans le savoir d'entre les morts quelques temps auparavant...

C'est noir, très noir, et on est devant des portraits déformés de notre société plus proches sans doute de l'esprit de The lobster, ou de The Killing of a sacred deer, que du Frankensteinisme revisité de Poor things et de la classe historique en costumes de The favourite. J'émets une hypothèse: Lanthimos a vraiment eu à la fois reconnaissance mondiale et succès solide avec ces deux derniers films, et a sans doute eu envie de retourner au surréalisme et au ton absurde de autres films... Au risque de dérouter le public.

Mais justement, son assise lui a permis de convoquer pour son nouveau film (à la durée extravagante de 2 heures et 44 minutes) des acteurs de premier plan, dont trois si je ne m'abuse reviennent depuis Poor things: Emma Stone, Willem Dafoe et Margaret Qualley (qui elle aussi joue dans les trois parties)... Ces petites histoires jouent en faveur du film, qui se remet en selle deux fois après un démarrage sur ce qui est sans doute l'intrigue la plus aboutie.

Comme d'habitude il sera de bon ton de s'armer d'humour, de beaucoup d'humour même devant les horreurs qui s'accumulent devant nous: échangisme militant (avec une vidéo qui donne lieu à l'une des scènes les plus étranges qui puissent être), prosélytisme sectaire, viol, cannibalisme, manipulation avec chantage affectif, les motifs d'aller fouiller dans les travers psychologiques d'une société ne manquent pas. On regrettera, c'est mon cas, que le morcelement en trois intrigues nous fasse perdre l'exceptionnelle cohérence des univers des films de Lanthimos... Pour le reste, on applaudira fatalement les acteurs, ils sont tous exceptionnels dans le film!

Quant à R.M.F., le seul personnage commun aux trois parties, il s'agit de l'acteur Yorgos Stefanakos. Il est aussi notaire, est un ami de Lanthimos, et lui a fait l'amitié d'apparaître dans Poor things. Il s'appelle bien RMF dans le film, c'est brodé sur son polo. Mais R.M.F. pour quoi? Lanthimos estime que c'est arbitraire. Des commentateurs croient y voir les initiales de Redemption, Manipulation, Faith. Ce qui correspondrait effectivement à la "coloration" des trois sketches... Enfin, d'autres pensent qu'il s'agirait de Random Mother F...ker, soit "connard lambda". Je vous laisse juge...

 

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Published by François Massarelli - dans Yorgos Lanthimos