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2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 14:14

Souvent imité, jamais égalé, le film qui finit enfin de révéler Capra au grand public est bien sûr l'un des passages obligés de son oeuvre, et beaucoup plus que l'acte de naissance (En collaboration sans doute avec Twentieth Century de Hawks la même année) de la screwball comedy: c'est une synthèse fascinante de ce qui fait le sel des films de Capra. Une sorte de point culminant de son oeuvre, en quelque sorte, à la fois représentatif et exceptionnel...

L'argument fondateur en est bien connu: un homme rencontre une femme; il est journaliste en mal de scoop, elle est riche héritière en fuite; il va pouvoir à la fois l'aider à se rendre chez son fiancé (Que sa famille, bien sur, désapprouve) tout en écrivant un article qui le remettra en selle... et bien sûr il tombe amoureux d'elle et réciproquement.

Clark Gable et Claudette Colbert, on le sait, ont été punis par leurs studios repectifs afin de participer à ce film pour la pauvre Columbia, ce qui ne les a empêchés ni de faire très bien leur travail, ils sont excellents, ni d'immortaliser un couple formidable, tout en dynamisme. Le penchant de Capra pour les dialogues à la mitraillette, associé à des réminiscences bien dans le ton de l'époque du style de dialogue à la Front page (sorti en 1931), bénéficie en plus d'être interprété par des orfèvres en la matière, y compris si on imaginait sans doute un peu mal Gable en comédien. Ici, il assure sans aucun effort... Mais il n'y a pas que cette touche 'screwball', qu'on retrouve dans les rapports nécessairement conflictuels d'un homme et d'une femme destinés à tomber in fine dans les bras l'un de l'autre: il y a aussi le portrait amusé d'une amérique moyenne, un motif dans lequel Capra est toujours formidable: les braves gens, qu'ils soient chauffeurs de bus, propriétaires de motels, bandits de grand chemin (Alan Hale et son tacot) voire dragueur des routes (!) sont montrés ici avec un ton mi-tendre, mi-amusé... et Capra n'oublie pas, au détour d'un chemin, de montrer l'irrution du drame, permettant à ses acteurs de prouver leur valeur humaine: Gable et Colbert vont partager leurs derniers dollars avec une famille qui crève la faim.

Et si on peut parler de ce film sans pour autant mentionner la pluie d'Oscars (Qui fit tant plaisir à Capra et ses acteurs, certes), comment passer outre les scènes d'anthologie que sont la séquence d'auto-stop, qui permet à Claudette Colbert de démontrer que la jambe est plus forte que le pouce, et des passages dans les motels, lorsque les héros dorment séparés par une couverture qu'ils appellent le mur de Jericho, qui limite dans un premier temps leurs univers respectifs avant d'être un paravent sur leurs désirs de plus en plus tangibles. Capra a donc non seulement réalisé une valeur sûre de la comédie, c'est indéniable, il a aussi fait un film qui touche à la fois à la vérité des êtres (il faut pour Gable voir au-delà du vernis 'fille de riche' de sa compagne d'infortune, et réciproquement) et à l'éveil de leur amour.

On craque, on aime, on en redemande...

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Published by François Massarelli - dans Frank Capra Criterion
2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 09:38

Sorti en 1924, le film a cependant été tourné en 1923, et montre Doublepatte (Carl Schenstrøm) et Patachon (Harald Madsen) en compagnie d'une troupe fréquente: à leurs côtés, donc les acteurs Gorm Schmidt, Oscar Striboldt, Stine Berg; le rôle principal féminin est tenu par Grethe Rutz Nissen (Future Greta Nissen aux Etats-Unis, attirée par un contrat avec la Fox), une ancienne ballerine qui a été repérée par Lauritzen et qui jouait la jeune orpheline (...et la Petite Sirène) dans un film antérieur, Daarksab, dyd og driverter.

