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  • : Allen John's attic
  • : Quelques articles et réflexions sur le cinéma, et sur d'autres choses lorsque le temps et l'envie le permettront...
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 08:12

David Frost (1939 - 2013) et Richard Nixon (1913 - 1994): le Britannique et l'Américain, le jeune bourgeois Anglais et l'enfant du peuple issu de la misère en Californie, la bête de télévision et la bête de politique: a priori, à l'époque, personne n'aurait imaginé un instant qu'ils puissent se rencontrer... Tout commence en 1974, avec la démission de Nixon, qui abandonne la présidence des Etats-Unis après la tourmente du Watergate. Premier président à avoir démissionné, il l'a fait sous la pression politique, et savait que la pression de la population était aussi forte. Cas unique dans l'histoire des Etats-Unis, Nixon qui a trahi le pays de façon répétée n'a pourtant pas attendu longtemps pour se voir exonéré: à peine un mois après sa démission, il a bénéficié d'un pardon total et sans condition de la part de son successeur, son ancien vice-président Gerald Ford. Ce qui laissait dans l'insatisfaction un certain nombre d'Américains, soucieux de voir l'ancien homme fort du pays reconnaître ses crimes, demander pardon, voire passer en jugement.

Arrive alors David Frost: cet ancien comédien, qui avait participé à cambridge à des revues très prisées et très côtées des Universités Britanniques, et qui était devenu un présentateur d'émissions de variété, très populaire aussi bien en Angleterre qu'en Australie, vivait dans l'attente de ce qu'il envisageait comme sa consécration: réussir sur les médias Américains. Son idée était simple: en voyant Nixon donner son allocution télévisée en Aout 1974 pour annoncer sa démission, l'indécrottable homme de télévision qu'est Frost avait vu un drame humain, un moment extraordinaire... et avait surtout vu es chiffres d'audience. Donc dès ce moment, il a tout fait pour obtenir des services de l'ancien président une interview... Et rassemblé autour de lui des hommes d'expérience et des experts pour mener sa tâche à bien. D'autant que Frost ne compren rien, mais alors rien, à la politique... Parmi les experts, des journalistes politiques, des spécialistes et un complice, son ami et producteur John Birt.

C'est donc cete histoire que raconte ce film, le meilleur haut la main de Ron Howard, et qui conte l'invraisemblable odyssée de ce novice qui prend un sujet bien au-dessus de ses capacités, pour changer sans doute à la fois l'histoire de la télévision, mais aussi le rapport des médias au politique. C'est que NIxon, et Frank Langella le joue à fond dans ce registre (Il est absolument fantastique), est un homme politique à l'ancienne: s'il brille, c'est d'abord et avant tout par sa voix, son débit, sa présence... son image, il en souffre, comme il le sait si bien depuis l'élection présidentielle de 1960, qu'il a perdue contre son ennemi juré John Kennedy justement parce que celui-ci, au moins, passait bien à la télévision! Pourtant, et le premier entretien va le révéler à un Frost désarçonné, Nixon est un tueur. Un homme froid, calculateur, infaillible, qui ne ferait qu'une bouchée du malheureux journaliste auto-proclamé, si... Mais voyez le film.

Michael Sheen est extraordinaire en David Frost, un personnage que les Monty Python ont souvent parodié avec succès, tant il représentait une catégorie à part dans l'histoire d ela télévision... Il est un playboy sur de son image de gendre parfait, qui parcourt le mond eet les femmes en séduisant à tour de bras. Pour lui, le travail, c'est jusqu'à cette expérience qui va le changer, essentiellement une affaire de carnet d'adresses, et une simple histoire de mettre en relation les bons experts. Pour le reste, il fait confiance à son image et à sa bonne étoile. Les deux protagonistes vont donc s'affronter, et... l'un d'entre eux va profondément changer. L'autre, ma foi, va utiliser cette tribune pour passer à l'étape suivant de sa carrière politique, celle où justement il va réaliser que cette fois ci, c'est cuit, il ne reviendra plus...

