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4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 21:11

En 1986, un cinglé d'extrême droite a placé une bombe sur un site de rassemblement des JO, situés cette année là à Atlanta. L'attentat a fait une centaine de morts, mais Eastwood s'intéresse à un autre type de victime, selon son habitude (American Sniper, Sully, The 15:17 to Paris): un héros qui a longtemps été soupçonné d'être le terroriste, en raison d'une théorie de profiling: on a découvert de nombreux cas de personnes (policiers, militaires ou agents de sécurité) ayant mis en évidence un attentat, qu'ils avaient en réalité planifié ou aidé, le but de l'opération devenant essentiellement de se mettre en avant et de profiter d'une heure de gloire, bien plus que d'attenter à la vie d'autrui ou la sécurité d'un état... Ce qui est, on l'imagine, tout à fait possible, et plus important: au vu du déroulement de l'intrigue, qui part d'une période durant laquelle l'agent de sécurité Jewell est un jeune adulte pétri d'ambitions (devenir un agent du FBI ou des services secrets, pour servir son pays) qui ne se réaliseront jamais, il est très facile pour le spectateur de se dire qu'après tout, ça pourrait bien être lui le coupable. De quoi maintenir l'intérêt, dans un film qui une fois de plus est du Eastwood: méthodique et lent, il nécessite l'adhésion à son déroulement.

Mais ce n'est pas tout. Si il y a bien un enjeu dramatique lié à la sympathie naturelle qu'inspire Jewell, un homme simple et abusé par des bureaucrates qui se raccrochent à la seule piste qu'ils ont, aussi ténue soit-elle, le film se penche sur tous les aspects de ce drame de l'héroïsme et du soupçon (exactement comme Sully le faisait d'ailleurs, en se reposant également sur le caractère sympathique et direct de Tom Hanks): l'effet de l'héroïsme ET du soupçon, de la médiatisation à outrance de l'éventuelle culpabilité du héros, montée en épingle par le FBI justement parce que la presse en faisait ses choux gras, sans peu de scrupules d'ailleurs. A ce titre, la composition par Olivia Wilde d'une journaliste arriviste, adepte de toutes les méthodes y compris les avantages en nature, pour arriver à ses fins, est l'un des gros problèmes du film. D'une part parce que, confrontée à la méthode Eastwood (un plan, une prise), elle en fait dix fois trop... et ensuite parce qu'à l'heure où un psychopathe dangereux avait pris en otage la nation Américaine et le monde entier en maltraitant la presse à chaque intervention, le timing était quand même embarrassant.

Cela étant, on aime ce film attachant pour son héros (Paul Walter Hauser), un homme en surpoids, lent et instinctif, qui semble incapable de mentir; un homme intègre à sa façon, qui est sans doute un habitant de Géorgie comme beaucoup d'autres: un peu droitier, mais pas terroriste pour autant. Un peu "white trash" sans doute, mais désireux de s'élever; appartenant à la NRA, mais c'est parce qu'il chasse... Le portrait rendu par Eastwood en a certainement gommé les aspérités et les zones d'ombre, mais on retiendra de ce brave type qu'il est essentiellement un nounours, dont on comprend que l'avocat Watson Bryant, son ami, l'ait pris en affection. Sam Rockwell, excellent et tout en retenue, compose un autre portrait attachant avec cet avocat de gauche, qui soutient le naïf Jewell durant son supplice. Enfin, on appréciera comme de juste, dans le rôle de Maman Jewell, la grande Kathy Bates, magistrale comme à son habitude.

Et ce que Eastwood fait, au-delà de son thème si pratique de l'héroïsme, qui est par nature volatil et subjectif, c'est de sonder notre époque à travers son passé récent. Depuis Sands of Iwo Jima, combien de films a-t-il fait, bons ou mauvais peu importe, qui donnent une lecture de notre passé lointain ou immédiat, avec un regard sur les médias, sur la hiérarchie, et une exploration le plus souvent de la conscience des hommes à travers leur présence au milieu des autres? Certes, il le fait avec ses moyens, et le recours ici aux événements d'Atlanta passe par une recréation qui est brouillonne; mais il garde constamment l'humanisme paradoxal d'un conservateur invétéré.

