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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 21:20

Dans la province de Siam (dans l'actuelle Thaïlande), vit Kru, un fermier avec sa famille. La mère et les enfants à ses côtés, ils doivent constamment se battre pour garder la tranquillité de leur ferme à la lisière de la jungle... Les dangers abondent: les tigres, bien sûr, les ours, des léopards et jusqu'à un troupeau d'éléphants qui passent par là...

On pense, une fois de plus, à Nanook, le documentaire séminal du cinéma Américain. En venant vers les fermiers de Siam, Schoedsack et Cooper ont poussé les choses et provoqué bien des événements comme avant eux le réalisateur Flaherty: chasses, réunion de femiers pour organiser des battues pour la lutte contre les fauves, etc... C'était inévitable, et de fait on peut voir derrière cette mise en scène (car c'en est une!) une volonté très forte de faire du cinéma et de capter... du mouvement.

Car contrairement à ce qui était arrivé lors de leur tournage de Grass, et de la découverte émerveillée de la transhumance d'un peuple de nomades qui n'hésitaient pas à se lancer dans une épique traversée de montagnes et de rivières froides, ici, les fermiers sont sédentaires. Et les deux cinéastes rivalisent de trouvailles pour agrémenter leur film, qui après tout ne raconte rien du tout, de séquences pour lui donner du relief...

Ainsi on demande aux locaux de jouer, on établit des scénarios pour la journée, on met la chasse en valeur en y ajoutant des péripéties qui font intervenir le montage. Schoedsack a été caméraman chez Sennett, il sait jouer sur la vitesse de défilement de la pellicule, et il s'en sert pour insérer une scène suspense comique lors de la chasse au tigre, quand Kru manque de se faire manger. Du pur cinéma, en réalité...

Les deux compères étaient des monteurs fins et doués, et des metteurs en scène qui ne pouvaient donc s'empêcher de remodeler la vérité des actes devant eux. Ils étaient déjà en route vers King Kong, donc...

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Published by François Massarelli - dans ** 1927 Muet Merian Cooper
30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 17:56

Le Dr Lilian Steiner (Jodie Foster), une psychiâtre passée à la Psychanalyse, est une New Yorkaise installée en France. Mariée, puis divorcée de son mari Gabriel (Daniel Auteuil), elle a un cabinet situé chez elle, et elle peine à rester les pieds sur terre: son fils (Vincent Lacoste) est jeune papa, mais elle ne semble pas vouloir faire un pas vers son petit-fils Joseph... Un jour, ele reçoit un coup de téléphone de Valérie (Luana Bajrami), la fille d'une de ses patientes, Paula Cohen-Solal (Virginie Efira): elle lui annonce que sa mère, qui a effectivement cessé sans prévenir d'honorer ses rendez-vous, sans raison, est décédée. A la veillée funèbre, Lilian est très mal accueillie par l'époux de Paula, Simon (Mathieu Amalric). Puis des événements se précipitent: Valérie l'accuse d'être responsable de la mort de sa mère; Lilian pour sa part va échaffauder l'hypothèse, au contraire, que la mort de Paula (qui officiellement s'est suicidée) puisse être en réalité un meurtre...

Ce film extrêmement difficile à résumer, se joue des genres et de leurs limites: certes l'intrigue est celle d'un policier psychologique, mais c'est dynamité de bout en bout par des bouts de ficelle de comédie qui viennent perturber l'ordnnance de l'enquête. Ce qui est le plus troublant, c'est de voir une psychiâtre surmenée qui se plante royalement de bout en bout, allant jusqu'à consulter une hypnothérapeute (Sophie Guillemin) dans une scène très drôle, ou encore d'assister aux échanges entre Lilian et une collègue (Irène Jacob), dans lesquels l'informalité des échangs débouche souvent sur une cocasse ironie...

Si Mathieu Amalric (qui en fait trop, un peu comme d'habitude, en veuf névrosé qui semble avoir des choses à cacher) est ici identifé comme le méchant potentiel et fait sérieusement pencher le film du côté du suspense et du drame, Daniel Auteuil en mari qui s'amuse de revenir dans la vie de son ex-épouse est le garant d'une certaine forme de comédie loufoque... Une façon comme une autre de nous dire aimablement mais sûrement qu'on nous mène assez généreusement en bateau!