La bonne idée, sur laquelle on attendait de toute façon Ron Howard, c'est qu'à aucun moment, le point de vue qui est exprimé n'est critique à l'égard de Nixon. Nous assistons à une joute dont le résultat est déjà connu, cele d'un président vieilli face à une opinion hostile mais fascinée. Il a déjà démissionné, donc l'enjeu n'est pas, plus la justice. Et Howard s'intéresse surtout à cet extraordinaire mécanique télévisuelle, aux rouages que l'un maîtrise (Frost), et dont l'autre se méfie avec raison. Sans en exagérer l'emploi, et de façon bien plus convaincante qu'Oliver Stone pour son JFK, Howard dresse dans la première demi-heure un portrait formidable d'une Amérique en crise, à travers un kaléidoscope d'images volées, trafiquées, ces extraits de journaux télévisés, ces flashses spéciaux, etc. Et il nous invite dans l'inimité de "son" Nixon, dont nous allons voir les facettes rendues publiques par la diffusion des fameuse bandes. Car Howard n'ira pas plus loi, si l'intimité dun personnage est dévoilée, c'est plutôt celle de Frost, véritable héros, un peu malgré lui, de cette saga télévisuelle, dans laquelle Ron Howard nous montre comment les médias nourrissent les crises, mais plus encore s'en nourrissent.

Et en plus c'est souvent drôle.

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Published by François Massarelli - dans Comédie
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 09:07

Maya, le distributeur de ce film, a beau jeu de tenter un amalgame avec le sulfureux film Shortbus, de John Cameron Mitchell, dans lequel un certain nombre d'acteurs et autres personnalités du continent Nord-Américain se livrent à des séances de zizi-panpan en toute liberté, de façon explicite, et sans être pour autant des acteurs spécialisés du genre. Sook-Yin Lee, alors présentatrice de la télévision Canadienne, faisait justement partie de la distribution et elle en était même le personnage principal. Passée réalisatrice, pour cet unique long métrage, elle a situé son intrigue dans le même sujet, en évitant toutefois de reprendre la route (Totalement à la mode par ailleurs) du sexe "en vrai".

Cristin Milioti (Yes, THE "mother" pour les initiés) interprète une jeune femme qui découvre sa féminité dans le cadre d'une recherche intérieure liée à la découverte du fait qu'elle a rejeté toute sexualité durant des années. Les raisons en sont multiples: ses parents semblent se détester avec insistance, elle a eu un cancer qui l'a laissée boiteuse et, estime-t-elle, trop petite, elle a honte de son corps, qu'elle cache derrière des tonnes de vêtements informes, etc... L'élément déclencheur, c'est une nuit d'amour ratée avec un garçon qu'elle aime, mais qui ne va réussir à provoquer chez elle que des rires (Elle est épouvantablement chatouilleuse) et une grande dose d'embarras... Il prennent la décision de prendre du champ, et elle se décide à prendre le taureau par les cornes et à apprendre sur le tas.

Une comédie romantique malgré tout, ce film parfois franchement foutraque passe de moments loufoques en moments aux limites de l'embarras, avec humour et un soupçon d'absurde. Cristin Milioti, qui en était clairement à ses débuts, se jette à l'eau avec un aplomb notable, littéralement comme au figuré. Un film... Canadien, car oui, il y en a. Mal foutu, mais pas vraiment calibré...

