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21 septembre 2025 7 21 /09 /septembre /2025 22:14

Le réalisateur ne négligeait aucune compagnie, alternant des films à la noble Fox, des commandes pour la M.G.M., et des oeuvres pour la bourgeonnante R.K.O., des productions indépendantes (Wanger, United Artists), voire des films pour la plébéïenne Republic à partir de 1950...

C'est pourtant inattendu de trouver dans la filmographie de John Ford cette comédie Columbia, dont le style visuel et le rythme nous renvoient d'ailleurs à Capra; cela n'a rien d'étonnant pourtant: ce dernier préparait alors son film Mr Deeds goes to town, avec Jean Arthur qui joue aussi dans ce film mais son collaborateur Robert Riskin a participé au script... Mais la comédie de Ford n'est pas aussi "sociale" que les oeuvres contemporaines de Capra: il s'agit ici de partir d'une intrigue liée à une ressemblance frappante entre deux hommes, et les quiproquos qui s'ensuivent lorsque cette ressemblance est rendue publique...

En effet, Arthur Jones (Edward G. Robinson) est un employé de bureau minable, falôt, effacé, et qui a le malheur de ressembler trait pour trait à "Killer" Mannion, un bandit de la pire espèce qui vient de s'évader de prison dans le but de faire la peau à celui qui l'a doublé... Une fois Jones arrêté par erreur, le bruit se répand, et Mannion fait irruption chez lui pour profiter de la situation et s'installer dans son ombre.

Ce qui prime ici, c'est le plaisir communicatif des acteurs, et du metteur en scène, devant une histoire qui passe en revue les différentes sortes de confusion, et les péripéties liées à la différence essentielle entre Mannion et Jones (A un moment crucial, Jean Arthur ne reconnait Jones que parce qu'il s'évanouit!), l'un dur, voire ultra-violent, l'autre plus doux et naïf qu'un agneau. Pas de fable à la Deeds ou Smith pourtant ici, même si Ford se plait à peindre, une fois n'est pas coutume, une monde citadin qui n'est pourtant que fort rarement son univers... et on ne s'étonnera pas que les héros, quand on leur demande quelle est leur aspiration profonde, émettent le désir de voyager, pour s'échapper de cet asile de fous qu'est la ville montrée par John Ford.

Et un autre aspect sur lequel je m'en voudrais de ne pas passer, c'est bien sûr la prouesse de la double interprétation de Robinson, caricature de Little Caesar d'une part, et pauvre nigaud dépassé par les évènements, qui nous convie lors d'une scène à voir l'effet que font sur lui son premier verre de whisky, et ...son premier cigare! Et mentionner cette prouesse ne serait rien si on n'y ajoutait pas un rappel de l'exceptionnelle photographie de Joseph August qui a eu à mettre au point des effets spéciaux absolument parfaits pour renre crédibles ces allées et venues de deux sosies, souvent ensemble à l'écran. The whole town's talking est un film rare, et honnêtement on se demande bien pourquoi; si ce n'est pas à proprement parler un film dans la tradition de John Ford, c'est un excellent divertissement.

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Published by François Massarelli - dans John Ford Comédie
21 septembre 2025 7 21 /09 /septembre /2025 21:57

Sylvester est un chat qui meurt de faim... Il n'est pas le seul: il doit partager la nourriture glanée dans les poubelles avec unchatin très entreprenant. Quand Elmer recueille Sylvester, il va bientôt aussi trouver le chaton... La lutte entre les deux animaux est cruelle, puisque Elmer leur fait comprendre qu'il ne pourra en conserver qu'un seul...

Le film commence comme une compétition ultra-conflictuelle entre les deux chats, sur un mode que Freleng affectionnait: donner le principal point de vue comme étant celui de Sylvester, et le montrer aux prises avec un ennemi de petite taille, mais particulièrement retors! On comprend d'où viendra bientôt sa réappropriation du personnage de Tweety qui avait été créé par Bob Clampett...

