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12 mars 2025 3 12 /03 /mars /2025 13:52

Tom est installé sur une voie ferrée, attendant un train pour en finir... Jerry, également présent, nous explique. Les deux amis ont été séparés par l'arrivée d'une belle chatte blanche... En dépit des mises en garde de la souris, Tom s'est laissé séduire, et il s'est retrouvé en compétition avec Butch, un chat que la belle trouvait irrésistible.

On retrouve, quelques films après, les protagonistes de Muscle beach Tom. On prend en quelque sorte les mêmes et on recommence! le film, très moyen, confirme le glissement de l'animation toujours plus loin vers la stylisation alors en vigueur, et on pourra toujours me traiter d'indécrottable conservateur, mais je dois dire que je n'y trouve as mon compte! Le film est notable pour l'idée de faire des deux protagonistes des amis et non des ennemis...

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
12 mars 2025 3 12 /03 /mars /2025 13:43

On fait, dans ce film, totalement l'impasse sur les humains qui habitent en compagnie des héros de dessin animé. Jerry rentre donc "chez lui" et allume la radio, pour écouter son programme de big bands de swing. De son côté, quand Tom arrive, il souhaite être au calme, et donc éteint... On s'attend à une lutte acharnée entre les deux protagonistes pour leur confort mais le film digresse très vite: la radio annonce en effet qu'un ours s'est échappé d'un zoo, et qu'il est un danseur invétéré...

Oui, ça sonne comme du grand n'importe quoi... et c'est du grand n'importe quoi! Evidemment, attiré par la musique, l'ours va s'inviter chez Tom et Jerry, et Tom va souffrir, choisi instantanément comme partenaire de tango par l'ours... L'animation est fonctionnelle, les idées peu nombreuses: j'aime bien la façon dont la physionomie de Tom change en fonction des sons d'instruments qu'il entend, lorsqu'il subit l'agression de la musique de Jerry. Sinon, c'est un film assez peu probant, et le style d'UPA, avec ses angles saillants (voyez l'ours), envahit toujours plus le style classique de Hanna et Barbera.

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 09:34

L'année 1924 a été très importante dans la carrière de Lau Lauritzen, Carl Schenstrom et Harald Madsen, puisque d'une part ils ont sorti un grand nombre de films, mais aussi le succès est devenu très important: ils s'exportaient: une allusion à leurs personnages est visible dans une scène du Dernier des hommes de Murnau, qui a d'ailleurs provoqué qu'on en crédite assez souvent les deux acteurs, ce qui est faux.

Pour autant, Lauritzen s'entenait à une formule, un certain nombre d'ingrédients, de l'huile de coude, un paquet de clichés, facilités et automatismes, et surtout l'énergie de ses deux compères... Et aussi un titre: comme tous ceux qui ont précédé, ce film est intitulé avec trois mots qui ont la même initiale, ce qui provoque d'ailleurs une incohérence. Car si Professor Petersens Plejebørn veut bien dire L'enfant adoptif du Pr Petersen, ça ne colle pas car il n'y a pas de Professeur Petersen. Il y a bien un professeur, mais il s'appelle Wolmer... Et sinon Mademoiselle Petersen est sa gouvernante. En anglais, le film s'intitulait The smugglers (Les Contrebandiers), donnant de l'importance au début et à la fin du film; et en français, sans aucune explication pour ma part, le titre était Dans un rêve. En Allemand, enfin, le titre est étrange mais se justifie: Der Kampf mit der Drachen, c'est Le combat avec le dragon, et... il y en a un.

Pour commencer, donc, le Professeur Wolmer (Svend Melsing), un passionné de nature et des animaux, se rend sur une île pour y observer les oiseaux, mais ils tombe entre les mains de contrebandiers. Deux d'entre eux (lesinévitables Doublepatte et Patachon) l'aident à fuir et pour leur prouver sa reconnaissance il les engage comme domestiques... Ils vont être confrontés à la rigidité de la gouvernante, Mademoiselle Petersen (Maria Garland). Quand Wolmer reçoit une lettre d'un ami qui lui annonce la venue de sa fille pour une période indéterminée, le professeur et Mademoiselle Petersen s'imaginent accueillir une enfant, mais Anita (Lili Lani) est une jeune femme, et Wolmer tombe sous le charme, ce qui n'arrange pas les affaires et les aspirations de sa gouvernante...