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Published by François Massarelli - dans Canada Comédie
20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 14:48

Jerry Warriner (Cary Grant) et son épouse Lucy (Irene Dunne) s'entendent bien, mais sont-ils encore amoureux? La question ne se pose pas, en fait, ils se sont tellement éloignés l'un de l'autre qu'ils n'ont même plus le temps de se la poser: quand le film commence, l'un et l'autre sont de retour d'un week-end douteux, et se mentent mutuellement comme des arracheurs de dents... le divorce est donc inévitable. Le film va nous raconter comment, durant les six mois de la période légale qui précède la finalisation de la séparation, ils vont essayer de se remettre ensemble, tout en sauvant la face, l'un avec une chanteuse-danseuse de cabaret d'abord puis une riche héritière d'une part, et l'autre avec un richissime magnat du pétrole, en provenance de l'Oklahoma (Ralph Bellamy, décidément destiné à jouer les rivaux de Cary Grant, comme dans His girl friday). Mais le rapprochement, on le comprend très vite, est inéluctable...

Leo McCarey était un touche-à-tout de la comédie, qui n'aimait rien plus que d'explorer la veine la plus sentimentale de son art, comme le prouvent à leurs façons respectives des films aussi divers que Make way for tomorrow, The bells of St-Mary, ou même An affair to remember, qui est d'ailleurs plus un film sentimental qu'une comédie. Mais j'ai toujours trouvé qu'il était plus à son aise dans cette veine, la "screwball comedy", un genre dont ce film est un des fleurons. Il prend un plaisir communicatif à diriger ces grands acteurs dans une intrigue qui joue toujours autour de thèmes risqués, sans jamais se vautrer dans la vulgarité. Après tout, il est évident même si ce n'est jamais dit qu'aussi bien Irene Dunne que Cary Grant se sont trompés mutuellement, et il est beaucoup question de sexe dans le film... Mais rompu 'exercice par son passage chez Hal Roach, à diriger Charley Chase (Dont les courts métrages sont un peu la matrice du genre tout entier du reste), Max Davidson, Anita Garvin ou Laurel et Hardy, McCarey sait triompher de la censure. Il le démontre dans ce film brillant, aux dialogues enlevés, au rythme soutenu, et... aux sous-entendu bien épicés. Servez chaud.

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Published by François Massarelli - dans Comédie Leo McCarey
19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 17:28

J'appellerais bien ça la "poétique de l'excès". Zemeckis, réalisateur touche-à-tout et virtuose, aime la comédie, qu'il a beaucoup pratiqué, aussi bien en tant que scénariste (1941, de Spielberg) qu'en tant que réalisateur (Un nombre important de films, dont les deux premiers, I wanna hold your hand, et Used cars, mais aussi le super méga-carton de 1984 Romancing the stone avec Michael Douglas). Mais il a une façon de faire, qui est essentiellement résumée par la façon dont Christopher Lloyd, l'un de ses acteurs fétiches, interprète le Docteur Brown dans Back to the future: de façon survitaminée, surcaféïnée, et pour tout dire excessive. Pas de repos, pas de calme, on n'a pas le temps! Ce film drôle mais profondément irritant est là pour le prouver...

Deux femmes, deux amies qui sont en concurrence amoureuse depuis la fac (Meryl Streep et Goldie Hawn) se disputent le même homme, un chirurgien esthétique interprété par Bruce Willis. Elles vont aller très loin pour gagner, même si au passage elles le perdent: l'idée ce n'est pas de gagner, mais c'est bien que l'autre ne gagne pas. Et elles vont signer une sorte de pacte avec une sorte de diable drôlement aguichant: c'est Isabella Rossellini, et elle n'est pas tellement habillée dans les scènes qu'elle a tournées. Grâce à ce marché (Coûteux) elles vont toutes deux retrouver la jeunesse, et découvrir l'immortalité. Mais elles vont devoir aussi faire très attention à leur corps, parce que ce n'est pas parce qu'elles sont immortelles qu'elles ne risquent pas de l'abîmer...

Aucune scène dans ce film généreusement idiot n'est calme, ça part dans tous les sens. On peut trouver ça gentiment loufoque, d'autant que les acteurs se sont copieusement amusés. n peut aussi se lasser de tant de folie, qui débouche quand même sur une certaine vacuité. les femmes en prennent pour leur grade, et on se rappelle du fait que Zemeckis n'aime pas tellement ses personnages. A la vision de ce film, c'est une évidence...