Et Rebecca Zlotowski, qui se joue des genres en permanence, se maie même le luxe de semer ça et là des indices qui peuvent faire partir le film dan s beaucoup de directsions: par exemple, avant toute cette intrigue dans laquelle la psychiâtre va s'auto-persuader qu'un crime terrible a été commis, un de ses voisins ecoute en boucle, avec des basses qui insistent, la chanson Psycho Killer des Talking heads... Après avoir vécu une séance inattendue d'hypnose dans laquelle Lilian se voit en violoncelliste, pourquoi n'a-t-elle pas fait le lien avec son fils? Celui-ci vit dans un appartement où un violoncelle est posé, et à côté, un ppitre avec des partitions nous indique qu'il n'est pas là que pour décorer.

...Bref, si quelque chose ne va pas, ne serait-ce pas plutôt le Dr Steiner qui aurait besoin d'une petite remise en question? Jodie Foster, filmée au plus près (d'impressionnants gros plans de ses yeux, de son visage, des ses rides et plusieurs fois de ses pieds, nous permettent en effet de comprendre à quel point elle est non seulement l'héroïne, mais aussi l'objet du film), est impressionnante de bout en bout, dans un film qui n'est pas avare en prestation d'actrices et d'acteurs. D'ailleurs, vous avez vu ce casting?

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Published by François Massarelli - dans Rebecca Zlotowski Jodie Foster
30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 17:42

A Paris au XIXe siècle, le Dr Bonnet (Anton Diffring) est un jeune médecin en vue, qui sculpte pour le plaisir... Et cache plus d'un secret: avec un ami scientifique, il est aussi l'objet d'une expérience folle il a 104 ans et est maintenu en vie par des opérations compliquées, secrètes et dangereuses... Grace à des glandes prélevées sur des cadavres. Mais il a de plus en plus besoin de ces glandes et n'hésite pas le moment venu à s'en emparer sur des sujets vivants... Et la police s'intéresse à son cas, dans la mesure où son dernier modèle a disparu...Pendant ce temps le bon docteur file le parfait amor avec sa fiancée Jeannine Dubois (Hazel Court). Mais cette dernière pourra-t-elle supporter l'effroyable secret?

C'est un film "Hammer" mineur, qui louche beaucoup du côté de Stevenson, de l'ère Victorienne et de Dr Jekyll. Comme ce dernier, Bonnet est devenu dépendant de sa transformation, et criminel de fait. Bien sûr, contrairement  Hyde, son personnage a besoin de façon vitale des victimes de ses crimes, mais au fur et à mesure de sa progression, le film nous révèle qu'il devient de plus en plus cinglé...

Le film oppose sans problème l'univers policé du Dr Bonnet, et ses crimes odieux, présentés avec parcimonie, bien entendu. Pourtant la Hammer a du batailler ferme pour imposer une telle production, qui s'essaie à des scènes spectaculaires qui iront parfois à l'encontre des voeux des censeurs les plus tatillons (un final enflammé, en particulier, dans lequel la violence et le sadisme se déchaînent), voire expériment avec la nudité (l'actrice Jeannine posant pour son sculpteur de fiancé dans le plus simple appareil).

Mais comment croire que le film soit situé en France et non en pleine Angleterre Victorienne, quand l'un des protagonistes, celui qui découvrira le pot-aux-roses, est interprété par l'impeccable Christopher Lee?

 

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Published by François Massarelli - dans Terence Fisher Hammer
30 novembre 2025 7 30 /11 /novembre /2025 17:24

Le désir de cinéma de Schoedsack et Cooper était évident: tous deux étaient baroudeurs, le premier ayant pourtant travaillé en tant que caméraman chez Sennett, et fait un petit passage en tant que chef-opérateur chez Stroheim sur le tournage de Greed; le deuxième était fasciné par le cinéma lui aussi, et sa capacité à épater tout en offrant une vision de la vérité. C'est ce dernier point qui permet de comprendre comment deux documentaristes et aventuriers ont pu des années plus tard se retrouver aux commandes d'un film tel que Kong...

