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16 juin 2024 7 16 /06 /juin /2024 08:31

Un couple marié reçoit une lettre de la tante de Monsieur: elle va leur envoyer un beau cadeau, qui les rapprochera d'elle. Il s'agit d'un portrait, horriblement ressemblant, de l'affreuse tante... Monsieur (Sidney Drew) souhaite s'en débarrasser, mais Madame (Jane Morrow) lui rappelle qu'ils ont besoin de faire bonne figure pour la perspective de l'héritage. Quand la tante (Ethel Lee) débarque à l'improviste, il faut se débrouiller pourtant pour retrouver le tableau qui a été mis au grenier, alors que la tante s'attendait à ce qu'on lui décerne la place d'honneur...

C'est une vignette bourgeoise, du genre qu'aaffectionnait Sidney Drew. L'intérêt repose dans le segment du film où, alors que le tableau n'est nulle part pour que la tante le voie, celle-ci déambule dans la maison de façon menaçante pendant que Monsieur s'affaire à essayer de trouver une place pour le pauvre tableau... Et d'ailleurs, il est temps de constater que dans ces films des années 10, quelle qu'en soit la provenance, c'est généralement très mal rangé et très encombré dans les intérieurs bourgeois...

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Published by François Massarelli - dans Sidney Drew Muet Vitagraph
14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 23:15

Mission impossible... Celle de Kris Kelvin, tout d'abord. Dans une société du futur, qui pourrait aussi bien être une anticipation du futur de l'Union Soviétique que quoi que ce soit d'autre, le sombre psychologue Kelvin reçoit une demande paniquée d'un groupe de scientifiques: ils ont installé, dans l'espace, une station en orbite autour de la planète Solaris, et d'étranges événements et phénomènes se sont produits... Les trois membres de l'expédition ont sombré dans une crise émotionnelle... Kelvin se rend sur place et va très vite comprendre que ce n'était pas une bonne idée.

Mission impossible, celle de rendre compte d'un film qui fait tout pour éloigner une grande partie de son public... Reconnaissons que c'est un peu facile de dire ça, mais... La première partie, située largement sur Terre, prend le parti de distiller les informations au compte-goutte, sans jamais totalement les rendre explicites. Ainsi, chez Kelvin, des photos d'une femme, parfois blonde, pafois brune, sont montrées. Ce sera seulement lorsqu'elle 'reviendra' qu'on en saura plus, et qu'on aura compris non seulement qu'elle est décédée, mais aussi que la planète Solaris génère pour chaque humain qui l'approche, des doubles des gens qu'ils ont perdus...

Contrairement au roman, qui jouait sur la narration à la première personne, le film nous présente presque objectivement Kelvin, nous laissant apte ou non à deviner derrière son mutisme, les émotions qui l'assaillent. L'ensemble du film, basé sur un refus constant du spectaculaire, ou en tout cas de l'expliciter ou de le rendre palpable, doit aussi faire avec la lenteur, la contemplation, le refus du metteur en scène de céder aux tentations technologiques de la science-fiction, ce qui couplé à un budget peu propice aux débordements, finit par rendre le tout impossible à véritablement appréhender. Le film ne se contente pas de provoquer le questionnement chez son spectateur, il semble nous poser les questions, à son tour... Et arrive un moment, terrible, où... On se désinteresse de tout ça. C'est triste. 

 

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Published by François Massarelli - dans Criterion
14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 16:23

Mr et Mrs Newlywed ('les jeunes mariés') ont tout pour être heureux, mais... Quand madame (Jane Morrow) organise chez elle une rencontre entre mères et jeunes enfants, Mr Newlywed (Sidney Drew) doit admettre qu'il a un problème avec les enfants. Mais il n'est pas au bout de ses peines, puisque son épouse a décidé d'accepter la requête d'une amie qui souhaite lui confier son petit pendant qu'elle se repose...