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Published by François Massarelli - dans Comédie Robert Zemeckis
15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 08:56

Ce film prend son temps, et commence de façon presque routinière. Le premier acte sert essentiellement à établir ce qu'on peut considérer comme l'ambiguïté matrimoniale, terreau de tant de films des studios Roach: Charley Chase et Katherine Grant sont mariés, ils ont tout pour être heureux, mais ils ne peuvent pas s'en empêcher, à la première occasion, ils se chamaillent. Dans ce prologue, justement, le prétexte d'une querelle arrive à point: la voiture est à changer, Monsieur suggère d'en acheter une bien meilleure, ce à quoi Madame rétorque: sans doute pour pouvoir conduire d'autres femmes...

Le deuxième acte montre Chase qui vend sa voiture, et en fait cela va créer une situation embarrassante pour la suite; il conseille à un acheteur irascible d'acheter précisément son véhicule, mais celui-ci se désagrège littéralement dans les deux minutes qui suivent l'achat. Le nouveau propriétaire (George Siegmann), c'est embêtant, est un tueur qui vient de sortir de prison...

Le troisième acte prend tout ce qui a été établi et part dans une nouvelle direction: le patron (William J. Kelly) de Charley demande à celui-ci, qui parade sa nouvelle voiture, de conduire sa petite amie (Symona Boniface). Il ajoute qu'il lui faut être discret, puisque sa maîtresse vient d'apprendre que son mari est sorti de prison (Devinez de qui il s'agit...). Et bien entendu, alors que Chase accompagne la dame tout en montrant les avantages de son véhicule, ils sont repérés par l'épouse légitime de notre héros qui en vient assez logiquement à la conclusion qui s'impose...

Tout est donc en place pour un quatrième acte dans lequel tout ce petit monde va se retrouver pour une salade de quiproquos assez réjouissants, qui vont culminer dans l'idée saugrenue (Et qui sera ensuite recyclée à plusieurs reprises dans l'univers de McCarey) d'une troupe de gens qui sont réunis au même endroit et qui pour des raisons différentes, ont tous l'idée de se déguiser exactement de la même façon, afin de préserver leur anonymat. Visuellement, c'est bien sûr extrêmement drôle...

Le "caretaker", c'est la personne qui gère un petit établissement au nord de la ville, où on peut se retrouver à l'abri des regards. Essentiellement c'est un "speakeasy" de luxe. Le personnage, très moustachu, est joué par James Parrott dans l'une de ses rarissimes apparitions dans un film de son grand frère. On voit aussi James Finlayson, en détective en mission. Il n'a pas de moustache, pour une fois... Enfin, car il faut bien parler des sujets qui fâchent, ce film extrêmement bien construit et très drôle, possède une lourde tache: un gag antisémite. Ce qui nous rappelle que le cinéma de ces années dorées, et en particulier les comédies, était friand de gags ethniques: Harold Lloyd, Buster Keaton en ont beaucoup usé. Chaplin a beau avoir coupé une scène douteuse dans Modern times (Une caricature d'usurier juif), elle est désormais visible sur les DVD, et Larry Semon ne faisait aucun film sans y inclure des gags douteux autour de son complice, l'acteur Afro-Américain Spencer Bell. Autres temps, autres moeurs... C'est vrai qu'ici c'est particulièrement bas, mais le film n'en est pas moins une belle preuve de la qualité exceptionnelle des films de Charley Chase et Leo McCarey.

