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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 16:18

Un peintre (Willy Fristch), vétéran de la grande guerre, a perdu la vue. Une fois revenu à la vie civile, il bénéficie des soins d'une aide-soignante (Lil Dagover) dont il tombe amoureux. Ils se marient, on un enfant, et il apprend qu'un traitement révolutionnaire Américain pourrait lui rendre la vue. Quand il revient, guéri, il n'a jamais vu son épouse et celle-ci décide de le tester et de voir s'il peut tomber amoureux de la femme et non de l'aide-soignante...

Ca a l'air idiot comme ça, raconté de cette façon: c'est exactement quoi faire pour pousser un mariage à la faillite... Mais ça ne dérange manifestement personne dans le film. Du coup non seulement ça paraît idiot, mais ça l'est totalement! Le film est une comédie légère (comprendre par là un tantinet boulevardière) et si on n'attend pas Christensen sur ce terrain, il me semble assez évident que l'artiste s'est effacé derrière le technicien. Pour être clir: c'est sans grand intérêt, les acteurs passant leur temps à envoyer des clin d'yeux pour rassurer le public, et Christensen utilisant de tous les prétextes possibles et imaginables pour déshabiller (un peu) sa star... 

Hélas, Christensen n'est décidément pas Lubitsch, qui se serait débrouillé avec maestria d'un script aussi crétin. Après les deux premiers films Danois, brillantes expérimentations avec la lumière et le cadre, et un film extraordinaire et unique en son genre (Haxan) qui pulvérisait le documentaire façon puzzle, force est de constater que le metteur en scène allait mal: il était réduit à réaliser un film avec des portes qui claquent dans tous les sens...

 

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Published by François Massarelli - dans Benjamin Christensen Muet 1923 Comédie
28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 18:08

Avec son troisième court métrage (à ne pas confondre avec le long presque du même nom qui en reprendra certains aspects), Kassovitz déplace les curseurs: après deux comédies, dont une bien noire, et après deux intrigues situées dans les cours des banlieues, il tourne un cauchemar dans un petit appartement où deux hommes vont commettre un crime...

Deux hommes, un plus âgé (Marc Berman) et un novice (Mathieu Kassovitz), s'introduisent dans l'appartement d'un vieil homme pour "un boulot". Mais ce que le jeune ne sait pas, c'est d'une part que le boulot n'est pas un cambriolage, mais un meurtre; et en prime, c'est lui qui doit le commettre...

C'est glauque, et si parfois à travers son personnage de gamin peu assuré Kassovitz retrouve le ton moqueur de Fierrot le pou, le rire s'étrangle... paradoxalement, on finit sur une réplique sensée être drôle, mais c'est peine perdue... Le metteur en scène rode son style rentre-dedans, avec son premier film en couleurs.

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Published by François Massarelli - dans Mathieu Kassovitz Noir
28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 18:01

Une comédie? En quelque sorte. Après tout même La haine, le deuxième long métrage tant célébré, qui se situe dans l'urgence de la situation morose des banlieues Françaises des années 90, commence lui aussi dans le pittoresque et s'amuse de ses personnages... Jusqu'à un certain point, bien entendu.

Adapté d'une bande dessinée de Moebius, ce deuxième court raconte l'équipée sauvage de quatre pauvres types (dont Yvan Attal et Jean-Pierre Daroussin) qui sont venus en banlieue pour commettre un acte raciste, et qui vont tomber sur un os: le fait que les "ennemis" qu'ils ont face à eux sont mille fois plus intelligents, solides et solidaires qu'eux... Donc c'est drôle...

Jusqu'à un certain point. On est en effet en pleine rupture, et le noir et blanc nocturne et poisseux choisi par Kassovitz n'est pas la seule chose à annoncer le drame des trois compères de La Haine.

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Published by François Massarelli - dans Mathieu Kassovitz Comédie
28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 17:47

Dans une salle de basket, une jeune femme (Fabienne Labonne) vient s'entraîner... Elle voit une garçon (Mathieu Kassovitz) qui s'entraîne lui aussi, en particulier pour mettre un panier. Deux choses sont évidentes: il est nul; et il aimerait bien l'impressionner... Jusqu'à ce que...

C'est court, en noir et blanc, et très drôle. Kassovitz, futur "Héros très discret" de Jacques Audiard, futur Nino, l'homme rêvé d'Amélie Poulain, endosse avec gourmandise le costume du garçon timide au costume de chevalier (du basket) trop grand pour lui. La comédie est tendre, maline, et passe par un petit tour de magie rigolo, quand le garçon mal foutu se transforme tout à coup en surhomme du basket... Le film distille un humour loufoque qui tranche avec la veine noire de Kassovitz.