Leur envie avec ce film était de montrer un groupe humain en proie aux duretés de la nature, et l'héroïsme qui pouvait en résulter... D'où un départ pour un endroit où les occidentaux ne s'aventuraient pas, les plaines désertiques de Perse, où un peuple nomades décidaient de quitter leur désert (l'herbe devenant rare pour les bêtes) et de s'aventurer dans une thanshumance dangereuse, à travers les plaines, les montagnes et les rivières... très froides.

Comme pour Nanook, le célèbre film de Flaherty, impossible de savoir en voyant ce film si les cinéastes (qui n'apparaissent pas sur le film, se contentant de laisser Marguerite Harrison, journaliste associée -et ancienne espionne- les représenter à l'écran) ont juste suivi le mouvement, ou l'ont parfois provoqué. En tout cas, c'est une impressionnante épopée, d'un peuple qui savait parfaitement ce qu'ils faisaient, et ce n'était certes pas la première fois: des scènes nous montrent des hommes quitter leurs chaussures avant de s'enfoncer dans la neige, pour y creuser un chemin... La traversée du fleuve Karun est un passage spectaculaire du film, dans lequel un peuple entier se lance à l'assaut d'une rivière tumultueuse... 

Mais les deux cinéastes ont un instinct de raconteurs d'histoires, et leur utilisation du montage est absolument parfaite pour le film qu'ils avaient envie de faire. Si c'est la naissance de deux cinéastes, je pense que ce film exceptionnel montre beaucoup moins la naissance de deux documentaristes! Ils en tireront d'ailleurs vite la leçon, l'envie d'anticiper sur les scènes à filmer sera vite trop forte pour laisser le réel tout gâcher...

 

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Published by François Massarelli - dans Merian Cooper Muet 1925 Documentaire **
28 novembre 2025 5 28 /11 /novembre /2025 17:36

Le cinéma qui parle du cinéma, ce n'est pas nouveau, finalement: dès le départ, le médium a été paradoxalement utilisé pour illustrer ce qui se passe durant sa conception. Ca s'explique très bien: d'une part l'envers du décor est pittoresque, rocambolesque et parfois bien comique... Ensuite c'est fascinant, tant la mise en oeuvre d'un tournage passe par une multitude de tâches, de parcours, qui sont ultra-codés. Et c'est un télescopage formidable de voir des acteurs grimés (en révolutionnaires, en cow-boys ou en hommes de cavernes, que sais-je encore) face à des techniciens en costume du XXe siècle, ou XXIe siècle bien entendu...

Gance était particulièrement attiré par cette possibilité d'illustrer son métier et son art: dès 1921, il avait demandé à son assistant sur La Roue, le poète Blaise Cendrars, de documenter à sa façon le tournage de son épopée du rail... Autour de la Roue est un court film, de 9 minutes environ, qui ne peut rivaliser bien entendu avec les quelques 7h30 du film en son entier! Juste un petit regard au passage, mais aussi des images fascinantes d'une oeuvre en train de se faire. Le procédé (et son titre) a été repris par d'autres: ainsi Jean Dréville en 1928 a-t-il suivi avec fascination le tournage de L'argent, le chef d'oeuvre de L'Herbier, et a appelé le moyen métrage ainsi obtenu (40 minutes quand même)... Autour de l'Argent... Gance, qui demandera en 1929 et 1930 à Eugene Deslaw de suivre le tournage de La Fin du monde (obtenant ainsi le court métrage Autour de la Fin du monde, qui se paie le luxe inattendu de témoigner du passage du muet vers le parlant), ne pouvait pas laisser cette occasion pour le plus spectaculaire de ses films...