C'est évidemment loufique et sans temps morts. Les deux acteurs sont beaucoup plus sollicités que d'habitude, et leur tandem fonctionne magnifiquement, sans parler de séquences de pur slapstick, surtout sur l'île aux contrebandiers... Une bagarre générale en particulier semble réjouir particulièrement les acteurs eux-mêmes! Le reste, plus policé, se voit sans déplaisir grâce à la dynamique négative amenée par Maria Garland, qui contraste fort bien avec le style décontracté des deux vagabonds. Svend Melsing et Lili Lani sont parfaitement fonctionnels en inévitables tourtereaux... Une fois de plus, c'est un gentil foutoir, mais on s'en contentera agréablement.

 

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Published by François Massarelli - dans Lau Lauritzen Schenström & Madsen Muet 1924
10 mars 2025 1 10 /03 /mars /2025 17:34

Un architecte (Mervyn Johns) se rend dans une maison pour discuter d'un arrangement, et en arrivant, il est surpris: bien qu'il ne soit jamais venu, il réalise qu'il est sur les lieux d'un rêve récurrent, qui lui revient en mémoire d'autant plus que tout ce qu'il trouve (la maison, les conversations et les amis réunis dans le salon) y correspond en tout point. Ne pouvant cacher son trouble, il l'explique à l'assemblée, et leur fait part de ses craintes: c'est que le rêve ne se termine pas bien, mais alors pas du tout... Les gens présents rivalisent alors d'anecdotes toutes plus étranges les unes que les autres: un cocher fantômatique, une fête de Noël avec intervention de fantôme, un miroir hanté, deux golfeurs qui continuent à se défier après la mort, et la marionnette maléfique d'un ventriloque...

C'est un film célèbre, qui correspond à une soudaine prise de conscience, aussi bien chez Ealing Studios, que dans le cinéma Britannique dans son ensemble: une fois la guerre finie, les Anglais vont devoir s'ouvrir à un autre type de cinéma que la tendance documentaire qui leur colle aux basques... Avec cette anthologie (le film est essentiellement composé de ces quelques historiettes collées les unes aux autres, sous le prétexte de cette maison dans laquelle tous ces gens se racontent des histoires), le cinéma Anglais (qui a tant boudé Hitchcock, et semble ne considérer Michael Powell et son art flamboyant, que comme un aimable excentrique, s'ouvre donc enfin au fantastique...

Quatre cinéastes pour un film? Ce pourrait être aussi une démonstration de force de la part de la compagnie Ealing, qui aligne en effet Cavalcanti, qui a tourné l'énomre succès Went the day well pour le studio, le jeune Charles Crichton qui a déjà tourné un film (son premier) pour Ealing, et qui reviendra souvent (The Lavender Hill Mob, The Titfield thunderbolt) avant de faire une carrière à la télévision (The avengers) et de faire un dernier film en compagnie de John Cleese (A fish called Wanda), Basil Deaden qui tourne depuis quelques années déjà pour le studio, et enfin Robert Hamer dont ce film est le premier crédit. Il tournera peu, mais il aura surtout l'honneur de réaliser quelques années plus tard le film le plus emblématique de la compagnie, Kind hearts and coronets...

Le ton de chaque segment est spécifique et le film évolue graduellement vers plus de noirceur, culminant dans le dernier sketch, réalisé par le vétéran Cavalcanti. Certaines de ces "nouvelles" cinématgraphiques sont vraiment courtes (l'autre segment de cavalcanti, notamment, ou encore cette étrange histoire d'un homme qui se voir prédire ne mort possible par un cocher de corbillard (Dearden). Les parties les plus intéressantes sont celles de Robert Hamer (The Haunted mirror), qui épouse l'évolution graduelle du film vers l'horreur, mais aussi l'histoire qui sert de fil rouge: car une fois toutes les sous-intrigues passées, ce fil conducteur (dû à Basil Dearden) se mue en une intrigue encore plus folle que les autres...