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Published by François Massarelli - dans Mathieu Kassovitz Comédie
27 novembre 2020 5 27 /11 /novembre /2020 15:55

Jack Dunn (Charles Gunn) est un avocat déchu, qui est tombé dans le piège de la drogue, et qui est réduit à conseiller des gangsters sur des questions de droit, au lieu de faire son métier. Repéré par Nan Bishop (Louise Glaum), il va se remettre d'aplomb en triomphant de son addiction, puis va pouvoir reprendre l'exercice de son métier, d'abord en devenant l'avocat de la pègre, puis Nan va sacrifier son amour pour le pousser à retourner dans le droit chemin... Sa première grande affaire sera médiatique: il participera au procès d'une jeune femme accusée à tort de meurtre. Devinez qui...

C'est un pur "véhicule" pour la star Louise Glaum, qui a ici le rôle principal, celui d'une vamp tentée par le bien, mais sans doute trop fière pour sacrifier sa vie directement. C'est un film des studios Kat-Bee de Thomas Ince, très efficace, et rempli d'audaces de thème et de ton, la peinture de la drogue et du milieu en faisant bien entendu partie...

Ce n'est pas forcément non plus le plus grand film du genre, The penalty (de Wallace Worsley, avec Lon Chaney)le dépassera en baroque et en émotions fortes, mais c'est une curiosité qui nous permet de retrouver une personnalité peu connue, une actrice à mi-chemin entre Theda Bara pour le côté vamp, et la peinture de la criminalité à la façon de Priscilla Dean.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1917 Thomas Ince
25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 13:22

Côté pile, une comédie franchouillarde: Jean Lefebvre et Henry Guybet, deux touristes qui ne se connaissaient pas avant, se retrouvent tous les deux dans une biture monumentale sur l'île Maurice et compissent joyeusement une idole locale... Ils sont désormais ensorcelés, et quand ils rentrent à Paris ça ne s'arrange pas, au contraire. 

Affligeant, bien sûr, le film est l'occasion pour deux acteurs populaires de faire exactement ce pourquoi ils ont tapé dans l'oeil du public non exigeant des petits cinémas de quartier, et des séances estivales: ces moments de l'année où la qualité se relâchait un tantinet... Alors vacances sur l'île Maurice, semblant de scénario, numéros d'acteurs (Julien Guiomar sauve quelques scènes du néant) et moments copieusement embarrassants (fallait-il raiment montrer la jeune fille au pair sous sa douche?) abondent...

Côté face, c'est un film de Georges Lautner, mais ses assistants ont un pedigree: Norbert Carbonnaux, auteur de l'immortel nanar Le temps des oeufs durs; Max Pecas, qui a deux importantes filmographies: l'une, consacrée à la comédie nulle, l'autre au porno... On est donc bien loin des comédies de qualité, parfois légèrement transgressives, qui ont fait la réputation de Lautner. Qu'allait-il faire dans cette galère? Je ne sais pas, mais il est venu avec armes et bagages: le fidèle Philippe Castelli joue un petit rôle (nul) et maman Renée St-Cyr est là aussi, dans un de ses rôles les plus fournis pour son fiston. Elle est atroce, bien entendu.

Le film aussi, mais ça vous l'avez déjà compris: il y a trois carrières chez Jean Lefevbre: ses silhouettes de minables dans des films divers, dont sa prestation en soldat saoul dans Les Diaboliques de Clouzot est sans aucun doute la plus notable. Puis, des participations dignes à des comédies, dont il jouera encore des minables, mais avec du métier: bien sûr on pense à Paul Volfoni dans Les Tontons, ou l'immortel Michalon dans Ne nous fâchons pas. Enfin, la notoriété l'a autorisé à se croire casé pour l'éternité, et à ne plus faire le oindre effort, que ce soit sur une scène de théâtre, ou dans des comédies de basse extraction. Et ici, il est particulièrement mauvais...

Ce qui m'amène à poser une question qui restera sans réponse: tourné par un autre, par un de ces chevaliers du navet comme Philippe Clair, Max Pecas ou Jean Girault, le film aurait-il été pire?

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Published by François Massarelli - dans Georges Lautner Comédie Navets
23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 17:07

Ancien agent des services secrets, Stefan est rangé: il a un travail "décent", une épouse, et une vie tranquille... Jusqu'à ce qu'un ancien collègue ne le débusque et ne l'embobine dans une sombre affaire d'espionnage, avec d'autres anciens agents: des combines pas nettes, qu'il serait fastidieux et inutile de résumer ici... D'autant que ce n'est pas ce qui compte.