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood
4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 21:04

Earl Stone (Clint Eastwood) a tout donné à ses fleurs: son entreprise a d'ailleurs bien marché pendant tant d'années... C'était son idée à lui, pour "donner" à sa famille, et bien entendu, ça l'en a éloigné. Aujourd'hui, à 90 ans bien sonnés, il fait faillite, et se retrouve bien mal parti. Sa petite-fille (Taïssa Farmiga) se marie et il était supposé payer sa part, alors Earl écoute une voix qu'il n'aurait normalement pas écouté; quelqu'un qui lui dit: j'ai des amis qui ont besoin d'un bon conducteur qui ne se fasse pas trop remarquer, et qui conduise sur des distances importantes pour véhiculer des choses qui doivent rester secrètes...

Donc, Earl devient une "mule", un passeur de drogue, et non seulement il le fait une fois, mais il en fait une habitude. Totalement conscient de l'illégalité de son geste, il assume totalement la chose, jusqu'à se croire autorisé (lorsque le patron du cartel lui impose un "surveillant") à donner son avis et des conseils à de redoutables bandits aguerris. Pendant ce temps, la police (le DEA, Drug Enforcement Administration) se casse les dents pour arrêter les gens comme lui, mais deux détectives (Bradley Cooper et Michael Pena) finissent par trouver la trace de ce mystérieux passeur qui a véhiculé une quantité impressionnante de cocaïne...

C'est presque une comédie, si on veut, un film indolent qui obéit au rythme particulièrement lent de Earl Stone, un rôle en or pour Eastwood. Celui-ci, qui après tout fait rigoureusement ce qu'il veut, nous venge de son dernier film qui était atroce, en racontant une histoire destinée à être ironique, mais qui ne tombe jamais dans ce piège: Stone est un personnage doux, qui impose non seulement son rythme, mais aussi sa philosophie de la vie au film. Toujours adepte de la liberté absolue, Eastwood ne juge évidemment pas son personnage, qui du reste assumera jusqu'à la dernière seconde son geste, et nous promène dans les coulisses des cartels avec une vision surprenante de ces "entreprises". On notera que pour l'assister, il a embauché du beau monde: Dianne Wiest est l'ex madame Stone, Alison Eastwood leur fille qui fait sérieusement la tête à son papa, les deux policiers répondent aux ordres de Lawrence Fishburne, et le parrain du cartel n'est autre qu'Andy Garcia...

Il ressort de cette histoire de papy bandit une étrange impression de merveilleux rêve éveillé, qui ne manquera pas de soulever des protestations: Earl Stone se rendait-il vraiment compte qu'il véhiculait des kilos de ces produits que des gosses allaient ensuite s'envoyer dans le nez pour ensuite s'envoyer au cimetière? Mais ce n'est pas le sujet... Continuant toujours plus avant sa réflexion douce-amère sur la place du troisième age dans l'Amérique d'aujourd'hui, Clint Eastwood se place ici, et c'est remarquable, sur le versant le plus positif de ce cheminement philosophique, et Earl Stone est sans aucun doute l'un de ses plus beaux personnages!

 

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood
4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 16:58

Gettysburg, 1863: alors que la bataille parait perdue pour les troupes Nordistes, le Capitaine de l'armée de l'Union Mike McComb (Errol Flynn) reçoit l'ordre de véhiculer la paie des troupes, et surtout de tout faire pour qu'elle ne tombe pas entre les mains des Sudistes. Acculé, il décide de mettre le feu à un million de dollars... Ignorant que le Nord a gagné la bataille, et a renversé la situation à son avantage. Dégradé, il part vers l'Ouest et devient bien vite un joueur réputé sur les bateaux à aube.  Il finit par arriver à Silver River. Dans un premier temps, il ouvre une maison de jeu, mais commence à s'intéresser de près aux mines d'argent qui ont donné son nom à la ville...