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Published by François Massarelli - dans Muet Leo McCarey Comédie Charley Chase
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 18:32

Hal Roach réalisait l'importance de Laurel et Hardy, et il savait que tôt ou tard il leur faudrait affronter le micro. N'oublions pas que le duo était contemporain des premiers succès du cinéma sonore, et si il avait un temps été possible d'imaginer que les deux cinémas (On les appelait, après tout, de deux noms distincts: les movies et les talkies!) pouvaient co-exister, en 1929, l'hégémonie du parlant était à l'horizon... Le film fait partie d'une bordée d'autres courts métrages qui ont tous un clin d'oeil au son ou à la parole dans le titre. J'ai déjà mentionné ailleurs la référence contenue dans le titre de celui-ci, l'expression "unaccustomed as we are to public speaking" étant une expression convenue généralement utilisée pour commencer des speechs d'une demi-heure...

Laurel et Hardy affrontent donc le parlant avec prudence, mais la peur qu’ils avaient (Surtout Stan) ne se voit pas. Mieux: ils parlent peu, et laissent une large part aux gags visuels, voire aux gags strictement sonores qui vont leur permettre de continuer à élargir leur palette. Ce film regorge de moments qui prouvent qu'on peut aller plus loin en utilisant de façon variée le son et la parole, sans se contenter de filmer platement ce qui après tout est une situation de vaudeville assez classique...

Laurel et Hardy sont aux prises avec Mrs Hardy (Mae Busch) excédée. Celle-ci part le jour ou son mari lui présente Laurel parce qu'elle en a assez que son époux ramène des copains à la maison, en lui demandant de leur faire à manger... Comme les garçons se lancent dans une tentative de faire la cuisine tous seuls, les catastrophes s'ensuivent. La jolie voisine, Mrs Kennedy (Thelma Todd, dans sa première apparition chez Laurel & Hardy) intervient donc, et... brûle sa robe en voulant allumer le four décidément bien capricieux. Et bien sur, son mari verrait probablement d'un mauvais oeil son épouse sortir de chez les Hardy en petite tenue... Donc, lorsque Mme Hardy se ravise, elle ne sait pas que dans une malle, la jolie voisine est cachée en nuisette dans une malle... Rappelons que "Kennedy", c'est bien sûr Edgar, qui interprète le voisin. Celui-ci est policier...

Le film est drôle et marche tout seul. plusieurs gags sonores à signaler: Mae Busch sermonne son mari, alors que Stan a mis un disque ; au fur et à mesure de sa logorrhée et, rattrapée par la musique endiablée, et commence à scander son invective en rythme. Peu de temps avant, elle hurle sur Oliver, qui tente vertement de répliquer, et Stan qui ne dit rien, se prend des "Shut up!" bien sonores. La cacophonie est extrêmement drôle... Enfin, plusieurs fois, l'équipe s'amuse à mettre des chutes, bagarres ou autres chocs frontaux hors champ, qui ne seront perçus par les spectateurs que via le son, et bien sur grâce aux réactions des protagonistes restés à l'écran... Donc, pour un premier film parlant, c'est du grand art....

Un paradoxe pour finir: le film est sorti simultanément, comme la plupart des films sonores de 1929, dans une copie muette, qui en recycle essentiellement la plupart des séquences, y compris les scènes parlantes et les gags sonores hors-champ, qui tombent évidemment complètement à plat...

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Comédie
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 18:24

Dans ce film d'une bobine, Charley Chase interprète Jimmie Jump, un jeune homme bien sous tous rapports, mais qui possède un énorme défaut: il est timoré. Et sa petite amie (Beth Darlington), du moins celle qui pourrait l'être, s'en soucie, car en attendant qu'il se décide, elle est la proie des vautours, ou en tout cas d'un sale type local, le genre à draguer tout ce qui porte jupe. Forcément, Jimmie Jump ne fait pas le poids: il est terrorisé à l'idée de sortir de chez lui, de peur que les gamins locaux (Our gang) ne le harcèlent! Mais le hasard va bien faire les choses...

Pas de temps mort, il n'y a que 12 minutes pour convaincre. C'est un film d'une grande qualité, à rapprocher de Girl shy, sorti la même année. Bien sur, Lloyd s'est donné du temps, en huit bobines, pour développer son histoire de timide, mais ce film joue sur la rapidité pour montrer un changement de caractère inattendu, en utilisant un coup de théâtre un peu téléphoné (On dit aussi capillo-tracté), mais qui fonctionne bien: c'est parce qu'il croit qu'il va mourir dans les six jours que tout à coup Charley se déchaîne!