Ce film de Jean Arroy, un documentariste et critique, est donc sinon un reflet fidèle du tournage le plus tumultueux, en tout cas le premier regard fasciné sur une expérience hors normes: Arroy a pu ainsi capter des images des scènes des boule de neige à Brienne, ainsi que des conflits entre le jeune Bonaparte et ses camarades dans les dortoirs; il a eu la possibilité de voler quelques images de la fameuse préparation de la Marseillaise, puis de la Terreur et bien sûr du voyage en Corse. Les images qui nous sont montrées ne sont pas forcément riches en enseignements, elles sont même assez banales en elles-mêmes... Mais elles sont passionnantes par l'incroyable bonne humeur qui semble présager à l'accomplissement d'un des films les plus énormes qui aient jamais existé.. Et comme de juste, le film est incomplet: tel qu'il existe, c'est une reconstruction partielle, basée sur des compilations d'extraits des bobines originales... Dans ce qui a survécu, on peut voir 55 minutes environ de ce tournage mené par un gamin de quarante ans, qui ne rate jamais une occasion de faire le pitre, et qui est tellement sûr de son propre talent (car si Gance avait un défaut ce n'était certes pas la modestie), qu'il se réjouit en permanence d'avoir à sa portée une telle source de publicité...

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Published by François Massarelli - dans Muet Abel Gance 1927 **
27 novembre 2025 4 27 /11 /novembre /2025 11:17

2019: Quelques semaines après les manifestations les plus brûlantes de la révolte des "Gilets Jaunes", l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) reçoit une plainte: une mère de famille, dont les enfants (tous adultes) ont participé en sa compagnie à la manifestation du 8 décembre, vient pour interpeller les pouvoirs publics sur la condition de son fils Guillaume: il a reçu une balle de LBD, et son cerveau ne se remettra jamais des suites de l'incident. Elle affirme que les policiers qui l'ont visé n'avaient aucune légitimité. La fonctionnaire qui enregistre la plainte, Stéphanie Bertrand (Léa Drucker), prend le dossier à bras le corps. Un dossier numéroté comme les autres, d'où le titre du film...

Le parcours de l'inspectrice de l'IGPN, au grade de commandant dans le service, nous est présenté avec minutie, détails, et beaucoup de références au protocole. Notamment à travers le dédale des pistes, les interrogations, les formalités qui toutes sont soumises à une méfiance systématique de la part des supérieurs ("vous êtes sûre qu'en ce contexte, une garde à vue de l'officier incriminé sera pertinente?"), des services de police eux-même ("mes hommes ont obéi à des ordres absurdes et n'ont fait que leur devoir"), des policiers incriminés ("je ne me souviens pas", "pourquoi vous me posez ces questions, ce sont tous des voyous/des animaux"), des témoins ("pourquoi je vous donnerais cette vidéo, de toute façon, vous n'allez rien faire"), des autres policiers, ceux qui ne sont pas directement concernés par la plainte ("il faut s'entraider, vous jetez le discrédit sur la police", des opinions généralement expéimées avec moins de syllabes) et pour finir du public ("toute façon, vous faites rien contre les policiers, alors")... 

Le choix de Dominik Moll et Gilles Marchand, les deux scénaristes, a été de se baser sur des faits réels (une affaire d'un "Gilet Jaune" de la Sarthe qui a perdu sa main lors d'une manifestation), transposés dans une fiction: un Gilet Jaune d'un jour, qui est monté à Paris en famille depuis Saint-Dizier, et qui aura toute sa vie des séquelles importantes, l'empêchant de poursuivre une activité professionnelle. Une vidéo nous le montre diminué, empêché presque de parler et de se concentrer... Une fiction oui, mais à la réalité brûlante, relayée par un choix inévitable: une narration froide, minutieuse, détaillée, dans laquelle les seules émotions qui s'expriment ne sont jamais celles de l'officier de police qui mène l'enquête. Une sorte d'objectivité qui en rappelle une autre, celle du film La Nuit du 12 dans lequel Moll s'intéressait au dédale d'une enquête qui échoue sur plusieurs années, en dépit de l'évidence morale...