Mais dans la dernière partie, on retrouve une situation proche de celle de Rock-a-bye bear, de tex Avery, ainsi que du film Quiet please (de Hanna et Barbera, avec Tom & Jerry): Elmer va se coucher et souhaite ne pas être dérangé, les deux animaux vont donc tout faire pour que l'autre se fasse prendre à faire du bruit!

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
21 septembre 2025 7 21 /09 /septembre /2025 21:50

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas le premier film ui mette en scène la "souris la plus rapide de tout le Mexique". Mais c'est un film qui le définit plutôt pas mal, à travers une situation très classique: 

Des souris qui meurent de faim tentent de s'introduire dans une fromagerie industrielle, pour y trouver de quoi manger, mais le chat Sylvester garde l'entrée, et c'est un tueur: en témoignent des sombreros qui sont accumulés à deux pas de l'établissement, dans une séquence un rien noire!  Une seule solution pour les rongeurs, faire appel à leur seul héros...

Comme d'habitude, le véritable personnage principal de ce film n'est pas la souris, mais bien le chat, qui va pour la première fois être mis en défaut, et faire l'erreur fatale: s'acharner...

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Published by François Massarelli - dans Friz Freleng Animation Looney Tunes
21 septembre 2025 7 21 /09 /septembre /2025 21:40

Ce film est un "one-shot", soit un court métrage sans personnage récurrent. Friz Freleng en avait réalisé beaucoup dans les années 30 mais il en est revenu pour se consacrer à Bugs Bunny, Daffy Duck Speedy Gonzales, et Tweety et Sylvester; Chuck Jones en a toujours réalisé un bon nombre en plus de ses séries (Pepe le Pew, Wile E. Coyote, Pussyfoot et Marc Anthony) et aux personnages emblématiques. Mais McKimson a très peu sacrifié à cette méthode, préférant les personnages établis...

On fait la connaissance d'un insecte très américain: le "Gambling bug", qui est une métaphore, une bestiole qui mord les protagonistes pour leur donner l'envie de jouer de l'argent. Il s'acharne sur un chat, qui perd de façon répétée contre un chien...

La bestiole n'est pas la seule à s'acharner, puisque McKimson utilise à plusieurs reprises les mêmes cellos, et le film devient particulièrement répétitif... C'est une idée originale, mais qui débouche surtout sur un résultat inégal.... Et un brin sadique! 

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Published by François Massarelli - dans Looney Tunes Animation
20 septembre 2025 6 20 /09 /septembre /2025 16:17

Dans un poste de police, on escorte Rico (Ted de Corsia), un gangster, qui doit témoigner contre un mystérieux suspect: Mendoza (Everett Sloane), arrêté par l'inspecteur Ferguson (Humphrey Bogart), est soupçonné de semer la terreur dans toute la ville, en étant à la tête d'une armée de malfrats, tous tenus par la peur... Mais Rico, justement, a peur... Et il  ses raisons, car dans la demi-heure, il sera mort: Ferguson l'a compris, on n'aura pas de témoignage contre Mendoza facilement. Déciodé à reprendre à zéro, il écoute une confession enregistrée pour essayer d'y trouver un moyen d'avancer...

Le film est basé sur ce flash-back, et d'autres aussi. Un moyen d'accrocher le spectateur, tout en permettant à la structure criminelle tentaculaire d'apparaître de plus en plus dangereuse au fur et à mesure. C'est un film impressionnant par cet aspect, justement, de dévoiler le mal petit à petit, en se gardant d'ailleurs de lui donner très tôt le visage de Mendoza, le mystérieux malfaiteur dont au départ Rico dit qu'il n'est pas humain et ne peut pas mourir... Des éléments qui font de ce film un modèle du film noir qui navigue entre rythme haletant, baroque et réalisme...

Bogart est absolument fantastique en inspecteur dur et obsédé par sa quête; on le sent constamment prêt à tout, et il est face à des gangsters qui ne savent pas grand chose, et ont surtout beaucoup à perdre s'ils parlaient... Il n'empêche, les scènes durant lesquelles des effets personnels sont retrouvés (des dizaines de paires de chaussures, par exemple) et répertoriés, font froid dans le dos. Le crime n'est peut-être que rarement doté d'un visage, mais il est très explicite dans ce film...