C'est un petit western pour la Warner, comme pour Flynn et Walsh, d'ailleurs... La star est de plus en plus un problème lourd à gérer en raison de son instabilité et de son alcoolisme, et seul Walsh arrive à peu près à en tirer quelque chose... Tout son charme ne suffit pas à dépasser l'aspect générique du film. 

Pourtant Walsh s'y retrouve un peu: on reconnait bien ses sympathies sudistes (il ne s'en est jamais vraiment caché) dans la façon dont il montre le traitement infligé par l'armée Nordiste à un capitaine qui n'a fait que son devoir, fut-il un peu interprété... Et le personnage de McComb est un maverick assez proche de la version Walshienne du général Custer (They died with their boots on). Mais l'ensemble du film se déroule suivant une structure très classique, avec des personnages très stéréotypés: Ann Sheridan, qui interprète ici l'ingrédient amoureux (une femme aussi ambitieuse que McComb, mais elle est mariée), ne s'y était pas trompée...

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Published by François Massarelli - dans Errol Flynn Western Raoul Walsh
4 janvier 2026 7 04 /01 /janvier /2026 16:50

Un chien qui lit un livre décide de s'en inspirer: comme le livre en question délivre des leçons de chasse au gopher (petit mammifère fouisseur proche de la marmotte), il va donc tenter sa chance auprès des deux spécimens qui se trouvent parfois embarqués à délivrer leurs conversations pleines de politesse un brin forcée dans les Looney tunes.

Le chien, qui est paraît-il inspiré de John  Barrymore, et donc il en fait des tonnes, s'exprime dans un anglais vieillot (il truffe sa conversation de "Egad" et de rires diaboliques forcés)... Mais la bestiole s'est attaquée à dexu êtres volontiers diaboliques eux aussi, et la lutte sera inégale. Il y a un peu du systématisme maladif des aventures du Coyote, dans ce petit film, dont l'animation repose sur des dessins pas toujours adéquats de Davis.

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Published by François Massarelli - dans Arthur Davis Animation Looney Tunes
3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 15:22

Voici une rareté: un court métrage solo de... Tom le chat. On a souvent vu des aventures en solitaire pour Jerry, qui est plus ou moins considéré comme le héros de ces aentures par définition, étant à la fois la victime potentielle et le plus rusé des deux... Mais non, ici, c'est au tour de Tom, qui lors d'une poursuite qui comme d'habitude dégénère, est tué! Il se voit offrir un parcours vers le paradis, et on lui laisse une heure pour ramener une signature de Jerry qui puisse lui accorder un pardon, faute de quoi il ira en enfer...

C'est inattendu, et qu'on se rassure, les auteurs auront trouvé une idée avant la fin du film pour éviter que Tom ne disparaisse... Mais l'intérêt du film réside principalement dans l'onirisme de la situation, et la reprise d'éléments visuls qui renvoient clairement à A matter of life and death, de Powell et Pressburger, sorti quelques années auparavant...

Le film, souvent négligé (il est censuré dans plusieurs pays catholiques d'Amérique du sud pour sa représentation délirante de l'enfer et du paradis), semble ne plus exister que dans des copies fatiguées...

 

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Published by François Massarelli - dans Animation Tom & Jerry
3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 15:13

Jerry se réveille... à côté d'un oeuf. La dame pivert qui loge à côté a eu une seconde d'inattention, et le destin l'a amené près de la souris... Quand l'oeuf se brise, l'oisillon décide que la bestiole est sa mère... et commence à s'attaquer à tout objet en bois qui passe à sa portée. Jerry tente de s'en débarrasser, puis Tom s'en mêle...