Cette évidence morale, là encore, se retrouve dans ce film: il est évident dès le départ que les agents de la BRI incriminés (ce que découvre le commeandant Bertrand après avoir réussi à aller au-delà de l'omerta des officiers responsables de ce corps d'élite, souvent souligné comme étant intouchable en raison de leur intervention au Bataclan en 2015) ont commis une faute. L'enquête menée, les preuves accumulées, vont en révéler l'intégralité de la portée... Mais du début à la fin, l'hostilité à laquelle l'enquêtrice est confrontée (y compris et même surtout de la part de la famille qui l'a sollicitée) est aussi soulignée. Car si morale il y a, nous vivons dans un monde dont elle semble particulièrement absente, dans la mesure où le film révèle qu'en toutes choses, il convient de choisir son camp. Policiers contre émeutiers, et puis c'est tout. Si on est émeutier, on est forcément méfiant (jusqu'au complotisme, ce que l'affaire des "Gilets Jaunes" a particulièrement démontré hélas), et si on est policier, on est forcément garant du bon droit et donc intouchable. 

Oui, mais il n'empêche que même des gardiens de l'ordre et de la justice peuvent commettre une faute... Le film rappelle la légitimité d'un corps de police qui puisse être le garant d'une certaine morale, d'un droit de regard humain et impartial sur des comportements illégaux et inacceptables.

Et ce, quelles qu'en soient les circonstances, car on répète trop souvent (dans le film, mais aussi dans la vraie vie) "oui, mais les hommes sont à bout"... Au point de légitimer une impulsion de tirer par toute puissance, ou de frapper un homme innocent à terre qui se vide de son sang?

J'imagine que de nombreuses personnes vont crier que le film est anti-flic. C'est idiot et affligeant, et ça ne peut être dit que par des gens qui obéissent à cette dangereuse idéologie binaire, proche du "avec nous ou contre nous" qui mène généralement au fascisme, et Moll et Marchand s'en sont défendus à l'intérieur même de leur script... Une prudence qui se comprend. Du reste, les deux auteurs n'ont-ils pas déjà démontré dans La Nuit du 12 à quel point il était important que la police puisse faire son travail?

Légalement, raisonnablement, froidement.

Ce film ne dit pas autre chose.

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Published by François Massarelli - dans Dominik Moll
23 novembre 2025 7 23 /11 /novembre /2025 22:47

C'est un court métrage de deux bobines, récemment numérisé par la Cinémathèque Française, et présenté sur le site Henri... Un couple d'agents de service se disputent autour de l'affaire de la découverte du trésor de Tut-Ankh-Amon, et lorsque l'homme reçoit un coup sur la tête, il se retrouve en pharaon.

Complètement incohérent, on aimerait dire que ce film est loufoque, ou qu'il puisse s'approcher des films (même si certain sont médiocres) dans lesquels Harold Lloyd, Chaplin, Laurel et Hardy ou Keaton sont transportés en pleine préhistoire. Mais c'est long, ennuyeux, mal fichu et totalement dispensable.

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Published by François Massarelli - dans Muet 1923
23 novembre 2025 7 23 /11 /novembre /2025 22:38

Ne nous emballons pas: il ne s'agit ici ni d'une adaptation du livre de Milton, Paradise lost... Pas plus que d'une préfiguration de l'un des plus beaux films d'Abel Gance! Pierre Colmbier, parfois appelé Pière Colombier, fut un estimable réalisateur de comédie en France, où il dirigea le gratin du théâtre et du cinéma dans des films qui flirtaient parfois avec le boulevard (c'est le cas de celui-ci), ou l'étude de moeurs, voire la satire sociale (Ces messieurs de la santé, probablement son film le plus visible, avec Raimu).

Ce court métrage de deux bobines est un film perdu, dont le fragment d'une bobine (la deuxième en l'occurrence) a été retrouvé ces dernières années, et numérisé. Le "paradis" en question est le nom donné à ces longues plumes qui prolongeaient les chapeaux extravagants des dames dans la mode du début des années 20. Et un monsieur (André Luguet) qui a manifestement déjà rencontré une dame (Fernande Diamant) s'aperçoit en lisant un journal qu'elle a publié une annonce dans laquelle elle prétend avoir perdu cet accessoire. Il en achète un pour pouvoir se rendre chez elle avec une bonne raison.