Dans une petit groupe d'amis à Copenhague, un maître de ballet (Charles Wilken) prépare fébrilement sa petite fille (Grethe Nissen) à devenir une vedette du ballet. Mais elle est amoureuse de Bent (Gorm Schmidt), un étudiant qui ne voit pas cette obsessin d'un bon oeil, car il pense qu'elle ne lui permet pas d'espérer se marier avec elle. Parmi les amis, deux musiciens aident la petite troupe, en jouant pour les cours de ballet: un violonisste (Madsen) et un flûtiste alto (Schenstrøm)... Ceux-ci récupèrent l'argent d'une vieille dame qui a été agressée par des voleurs, et en mettent un peu de côté pour eux-mêmes. Ils vont ainsi pouvoir fournir des costumes à la jeune femme pour une grande soirée de gala, durant laquelle elle va rencontrer un producteur Américain...

C'est le mélange habituel des films de Lauritzen avec le duo, un peu d'art, un soupçon de romance, beaucoup de comédie un rien suranée, une ou deux poursuites, et des jolies filles (dans une scène un peu téléphonée, montrant vers la fin que les deux héros se sont reconvertis en employés de piscine: Lauritzen avait une troupe de jeunes actrices sous contrat, dont la fonction première était d'apparaître en maillot de bain! Comme chez Mack Sennett...). Le film a probablement été tourné à l'économie, car tous les décors semblent avoir été tournés en studio, et sont aisément recyclables; les scènes au théâtre peuvent avoir été tournées dans n'importe quel studio, et Lauritzen s'est permis une fois de plus de lâcher ses héros en ville, notamment en allant tourner avec eux lors de l'authentique dépat d'un transatlantique!

C'est un aimable divertissement, qui n'ajoute rien et ne retranche rien à l'univers des deux acteurs, qui une fois de plus agissent un peu en satellites de l'histoire dans laquelle ils évoluent. Leurs deux scènes de poursuite finissent par ressembler à un passage obligé, avec l'inévitable accélération de l'action. La présence d'Oscar Striboldt (pas le plus sibtil des acteurs, mais c'était une supestar...) en étudiant fera grincer quelques dents... Sinon, une partie du film profite des capacités de Grethe Nissen pour la danse.

Et une scène se dégage, celle de la piscine: il y a une manifestation d'humour noir assez hallucinante. Madsen y est moniteur de natation (même si son comportement nous pousse à penser qu'il ne sait pas nager lui-même). Il s'occupe de donner des instructions à un monsieur d'âge mûr, qu'il tient au bout d'une perche. Le monsieu galère. Quand son copain l'interpelle, Madsen lâche sa perche et laisse son élève se noyer. Il se dirige vers un groupe et demande: "Au suivant!" Même Buster Keaton et Roscoe Arbuckle n'avaient pas été aussi loin et aussi ouvertement dans l'humour noir...

 

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Published by François Massarelli - dans Muet 1924 Schenström & Madsen Lau Lauritzen
2 mars 2025 7 02 /03 /mars /2025 09:16

Un richissime propriétaire de ranch, Grant (Ralph Bellamy), engage quatre hommes, des aventuriers dont certains se sont illustrés au^rès de Pancho Villa, pour récupérer son épouse: il affirme qu'elle a été kidnappée contre rançon par un bandit Mexicain, Jesus Raza (Jack Palance). Les quatre mercenaires sont tous des durs à cuire, avec chacun sa spécialité: Rico Fardan (Lee Marvin), qui dirige l'opération, est un spécialiste des armes en tous genres; Hans Ehrengard (Robert Ryan) un expert en chevaux; Jake Sharp (Woody Strode) a été un excellent scout pour l'Armée, et il a une connaissance experte du tir à l'arc; enfin, Bill Dolworth (Burt Lancaster) est un maître en ce qui concerne les explosifs... Ils se mettent en route, attirés par la prime conséquente.