Oubliez le titre, foncièrement idiot, qui fait allusion à l'eugénisme, vous le chercherez en vain dans cette petite comédie... Non, ce qui compte, c'est la dynamique entre Sidney Drew, qui incarne un mari jaloux de son exclusivité avec son épouse, et qui n'est pas disposé du tout à partager cette affection avec un petit intrus... Ce dernier est incarné par Bobby Connelly, un jeune acteur qui tournera jusqu'aux années 20 (il est dans Humoresque de Frank Borzage).

Mais admettons que le clou du spectacle est sans aucun doute la dernière partie durant laquelle Drew, pour faire fuir le môme, décide de jouer la comédie de la dépression nerveuse... et devient lui-même un enfant, sans doute bien plus insupportable que l'autre.

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Published by François Massarelli - dans Sidney Drew Muet Vitagraph
14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 15:04

M. et Mme Sweeney constatent que leur oiseau domestique, Caesar, est mort. Mme Sweeney (Flora Finch) demande donc à son mari (Hughie Mack), de "donner une sépulture décente" à la bestiole. Afin de se donner du courage, il va prendre un verre... Ou deux... Ou trois. Durant les libations, son voisin et ami Clancy (William O'Shea) arrive et participe, avec un poulet pour le repas du soir...

Bon, ils boivent, et ils confondent, on s'en doute bien! Le casting est complété par l'admirable Kate Price (qu'on connait pour un certain nombre de hauts faits d'armes, le moindre n'étant pas Our relations de Buster Keaton), et c'est dans la relation explosive entre chacune des deux épouses, et son mari respectif, que ce film férocement burlesque et qui ne mâche pas ses mots, prend tout son sel.

Alors certes, on aime la comédie subtile, la sophistiation, mais des fois... Il n'y a sans doute pas lieu de se priver, et ce film Vitagraph, qui évite d'aller trop loin dans le grotesque, donne à voir un pendant gentiment comique d'un univers qui chez Zola aurait probablement été profondément tragique. Ici, il est... bouffon.

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Published by François Massarelli - dans Vitagraph Muet
13 juin 2024 4 13 /06 /juin /2024 14:54

Restauré par le BFI, dont les techniciens ont fait ce qu'ils ont pu avec les pauvres copies en 16 mm qui restent de ce film, Easy virtue est l'un des films mal-aimés d'Hitchcock, et je ne parle même pas du public ici, mais bien du maître lui-même... Cinquième réalisation après The pleasure garden, The mountain eagle, The Lodger et Downhill, le film est une adaptation d'une pièce de Noel Coward, donc dès le départ un type de sujet qui n'attirait pas vraiment l'auteur, déireux de poursuivre la voie policière engagée avec The lodger en 1926; il conte les mésaventures d'une femme lâchée dans la jungle de la haute société Britannique après le scandale retentissant de son divorce: à l'instigation de son mari alcoolique et brutal, elle avait posé pour un peintre qui se confondait d'amour pour elle, s'était suicidé et lui avait légué sa fortune. Suite à la publicité malencontreuse autour de cette affaire, Larita Filton décide donc de changer de nom et d'horizon, et part se dorer la pilule sur la Côte d'Azur, ou elle ne tarde pas à rencontrer le grand amour en la personne d'un Anglais jeune, riche, beau, et célibataire. Ils se marient, et rentrent en Angleterre, où il sera bien difficile à Larita Filton (Isabel Jeans) d'affronter les effets pervers de la résurgence du passé.

