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Honey Donahue (Margaret Qualley) est une détective privée installée à Bakersfield, en Californie: pas le coin le plus reluisant de l'état le plus riche des USA... Elle accumule les affaires sordides, et justement elle coince sur une bizarre histoire de meurtre, liée assez clairement à l'installation d'une secte menée par un soi-disant prêtre, le révérend Drew (Chris Evans). Ce dernier est en fait à la fois un trafiquant de drogue, et un obsédé sexuel qui profite de sa position pour abuser des membres féminins de sa congrégation.
Honey visite parfois sa soeur Heidi (Kristen Connolly), qui a beaucoup (mais alors beaucoup!) d'enfants. Corinne (Talia Ryder), qui arrive à l'âge adulte, est en pleine rébellion. Elle avoue à sa tante que son petit ami la bat... Honey décide d'intervenir.
Parallèlement à toutes ces péripéties, elle assume une vie sexuelle décomplexée avec beaucoup de femmes de passages. Mais sa rencontre avec MG (Aubrey Plaza), avec laquelle elle s'entend très bien, pourrait bien changer sa vie...
Ces trois parties de l'intrigue sont intimement liées...
La séparation des frères Coen, après The ballad of Buster Scruggs (2018), aurait peut-être pu être un coup de tonnerre, mais il n'en fut rien. Ce qui est sûr, c'est que la production due à leur alchimie si singulière est bel et bien partie en fumée. Non que ce film ou son prédécesseur soit absolument indigne, mais il y a quelque chose de fondamentalement différent entre ce film, et disons Arizona Junior (dont il épouse le ton de comédie méchante), et Fargo (qui verse plutôt du côté du film noir en maintenant malgré tout des aspects de comédie plus subtil): car écrit comme le film précédent en compagnie de Tricia Cooke, l'ancienne monteuse de leur film (et désormais son épouse), Honey don't bascule délibérément plus profondément dans le pulp, la sexualité graphique (Aubrey Plaza et Margaret Qualley y ont été assez loin, c'est le moins que l'on puisse dire) et une violence assez explicite. On perd une certaine distance ironique, tout en maintenant la tentation de la comédie...
Peut-être faudra-t-il du temps avant de s'habituer à ce style qui manque très volontairement de subtilité. Et il y a une facilité narrative ici, qui se nourrit de moments de pure comédie méchante (les scènes avec Chris Evans, généralement aperçu en plein acte sexuel, jamais avec les mêmes partenaires, sont tellement outrées qu'on ne peut qu'en rire), d'un personnage de lesbienne assumée et militante qui à un moment discret, se paie le luxe de dérouiller avec bonheur un masculiniste (doté d'un autocollant MAGA, elle peut donc y aller franco) tout en promenant ses talons hauts et ses robes rouges à fleur dans les coins les plus sordides, et comme dans les films noirs, va échanger des tuyaux avec les flics du coin (à un moment, un policier lui propose d'échanger des notes, dans un dialogue repris directement de The big Lebowski... Un clin d'oeil attachant), mais quand ceux-ci la draguent, elle leur répond toujours: I like girls.
Le film étant supposé être le deuxième d'une trilogie, peut-être faudra-t-il attendre le dernier pour se faire une idée. Mais en attendant, le plus jeune des frères Coen a pondu un curieux film mal poli, parfois réjouissant, extrèmement violent, dans lequel après s'être moqué de l'hypocrisie des élus Républicains conservateurs (Drive-Away Dolls), on suit les aventures d'une femme qui n'a pas froid aux yeux au pays des bouseux et des profiteurs immoraux. L'Amérique, quoi...
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