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7 mars 2025 5 07 /03 /mars /2025 23:48

Ce film qui m'était jusqu'à il y a quelques jours totalement inconnu pourrait en quelque sorte être considéré comme une version raccourcie de A night out, le deuxième film Essanay (donc la période 1915-1916) de l'acteur-réalisateur... Il se trouve qu'il possède malgré tout deux petites particularités qui en font un film à part, malgré tout:

d'une part, le film commence par un petit film qui a été tourné lors d'une probable sortie publique de l'acteur, en tournée promotionnelle. Comme il le faisait j'imagine assez ouvent, il se retrouve à improviser (en costume, et avec moustache, s'il vous plaît) un sketch avec un orchestre de rue, les dirigeant avec entrain, pour ne pas dire excès! 

d'autre part, les extraits de A night out sont pour la plupart des prises alternatives de plans du film. Certains ont probablement été également insérés, en plus des séquences habituelles, dans le film officiel, résulant en certaines copies qui étaient considérablement alourdies par ces redites...

Quoi qu'il en soit, ce fragment accessoire de l'oeuvre de Chaplin, aussi rare soit-il, est totalement apocryphe, et n'apporte pas grand chose à un corpus déjà imposant, et qui n'a décidément pas besoin de lui pour être fascinant...

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet
6 mars 2025 4 06 /03 /mars /2025 22:25

Avec ses égarements, ses redondances et son slapstick largement improvisé, A night out est un film mineur dans la carrière de Chaplin, qui se cherchait donc encore après la réussite de His new job. Ici il  semble adapter les formules de Mack Sennett à sa rigueur en matière de décor, telle qu'il l'a expérimentée notamment sur Dough and dynamite (1914): ainsi, le film se déroule-t-il dans des lieux indentifiables, et filmés systématiquement sous le même angle. Mais le problème est ailleurs: il s'agit, une fois de plus, d'une histoire de beuverie, partagée entre Chaplin et son complice Ben Turpin, dont on dira simplement que si l'argument rappelle The rounders, tourné avec Arbuckle pour la Keystone, Turpin n'est pas Arbuckle. Et l'histoire, si l'on peut dire, est tout sauf claire...

Mais peu importe: d'une part, ce film qui a beaucoup souffert des outrages du temps n'est sans doute qu'une étape pour Chaplin, qui va faire beaucoup mieux bientôt; de plus, il a trouvé une actrice intéressante, en la personne de la jeune Edna Purviance qu'il se plait à filmer ici, et dont on sait qu'elle va rester très longtemps. Outre Turpin, qui ne restera pas longtemps à ses cotés, il a trouvé un méchant intéressant en la personne de Bud Jamieson, qui préfigure, en moins spectaculaire, le formidable Eric Campbell, qui sera l'ennemi de Chaplin à la Mutual. Sinon, Leo White continue à camper les comtes barbus et vaguement ridicules, on le reverra souvent.

Reste donc un film qui ressemble beaucoup à un exercice dans lequel l'auteur se cherche ouvertement, et qui le pousse à se répéter, et tenter ça et là une nouvelle approche, un peu au hasard. On se doute qu'il devait à cette époque combiner une approche de scénario, peut-être même écrit, avec déjà une tendance à l'improvisation, probablement facilitée par le recours à des gags souvent un peu faciles... Bref: le génie se cherchait encore.

 

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Published by François Massarelli - dans Charles Chaplin Muet
5 mars 2025 3 05 /03 /mars /2025 22:38

En Angleterre, dans une petite paroisse bien comme il faut, John Carteret (Brian Aherne), un homme d'un certain âge, s'oppose à l'envie de sa fille adoptive d'origine Irlandaise, Kathleen (Jeanette MacDonald) de se marier: elle est amoureuse d'un Américain, Kenneth (Gene Raymond). Carteret est pourtant lui-même hanté, littéralement, par un amour disparu: la propre tante de Kathleen, Moonyean Clare (Jeanette MacDonald) est décédée tragiquement...

Moonyean Clare se manifeste très vite dans le film, tant Carteret est obsédé par son souvenir: elle apparaît au bout de queques minutes, sous la forme d'un fantôme, du moins c'est ainsi que Carteret en reçoit la visite. Le choix de faire de Jeanette MacDonald l'actrice pour la tante comme pour la nièe, dresse un parallèle entre elles, qui tend à prolonger cette impression d'un cercle de famille incomplet, fragile et dominé par le souvenir insistant d'une femme disparue. Borzage utilise la musique, en montrant Carteret accompagnant sa nièce au piano, quand celle-ci est une enfant, et la même chanson permet un voyage dans le futur, et à la fin c'est Jeanette MacDonald, assise au piano, qui finit l'interprétation de l'air... Une jolie idée, qui prolonge le quasi-fantastique de l'apparition citée plus haut...