Une histoire comme celle-ci, pourrait-on penser, n'a pas besoin de grand chose pour fonctionner toute seule, si ce n'est quelques péripéties, et des décors adéquats. Les déserts du Sud de la Californie, et quelques paysages mexicains, arides et désoés, font éffectivement l'affaire. L'époque dans laquelle se déroule le film est le tout début du XXe siècle, comme en témoigne l'arrivée de Lee Marvin en voiture au départ... Mais très vite les héros vont s'éloigner de la civilisation et sans faire de psychologie de pacotille, ils vont retrouver à bien des égards certains idéaux de leur jeunesse comme on effectue un voyage dans le temps.

Le révélateur sera une femme, Maria (Claudia Cardinale): c'est l'épouse de Grant, et il sera révélé au cours du film qu'elle n'a en fait pas été kidnappée... La vérité changera totalement la donne... Mais le caractère même des quatre "professionels" va aussi jouer un rôle dramatique. Les tensions occasionnelles entre eux ainsi que leur nature profonde (Hans est un sociopathe avéré, et Dolworth est revenu de tout, suf de son obsession pour les femmes) rythment le film: vont-ils aller au bout de la quête ou pas? Vont-il trahit Grant pour aller récupérer un trésor, comme le suggère Dolworth? Ce dernier est par bien des égards, le maillon faible dans la troupe...

Pourtant le film va montrer de quelle façon l'aventure réveille leur romantisme profond, en rappelant à certains d'entre eux les révolutions auxquelles ils ont contribué...

Et surtout, il y a des explosifs, des bagarres, des attaques de bandits mexicains, et Lee Marvin. Comment voulez-vous résister?

 

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Published by François Massarelli - dans Western
28 février 2025 5 28 /02 /février /2025 22:50

Quel étrange film... Tom et Jerry habitent dans une maison cossue, dont les propriétaires, un couple très comme il faut, viennent d'avoir un enfant. Ils ont engagé une baby-sitter, qui dès qu'ils sont partis, se lance dns une conversation téléphonique marathon, sans se préoccuper un seul instant, ou presque, du bébé... C'est donc au chat et à la souris, qui auraient d'autres chats à fouetter si j'ose dire, de veiller sur le petit... Et il va leur en faire voir.

C'est étonnant, parce que Tom et Jerry ensemble deviennent presque des personnages qui vivent totalement en marge, alors qu'en réalité ils sont sans doute les deux personnages les plus responsables de la maison! Et ce qui est encore plus étonnant, c'est qu'ils sont ici, totalement et sans equivoque, complices! 

Le bébé, en même temps, assume une grande part du film par son jusqu'au-bout-isme, qui ne laisse pas une minute de répit aux deux animaux. La dernière partie du film part dans tous les sens, avec des risques délirants pour la petit, auquel Tom et Jerry réussissent à éviter tout accroc. 

Le style a bien changé depuis le début des années 40; d'une part, les pieds de "Mammy-Two-Shoes", dont on ne voyait jamais le visage, ont été remplacés par des adultes génériques (et blancs, pour ne pas dire même proprets), qui sont montrés en pied; ensuite, Hanna et Barbera ont été des témoins avisés des révolutions dans l'animation, proposées par le studio UPA, et comme Tex Avery leur compagnon de studio, ils intègrent la stylisation angulaire des nouveaux dessins animés... Ce qui tranche, évidemment, avec le design toujours rond et harmonieux de Tom et Jerry.

 

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry (Muet) Animation
26 février 2025 3 26 /02 /février /2025 22:30

Confronté au dur travail dans une carrière, dans l'Ain, un ouvrier (Charles Vanel) se marie, et file le parfait amour avec sa tendre épouse (Sandra Milowanoff). Mais il a un accident qui le défigure... Il doit porter un msque, et la jeune femme veut le soutenir, mais elle est vite rattrapée par le dégoût... D'autant qu'un autre homme s'est présenté, qui l'attire...