C'est un peu routinier, et c'est le genre d'histoire qui va devenir générique, avec systématiquement l'instinct parental de Jerry mis en lumière par l'intervention d'un petit animal... Beaucoup de ces dessins animés auront aussi tendance à vouloir jouer sur le côté mignon, ce qui n'est heureusement pas le cas de celui-ci.

Le principal gimmick (mais c'est vite lassant) est la rapidité avec laquelle l'oiseau fait disparaître barreaux de chaise, tabourets, et tout ce qui de près ou de loin est du bois. Il y a un moment de grand sadisme aussi, avec une scène qui voit le pivert avalé par Tom, se libérer avec son propre marteau-piqueur.

Le meilleur gag reste quand même celui qui montre d'un côté Tom jouant, comme seul un chat le ferait, avec Jerry prisonnier; de l'autre, le pivert étudie la situation pour calculer l'angle de chute d'un poteau électrique dont il aurait scié la base... 

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 12:20

Elizabeth Sparkle (Demi Moore) est une jeune quinquagénaire qui court après son passé: actrice, elle a gagné des Oscars et comme le prouve la séquence d'ouverture, a eu droit à sa propre étoile sur le Hollywood walk of fame... Mais maintenant, les gens ne s'y arrêtent plus. Elle est depuis quelques années la présentatrice d'une émission consacrée à de l'aérobic, et ce serait déjà suffisamment humiliant... Mais son producteur (Dennis Quaid) ne veut plus d'elle: il veut une jeune, pas "une actrice qui a gagné un Oscar dans les années 30". Désespérée, elle se laisse aller, et a un accident de voiture sans gravité. Mais un médecin lui glisse une clé USB dans son sac: il contient un film publicitaire sur un programme mystérieux de remise en forme intitulé The Substance...

Elle décide de s'y consacrer. La manipulation consiste en l'injection d'un produit, qui entraîne la scission d'Elizabeth en deux: une version jeune d'elle-même, qui n'a pas l'air d'avoir trente ans (Margaret Qualley), et le corps de quinquagénaire de l'actrice. Chaque "moitié" a droit à une semaine d'indépendance, mais elle doit observer des règles très strictes, notamment respecter l'échange hebdomadaire...

Qui dit "règles très strictes" dans un film d'horreur ou assimilé entraine inévitablement le fait que ces règles seront violées... rappelez-vous Gremlins! Les conséquences sont forcément drastiques, et vont avoir pour conséquence le glissement de la comédie satirique vers l'horreur graphique. Et beaucoup d'excès, à mon humble avis. Mais le film commence superbement, en assumant sa verve humoristique, avec un aplomb remarquable. Dennis Quaid n'est jamais vu que de trop près, y compris quand il se gave (c'est répugnant) de fruits de mer... Le jeu des acteurs est outré, sauf peut-être celui de Demi Moore au début du film, qui y est remarquable (ce que je n'ai pas dit de toute ma vie, jusqu'à présent). Elle joue de son corps, en l'état, ce qui est rare et à souligner pour une actrice Hollywoodienne...

Mais justement, le propos du film est de s'en prendre à une civilisation qui court après le futur quel qu'il soit plutôt que de se reposer sur ses acquis, de chercher, mais oui, la substance derrière le futile, alros évidemment Hollywood, c'est l'endroit rêvé pour un tel conte. Un film sur le corps et son vieillissement, sur la pourriture inhérente à l'évolution de la matière, filmé souvent au plus près des corps. Il fallait pour une telle intrigue des actrices qui se laissent filmer littéralement sous toutes les coutures (hum...), et elles sont fantastiques en marionettes de leur propre vanité. Mais je le répète, le film est trop long (2h20) et excessif dans son recours à l'horreur. Le final dépasse les limites du supportable... De façon souvent plus navrante qu'effrayante.

 

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Published by François Massarelli - dans Beeerk Mettons-nous tous tout nus
2 janvier 2026 5 02 /01 /janvier /2026 18:02

Daniel (Robert Hossein) et Paul (Jean Sorel) cambriolent un appartement... Mais ça tourne mal: quand le propriétaire rentre à l'improviste, Daniel est pris au piège devant le coffre-fort, et Paul lui sauve la mise en assommant l'homme. Arreté, Daniel ne dénonce pas son camarade et passe une année en prison... Puis s'évade. 

Il prend un train en douce et atterrit dans les Alpes-Maritimes, à Bouyon. Il est recueilli par un brave type qui tient un relais routier, Thomas (George Wilson). Celui-ci vit seul avec son épouse, la jeune Maria (Catherine Rouvel). Elle n'apprécie pas la présence de Daniel, dont elle a vite compris qu'il n'était pas le travailleur saisonnier qu'il prétend être... Elle lui demande de forcer le coffre de son mari, mais ça tourne mal, très mal.

C'est l'avant-dernier film de Duvivier, qui se réfugie comme pour le film qui viendra (Diaboliquement votre, en 1967) dans le roman noir, adaptant un roman de James Hadley Chase (Come easy, go easy, 1960) en compagnie de Barjavel. Le fatalisme noir des deux hommes éclabousse l'écran: coincé devant un coffre-fort et surpris en plein crime, Daniel semble condamné à errer dans les limbes, et à revivre le même sort une fois arrivé en Provence, au milieu de nulle part. La belle camaraderie qui unit les deux cambrioleurs (l'un a sauvé l'autre en tuant un homme, l'autre ne le dénonce pas à la police) va voler en éclats lorsque les deux hommes seront confrontés à Catherine Rouvel, qui joue une garce particulièrement mal intentionnée...

C'est glauque, et même à la limite un peu sadique. Mais par bien des côtés, c'est proche du western, et d'ailleurs on pense parfois à Jubal, de Delmer Daves, avec Glenn Ford et ernest Borgnine... Le rôle de bandit marqué par la fatalité convient admirablement à Robert Hossein, du reste... Lucien Raimbourg joue un personnage intéressant, celui d'un membre de la famille de Thomas, qui joue les oiseaux de mauvais augure, en faisant le pique-assiette sur le dos de l'infortuné cafetier...

...Oui, c'est un monde cruel!!

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Published by François Massarelli - dans Julien Duvivier Noir
2 janvier 2026 5 02 /01 /janvier /2026 16:13

Tom est mis en demeure par la domestique, Mammy Two-Shoes, d'aller dehors... Mais c'est le début de l'hiver, et il a une idée: il prétend avoir un gros rhume, et dans le doute, elle le laisse rester... Jerry s'en mêle, et il a une autre idée. Prenant exemple sur l'épidémie de rougeole, il utilise de la peinture rouge pour lui dessiner des boutons...

Le film va passer des maladies imaginaires à un authentique cas de rougeole, à la fin du film... La preuve que ces deux-là, à défaut d'être complices, étaient quand même capables de partager quelque chose! C'est, avec le personnage de Mammy Two-Shoes qui est proéminent dans le début de l'intrigue, un film qui a longtemps été poussé au fond des archives, on peut donc au moins se réjouir que quelqu'un, chez warner, ait eu le réflexe de penser que le public n'était pas trop stupide...

N'empêche: si le cartoon a été longtemps mis à l'écart pour l'embarras généré par la connotation "ethnique" de ses gags, le film reste un cas d'école en matière de sadisme, avec Jerry qui se joue de Tom, effrayé par la rougeole qu'il n'a pas, et le passant du réfrigérateur (où il se transforme en glaçon) au four (où on le transforme en roti)...

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Published by François Massarelli - dans Tom & Jerry Animation
1 janvier 2026 4 01 /01 /janvier /2026 16:56

Continuant à explorer la notion d'héroïsme qui le passionne tant (en vrac, Unforgiven, Flags of our fathers, Gran Torino, American Sniper et Sully en sont des étapes essentielles), Clint Eastwood s'est précipité sur cette anecdote récente pour en tirer un film, et tant qu'à faire, engager pour interpréter les "héros du Thalys", les trois personnages eux-mêmes, qui ont commis l'action héroïque dont il est ici question: je veux bien sûr parler de ce terroriste qui avait été empêché de commettre un massacre dans un train Européen qui allait ce 21 août 2015 d'Amsterdam à Paris, par l'intervention d'un Britannique mais surtout de trois hommes Américains, tous amis et originaires de Sacramento.

Et tout ce petit monde se vautre dans les grandes largeurs, ce film "ni fait ni à faire" (une expression que j'utilise mais qui me pose toujours des questions, puisque s'il y a bien un reproche à faire à ce film c'est précisément d'avoir été fait!) qui repose essentiellement sur une action certes héroïque voire spectaculaire, qui n'occupe que quelques minutes, est l'occasion pour Eastwood, dans une salade à la chronologie hasardeuse, de déconstruire et reconstruire l'histoire de la vie de ces trois héros (le Britannique étant tout bonnement ignoré), en nous racontant leurs vies qui mènent à cette action.

Quoique...

Si Alek Skarlatos et Anthony Sadler jouent effectivement leur rôle, c'est quand même Spencer Stone qui se taille la part du lion. Les mauvaises langues pourront toujours dire que c'est parce qu'il est le seul W.A.S.P. des trois (ce qui est parfaitement exact du reste), mais je pense qu'il a été "choisi" par Eastwood pour être le centre de sa narration, parce qu'il était celui des trois qui a donné l'impulsion de résistance et utilisant sa formation de militaire d'un côté, et son courage bien sûr, de l'autre; et Eastwood a écouté les trois hommes dire que Spencer était celui qui "sentait" que quelque chose allait arriver.

Hein?

Bref, ces trois hommes que rien ne destinait (ou alors si, Dieu, ou la providence, ou Krishna, ou le Cosmos) à devenir des héros, sont devenus des héros, au terme d'un parcours qui nous est conté par le menu: scolarité médiocre (la faute aux profs, tous des nuls), envie d'aller dans l'armée, mais là aussi les classes sont assez peu probantes, et de visites chez le directeur de l'école, en passe-temps guerriers (armes, chasse, etc... Bref, des hobbies normaux, quoi), nous arrivons à une série de séquences molles du genou qui nous racontent les pérégrinations de ces trois futurs héros en Europe, se saoûlant, mangeant de la pizza, et faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies faisant des selfies avant de prendre un train parce que Spencer pense qu'on doit prendre un train.

Non seulement Clint Eastwood qui a pourtant toujours été un peu Hawksien sur les bords, pensant qu'un shériff doit faire un travail de shériff et un militaire un travail de militaire, demande aux trois faiseurs de selfies de s'improviser acteurs, et certes, ils ne s'en tirent pas trop mal, sachant que les dialogues sont indigents (attends, on va faire un selfie) et que le metteur en scène ne fait qu'une prise de chaque plan. Mais fondamentalement, l'histoire de ces trois médiocres qui deviennent des héros finit par être déplacée, et ressemble à une propagande pour le libertarianisme à la Eastwood, sous ses pires penchants.

Ca commence, l'espace d'une minute, par des plans signifiants impeccablement menés: dans une gare lambda, des voyageurs lambda croisent les pas d'un autre voyageur qui invite la caméra sur lui: elle s'attarde effectivement, nous amenant à voir ses chaussures, son corps, presque son visage. Une fois le personnage esquissé, nous savons. C'est une utilisaion pertinente et efficace de la façon dont la caméra parle sans parole ni rupture de la communication aux spectateurs...

Sinon, ce film, pour résumer, est nul.

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood Navets