Lautner en est à son deuxième film, et il a déjà une assez bonne idée de ce qu'il veut faire: du cinéma de genre, dans l'ombre du film noir, mais sans pour autant faire pareil. Le roman adapté par Pierre Laroche est une occasion pour lui de détourner une intrigue sans grand intérêt pour y réaliser des scènes paroxystiques, toutes différentes. Il compte sur ses acteurs pour incarner ses personnages et sur ses personnages pour faire tenir l'intrigue: le reste est affaire de sensations, d'émotions, et de timing... 

D'une part, si Jacques Riberolles n'est a priori pas à la hauteur (il fait un peu sous-sous-Delon) dans le rôle principal il a l'avantage d'un certain anonymat. Dans les rôles des deux femmes (la frêle blonde, et la brune fatale) Lautner fai appel à Gisèle André et Juliette Mayniel respectivement, et on est en plein cliché du film noir. Non, plus intéressants, forcément, sont les deux facettes de l'agent manipulateur représentées par Daniel Sorano et Bernard Blier. Ce dernier surtout est exceptionnel... Comme d'habitude.

Le metteur en scène rôde son style et se fait plaisir avec des moments de tension, des scènes nocturnes très soignées et un moment de suspense fort bien traité. Ca manque d'humour, certes, mais ça viendra: deux ans plus tard, Le monocle noir et Paul Meurisse vont offrir cette échappatoire à Lautner...

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Published by François Massarelli - dans Noir Georges Lautner
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 16:54

Ce film est un moyen métrage produit et présenté par une organisation Autrichienne créée dans les années 10 afin d'accompagner les juifs déplacés d'Europe dans leur nouvelle vie à Vienne et alentour. Il consiste en une première partie qui sous couvert de raconter une histoire (une famille Juive victime de la haine de classe et d'un pogrom dans la Russie nouvellement soviétique) expose en fait la façon dont l'organisation recueille et vient en aide aux exilés.

C'était un film amateur, mais extrêmement soigné à défaut d'être original, qui était présenté aux conférences organisées par l'association et qui était sensé provoquer la levée de fonds. Il a été préservé et est montré en prime du film récemment retrouvé Die stadt ohne juden, de 1924.

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923 **
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 16:43

Essayons d'épurer l'intrigue: Bond est engagé dans une machination orchestrée par des méchants avides d'argent, en même temps qu'une espionne Soviétique, pour récupérer un MacGuffinoff. 

Je pense qu'il n'y a rien à ajouter: c'est le deuxième film de la franchise et  Young fait un travail en tous points excellents, profitant d'avoir campé l'essentiel de l'univers de son héros dans le premier film, il ne perd pas de temps, et ce deuxième effort ressemble pour l'équipe à une promenade de santé. En ces jeunes années de l'ère Sean Connery, les films de Bond ne sont pas encore tombés dans la routine systématique, et peuvent encore surprendre...

Profondément distrayant, suprêmement soigné à commencer par le montage, avec des interprétations solides: en particulier Pedro Armendariz dont c'est le dernier film, mais aussi on appréciera Robert Shaw en gros méchant qui nous est astucieusement décliné au compte-goutte avant de vraiment faire son apparition, ou encore Lotte Lenya en espionne d'une autre ère. Et Daniela Bianchi, en espionne Russe, se défend plutôt elle aussi...

Et puis on ne peut s'empêcher de penser à Hitchcock: quand il a dit que la saga James Bond lui devait beaucoup, c'est sûr qu'il pensait à ce film. Le couple Bond-Tatiana, en amants dans un train, la rencontre en terrain désertique avec un engin volant (un hélicoptère cette fois)... l'équipe aurait-elle vu North by northwest?

 

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Published by François Massarelli - dans Bond
22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 08:49

Pour résumer l'intrigue: l'Illiade.

...Plus ou moins, il y a controverse. Des changements de ci, de là, on appelle ça une adaptation, après tout pourquoi pas. Après, y a-t-il trahison? La masculinisation à outrance d'Achille (Brad Pitt), véritable héros du film, le fait qu'on ait d'une part adapté, et d'autre part insisté de façon lourdingue sur les canons des genres (les hommes: bourrus, violents et guerriers, les femmes: jolies et surtout à la maison à s'occuper des gosses!) pose inévitablement question.

Et puis Achille a bien un talon, mais si on pense que c'est Patrocle, on se trompe, cette fois c'est une femme... Briseis, la cousine d'Hector.

Alors une fois qu'on a râlé un peu, rigolé en voyant la nullité habituelle d'Orlando Bloom, et le côté "Clint Eastwood, mais en plus sobre encore" d'Eric Bana, et en se plaignant du fait que ces grecs et assimilés sont un peu teutons sur les bords, on regardera: c'est distrayant, haut en couleurs, un peu con, et bref, c'est du DeMille. En plus raisonnable...

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Published by François Massarelli