Pas de crime ici, pas d'enquête: juste une culpabilité affichée, stigmatisante, pour une femme qui n'a rien fait que d'être désirée. Bien sur, on comprend ce qui a pu rebuter HItchcock a posteriori dans ce film (Ainsi que dans d'autres oeuvres Anglaises qui l'embarrassaient à la fin de sa vie): cette impression d'insularité, d'impossibilité pour le film d'avoir un sens réel à l'exterieur d'un contexte Britannique, est gênante comme l'est du reste souvent toute intrigue mélodramatique. Mais Larita est coupable aux yeux de la société, d'avoir inspiré le divorce, et de ne pouvoir faire rien d'autre que de provoquer à la fois désir et méfiance chez les hommes... Hitchcock, tout en remplissant son contrat (Le film est donc un mélodrame froid sans humour, situé en partie sur les rives ensoleillées de la méditerranée), offre quelques séquences personnelles, dont celle du procès qui ouvre le film, dans laquelle le cinéaste s'amuse à mélanger le temps présent et les flash-backs en cadrant sur un objet, en rebondissant sur une idée. Comme d'habitude, il sait à merveille inspirer chez le spectateur l'impression de palper la culpabilité, qu'elle soit réelle ou ressentie... Et il réussit une courte scène sur une idée géniale: une déclaration d'amour au téléphone nous est livrée par les réactions d'une belle standardiste qui entend toute la conversation. Nous savons ce qui se dit grâce à ses impressions qu'il nous suffit de lire sur son visage. Une belle idée, donc, et quelques minutes à sauver. C'est bien peu pour un film, mais c'est bien plus que ce que je sauverais de The Skin game ou de Juno and the paycock... Signalons par ailleurs que le film a fait l'objet d'un remake en 2008.

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock Muet 1927 **
13 juin 2024 4 13 /06 /juin /2024 14:26

Dick (Billy Quirk) est amoureux de Florence (Constance Talmadge) mais il n'a pas le sou... Or le père de sa petite amie, un scientifique, est à la recherche d'une momie Egyptienne, qu'il paierait à prix d'or. Voyant que ça pourrait bien lui être très profitable, sur plusieurs points, le jeune homme décide de tenter sa chance: il "engage" un vagabond, qu'il fait maquiller en momie...

Billy Quirk est une vedette Vitagraph, qui avait aussi travaillé pour Griffith, puis la compagnie Solax d'Alice Guy et Herbert Blaché. Bien qu'il soit doté d'un physique de jeune premier, il avait souvent tendance à jouer les héros décalés, tel ce cow-boy efféminé dans Algie the miner... Ici, il joue un amoureux qui utilise des stratagèmes, et c'est ce qui fera qu'on aura bien du mal à s'identifier à lui...

Momies et sarcophages, dans les film des années 10 puis 20, seront légion: la mode culminera bien sûr avec la découverte ébahie du tombeau de Toutankhamon! Mais cette mode avait ceci de particulier qu'elle était décorative, tout en étant contemporaine des dévelopements du cinéma premier, ce qui explique que le septième art, qui accompagnait les découvertes Egyptiennes avec des images merveilleuses des trésors découverts sur place, dans les films d'actualité, se soit senti si à l'aise avec ce folklore de pyramides, de momies et de pharaons...

Constance Talmadge est ici réduite à jouer les utilités, mais elle nous rappelle qu'avant de passer chez Griffith, et qu'elle et sa soeur ne bifurquent par la compagnie Triangle, puis qu'elles travaillent pour la First National, les deux soeurs Constance et Norma étaient des employées du studio Vitagraph...

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Published by François Massarelli - dans Vitagraph Muet
13 juin 2024 4 13 /06 /juin /2024 14:10

Jane (Edith Storey) a un fiancé, Willie Wiggins (Donald McBride), mais celui-ci a un rival (Billy Bletcher)... Et Jane, pour les départager, a l'idée de faire appel à un stratagème: elle joue le grand amour avec un pantin, en ombres chinoises. Mais les deux prétendant n'y verront pas le bon message, car ils vont croire reconnaître, dans l'amant imaginaire de la jeune femme, un  bandit évadé et recherché partout... 

C'est rural: même si ce film a probablement été tourné en banlieue de New York (le studio Vitagraph étant basé à Brooklyn), le fait est qu'il fait appel à des types de personnages, d'ailleurs saisis dans leur grotesque le plus cru, qui manquent cruellement de sophistication. Et Edith Storey, qui joue Jane, est loin de s'être embellie, puisqu'elle joue sans maquillage apparent, si ce n'est une dent noircie pour nous faire croire en son absence...