La première apparition de Gene Raymond sera également traitée avec des ingrédients spéciaux: Kathleen, accompagnée d'un ami, Willie (Patrick O'Moore), se réfugie dans une demeure qu'ils croient abandonnés, quand ils sont surpris par la pluie. L'arrivée de Kathleen dans la maison semble la raviver... Là encore, on voyage dans le temps, puisque la maison semble ne pas avoir vécu depuis 1868 (date d'une lettre poussiéreuse posée sur la table)... Mais elle est pourtant habitée: pendant qu'ils y sont, Kenneth Wayne, descendant américain des anciens propriétaires de l'imposant manoir, fait son apparition... Sous son costume moderne, son apparence ne fait aucun doute, il est le sosie d'un ancien châtelain, dont le portrait sécère est bien en évidence...

Un lien s'établira entre John Carteret et son amour perdu, et le jeune wayne, à travers l'ombrageux Jeremy, le père de ce dernier, qui a une part importante de responsabilité dans le décès de la tante de Kathleen...

Dès le départ, et donc en une vingtaine de minutes, Borzage a établi une sorte de confusion ordonnée entre passé et présent, entre la tante disparue tragiquement, et la nièce un peu trop romantique pour son père adoptif...  Aussi souvent que possible, il utilise la musique d'une façon beaucoup plus diégétique que la comédie musicale classique, intégrant ses chansons (Jeanette MacDonald oblige) dans le continuum de l'intrigue, en en faisant d'authentiques chansons, inteprétées dans un cadre réaliste. Ce n'est pas, il est vrai, son premier musical: mais ses efforts précédents dans le genre (Flirtation walk et Shipmates forever) étaient des oeuvres de commande sans âme ni intérêt.

Mais ici, il se retrouve, d'une certaine manière, chez lui, dans cette histoire exaltée d'amour sur deux temporalités, qui ous rappelle d'ailleurs vaguement Wuthering heights d'Emily Brontë, mais si c'est volontaire, c'est bien caché... Et les amours compliquées de Kenneth et Kathleen vont se prolonger sur fond de guerre, alors que lui est soldat blessé (ce qu'elle ignore) et elle engagée, de son côté, dans les auxiliaires féminines. Typiquement, Borzage garde les conflits armés au loin, ayant toujours la guerre en profonde horreur... mais il nous montre les conflits intérieurs entre les deux amants, et surtout, il nous montre le sacrifice de Ken, qui vient rendre visite à la femme qu'il aime, mais lui cache sa blessure, avant de la traiter avec une froideur feinte..

C'est le premier film en couleurs de Borzage, qui utilise ici le Technicolor devenu de plus en plus courant dans les productions de prestige de la MGM. Qu'il soit un musical, et en couleurs en plus, ne pouvait que pousser Louis B. Mayer, qui veillait jalousement sur la production de films de prestige pour toute la famille, à en superviser la production de façon importante. C'est ce qui fait qu'on est quand même devant un film MGM avant tout, qui plus est la troisième version de la même histoire après les deux versions réalisées par Sidney Franklin (1922, avec Norma Talmadge, puis 1932 avec Norma Shearer et Fredric March). Mais contrairement à ce qui s'est passé à la Warner, où Borzage a payé ses films plus intéressants avec deux abominables purges (les deux films cités plus haut), ici, il y trouve au moins la possibilité d'y expérimenter son sens du fantastique, et sa passion pour l'expression cinématographique du sentiment...

 

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Published by François Massarelli - dans Frank Borzage Musical
5 mars 2025 3 05 /03 /mars /2025 15:30

Participant à l'effort de guerre, Clampett tape sur Hitler, et il tape dur. Il n'est pas le seul, puisque tout le studio de Leon Schlesinger, mais aussi Tex Avery à la MGM (Blitz Wolf), voire, ce qui est plus étonnant, Walt Disney dans son propre studio (Der Führer's face, de Jack Kinney) ne feront pas autre chose...

Hitler annonce à son peuple qu'il va personnellement aller a Moscou, et utiliser un bombardier pour tuer Staline... Mais les ''Gremlins du Kremlin'' veillent, et empêche l'affreux Adolf d'accomplir son oeuvre, en sabotant son avion...