Le film tel qu'il existe nous montre donc la rencontre, et le retour chez lui du vieux mari de la jeune femme qui est content que son épouse ait récupéré son "Paradis"... Mais les deux jeunes gens, eux, sont surtout content de s'être trouvés.

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Published by François Massarelli - dans Pière Colombier Muet Film perdu
23 novembre 2025 7 23 /11 /novembre /2025 17:56
Un petit garçon est malade... Bien qu'il ne le souhaite pas vraiment, dson grand-père (Peter Falk) arrive, bien décidé à lui lire une histoire... celle de Buttercup (Robin Wright) et Westley (Cary Elwes) le garçon de ferme, une pure histoire d'amour saupoudrée de duels, d'aventures, de cascades périlleuses, de bestioles fantastiques... Et d'une grande dose de loufoquerie. Le grand-père et le garçonnet interviennent régulièrement sur la narration...
 
Dans ce conte, bien des choses ne font pas très sérieux: les bandits sont assez miteux, les héros un peu trop transparents, et chaque baiser de la princesse et de son bon ami est interrompu par le petit garçon auquel son grand père raconte l'histoire ("It's a kissing book!")... Les décors sont d'ailleurs délibérément faux. Donc pas de réalisme à chercher, l'équipe de Rob reiner a travaillé à l'encienne, avec du carton-pâte, en studio, et l'éclairage est vraiment d'une luminosité peu naturelle. Donc ceux qui aiment l'heroic-fantasy sombre en seront pour leurs frais...
 
Mais justement: rien ne vient nous distraire, dans ces conditions, du plaisir un peu enfantin à revivre pour rire une aventure à la façon des années 50, des Mines du Roi Salomon, de Moonfleet, qui jamais ne se prend au sérieux, et a le bon goût de ne pas trop dévier du but de l'intrigue. La galerie de personnages est époustouflante de quatorzième degré, entre le géant (André the giant) trop civilisé, le noble bandit à moustache (Mandy Patinkin) avec son accent espagnol (qui aurait pu sans problème être Italien, d'ailleurs), le prince (Chris Sarandon) qui n'a rien de princier, et l'éminence grise qui cache des secrets inavouables (Chris Guest)...
 
C'est aussi et surtout un film sur l'importance de la romance sous toute ses formes, avec ce grand père (Peter Falk) qui prend le temps de passer du temps au chevet de son petit-fils malade... un film-bonbon par le futur auteur de When Harry met Sally, et surtout Misery.
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Published by François Massarelli - dans Rob Reiner
22 novembre 2025 6 22 /11 /novembre /2025 09:27

Le film est l'adaptation d'une pièce de théâtre à succès, The Kitchen, d'Arnold Wesker. Tout est structuré autour d'une cuisine d'un restaurant de New York, qui emploie une main d'oeuvre principalement d'origine immigrée (surtout hispanique), certains des emplyés étant en attente de régularisation...

Le film commence par l'arrivée d'une nouvelle postulante à la cuisine, ce qui dès le départ permet une incursion dans le point de vue des petites mains d'origine étrangère, dont certain(e)s ne maîtrisent pas du tout la langue de leurs employeurs... Une plongée parfois violente dans un univers de stress, de rapports difficile avec les autres personnes qui travaillent: sous la direction du chef, le nombre de cuisiniers qui s'affairent, de serveuses qui vont et viennent, est impressionnant.

Dès le départ le parti-pris est de coller le plus possible à la pièce en adoptant une narration nerveuse et basée sur de nombreux plans-séquence... Et de privilégier le naturalisme des acteurs. c'est souvent virtuose, généralement impressionnant... Mais c'est aussi étouffant de bout en bout. L'autre parti-pris, celui de tourner dans un noir et blanc presque quelconque, ne débouche à mon sens que sur un préjugé: c'est glauque donc c'est en noir et blanc. C'est un peu court... 

Par contre, glauque? Ca oui.

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Published by François Massarelli - dans Rooney Mara