Le sketch le plus léger (The golfers story) est celui de Charles Crichton, mais il possède un petit avantage non négligeable, en faisant revenir ensemble les deux acteurs de comédie qui nous avaient enchantés dans The lady vanishes, d'Alfred Hitchcock, en fans de cricket (Charters et Caldicott). Leurs deux personnages sont cette fois d'indécrottables joueurs de golf, qui vont se trouver mêlés à une histoire de fantôme traitée avec le flegme le plus Britannique...

Le dernier mot écrit est, inévitablement, une façon comme une autre de décrire ce film assez unique, qui cache quelques trésors en son sein, et qui relance assez efficacement la machine du cinéma anglais là où on l'on ne l'attend justement pas... 

 

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Published by François Massarelli - dans Robert Hamer Boo! Ealing Charles Crichton
9 mars 2025 7 09 /03 /mars /2025 16:20

Avec ce film, nous abordons le dernier chapitre de la carrière d'Hitchcock, qui ne s'est peut-être jamais totalement remis de la mauvaise réception de The birds. La plupart des films qu'il va faire dans ce dernier tronçon de son oeuvre n'auront pas de succès public, et la critique va beaucoup trouver à redire sur eux, à l'exception notable de Frenzy.

Marnie a essuyé beaucoup de reproches, et de fait, on peut y déceler des défauts: c'est un film long, souvent bavard, un peu trop démonstratif parfois. C'est aussi la deuxième fois, après Spellbound, que le metteur en scène base une intrigue sur la psychanalyse, mais cette fois on est en plein dans les années 60, et Hitchcock ne s'arrête pas à la porte de la chambre. C'est l'une des qualités de ce film, même naïvement, qu'il aborde ainsi la sexualité d'une façon plus frontale que jamais, et le fait avec son style inimitable. C'est aussi la dernière fois que Bernard Herrmann et Robert Burks travaillent avec le metteur en scène, donc décidément, plusieurs pages se tournent.

Le film commence par un carton joli mais austère, qui fait penser à un napperon, présentant le générique, accompagné par une musique passionnée, fougueuse, en trois parties, de Bernard Herrmann, suggérant passion, mais aussi refus et enfin abandon. Un beau, très beau motif, pour une héroïne paradoxale qui nous est ensuite dévoilée... ou presque, dans la première scène. D'abord, le silence règne sur le premier plan qui nous montre une femme avançant, de dos, sur un quai de gare, vers son train. Elle est brune, habillée d'un ensemble gris, porte d'élégants escarpins, et porte sous son bras un sac à main jaune pale: on ne risque pas de le manquer, puisque c'est en gros plan que nous le voyons au tout début du plan. Cet accessoire symbolisant si facilement à la fois la personnalité, le bagage, et les secrets d'une femme reviendra, bien sur, mais ce ne sera pas souvent le même, car Margaret "Marnie" Edgar change souvent: de sac à main, de couleur de cheveux, de vêtements, de carte de sécurité sociale, et de nom: elle en effet pour habitude de dérober des sommes colossales chez ses employeurs après quelques mois, avant de disparaître dans la nature. On découvre d'ailleurs son visage, celui de Tippi Hedren, au gré d'une de ces métamorphoses, lorsqu'elle se teint les cheveux en blond... Et ce, juste avant une visite à sa maman (Louise Latham) qui habite près des quais à Baltimore. Les visites sont amères pour l'une comme pour l'autre: Bernie Edgar trompe sa solitude en faisant du baby-sitting pour les enfants des voisines, et Marnie, qui donne beaucoup d'argent à sa mère, estime qu'elle pourrait se passer de cette activité. A la vérité, elle est aussi jalouse...

L'intrigue est lancée lorsque la jeune femme vient pour répondre à une offre d'emploi à la compagnie Rutland, tenue par Mark Rutland (Sean Connery), un jeune patron qui a reconnu tout de suite la jeune femme comme cette mystérieuse voleuse qui a disparu de l'entreprise de l'un de ses partenaires après avoir dévalisé les coffres... Il l'engage, tout en se doutant qu'il va avoir des problèmes avec elle. Et assez rapidement, il tombe amoureux d'elle, elle le lui rendrait bien, si elle n'avait pas autant de réticences à laisser un homme la toucher. Car Marnie est totalement, farouchement décidée à ne pas se laisser approcher par les hommes, comme elle l'admet volontiers à sa mère, qui l'approuve totalement sur ce point. Marnie se rattrape de ce refus de la sexualité en aimant passionnément les chevaux: tout son argent lui sert à soigner un cheval, son principal compagnon. Mais Mark, qui sait désormais tout des activités illégales de Marnie, la piège en lui imposant le mariage. Il va donc devoir essayer de comprendre de quel traumatisme souffre la jeune femme, à partir de quelques indices récurrents, et va devoir le faire avant que sa belle-soeur Lil (Diane Baker), jalouse, ne flanque tout par terre...