Et le style de la mise en scène, exceptionnel, possède aussi sa dose de mystère: Bretaigne Windust a été assez peu vu sur le plateau de ce film, remplacé par Raoul Walsh. Certains pensent que c'est parce que le metteur en scène en titre a été malade, d'autres que Jack Warner a personnellement remplacé Windust par Walsh pour donner du punch au film. En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il en a...

 

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Published by François Massarelli - dans Raoul Walsh Noir Humphrey Bogart
19 septembre 2025 5 19 /09 /septembre /2025 21:24

Dunn, entraîneur de boxe, reçoit les visites insistantes d'une jeune femme qui souhaite se consacrer intégralement à ce sport, qui est sa passion. En dépit de ses réserves, il va finir par l'accompagner dans une magnifique ascension... qui se finira en tragédie.

Les films de boxe, c'est paradoxal (je n'aime pas le sport et encore moins celui-ci), c'est la rencontre entre un art fascinant et un suspense physique et esthétique...

Eastwood le sait. Il a su capter l'essentiel des combats (ici, la mise en jeu de toute une vie dans la balance, au lieu des aspects compétitifs , qui sont toujours d'une vulgarité sans nom) et préserver pour le public ce qui fait l'essence de ses grands films, l'échange humain: l'entraîneur a autant à donner à sa boxeuse qu'il n'a à prendre, et le film se termine en le laissant malgré la fin triste plus riche, plus humain, plus complet qu'il n'est.

Le thème essentiel chez Eastwood du passage (A tous les sens du terme) prend ici une dimension quasi sacrée, chez un cinéaste dont on sent qu'après de nombreuses années à résister, il se laisse aller un peu à la religion; le sacrifice de la jeune boxeuse (De passage, donc) va laisser derrière elle un monde meilleur, dans de micro-proportions certes, mais meilleur. Et le savoir passé du vieux monsieur vers la boxeuse reviendra hanter les uns et les autres, Scrap, Dunn, Danger et tous les protagonistes modestes de ce drame des rues: ben oui, avec Eastwood, on ne va pas dans les hauteurs, on s'intéresse à ceux qui vivent en bas, et qui en un geste, peuvent tout perdre, tout gagner, ou les deux...

Et puis on retrouve, derrière le pittoresque de ce film et de son univers (jamais exempt de comédie, comme dans la peinture  de la faune parfois franchement loufoque de la salle de sport), l'idée essentielle également chez le réalisateur, du choix individuel porté en motivation sacrée d'une vie: le vieux libertarien se retrouve derrière le sacrifice double des deux héros du film: Maggie (Hilary Swank) et Dunn (Clint Eastwood), le vieux de la vieille dont la vie va changer suite à l'irruption momentanée d'une jeune femme dans sa vie.

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Published by François Massarelli - dans Clint Eastwood
17 septembre 2025 3 17 /09 /septembre /2025 22:33

Cette réalisation de Karel Reisz, adaptée d'un roman de John Fowles par rien moins qu'Harold Pinter, est un film d'une classe impressionnante... Qui commence par nous dévoiler de manière très simple son fonctionnement, par la vision d'une équipe de cinéma qui s'apprête à tourner ce qui est la scène suivante du film...

D'un côté, à Lyme Regis, dans le Dorset, au XIXe siècle, un jeune enthousiaste qui fait un peu de paléontologie (les sols et les côtes de Lyme sont pleines de fossiles, c'est là que Mary Anning a découvert des dizaines de restes d'ichtyosaures, et c'est d'ailleurs l'objet de l'intrigue d'un roman de Tracy Chevalier, ainsi que du film Ammonite...), Charles Smithson (Jeremy Irons) courtise une jeune femme de la bourgeoisie locale, Ernestina (Linsey Baxter). Lors d'une de leurs promenades, les deux jeunes gens croisent le chemin d'une femme locale, Sarah Woodruff (Meryl Streep), que les gens tiennent à l'écart pour sa réputation sulfureuse: elle est surnommée la putain du lieutenant Français... Très vite, il est fasciné par elle et cherche à la revoir.