C'est un film d'une grande noirceur, qui tenait énormément au coeur du comédien. Celui-ci n'est pas n'importe qui, déjà: il est en passe de devenir le monstre sacré qu'il deviendra bientôt, même si ce n'est pas encore dans ses préoccupations. Il est en attendant devenu un spécialiste d'un certain type de rôle: La femme rêvée, de Jean Durand, nous le montre en parvenu profiteur qui trahit presque malgré lui sa jeune épousée; La maison du mystère de Volkoff nous le présentait en traître parfait, vil et corrompu... Il y avait pourtant aussi une dimension romanesque voire romantique, chez l'acteur, qui avait apprécié de jouer les Pêcheurs d'Islande pour Baroncelli, ou l'aviateur de La Proie du vent pour René Clair. Ces deux aspects se combinent dans ce film dont il est le metteur en scène, comme ils se combineront dans son Javert de 1933 pour Raymond Bernard...

Le comédien avait sans doute très envie de devenir metteur en scène, et son film, unique en son genre, participe du style atteint par le meilleur du cinéma muet en ces dernières années... Dès l départ, on est frappé par la puissance de l'évocation des hommes au travail dans la carrière, avec un naturalisme qui en rappelle un autre, et renvoie à la mine d'or du début de Greed de Stroheim. Le contraste pourtant avec la scène du mariage est étonnant, Vanel ayant recours à une caméra mobile pour montrer la façon dont la joie, le vin, la fête tournent la tête des convives et des deux jeunes mariés... La fin du mariage, une scène nocturne délicate, semble pourtant indiquer comme un avant-goût de cauchemar...

Même si le sujet n'en est pas forcément en soi d'une grande nouveauté, Vanel transcende le mélodrame par l'intensité du jeu, le sens impressionnant du détail, et la force de son rythme. Il évite les intertitres, parfois remplacés par l'intrusion dynamique de mots ou de phrases dans les plans même... Des choix de mise en scène qui renvoient à Murnau et Sunrise, qui me semble cité à travers le recours à des intérieurs criants de vérité (même si on sait que chez Murnau ils faisaient d'autant plus vrai qu'ils étaient faux!), et aussi à travers une vision idyllique d'un bonheur illusoire qui reprend les scènes du bonheur conjugal aperçue au début du film Américain...

Vanel joue aussi avec adresse de sa complicité avec Sandra Milowanoff (qui a joué auprès de lui dans Pêcheurs d'Islande, et dans La Proie du vent), et les deux acteurs sont épatants qu'ils soient ensemble, ou seuls à l'écran... Et sinon, il utilise magnifiquement la caméra pour jouer avec les acteurs, en particulier en usant de mouvements d'appareils pour souligner ou changer les points de vue. L'utilisation du masque du personnage, pour éloigner la perspective de montrer le vrai visage de l'accidenté, tout en le rendant plus différent encore, est une idée fabuleuse... Mais de toute façon, le réalisateur s'est de suite situé au côté des plus grands en faisant de chaque plan un modèle de cinéma inventif, comme Stroheim, Murnau, Borzage, Wellman ou Sternberg à cette même époque. Parmi les plus grands...

Ce qui n'empêche pas ce film admirable, mais réalisé en 1929 et sorti un an plus tard, soit trop tard (on n'allait voir à l'époque que les crétineries bêlantes), de devenir un flop monumental, qui en dépit de deux autres essais plus modestes (un court et un moyen métrage), a eu définitvement raison de la carrière de metteur en scène de l'acteur Charles Vanel.

 

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Published by François Massarelli - dans Charles Vanel Muet 1929 *
26 février 2025 3 26 /02 /février /2025 22:20

Une maman pivert couve un oeuf... Qui en son absence,tombe et roule jusqu'à se retrouver à côté du lit de Jerry. Quand il éclôt, L'oisillon va prendre la souris pour sa maman... Ce qui va s'avérer troublant, surtout pour le mobilier qui va passer de sales quarts d'heure face à la motivation du pivert, et à son bec volontaire.