L'intrigue du film est dénuée, de façon intéressante, de la moindre confrontation avec la police, à l'exception d'une courte séquence de comédie, située au tout début; alors qu'on n'a vu Marnie que de dos, sous une épaisse chevelure brune, et se dirigeant mystérieusement vers son train, on passe à une scène au cours de laquelle Mr Strutt (Martin Gabel), partenaire de Rutland, reçoit deux inspecteurs pour leur faire part d'un vol; quand il lui demandent si il peut décrire la voleuse, il se lance dans une description détaillée, à tel point qu'elle en devient comique: Strutt, c'est manifeste, avait vraiment beaucoup regardé sa dactylo! Mais ce n'est pas pour la présence de policiers que la scène est intéressante. Elle établit d'une part le mode de fonctionnement de Marnie la voleuse, que nous verrons plus tard à l'oeuvre, tout en nous donnant à voir un personnage qui reviendra, et sera d'ailleurs accompagné d'une petite prouesse de mise en scène bien dans la manière d'Hitchcock. Donc, l'absence d'enquête de police dans cette histoire pourtant riche en matière criminelle, avec cette névrose obsessionnelle qui conduit Marnie à devenir voleuse, semble être un signe qu'il faut considérer que le vrai théâtre des opérations, ici, est d'ordre privé...

Tout en étant assez austère dans sa mise en scène (Et on fait souvent le reproche à ce film d'être faible techniquement avec ses matte paintings statiques (Le quartier portuaire à Baltimore), ses transparences embarrassantes (La scène de la chasse, pourtant cruciale, en est purement et simplement gâchée, et qu'on ne vienne pas me dire comme on le lit parfois qu'Hitchcock a fait exprès de bâcler ses effets, c'est complètement idiot!), il y a (Outre l'ouverture intrigante et magistrale) quatre scènes qui retiennent l'attention: le vol chez Rutland dans lequel Hitchcock s'adonne à son péché mignon, nous donner à voir un criminel à l'oeuvre et nous mettre d'autorité de son côté, en introduisant un grain de sable. Ici, pendant que Marnie vole adroitement les sous de son employeurs, une femme de ménage s'affaire dans la pièce à côté... une scène silencieuse et bien menée. Ensuite, bien sûr, la scène de la nuit de noces qui vient tardivement durant le mariage, et pour cause, Marnie avait des réticences. Mais comme elle en a toujours, Sean Connery se sent obligé de se livrer à ce qu'on est en doit de considérer comme un viol. Hitchcock utilise le cadrage pour nous cacher bien sur ce qu'il n'a pas le droit de montrer, mais la scène est rendue inattendue par le silence, et l'immobilité complète de Tippi Hedren... Une réception chez les Rutland se transforme en scène à suspense car Lil, la belle-soeur jalouse, s'est renseignée sur la nouvelle Mrs Rutland, et a invité Mr Strutt. On le découvre dans un magnifique plan, un travelling avant en plongée, sur une porte qui s'ouvre, et Mr Strutt qui entre. Dans le cadre, Lil, la seule des personnes de la réception à porter une robe orange de couleur vive... Ce type de plan a déjà servi avec bonheur dans Young and innocent et Notorious. La dernière scène notable, parfois un peu gauche (Tippi Hedren montre ses limites lorsqu'il lui fait interpréter une femme adulte qui se prend pour une enfant de cinq ans!) est la révélation finale sur la source du trouble de Marnie, une histoire que seule sa mère peut rappeler. Un tour de force sur certains points, avec flash-backs, du sang, et Louise Latham qui est purement extraordinaire.