De l'autre, nous suivons la liaison extra-conjugale entre Mike (Jeremy Irons) et Anna (Meryl Streep), les deux acteurs qui incarnent Charles et Sarah lors du tournage de l'intrigue Victorienne dont il est question plus haut...

Ave sa double histoire d'amour dont la juxtaposition débouchera, en plus du romantisme absolu (la première rencontre entre Sarah et Charles, sur une jetée battue par les vents, est une forte image, assurément), sur une certaine forme d'ironie, ce film est une déclaration d'amour au cinéma et à son pouvoir romanesque... Entre les complications d'un couple formé de deux personnes mariées qui ont probablement tous deux vécu la révolution sexuelle, et la tempête émotionnelle des deux personnes du XIXe siècle, il est facile de choisir, finalement, ceux qu'on veut vraiment suivre! Le télescopage de deux époques, qui n'est jamais arbitraire mais reste totalement irrégulier, devient le révélateur d'une situation fictive dont la séduction est totale.

L'incroyable beauté de la production est impressionnante, et fait de ce film rare et un peu oublié, une oeuvre majeure du cinéma Anglais dans laquelle la séduction de l'art finit par brouiller les cartes de la réalité..

 

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Published by François Massarelli - dans Criterion Karel Reisz
16 septembre 2025 2 16 /09 /septembre /2025 21:52

Mike Lane (Channing Tatum) a bien changé: il ne danse plus, et vit de petits boulots. Notamment, il offre ses services de barman pour des occasions. Maxandra Mendoza (Salma Hayek), une femme riche qui organise une soirée de collecte pour une charité,l'engage pour une danse... Et après les débordements qui s'ensuivent, elle finit par l'engager pour l'accompagner pour un mois à Londres... Ce qui va sérieusement bouleverser son existence.

Dès le départ, dans un film qui tente par tous les moyens de ne pas se contenter d'être un troisième film d'une franchise (après Magic Mike et Magic Mike XXL, seul le premier ayant été réalisé par Soderbergh), on constate qu'il y a toujours, dans cet univers qui nous est décrit, une triste réaité économique, dans laquelle il y a des riches (Maxandra) et des pauvres (Mike)... Le regard de Mike sur le monde dans lequel il se trouve désormais amené à fréquenter, presque de façon réticente, devient le moteur de ce film. Le "couple" Maxandra et Mike fonctionne de façon évidente comme un couple de comédie, à travers les différences de tempérament, de standing et bien sûr d'âge qui devraient les séparer, et l'inévitable alchimie entre eux...

A travers l'engagement de Mike par Maxandra (elle veut en faire le nouveau chorégraphe d'un théâtre prestigieux), on suit un caprice, qui est vécu avec amertume par Mike, qui ne peut cautionner ni la lubie de son amie, ni ce rôle qu'on lui assigne. Pourtant, la charge n'est pas forcément dépourvue de subtilité, et on pourra forcément la trouver, pour le moins, originale. On appréciera que le film ne se déroule pas autant que le premier dans le monde ultra-codifié du strip-tease masculin, déjà, pour plus évoluer dans un milieu artistique plus proche du hip-hop...

Mais justement, on s'éloigne ici de la débrouille en groupe qui cimentait le premier film... Le film sent un peu la bricole, et est assez typique des oeuvres fugaces et discrètes d'un réalisateur dont le génie formel tend à se diluer dans des idées parfois saugrenues. Le meilleur du film? Salma Hayek en dame de la haute société qui cherche à faire rebondir sa propre vie en entrainant le monde entier derrière elle... Une force de la nature: totalement crédible.

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Published by François Massarelli - dans Steven Soderbergh
14 septembre 2025 7 14 /09 /septembre /2025 14:51

La façon dont les frères Coen ont constamment structuré leurs films sur des genres existants a rarement donné de résultats aussi subtils que ce film étonnant: on pourrait presque le prendre totalement au premier degré, comme un authentique film noir, avec en prime le choix esthétique d'un superbe noir et blanc (bien que ce soient des couleurs désaturées, en réalité...). Les deux frères se sont amusés, une fois de plus, à construire un univers cohérent, situédans un passé pas si lointain (les années 50) pour conter la vie d'un homme qui était, assurément, comme absent de sa propre vie.