Assagi quant à sa tendance à tout contester, qui rendait parfois ses flms de propagande totalement incohérents (ce que par définition, toute son oeuvre était de toute façon!), Clampett se concentre sur le grand n'importe quoi d'imaginer des petites créatures au design qu'on hésite à qualifier de "psychédélique", même si le terme est un pur anachronisme, dont la mission est de tout casser, méthodiquement. Et ils le font en musique... Témoin d'une époque troublée, un film qui nous montre, hum, le gentil visage de... Joseph Staline.  Par contre, l'autre, qu'est-ce qu'il prend!

 

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Looney Tunes
5 mars 2025 3 05 /03 /mars /2025 15:21

Clampett ne respectait rien, pas même la propagande; lui qui a osé, en plein effort de guerre, se moquer de la conscription (Draftee Daffy, en 1945), ne semblait pas atteint par l'esprit général, et se moquait de ce qu'il voulait, ce film le prouve... Bugs Bunny, dans une base de l'air force, lit le journal et y apprend des services de propagande nationale, que les "gremlins" travaillent dur au sabotage d'avions... Il en devient paranoïaque, et se retrouve dans un bombardier, en compagnie de gremlins qui le rendent fou...

Les gremlins, ici, ne sont qu'un gag, une sorte de lutin peu défini, qui ne sert qu'à une seule chose, provoquer le malaise de Bugs Bunny. Le film parle apparemment de rationnement, de méfiance aussi, en ces temps d'espionnage très dramatique (on est en plein effort pour commencer la guerre, en 1943, aux Etats-Unis), mais tout se passe comme si Clampett souhaitait, finalement, jeter le cartoon avec l'encre du bain!

Il en résulte un film extrême, dont le malaise du personnage principal (décidément, Clampett était sans doute le seul à vraiment maltraiter Bugs Bunny...) tend à déteindre sur nous, tant l'animation est avant-gardiste. Clampett s'assagira l'année suivante en créant une nouvelle forme de "Gremlins", ceux du Kremlin, qui rempliront vraiment leur office de propagande dans Russian Rhapsody, un film contemporain de la période étonnante durant laquelle les Etats-Unis de Roosevelt et la Russie de Staline ont travaillé ensemble à l'effort de guerre...

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Published by François Massarelli - dans Bob Clampett Animation Bugs Bunny Looney Tunes
5 mars 2025 3 05 /03 /mars /2025 15:06

Un monsieur tout frêle, tout trenblant, nous explique, une hache à la main, que son épouse le force à l'irréparable: il doit sacrifier un canard... Daffy Duck échappe de peu au premier coup de hache, puis après, ça vire au grand n'importe quoi: une scène nous montre le canard fausant semblant d'avoir perdu la tête, puis courir dans tous les sens, en donnant un nouveau sens au mot exagération... 

C'est une intrigue qui est réduite à l'essentiel, trouver un moyen de permettre au canard cinglé de faire ce qu'il a toujours préféré, à savoir se livrer à toutes les excentricités possibles et imaginables, avec bruit, fracas, et aggressivité... Le Daffy de Clampett, qui rappelons-le avait créé le personnage, est donc un pourvoyeur de chaos, un marchand de destruction, et ce film ne nous propose pas autre chose.

A noter, une fois Tex Avery parti, son disciple et ancien animateur ne se prive pas de lui prendre son idée de faire jouer un strip-tease (probablement rotoscopé) à un animal, en l'occurrence Daffy Duck lui-même. Et Daffy e permet aussi e tailler un costard au fameux "quatrième mur", en s'emportant, la deuxième fois qu'il se retrouve face au canon d'un fusil: "mais non, enfin! pas deux fois dans le même dessin animé!"

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Published by François Massarelli - dans Daffy Duck Bob Clampett Animation Looney Tunes
3 mars 2025 1 03 /03 /mars /2025 14:16

Un inventeur, Randall Pelzer, se promène à Chinatown, à New York: il cherche un cadeau original, tout en cherchant à placer certaines de ses inventions... désastreuses. On lui présente une créature particulière, un "Mogwai"... Il est immédiatement séduit par la bestiole et malgré le refus du propriétaire souhaite l'acheter. Le petit-fils du boutiquier de son côté, le lui vend, mais lui donne trois règles à respecter de façon absolue: ne pas exposer le mogwai à la lumière, celle du soleil en particulier, qui pourrait le tuer; ne pas le mettre au contact de l'eau, qu'il la boive ou s'en imprègne; et surtout, ne pas le nourrir après minuit.