Le film ouvre plus de portes qu'autre chose; la façon dont les personnages se saisissent du traumatisme et le résolvent, sans aide extérieure, est probablement naïve, l"idée aussi qu'un refus de la sexualité, donc de se plier à un diktat masculin, soit nécessairement du à un traumatisme, peut embarrasser ou faire sourire. Mais si on passera sur le fait que sans Mark Rutland, ni Marnie ni sa mère n'auraient été capables de résoudre l'énigme, il est gonflé pour Hitchcock de donner au jeune acteur un rôle risqué, qui pouvait tout à fait le faire passer pour un violeur. Mais Sean Connery n'a aucune difficulté à faire passer l'ambiguïté de son personnage, et Marnie ouvre ainsi une nouvelle page dans la liste des coups de boutoir à la censure perpétrés par Alfred Hitchcock, en même temps qu'il fournit un film attachant, ce que les deux suivants ne seront pas, mais alors pas du tout.

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Published by François Massarelli - dans Alfred Hitchcock
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 17:02

Peter Gunn, en 1989, n'avait rien de nouveau: la série originale (1957-1961, créée par Blake Edwards) combinait un certain nombre de facteurs: un ton froidement violent, un certain sens du second degré saluaire, et la musique sublime de Mancini. Il y avait eu un film en 1967 en guise de produit dérivé, qui semble avoir disparu dans les poubelles de l'histoire d'ailleurs...

C'est donc ce que tente de refaire, avec ce film réalisé pour la télévision trente ans après, un Blake Edwards en bout de course, qui oublie au passage qu'en 1989, le second degré n'a plus grand chose de révolutionnaire... Il oublie aussi de préciser au décorateur et aux figurants qu'on est censé être en 1960, d'où une impression de téléscopage qui confirme le côté cheap de la chose.

Heureusement, Edwards se réveille à deux reprises, pour une séquence d'accumulation dans laquelle l'absurde reprend le dessus, et pour une bagarre dans laquelle il met un point d'honneur à faire remarquer que quand on se bagarre et que les coups claquent, comme toujours dans les films, on se fait en fait très mal: le visage, mais aussi la main qui porte le coup, douillent sévère... Sinon, le film ne résiste pas à la douloureuse réalité des années 80, et donc ce film est lui aussi parti vers...

...Les proverbiales poubelles de l'histoire.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 15:19

Tourner un dernier film, ce n'est pas rien. Parfois c'est juste un film de plus, et puis il n'y en a pas d'autre, par la force des choses. Quelquefois, c'est ce qu'on a désiré, je pense ici à Eastwood décidant de mettre un point final à sa carrière en 2024, par exemple... Et parfois c'est nécessaire...

La franchise de la Panthère Rose a démarré d'une façon fortuite, en 1963, grâce à l'absence de l'acteur Peter Ustinov, remplacé au pied levé dans le film The pink Panther par Peter Sellers, qui allair faire d'un personnage secondaire, l'inspecteur Jacques Clouseau, le héros d'un film qui dynamitait une intrigue proprette par le recours à la délicieuse loufoquerie. Lorsque l'inspecteur revint, avec A shot in the dark, la franchise était née... Et aurait pu s'arrêter là. Mais l'acharnement de Blake Edwards, les revenus lucratifs, pour le metteur en scène comme pour l'acteur, sans parler du compositeur Henry Mancini, ont fait le reste. 

De pénible, c'est devenu gênant à la mort de Peter Sellers: en construisant deux films en 1982 et 1983 autour du prétexte de la disparition de Clouseau (dont l'un utilisait des chutes d'un film antérieur, qui n'était déjà pas brillant), Blake Edwards est tombé très bas. Mais comme on peut toujours faire mieux... ou pire, il est revenu une dernière fois à la charge avec ce film.

Il n'y a rien à en dire, si ce n'est qu'il est absolument nul.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 15:10

Après avoir réalisé autour de chutes de The Pink Panther Strikes Again, sorti en 1978, un film entier qui utilisait l'image de Peter Sellers pour l'intégrer dans un film qu'il n'avait pas tourné, Blake Edwards ne semblait pas pouvoir lâcher la franchise... Il faut croire, soit qu'il y était attaché, soit que quoi qu'il en fasse, elle rapportait.