 C'est troublant... Tom a eu droit, dans That's my mommy, à l'obstination d'un caneton à le prendre pour sa mère, ce qui a résulté en un bon cartoon, mais qui virait au solo, avec très peu de présence de la part de Jerry. Et ici, c'est... le contraire. Il est intéressant de constater la différence dans les deux films entre la réaction de Tom (Pragmatique, il constate qu'il a à sa disposition un caneton, autant dire ne invitation à le manger), et celle de Jerry (Se retrouvant après la nuit de sommeil assis sur un oeuf, s'imagine des choses...) face à la situation. Sans un mot ni pour l'un, ni pour l'autre, ils vont au bout d'un aspect de leur personnage y compris dans ces films séparés, qui s'avèrent finalement complémentaires...

Les interventions ponctuelles et sporadiques de Tom sont, en revanche, particulièrement percutantes, et pour ainsi dire franchement sadiques même! Le moment le plus douloureux reste sans doute celui durant lequel emprisonné derrière la dentition de Tom, le pivert se fraye un chemin à travers les dents de celui-ci... 

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
26 février 2025 3 26 /02 /février /2025 22:14

Tom en a assez de se faire constamment houspiller dans la maison, où il casse trop d'objets dans le cadre de ses poursuites échevelées et inutiles avec la souris Jerry... Avisant une annonce, celle d'une dame seule demandant un compagnon félin, il décide d'y répondre favorablement, et... Part.

Il arrive au lieu désigné par l'annonce, et tombe museau à nez (crochu) avec une sorcière, tendance vieille et grisâtre. Elle lui montre le balai sur lequel elle vole, il ne peut résister...

Encore un court métrage en quasi-solo pour Tom cette fois, Jerry se contentant de faire des apparitions sur la deuxième moitié. C'est de bonne facture, mais assez mineur... La fin a le mérite de souligner l'attachement viscéral de Tom à son logis, ce qui est très félin, et par ailleurs nous montre un cas intéressant de fausse platitude finale...

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
24 février 2025 1 24 /02 /février /2025 14:12

Le cartoon final de 1955 pour Tom et Jerry est une fois de plus paradoxal, avec la particularité de donner à un autre que les deux héros en titre le personnage principal. Cette fois (après la mini-souris Nibbles), c'est au tour du caneton Quacker...

Un heureux événement (traité en deux plans, un modèle d'économie) chez les canards... Mais l'un des oeufs, avec à l'intérieur un caneton déboussolé, se perd, et le caneton brise sa coquille... devant Tom le chat, automatiquement identifié comme la maman... Sauf que lui se verrait plutôt manger la bestiole plutôt que d'incarner un de ses parents... Jerry tente de s'interposer, mais le caneton s'acharne à considérer Tom comme sa mère, et ce dernier ne change pas d'idée non plus, testant recette après recette...

C'est un grand mélange de loufoquerie et de cruauté assez épicée, les moyens mis en oeuvre par Tom étant souvent assez empreints d'humour noir. Jerry passe quasiment à la trappe dans le film, qui va jusqu'au bout du loufoque auquel j'ai fait allusion un peu plus haut... C'est un excellent film, sans conteste.

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
23 février 2025 7 23 /02 /février /2025 20:20

C'est un film historique, mine de rien, puisque ce fut non pas le premier film tourné de la série des Our gang, mais le premier distribué et montré...

Une femme de la haute société, soucieuse de rester à la pointe des notices de charité dans la presse locale, décide d'inviter les gamins du quartier à un pique-nique... Ce qui n'est pas forcément une bonne idée, car ils vont tous répondre présents!

La promesse d'un pique-nique, que ce soit dans le cinéma burlesque, ou les dessins animés, c'est généralement la perspective des ennuis: on se souvient d'un autre film Roach, A perfect day de James Parrott, dans lequel un pique-nique tourne court, avec Laurel et Hardy. Donald d'un côté, Tom et Jerry de l'autre, seront perturbés par l'arrivée des fourmis dans leurs courts métrages... Ici, ce sont les invités eux-mêmes qui posent problème. On comprend pourquoi Roach et Chase ont décidé de sortir ce film en premier parmi les "Our Gang", dans la mesure où l'équipe de gamins, désormais rodée, s'en est donné à coeur joie, et aussi parce que pour la première fois, un film suit une intrigue linéaire, sans digressions... Et c'est une réussite.