Trois règles dont on se doute au moment où on les rappelle au personnage, qu'elles seront enfreintes les unes après les autres...

Quoi qu'il en soit, le père va offrir le mogwai à son fils, un ado assez moyen... et ce sera le début du chaos... 

Une banlieue, cette fois plutôt vers l'Est (d'où la neige dans les premières scènes), des personnages avec une petite vie aussi tranquille que farfelue: des traites à payer, des voitures à réparer, un chien à nourrir, et un gamin qui ambitionne de devenir illustrateur de bande dessinée (Chuck Jones, dans un snack, lui dit de continuer, il doit donc être doué)... Les personnages ont tous accès au cinéma, qu'ils consomment soit sous forme de programme télévisé (on voit un moment le film It's a wonderful life de Frank Capra qui passe à la télévision... Et pour cause, c'est Noël; mais d'autres films, et non des moindres, sont dffusés occasionnellement: on reconnaitra notamment Invasion of the body snatchers de Don Siegel), soit au drive-in. Un univers simple mais constamment poétique, dans lequel les aspirations des jeunes sont assez peu ambitieuses, et même plutôt raisonnables: par exemple Billy Pelzer, le fils de Randall, travaille à la naque en tant que guichetier, et sa petite amie aussi. Les gens méchants ne sont pas plus: une dame qui en veut au chien de Billy est juste une promotrice immobilière riche... Par contre, la petite amie de Billy doit assurer deux jobs pour pouvoir s'en sortir.

C'est dans ce petit monde aseptisé, gentiment caricatural, que Joe Dante va lâcher des créatures complètement incontrôlables: les Gremlins, qui sont l'émanation diabolique des mogwais. Leur "Mr Hyde", en quelque sorte. Derrière l'intrigue hautement improbable de conte de fées caricatural, Dante se fait plaisir et divise le monde en deux, prenant modèle, typiquement, sur deux films: d'un côté, It's a wonderful life déjà cité; Billy a un peu de James Stewart en lui... de l'autre The Wizard of Oz, et la méchante promotrice-sorcière mentionnée plus haut sert allègrement de substitut de méchante aux deux intrigues!

C'est un conte assumé, visible sans souci au premier degré, celui du merveilleux... Aucune mièvrerie dans la gentillesse de cette famille qui apprécie tant l'arrivée du petit mogwai, baptisé Gizmo. Leur simplicité, leur absence totale de cynisme, nous les rend immédiatement attachants... Et dès le départ le talent de Dante pour aller droit à l'essentiel, en étant tout le temps du côté de ses personnages, fait merveille. Mais il le fait tout en nous réservant constamment de dévier quand il le décidera vers... l'horreur.

Au passage, le terme de Gremlins vient a priori de 2 courts métrages de Bob Clampett, dans lesquels des petites créatures faisaient leur apparition: dans Falling hare, Bugs Bunny est confronté à des gremlins saboteurs, qui en veulent aux avions de l'Oncle Sam; et dans Russian Rhapsody, les Gremlins travaillent pour la Russie... 

Oh, bien sûr, les Gremlins, ce sont des représentants de l'horreur pour rire, mais il n'empêche. Comme les Piranhas du films du même nom, les bestioles diaboliques (qui sont nées d'un si mignon, si gentil mogwai) sont une source d'ennuis, et de méchanceté sans limite. Et si le metteur en scène s'adresse ici à toute la famille, il en profite d'une part pour nous montrer une Amérique en proie à une mutation (les gens sans emploi, les difficultés des petites gens) et d'autre part il nous rappelle que son point fort, c'est le film d'horreur, dont il a déjà été l'une des figures avec Piranha et The Howling... En s'adaptant à un public plus large, il n'en perd pas son mordant.

Une fois de plus Joe Dante a créé les conditions du chaos, du désastre et de la destruction, dans le cadre pourtant si rassurant de la banlieue Américaine, qu'il aimait tant brocarder à sa façon. Et il le fait sous ses propres conditions (Spielberg, producteur, n'a eu qu'une seule suggestion, qui était plutôt bienvenue: que Gizmo le gentil mogwai ne se transforme pas lui-même en Gremlin, mais qu'il les "enfante", en quelque sorte...), avec ses acteurs fétiches (On retrouve Dick Miller, Belinda Balaski, et Corey Feldman qui sera bientôt à son tour un habitué), ses écrans allumés constamment, il nous présente sa vision d'une Amérique constamment tiraillée entre sa bienveillance, son inventivité, et sa capacité phénoménale à l'auto-destruction. Joe Dante , qui va décriocher un succès considérable avec ce film, conforte sa place en dauphin de Spielberg... Pour quelques temps encore.