Mais le film, qui propose aussi des seconds rôles plus raisonnables, ne se vautre jamais totalement dans le ridicule, et on sent qu'il y a une volonté de tempérer le grotesque, pour construire un type de comédie plus calme, et se tenir à l'écart des excès qu'on remarquait déjà dans les films Sennett...

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Published by François Massarelli - dans Muet Vitagraph Edith Storey
13 juin 2024 4 13 /06 /juin /2024 13:56

Le vieux médecin (Charles Eldridge) commence à perdre sa clientèle; il reçoit les conseils d'un collègue (John Bunny) qui lui conseille de prendre un associé qui soit, si possible, non seulement jeune, mais aussi séduisant (Earle Williams). Ca ne fait comme on dit pas un pli: les patientes vont se précipiter et imaginer mille stratagèmes pour le voir...

Voici un film assez typique, finalement, du style de comédies Vitagraph des années 10: situées fermement dans le monde contemporain voire bourgeois, plutôt dans de petites villes tranquilles. Et le sujet touche à un quotidien reconnaissable, en tordant légèrement le cou à la réalité par un rien d'exagération... C'est le créneau que prendra Hal Roach avec ses comédies, des années plus tard.

Le film est plaisant dans ce qu'il suggère plus que ce qu'il montre! La façon dont le médecin (qui est marié, pourtant, et à Edith Storey, par dessus le marché!) accepte son sacerdoce, montre plus de la gourmandise que du sacrifice...

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Published by François Massarelli - dans Muet Vitagraph Edith Storey
11 juin 2024 2 11 /06 /juin /2024 18:20

Dans une firme, on a besoin d'une nouvelle sténo... On leur envoie une dame (Flora Finch) très capable, mais son supérieur est atterré: elle n'est pas du tout à son goût...

Ca ne commence pas bien...

Après quelques mois, elle est intégrée, et très efficace, mais... quoi qu'il arrive elle n'est toujours pas dotée d'un physique qui puisse satisfaire le patron. C'est alors qu'elle tombe malade, et qu'on envoie à sa place une autre merveille, interprétée par Flroence Turner. Tout va changer...

Oui, c'est profondément sexiste, et bien sûr que cette petite comédie centenaire et plus ne fait pas dans la dentelle! Mais c'est un produit de son temps, j'imagine... Un film dans lequel, qu'on se rassure, par la grâce de Florence Turner, la femme aura le dernier mot, et il pourra au moins tempérer quelque peu le sexisme de la première partie... Ouf!

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Published by François Massarelli - dans Florence Turner Muet Vitagraph
11 juin 2024 2 11 /06 /juin /2024 18:10

Cette comédie dure moins que trois minutes, et est à peine recensée: le pourtant très sagace IMDB.com n'en parle pas, et au-delà du fait que c'est un film Vitagraph, on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent, ni acteurs, ni metteur en scène. Un film de trois minutes ou moins, aux Etats-Unis à cette époque (et cela durera jusqu'aux années 20, avant que la tendance ne disparaîssent, on le trouvait généralement dans un split-reel, ou une bobine qui était consacrée à deux films plus courts. Ca avait des avantages: par exemple, celui de fournir deux oeuvres de genres différents en une seule livraison, ce qui permettait au projectionniste de se reposer aussi durant le déroulement... Mais ça avait aussi ses désavantages, car il fallait fournir, et le cinéma à cette époque tendait plutôt à allonger la durée, qu'à la racourcir, au fur et à mesure des développements narratifs et stylistiques du médium.

On y montre un couple de personnes âgées dont le monsieur décide d'accrocher un tableau, au péril de sa vie! C'est assez typique d'un style burlesque qui laisse assez peu de répit aux spectateurs, ainsi bien sûr qu'aux personnages: on commence par une situation absurde, qui va évoluer vers plus de loufoque et plus de catastrophes...

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Published by François Massarelli - dans Vitagraph Muet