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Published by François Massarelli - dans Hal Roach Muet
22 février 2025 6 22 /02 /février /2025 17:10

Elizabeth Berry (Natalie Portman), une actrice en vue et très populaire pour des séries et téléfilms, a décroché un rôle important: elle va incarner à l'écran, Gracie Atherton (Julianne Moore), une habitante de Savannah (Géorgie) qui a défrayé la chronique vingt années auparavant, pour avoir eu une histoire d'amour interdite avec Joe Yoo (Charles Melton), un camarade de son fils, de 23 années son cadet. Ils sont désormais mariés, mais cette histoire lui a malgré tout valu de faire un séjour en prison. Elizabeth vient donc s'installer chez Gracie et joe, dans le cadre de sa recherche pour préparer le tournage... Mais son arrivée va déclencher des complications dans la vie de Joe, Gracie, et de leurs trois enfants...

C'est volontairement mis en scène autour du drame sous-jacent, et pour l'occasion profondément ironique, entre Joe qui n'en peut plus de sa relation et Gracie qui s'accroche à ses illusions; les trois enfants, d'ailleurs, n'ont aucun doute sur le pourrissement des relations entre leurs parents, et on a parfois l'impression d'assister à une sorte de téléfilm sentimental, du genre de ceux dont Elizabeth s'est semble-t-il fait une spécialité. C'est un drame, mais il en ressort une ironie à la méchanceté très palpable... Une méchanceté surtout tournée vers les excès de l'actrice qui ne parvient pas à trouver les limites de son interprétation.

Et Natalie Portman incarne une personne qui s'immerge de façon excessive dans son rôle, qui l'obsède de façon toujours très exagérée... La façon dont elle séduit Joe, dans la boutique où il a été surpris dans les bras de Gracie vingt ans plus tôt, fait d'ailleurs écho à d'autres scènes; visitant la boutique seule, la première fois, elle s'imagine faisant l'amour avec Joe. Et quand la production lui envoie les essais des jeunes acteurs qui doivent incarner Joe, elle les juge "pas assez sexy"...Lors d'une masterclass, elle tient un discours perturbant devant des étudiants qui la provoquent en évoquant les scènes de sexe... Elizabeth Berry a un peu trop effectué de recherches pour son rôle, clairement.

Mais le film se situe clairement sur deux niveaux, au moins: d'une part en sondant la façon dont l'Amérique a intégré, mais pas totalement l'expérience de Joe et Gracie, toujours montrés du doigt vingt années plus tard, et en questionnan la pertinence aussi bien que la fascination des gens pour une telle histoire. Et d'autre part, en mélangeant les expériences de Gracie et d'Elizabeth qui, les deux, vivent sous une forme ou une autre cette étrange histoire d'amour controversée.

Ce n'est pas la première fois que Todd Haynes s'intéresse à l'émour interdit, en quelque sorte, puisqu'on se souvient de Carol, qui cherchait à recréer l'époque compliquée durant laquelle un couple de deux femmes peinaient à assumer leur relation. Il avait aussi été responsable d'une superbe réappropriation de Mildred Pierce avec Kate Winslet, pour la télévision... En tournant ce nouveau film, il sonde une nouvelle fois les tourments de l'Amérique puritaine, sous ses dehors malades... Et ça fait un peu froid dans le dos.

May December, le titre, est une allusion à une expression, me semble-t-il, qui désigne la différence d'âge entre deux personnes... Avec 23 ans de différence entre eux, Gracie et Joe se qualifient semble-t-il.

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Published by François Massarelli - dans Todd Haynes