Parce que même si, une fois encore, il y retournera pour pire encore, il faut quand même reconnaître que ce film est abyssalement mauvais. D'une vulgarité, d'une bêtise sans nom, il part du principe que le seul policier au monde capable de retrouver l'inspecteur, disparu, Jacques Clouseau (...mais pourquoi, au fait?), ne peut être qu'un équivalent de Clouseau: on engage donc Clifton Sleigh (Ted Wass), un inspecteur Américain, pour retrouver le grand inspecteur (hum), car il est inepte, idiot, maladroit et malchanceux.

...il est aussi Américain, sans doute une tentative de recentrer "at home" la franchise avant de la relancer? Mais dans ce cas, c'est raté, tellement le film est nul.

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Published by François Massarelli - dans Blake Edwards Navets
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 15:02

Débarrassé définitivement de toute référence au diamant qui avait donné son nom au film de 1963, l'inspecteur Clouseau (Peter Sellers) repart au combat, cette fois en tant qu'inspecteur en chef... Et pour cause, Dreyfus (Herbert Lom), celui qui le commandait, a fini par devenir cinglé... Et ne parvient pas à se guérir de son obsession extraordinaire pour son ancien subordonné: la seule solution qui s'impose à lui est de faire dévier sa folie vers la destruction du monde, un moyen il est vrai assez sensé pour se débarrasser de Clouseau...

Apparemment, il ne se passe pas grand chose de vital dans les 20 premières minutes, puisque celles-ci sont entièrement consacrées à l'histoire du chef Dreyfus devenu fou à cause de l'ineptie du héros, mais c'est précisément le sujet du film. Donc l'heure est au n'importe quoi, avec ses réussites (Le style Laurel, toujours, auquel Edwards a tout compris) et ses côtés agaçants (La redite systématique, et les jeux horripilants autour de la prononciation de Clouseau, par exemple son incapacité à prononcer le mot Bomb en Anglais).

Ca fait de toute façon des années que Blake Edwards et Peter Sellers sont en roue libre avec le personnage, et je pense que les origines du mal se trouvent dans l'idée d'y revenir après la réussite indéniable de The Pink Panther (1963) et dans une moindre mesure de A shot in the dark (1964)...

C'est le dernier film somme toute regardable du cycle. Car oui, Edwards fera pire, bien pire... Et même pire que pire.

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Published by François Massarelli
8 mars 2025 6 08 /03 /mars /2025 13:20

Deux cousins de l'est des Etats-Unis se rendent en Pologne, dans un circuit touristique organisé pour des juifs internationaux, entre Varsovie et Lublin, à la découverte des traces du judaïsme dans le pays, depuis le ghetto jusqu'aux camps de concentration. Les deux hommes doivent aussi se rendre auprès de la maison natale de leur grand-mère, une survivante des camps décédée récemment. David (Jesse Eisenberg) est marié, Benji (Kieran Culkin) ne l'est pas. David souffre de trouble obsessionnel compulsif et se soigne, Benji qui doit bien souffrir lui aussi, mais on l'apprendra plus tard, est en revanche en roue libre: extraverti, imprévisible, doté d'une énergie, qui peut le rendre aussi bien attachant qu'insupportable. Le petit groupe de pélerins se promène dans la Pologne de 2024, presque sans le moindre contact avec la population, et Benji rythme tous les aspects du périple, pour le meilleur et parfois pour le pire...

C'est un voyage initiatique déguisé en comédie, dans lequel le diaogue et l'interaction humaine sociale tiennent lieu de fil rouge... On est donc devant un film qui peut dévier à tout moment vers le verbiage, ce que Jesse Eisenberg (dont c'est le deuxième film, qu'il a écrit ét réalisé) n'évite pas toujours. Le personnage de Benji prend toute la place, non seulement dans la vie de David, éternel second, mais aussi dans le film qu'il vampirise. Ce n'est pas toujours facile de le supporter... y compris en tant que spectateur. 

Cela étant, le choix de lancer des acteurs dans exactement le même parcours que leurs personnages, dans ce circuit touristique dont on ne dira pas trop fort qu'il est un peu paradoxal (la Pologne n'ayant jamais été le plus philosémite des pays, reste malgré tout une importante étape dans l'histoire du peuple et bien sûr en particulier chez les Ashkénazes), mais qui prend son sens quand on voit la trace importante des drames passés dans les personnages de Benji et David, marqués à tout jamais, mais différemment, par leur grand-mère.

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Published by François Massarelli