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie James Parrott Charley Chase
11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 16:24

Une chèvre s'échappe d'une animalerie et lorsque le propriétaire s'en aperçoit, il alerte la police... L'animal n'a pas tardé à s'attacher aux pas de Laurel et Hardy qui vont la ramener dans leur appartement, dont le propriétaire est très attaché au calme. Il va être servi...

Le dernier muet de Laurel et Hardy, qui n’est pas le meilleur. l'enchaînement de départ est un peu poussif, et si on n'attend as de nos héros une logique à toute épreuve, les circonstances de l'arrivée de la chèvre à leur domicile sont quelques peu tirées par les cheveux... Mais le film nous gratifie de beaux moments, d'abord parce que le propriétaire n'est autre qu'Edgar Kennedy donc si j'ose dire, ça décoiffe. Et il y a des gags récurrents mais qui font toujours du bien, dont le fameux trou sur la rue qui prend un malin plaisir, une fois rempli d'eau, à accueillir Hardy, ou encore un gag visuel: derrière Kennedy, qui rappelle que sa maison est un établissement familial, la porte révèle une prostituée accompagné d'un marin en bordée... Et le final fait avec des seaux d'eau, en léger et austère, ce que The battle of the century faisait avec de la crème

Au moment de dire adieu au muet, on a un petit pincement: Laurel et Hardy étaient faits pour la comédie muette, et si la pantomime gardera droit de cité dans les nombreux films qui s’annoncent, la page qui se tourne reste bien la meilleure partie de l’œuvre.

La fin de 1929, pour des raisons bien compréhensibles, est un moment ou s’entremêlent chez Hal Roach une extrême prudence et une certaine confusion. Le passage au parlant est l’étape à franchir, et certains indices prouvent que ce cap difficile a été pesé, au studio, et assumé avec un esprit d’équipe certain, mais aussi et c’est très important dans un studio qui s’autoproclame « The lot of fun », avec humour. Le son sera pris en charge par un technicien, Elmer Raguse, qui ira rejoindre le monteur Richard Currier et le chef-opérateur George Stevens au sein d’une équipe soudée, consacrée à Laurel & Hardy. Sinon, le studio sort ses premiers films parlants affublés de titres symboliquement consacrés au son : The big squawk pour Charley Chase, Small talk pour Our gang, Hurdy gurdy pour Max Davidson et Unaccustomed as we are (Inspiré d’une expression souvent prononcée afin de souligner le manque d’habitude d’un orateur de parler en public) pour Laurel & Hardy. La confusion qui règne se situe plutôt au niveau de la chronologie: à la fois pressé de sortir et tester ses Laurel et Hardy parlants, Roach garde un certain nombre de muets, pourtant achevés et montés, sous le coude, afin de pallier à toute volte-face future concernant la capacité de ses comédiens à exceller dans le parlant, et de la capacité de son public à apprécier la nouvelle donne. En attendant, ceci explique pourquoi un film comme Angora love reste en queue de peloton.

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Published by François Massarelli - dans Laurel & Hardy Muet Comédie
7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 17:52

Une riche veuve (Lillian Leighton) possède tellement de millions qu'elle est un gibier particulièrement intéressant pour un coureur de dot. Blaylock, le patron d'une firme d'experts financiers (Frank Brownlee) aimerait être l'heureux élu, mais comme la brave dame serait plutôt d'avis de se trouver un jeunôt, il se rabat sur une autre option: il oblige son secrétaire, qui lui doit de l'argent, à séduire la millionnaire, pour mieux gérer sa fortune après. Le secrétaire en question (Charley Chase) va s'exécuter, apprenant du même coup à connaître l'environnement de Mrs Schwartzkopple: son grand fils, Oswald (Oliver Hardy), et surtout sa fidèle secrétaire (Gladys Hullette), aussi jeune et charmante que sa patronne est, disons, passée bien au-delà de la date de péremption... Devinez la suite.