 

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Published by François Massarelli - dans Joe Dante
2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 17:19

C'est le samedi matin, et dans trois maisons, la matinée n'est pas la même... Le petit Waldemar (Jack Davis) se fait réveiller par un petit déjeuner servi au lit par des domestiques, sous l'oeil maussade d'une mère distante... Mickey (Mickey Daniels) aimerait bien prolonger sa grasse matinée, mais il a l'obligation de travailler son violoncelle, ce qu'il a en horreur. Enfin, Sorghum (Ernest Morrison) se réveille dans sa maison, et s'occupe d'une impressionnante ménagerie. Mais les trois gamins, et leurs éventuels frères et soeurs, ont hâte de se retrouver pour jouer un peu et profiter de la matinée ensemble...

C'est un court métrage exemplaire: après quelques tatonnements (et une tendance à remplir avec des gags d'animaux, ce qui était du plus mauvais effets), les films de la série ont enfin trouvé leur ton. Les personnages, à la fois toujours différents, et toujours les mêmes, sont affirmés, et chaque jeune acteur a une bonne notion de ce qu'il ou elle doit faire... Et leur alchimie est réelle, visible et enrichissante.

Et décidément, même si on tiquera devant la vision d'un intérieur Afroaméricain supposé typique, cette idée de présenter les trois familles, les riches, les pauvres, les blancs ou les noirs, vivre leur jeunesse ensemble, est emballante. D'ailleurs, si Ernest Morrison, jeune acteur noir, est représenté vivant dans une demeure miteuse, après tout les clichés et stéréotypes ne manquent pas non plus pour le jeune Waldemar, qui représente le gosse de riche dans toute sa splendeur! 

Au passage, l'une des domestiques qui lui sevent le petit déjeuner n'est autre que Katherine Grant, dont Charley Chase fera souvent sa leading lady...

 

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Muet
2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 14:28

Est-ce parce qu'il est sorti entre le succès spectaculaire de It happened one night (1934), avec Clark Gable et Claudette Colbert, et le non moins impressionnant chef d'oeuvre de Capra Mr Deeds goes to town (1935)? En tout cas, Broadway Bill a la réputation d'être un Capra mineur.

Warner Baxter y interprète un homme qui vit assez mal d'être coincé dans une vie qui ne lui convient guère: employé de son riche beau-père, placé à la tête d'une entreprise qui ne l'intéresse pas, il se console en entretenant une passion pour les chevaux, dont le sien, Broadway Bill. un jour, il plaque tout, avec la désapprobation de son épouse, mais avec la complicité de sa belle soeur (Myrna Loy). On se doute que la soeur en question ne va pas se contenter d'épauler le héros dans sa passion, mais le film est relativement sage sur la petite histoire d'amour entre eux, se concentrant surtout sur la notion pour le héros d'investir toute son énergie dans son rève, préfigurant de fait la famille de timbrés fabuleux de They can't take it with you.

Du pur Capra lorsque les avanies s'accumulent, et que le montages'emballe comme un cheval au galop... Une belle surprise, dont Capra fera pour toujours l'un de ses films préférés, en gardant jalousement les droits puis en en confectionnant un remake probablement inutile, Riding high, avec Bing Crosby, en 1950 pour la Paramount.

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Published by François Massarelli - dans Frank Capra
2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 14:18

A Muscle Beach, un certain nombre de chats pratiquent le body-building pour impressionner une jolie femelle... Mais la compétition finit par tourner entre deux chats: un très costaud, avec un maillot de bain qui met sa musculature en avant, et... Tom, avec un maillot 1925.

C'est drôle, et ça donne souvent l'impression d'être un film de vacances pour Hanna et Barbera, qui continuent ici leur pratique de se concentrer plutôt sur un de leurs deux héros, que sur leur équipe. Jerry se tyrouve donc presqu'en guest star de ce court métrage...

Et puis l'ouverture du film, avec ses chats tous dissemblables, qui font de la musculation (cet art étrange, qui a priori ne sert à rien si ce n'est à cultiver le ridicule. Comme le golf, quoi), est hilarant...

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation