Dreyer a été éloigné des studios de cinéma durant 10 ans, à la suite de l'échec de Vampyr, son premier film sonore... Toutes ses tentatives ont échoué: un projet de film documentaire, une commande du gouvernement nazi qu'il a refusé d'honorer, et même un désir de s'installer en Angleterre pour y tourner un film, ce qui ne se fera pas. C'est donc le gouvernement Danois (sous l'influence d'une occupation des nazis, quand même) qui va le tirer de ce mauvais pas en lui confiant la réalisation d'un court métrage qui lui remettra le pied à l'étrier et lui permettra d'entre prendre Jour de Colère.
Cette Aide aux mères est un intéressant exercice, dont le but est d'aborder la condition des femmes, par le biais de leur rôle de mère. Le film montre comment les jeunes femmes qui sont tentées d'avorter reçoivent l'aide d'organisme de santé, et sont accompagnées dans leur derniers mois de grossesse, jusqu'à la naissance, et au-delà. Avec des acteurs et actrices non professionnels, Dreyer recrée les situations, et c'est très soigné. A noter, que dans son film il attend environ deux minutes avant de représenter les hommes et les femmes, en se concentrant sur divers aspects matériels de la grossesse. A noter aussi, une certaine ambiguité quand au rôle des pères, qui en filigrane, semblent souvent être violent, mais à la fin tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes occupés...
Trois intrigues, trois couples, tous interprétés par Sophia Loren et Marcello Mastroianni:
Dans Adelina, situé à Naples, la jeune femme tient sa famille en vendant des cigarettes de contrebande; le mari, lui, ne sert qu'à une chose: puisque le couple vit sur le fil, les huissiers débarquent et menacent de saisir le mobilier... Qui a été mis à l'abri! Donc la seule solution légale serait qu'Adelina aille en prison, mais elle est enceinte. Et c'est là que Carmine, son mari, trouve son utilité: autorisée à échapper au jugement le temps de la grossesse et six mois pour le début de l'allaitement, Adelina doit donc retomber enceinte tous les 15 mois...
Anna est la riche épouse, capricieuse, d'un industriel. Elle s'ennuie et fait un tour en voiture avec son amant, un écrivain sans le sou. Il est gêné d'être conduit par elle et tente d'inverser les rapports de classe, mais ils ont un accident.
Enfin, Mara se passe à Rome: une prostituée de luxe reçoit son client le plus assidu (Mastroianni) pendant que chez les voisins, un jeune séminariste en vacances tombe fou amoureux de la belle, ce qui va déclencher des scrupules moraux chez la belle dame.
Le premier sketch est enlevé, drôle et filmé dans des quartiers authentiques du vieux Naples: c'est pittoresque, souvent grossier et très réussi. On y voit une satire de l'Italie de toujours, en quelque sorte, et comme les deux autres les hommes en prennent pour leur grade. Mais contrairement aux deux autres, c'est un plaisir à regarder... De penser que ce film ait pu obtenir l'oscar du meilleur film étranger en 1963, en dit très long sur e caractère douteux de l'académie des hochets du cinéma.
Jonathan Demme a décidé de réaliser un remake, et Regina Lambert est en vacances à la Martinique, loin de son mari Charles. Quelque chose qui nous en dit long sur le fait que son mariage, qui ne date que de trois mois, a du plomb dans l'aile... Pendant ce temps, Charles est, justement, tué: défenestré d'un train... A Paris, Regina va apprendre la tragique nouvelle et faire la connaissance d'un certain nombre de personnes qui lui veulent pour la plupart du mal: un fonctionnaire Américain (Charles avait, entre autres, un passeport Américain), des barbouzes, un mystérieux touriste Américain... Tous en ont-ils après elle, ou après une mystérieuse somme d'argent que Charles aurait dissimulé?
Toute personne qui a vu Charade sait: argent, marché aux puces, timbres, etc.
Toute personne qui a vu Charade n'a aucune envie qu'on en fasse un remake.
Toute personne qui a vu The truth about Charlie sait que la personne qui n'a pas envie de voir un remake de Charade a bien raison...
Des raisons, en voici d'ailleurs: Demme voulait surtout réaliser un film à Paris, en hommage à la Nouvelle Vague. Donc certains des cinéastes de la dite tendance sont représentés, cités, ou bénéficient d'allusions (un Docteur Resnais, par exemple, lu sur un agenda). Quand comme moi on n'aime pas les films de la dite nouvelle vague, la sympathie a du mal à se mobiliser... Sinon, le cinéaste, un documentariste reconnu et plus que respecté, a cru bon de brouiller les pistes en adoptant un faux point de vue "urgent" avec prises de vue à la hussarde, et... il se plante à tous les coups. Certes, Thandie Newton, excellente comme d'habitude, n'est pas en cause, mais cette intrigue avait besoin de la magie et de l'illusionnisme, pas de cinéma vérité! La caméra qui bouge tout le temps ne fait que souligner le factice, au lieu de l'enrober de magie...
Enfin, il faudra expliquer aux Américains: non, nous ne sommes pas obsédés par ce brave Charles Aznavour (ou les films de Trufo). Et non, le béret, sans façons. Malgré toute l'affection que je garde pour le réalisateur de The silence of the lambs et Stop making sense, je nomme ce film le navet du jour.
M. Puc (Fernandel), percepteur, est inquiet: sa tante la vieille Mme Lobligeois (Berthe Bovy) va déménager ses meubles depuis Clermont jusqu'à Paris. Pour se faire, elle doit se rendre en Auvergne avec les deux déménageurs puis revenir en camion... Mais d'une part elle a 80 ans, et d'autre part il fait froid, mais alors vraiment très froid! Pendant le voyage, elle trépasse et les deux déménageurs décident de finir leur course en la "rangeant" dans une armoire à glace, puis de laisser le neveu se dépatouiller avec le cadavre. Seulement à l'arrivée, le camion et tout son contenu (et donc le cadavre de feue la tante) sont volés par des malfrats. Commence alors pour Puc la chasse à l'armoire à glace... Et ce ne sera pas facile.
Carlo Rim semble avoir eu pour ambition avec ce film, de changer l'ordinaire de la comédie à la Française, à l'écart des vaudevilles, au plus près du film noir, mais croisé avec l'humour de la même couleur... Et c'est drôlement réussi. J'imagine que Fernandel s'est précipité sur le rôle parce qu'il souhaitait lui aussi faire quelque chose de différent de son style habituel, et c'est une excellente idée. Et le cinéaste s'amuse d'un rien, avec les codes du film noir d'une part, avec l'atmosphère des films d'angoisse, et avec la France de 1948 représentée avec toute sa saveur... On n'attendait pas d'un film français de cette lointaine époque, une telle réussite dans le mélange des genres, à la façon des comédies noires anglo-saxonnes.
D'une part, Rim fait reposer son film sur des personnages, tous superbement campés en deux temps trois mouvements, à commencer par le médiocre percepteur qui est manifestement sous la coupe de sa tantine, une vraie garce celle-là! Chaque personnage ruisselle d'une humanité, d'une vie intérieure, parfois hautement crapuleuse... La concierge à tout jamais flanquée de ses deux amies, qui se livrent aux pires commérages, les deux déménageurs (Marcel Pérès, Henry Charrett) qui ne peuvent réprimer une grossièreté franchouillarde assez hilarante, les bandits joués avec justesse, jusqu'au comédien raté incarné par le grand Jean Toulout à la fin du film, chaque caractère de ce film est une histoire à lui tout seul!
Sinon, le scénario est constamment maitrisé, chaque segment savamment dosé. Sans parler d'un dialogue ciselé, qui réussit à faire le portrait et la caricature d'une époque sans jamais forcer le trait... Non, le seul défaut provient sans doute de la façon dont Rim a choisi de finir le film. Quoique... Il a réussi, en utilisant un cliché élimé jusqu'à la moelle, à rester novateur! Un film à redécouvrir d'urgence...
Un village de pionniers, situé à proximité d’un campement indien, subit une attaque mortelle de la tribu, dont la colère a été provoquée par la mort du fils de chef, abattu par un cow-boy qui voulait protéger une adolescente.
A nouveau dans un film de Griffith, un homme se dévoue pour aller chercher du secours. Derrière ce scénario mis en image en Californie, on a une histoire épique à la Griffith, qui est dans l’ensemble rondement menée, avec Mae Marsh en orpheline qui arrive à l’ouest (Au cours d’un prologue Dickensien) en compagnie d’un gentil couple un peu gnan-gnan, joué par Lillian Gish et Bobby Harron : ils ont un enfant, qui jouera un rôle malgré son jeune âge. L’essentiel de l’action est provoqué par le fait que le patron du ranch, dont l’oncle de Mae est l’employé, interdit à la jeune fille de garder son chiot à l’intérieur de la maison. Pendant la nuit, deux Indiens entendent le chien, et s’apprêtent à le tuer pour le manger, lorsque la jeune fille intervient, ce qui entraîne la mort du jeune fils de chef comme on l’a dit plus haut.
Je me permets ici deux digressions: d’une part, Mae Marsh, en jeune préadolescente écervelée, est hélas insupportable; d’autre part les indiens nous sont, dans ce film, présentés comme d’abominables sauvages: ils mangent du chien, ils boivent comme des trous, ils font des fêtes païennes à s’endormir par terre en pleine danse, et ils ont dépenaillés… Tiens donc! C’en est fini de la magnanimité décrite dans d’autres films plus anciens, mais c’est aussi bien loin de la peinture des expéditions punitives de Custer sur les femmes et les enfants…
La deuxième bobine du film repose donc sur ces bases soigneusement empilées durant la première, et on assiste donc à une bataille, de plus en plus meurtrière pour toutes les parties concernées, à de micro-suspenses liés au jeune couple (Le bébé ? Ou est le bébé ?) où à la jeune fille (Tiens? Un bébé dans les bras d’un Cow-boy mort. Si je le sauvais?); tout cela est bien rendu, mais les gros sabots l’emportent vraiment sur la subtilité. La dimension épique vers laquelle Griffith tend, avec ses deux westerns, est surtout pour lui l’occasion de grossir le trait, et en retour il ne nous gratifie pas de beaucoup : tout au plus peut-on glaner ça et là des scènes de bataille relevées d’un fouillis de fumigènes qui accentuent le coté « boucherie héroïque » que Griffith aimait tant à souligner dans ses films, tout en s’y vautrant allègrement puisqu’il savait le public friand d’émotions fortes, etc…
Le film ressemble finalement à une ébauche deBirth of a Nation, par son racisme, son coté simpliste, et par des anecdotes précises: la cabane dans laquelle sont réfugiés les blancs est assiégée par les "sauvages", et lorsque les cartouches se font rares, les hommes s'apprêtent à sacrifier leurs femmes pour leur éviter un destin pire que la mort...
Sinon,Elderbush Gulchressemble à un galop d’essai pour Mae Marsh, autour de laquelle est centrée l’action. Le rôle de gentille demeurée que lui a donné Griffith ne lui rend pas justice, loin delà… mais c'est mieux que Lillian Gish qui reste cantonnée une fois de plus dans les jeunes ravissantes idiotes. Mae Marsh aura sa revanche avecIntolerance, et Lillian Gish l’a déjà eue avecThe mothering heart, tourné quelques mois auparavant.
Des fois, il vaut mieux abandonner: en voici une illustration... Le film The Keep a été longtemps invisible depuis sa sortie en 1983, et allant plus loin, certains fans vont jusqu'à lui décerner un statut de film maudit. Et les faits parlent pour eux... Coincé entre Thief, son néo-film noir de 1981, et Manhunter (1986) qui va lancer presque à lui tout seul un renouveau du film policier psychologique, cette adaptation d'un roman d'horreur a été tellement handicapé par les problèmes de tous genres que ça se voit...
Et pour moi le premier problème c'est l'intrigue, qui le fait flirter dangereusement avec le navet. Des soldats Allemands en 1941 reçoivent la mission de garder une forteresse en montagne, en Roumanie. La finalité de l'endroit reste mystérieuse, mais on comprend qu'elle sert à garder quelque chose ou quelqu'un enfermé, et non à empêcher quiconque de s'introduire. Des soldats qui ont essayé de desceller des croix en argent incrustées dans les murs meurent dans d'atroces souffrances, et la peur s'installe. Un salaud de SS vient pour régler les problèmes en massacrant la population s'il le faut, et pendant ce temps, un mystérieux voyageur à la coupe très 1983 arrive pour... Pour faire quoi, exactement, d'ailleurs?
Quelle salade, non mais quelle salade. Je sais que le film possède un solide réseau e culte de la part de fans transis, certains ayant même probablement l'album de la BO par Tangerine Dream (...Mais pourquoi????????????), mais là c'est incompréhensible. Le film, en l'état, ne fonctionne pas, est complètement ruiné par un montage pourri, des effets spéciaux inachevés, et n'est que le reflet imparfait d'une oeuvre ambitieuse, je veux bien l'admettre. Mais cette intrigue hallucinante, et cette créature qui se nourrit de nazis, j'avoue être totalement réfractaire, si ce n'est justement qu'elle zigouille tous les nazis, justement! Les choix souvent discutables de Mann (ralenti lors d'actions d'éclat, lumière bleue à gogo) tournent ici au vomitif, et il faut bien reconnaître que non seulement l'intrigue est idiote, mais elle est surtout incompréhensible. et comme il ne reste que l'esthétique pour pleurer, eh bien... on pleure.
Alors sinon, le film a été monté dans une version de 210 minutes refusée par la Paramount qui voulait un montage réduit à deux heures; le cinéaste leur a donné satisfaction sur ce point, mais ils ont retaillé dedans suite à des réactions négatives lors d'une preview, pour aboutir au désastre que nous avons sous les yeux, et qui sans surprise a été sorti à la va-vite, avant d'entrer au purgatoire du home video. Lorsqu'on lui demande si un jour il va remonter une version plus décente, Michael Mann évacue la question, et indique clairement qu'il faudra se contenter de la version de 1983. On peut aussi, tout simplement, s'en passer...
Veuve du roi de France François II, la Catholique Mary Stuart (Saoirse Ronan) retourne sur son trône en Ecosse, mais elle va devoir composer avec, puis se battre, avec la majorité protestante... Par ailleurs elle entame un bras de fer à distance avec sa cousine Elizabeth (Margot Robbie), qui l'estime mais ne souhaite pas lui laisser la couronne d'Angleterre, alors que Mary est justement la prochaine héritière du trône après elle...
Le film s'ancre à la fois sur une chronologie historique, et sur un moment précis: la condamnation à mort et la décapitation de Mary, par laquelle Josie Rourke a choisi de commencer le film. Entre les couleurs dé-saturées des scènes extérieures Ecossaises (seule la rousse chevelure impertinente de Saoirse Ronan se détache), et de formidables clair-obscurs inspirés des maîtres flamands pour les scènes d'intérieur, la réalisatrice nous donne à voir un film d'une incroyable beauté plastique, et possédant une certaine rigueur dans son réalisme. Elle a choisi de confronter les deux femmes et de les rapprocher dans leur lutte pour le pouvoir personnel et sans partage, face à des hommes qui tous, à un moment ou un autre, peuvent les trahir... Il en ressort un film hautement féministe qui est concentré autour du corps de l'une (Saoirse Ronan, qui incarne la reine écossaise à la grande beauté) et de l'autre (Margot Robbie, enlaidie par un maquillage qui donne, disons, du poids à son nez, et par des artifices qui nous rappellent que la variole n'a pas été tendre avec la reine absolue...), comme en" deux poids deux mesures" de la condition féminine. L'une tente d'arriver au pouvoir par les voies de la maternité et du mariage, l'autre s'interdit au contraire toute tentation matrimoniale et par là-même d'enfanter... L'une mourra, l'autre règnera 45 ans.
Le problème du film est d'avoir concentré une masse d'événements en moins de deux heures, qui auraient sans doute pu être plus explicites sur quatre heures. Mais ces quatre heures auraient-elles été intéressantes? Question qui restera sans réponse. En l'état, le film ressemble, surtout dans sa première demi-heure, à une bande-annonce de deux heures! Reste des actrices formidables, et une confrontation rêvée (on ne pense pas qu'historiquement les deux cousines se soient jamais croisées): dans le film, elles se fixent un rendez-vous de négociation secret, où éclate la différence physique, donnant presque l'impression que ces deux femmes, deux rousses flamboyantes et cousines de surcroît, sont les deux versions d'un Dorian Gray au féminin... Mary, étincelante dans sa jeunesse préservée, et Elizabeth, le visage blafard sous les trois kilos de maquillage, et sa calvitie précoce dissimulée sous une perruque...
Le film est un rendez-vous manqué, mais il possède malgré tout ses beaux moments... Et c'est, derrière les entrevues éminemment politiques donc bavardes, de fort belles images.
Continuant à jouer sur son thème favori, le troisième âge et ses sentiments, confronté à la nouvelle génération, Nancy Meyers continue aussi à débaucher les acteurs installés, respectés... et avec des heures de vol. Après Jack Nicholson et Diane Keaton (Something's gotta give), Eli Wallach (The Holiday) et Meryl Streep (It's complicated), ce nouveau film réunit d'une part Robert De Niro et Rene Russo, et d'autre part Anne Hathaway en patronne d'une start-up à succès qui commence à sentir du tiraillement dans son couple...
Ben Whittaker (De Niro) est veuf, septuagénaire et dynamique. Ce qui ne l'empêche pas, bien au contraire, de s'ennuyer un peu. Il décide de répondre à une invitation d'une entreprise qui propose d'intégrer des stagiaires seniors... Dans un premier temps, la propriétaire de la marque (elle a lancé un site web de vente en ligne de vêtements, et ça marche très fort) est réticente à l'intégrer, mais il va vite lui devenir indispensable...
Bon, on se rassure tout de suite, le film n'essaie pas de nous vendre un couple De Niro - Hathaway, pour commencer... D'où la présence revigorante pour Bob (et pour Little Bob, aussi) de Rene Russo en masseuse de choc! Mais le film raconte l'amitié naissante du stagiaire et de son impitoyable patronne. Bien sûr, l'un va prodiguer des leçons de sagesse, et bien sûr le film croule sous les bons sentiments. Mais il se dégage de ces films une atmosphère plaisante, sans parler du fait que Meyers est décidément une réalisatrice au goût sûr. Les deux acteurs principaux sont formidables ensemble, et une scène fait monter la pression avec beaucoup d'humour, il y est question d'un cambriolage. Bob restera toujours Bob.
Orvid Joy (Harry Myers) fait la traversée de l'Atlantique sur un paquebot de luxe en compagnie de son majordome Summers (Stan Laurel). Pendant le voyage il fait la connaissance d'une jeune femme (Eugenia Gilbert) et ils se plaisent au point de demander au capitaine de les marier... Mais pendant ce temps, l'avocat d'Orvid (Max Davidson) est en train de concocter un plan tordu pour récupérer un héritage: à Orvid de se marier de manière à récupérer un pactole. Les quiproquos s'accumulent à l'arrivée au port, l'épouse légitime part ulcérée croyant avoir épousé un homme bigame... Quelqu'un va devoir jouer le rôle de Mme Joy afin de récupérer l'héritage...
L'histoire s'inspire un peu de Seven Chances ou du moins de la pièce dont Keaton a tiré le film. C'est à l'origine un script de Laurel, écrit dans le but de le réaliser, mais l'acteur qui jouait Summers étant indisposé, il a fallu le remplacer, occasionnant une partie de chaises musicales dont le studio Roach était coutumier. Car dans ce qu'on appelait le "Lot of fun", il était recommandé de bien séparer les attributions, les metteurs en scène ne jouaient pas, et les acteurs ne réalisaient pas, donc quand Laurel a remplacé son confrère au poste de second rôle, il a fallu demander à un metteur en scène de diriger le film... Le gag suprême, c'est que l'acteur prévu à l'origine pour jouer Summers n'était autre que... Mais vous avez sûrement deviné.
Quoi qu'il en soit, cet excellent film, dans la lignée des meilleurs comédies de deux bobines de la série All-stars du studio (présentant un mélange de vedettes maison, comme Laurel ou Davidson, et d'acteurs venus de l'extérieur comme Myers ou encore Charlotte Mineau qui joue un petit rôle dans la première bobine) permet de voir la méthode Laurel en action, une histoire bien menée, séparée en deux tronçons bien distincts, et dans laquelle les personnages sont poussés dans leurs retranchements, mais avec une logique constante. Laurel lui-même est ici formidable, dans un rôle qui est assez éloigné de son futur personnage, tout en étant quand même un peu lunaire.
Nanette (Lyle Tayo) rentre chez ses parents pour leur présenter son mari (James Finlayson). La famille étant constituée uniquement de caractères bien trempés, et le mari n'ayant pas été gâté par la nature, ça tourne très vite en sa défaveur... Ajoutons à son malheur le fait qu'il va aussi faire la connaissance d'un voisin (Oliver Hardy), ancien petit ami de son épouse...
Donc le film fait partie de la petite douzaine de courts métrages réalisés au moins partiellement par Stan Laurel avant que les nécessités de la production de l'obligent à se joindre au casting d'un film avec Oliver Hardy. Il dirige ce dernier, dans un rôle bien différent de celui qui le fera passer à la postérité! Par contre, la vedette est clairement James Finlayson, parfait en outsider de luxe... Ce film d'une bobine obéit aux lois du genre, à savoir qu'il propose une histoire avec une unité de lieu, et un seul arc narratif: pour la famille, il s'agit de faire la connaissance d'une parfaite andouille (doté d'une perruque à la loyauté fluctuante) et pour Finlayson, il s'agit en revanche... de survivre.