Une mission impossible à accomplir, des ennuis à n'en plus finir, des quiproquos et des tonnes de gaffes. On est dans le quotidien idéal pour la comédie muette qui vivait son age d'or. C'est un film en deux bobines d'une équipe (Charley Chase et Leo McCarey) qui était absolument infaillible. De plus, Chase qui définissait toujours au moins un tiers de son personnage en fonction de la situation, choisit ici de jouer un type bien, tout ce qu'il y a de normal, mais aussi d'une maladive timidité, sans jamais exagérer cet aspect. Ca ne fait qu'ajouter un ingrédient de plus, mais qui est constamment bien mené. Et l'interaction avec Oliver Hardy est fantastique, comme de juste.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Charley Chase
25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 09:02

Comme beaucoup de films majeurs de Charley Chase pour Roach, ce court métrage de deux bobines a été réalisé par Leo McCarey, et l'entente entre les deux hommes, leur approche de la comédie, leurs univers personnels font que c'est une merveille de cette comédie de l'embarras si chère au comédien, et qui donnera dans d'autres contextes des films formidables de Laurel et Hardy ou Max Davidson. Comme avec toutes ses séries de courts métrages depuis les débuts d'Harold Lloyd, Hal Roach a privilégié une approche progresive, en se concentrant d'abord sur des films d'une bobine avant de doubler la longueur. C'est l'un des premiers films en deux bobines, qui installe donc une véritable intrigue avec des enjeux plus ambitieux que les films précédents.

Jimmie Jump (Chase) est un fils à papa, qui a des parents obnubilés par son avenir, mais n'en ont pas la même vision. La mère souhaite que son fils soit accepté dans la bonne société, alors que le père est surtout motivé par l'envie d'en faire un homme. Ce qui le fait obliger so fils à travailler à l'usine afin qu'il se mèle aux ouvriers. Les scènes du début sont un festival de gags qui démontrent que le jeune homme est totalement inadapté, bien entendu, même si de façon imprévue il s'intègre... plus ou moins. Puis alors qu'il rentre chez lui, sa mère lui demande de danser pour des invités, et c'est affublé d'une tenue d'autant plus ridicule (Une robe de mousseline, une couronne de laurier) qu'il se prète à un ballet, sous les yeux consternés de sa petite amie, Martha Sleeper, et de son père. Afin de redorer son blason auprès de la jeune femme, il se rend ensuite à un bar louche ou celle-ci danse, et se comporte en caïd, avant qu'un article de journal détaillant la lamentable histoire du ballet ne fasse changer les abis de tous les durs présents, dont Noah Young... La suite, bien sur, c'est de la castagne.

C'est splendide, d'autant qu'avant de trouver le rythme de croisière, on sent que Chase et McCarey expérimentent beaucoup. Ils se permettent par exemple deux séquences dansées, ce qui ne pose aucun problème à Chase qui avait du métier dans cette discipline, mais ce qu'il ne fera que rarementplus d'une fois par court métrage. Et le personnage de riche inadapté, amoureux d'une jeune femme de la classe ouvrière, était un clin d'oeil au public populaire, principale cible des films de Roach. Mais ici, confronté à une crise de masculinité (Tout sauf politiquement correcte, bien sur), à la menace de se prendre une rouste par Noah Young, ou à l'humiliation de ne pas se faire accepter par ses camarades de boulot, clairement la barre est haute! Comme d'habitude, sous couvert de comédie, c'est toute une thématique d ela masculinité des anées 20 qui s'étale sous nos yeux dans sa diversité, sa complexité... et son humour.

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Published by François Massarelli - dans Muet Comédie Leo McCarey Charley Chase