Détaché à l'extrème Ed Crane (Billy Bob Thornton) est l'employé d'un coiffeur (Michael Badalucco), il est marié à Doris (Frances McDormand), qui travaille pour un gros commerçant local, Dave (James Gandolfini)... Tout le monde connait Ed mais personne ne le regarde. Son patron parle trop, mais Ed, lui, "coupe les cheveux". Son épouse est probablement la maîtresse de Dave, mais comme il le dit lui-même, "It's a free country". Rien n'intéresse le coiffeur, jusqu'au moment où un client de passage (Jon Polito) lui propose une affaire: il souhaite se lancer dans une entreprise mais n'a besoin que d'un partenaire... et un peu d'argent: Ed décide de faire chanter son patron. Ce qui est, déjà, une très mauvaise idée, va déboucher sur une suite de catastrophes... Notamment une confrontation entre Ed et Dave durant laquelle ce dernier sera tué par le coiffeur.

La seule lueur d'espoir pour Ed dans le film est incarnée par une toute jeune Scarlett Johansson: une adolescente apparemment sage comme une image, à laquelle il va s'attacher, qu'il a entendue jouer du piano. Elle aussi va s'avérer une fausse piste, dans une scène d'une cruauté inattendue... 

Si les deux frères-réalisateurs ont choisi une fois de plus de s'inspirer d'un genre, ils se sont disciplinés sur un certain point: l'ironie est bien là, mais sans cette tendance à l'exagération, voire à un excès calculé, qui a marqué tant de films, avec l'exception notable de Miller's crossing. Le rythme du film est extrèmement lent, aussi posé qu'Ed Crane, comme si il avait fallu copier le style du héros pour pouvoir accomplir le film... Pourtant, si on peut difficillement dire que le film ressemble à Fargo, il y a du Jerry Lundergaard dans les catastrophes déclenchées par Ed à partir du moment où il s'improvise bandit! Quand Dave est retrouvé mort, c'est Doris qui est soupçonné, et Ed doit donc lui trouver un avocat! Lors d'une confrontation des deux époux et de leur avocat, Ed en vient même à avouer son crime, mais l'avocat (Tony Shalhoub) prend ça comme une proposition visant à sauver Doris... La façon dont le sort s'acharne sur le personnage, qui continue à cultiver une indifférence absolue à tout, est toujours un ressort à la lisière du comique... 

Pour autant, si on veut s'approprier cet aspect du film, il conviendra d'avoir de l'humour, beaucoup d'humour. Comme toujours avec les Coen, le langage, le jeu des acteurs, sont cruciaux. Mais ils rarement fait autant avec un personnage aussi absent... Cet exercice sur le vide est une étude au vitriol des effets désastreux de l'illusion d'un rêve Américain, aussi vide de sens que la vie du héros de ce film.

 

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Published by François Massarelli - dans Joel & Ethan Coen Noir Criterion
11 septembre 2025 4 11 /09 /septembre /2025 21:47

A la fin des années 60, les Looney Tunes sont devenus une série sinistre de dessins animés, grévés par des budgets dérisoires, la concurrence de la télévision, et un goût du public devenu douteux à firce d'avaler des sous-produits télévisuels... Freleng est parti, Jones, est parti. Non qu'ils aient fait un travail très intéressant, mais le seul rescapé de l'époque classique, Bob McKimson, faisait déjà des mauvais cartoons dans les années 50.

Lovy? C'est pire: un ancien animateur chez Walter Lantz, un ancien de chez hanna Barbera à la télévision, il montre bien le peu d'ambition de ce qui fut l'unité majeure de la Warner: faire des dessin animés à moindre coût, en espérant plus les refourguer à la télévision que dans les salles. Ce film idiot, moche, mal fichu et sans rythme, à l'intrigue indigente (je ne vais pas me fatiguer à vous la détailler)

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Published by François Massarelli - dans Animation Looney Tunes